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ISBN : 9782259212557
Éditeur : Plon (19/08/2010)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 37 notes)
Résumé :

Au milieu du 17e siècle, Christine de Suède règne quelques années, puis décide d'échapper à ses obligations et abdique. L'enfant chérie du roi Gustave Adolphe, qui a fait preuve très tôt d'une grande curiosité et a été élevée comme un garçon, se convertit au catholicisme et s'installe à Rome où elle vit entourée de savants et d'artistes.

Sa vie extravagante ne l'empêche pas d'avoir un rôle politique considérable à l'échelle européenne. A cett... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  06 août 2012
Gros et passionnant roman historique de Yann Kerlau.

J'avais ce livre qui attendait depuis un certain temps et j'ai eu envie de me plonger dedans. Pas déçue, car la vie de Christine de Suède est un roman passionnant et l'on est d'autant plus pris dans son tourbillon que Yann Kerlau la fait directement s'adresser au lecteur.
Elle nous dit
 " ... j'étais faite de tourbe et d'étoile, naviguant hardiment entre mes faiblesses de femme et mes exigences de souveraine.
(...) dans ce siècle assagi où la plupart des hommes ne rêvaient que d'un ordre bourgeois et ménager, je faisais tache et dérangeais par maints aspects : plier m'était odieux, plaire me lassait, gouverner m'avait moins comblée que former mon esprit. J'aspirais orgueilleusement à vivre chaque jour de ma vie avec plus d'intensité que mes semblables. Je voulais l'eau et le feu, le tonnerre et le silence, la prière et la contestation. p 281
Voilà comment sa mère, femme cruelle qui tentera de l'empoisonner quand elle sera régente du royaume, accueille la naissance de sa fille : «Une fille, s'écria-t-elle, nous n'en ferons rien de bon. En plus, elle est laide et velue. Otez-la de ma vue.»
Enfant chérie du «roi des neiges», Gustav Adolphe, auquel elle voue une grande admiration, meurt alors qu'elle a six ans.
Enfant et jeune fille, elle dissimule sa rage de vivre, met son insolence en veilleuse, se réfugie dans les livres et l'étude pour tenter de combler le manque d'affection et la solitude dans lesquels elle vit. Elle lit à dix ans Thomas More, Hérodote, Thucydide, "les disputes d'Erasme de Rotterdam et de Calvin lui sont plus familières que les couloirs du Château de Visby", elle admire l'inflexible Elizabeth II d'Angleterre et Montaigne dont les "Essais" l'accompagneront tout au long de sa vie tumultueuse, elle aime la netteté de trait de Dürer, découvre plus tard avec émerveillement le génie de Léonard de Vinci.

«En tout l'excès me gouvernait. La violence du verbe comme du geste m'enchantait. A cause des livres, je devins l'amie des interdits, celle qui ne se liait à personne mais exerçait sur les autres un réel pouvoir d'attraction.» p 14
Elle fera venir auprès d'elle Descartes l'enlevant à la princesse Palatine 
«Ce fut avec lui que je découvris la relativité de nos croyances, sans imaginer alors qu'il avait semé là une graine qui bientôt changerait ma destinée.» p 33
Continuez à suivre la destinée de cette femme hors du commun, une femme qui ne peut laisser personne indifférent en vous plongeant dans ce livre.
Excessive, passionnée, elle peut être cruelle et généreuse, pleine de compassion devant la misère mais aussi intransigeante et impitoyable lorsqu'on la trompe. Une femme qui peut oublier ses devoirs lorsque la passion amoureuse l'aveugle mais que l'adversité trouve toujours ardente au combat. Une femme qui estime «avoir gagné le droit de vivre toutes les aventures» qui aura su prendre en main sa destinée. Même si elle ne provoque pas un élan de sympathie elle séduit par son audace et sa ténacité et l'on ne s'ennuie pas en sa compagnie.
(les numéros de page sont ceux d'une édition du Grand Livre du Mois)
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Aela
  25 décembre 2012
Rarement un personnage historique aura autant été décrié que la reine Christine de Suède, qui a régné bien peu de temps avant de renoncer au trône le 6 juin 1654.
Elle se convertit d'abord au catholicisme, grand scandale alors dans un pays profondément luthérien et décide de partir pour Rome où elle jouera un rôle de mécène plus ou moins inspiré.
Elle a cotoyé les plus grands esprits de son temps, notamment le philosophe René Descartes qu'elle a invité en Suède. C'était une femme cultivée, peu conformiste et ivre de liberté.
Le livre présente l'intérêt de tracer un portrait psychologique détaillé de la reine Christine; Ses manières ont heurté beaucoup ses contemporains, notamment sa manière de mener les hommes et sa bisexualité.
Elle était loin d'avoir le visage parfait de Greta Garbo qui lui a prêté ses traits..
Dotée d'un physique peu avantageux, elle compensait par un caractère bien trempé.
Malgré tout, ce qui lui a le plus manqué semble être le manque de discernement.
Elle va ainsi se faire littéralement "plumer" par un individu sans scrupules, le sieur Monaldeschi, qu'elle avait pourtant fort bien traité, en le dotant de titres de noblesse.
La trahison de son amant va la choquer profondément au point de préparer une vengeance terrible.
C'est un récit palpitant qui est mené ici. On comprend toutefois difficilement comemnt on peut ainsi renoncer à un trône..
Une destinée difficile que celle de Christine de Suède, qui a certainement été totalement incomprise par ses contemporains.
Le livre est magnifiquement écrit, avec toutefois une tendance à trop nous donner de détails, on se perd un peu parfois dans les intrigues de Cour.
L'auteur Yann Kerlau a un parcours très intéressant: avant d'être écrivain, il a été avocat à la cour, directeur juridique chez Yves Saint Laurent et directeur du groupe Gucci.
Il a déjà écrit un livre historique sur Olivier Cromwell et un autre livre sur les dynasties du luxe.
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VanilleBL
  18 septembre 2013
Au milieu du XVIIe siècle, Christine de Suède règne quelques années, puis décide d'échapper à ses obligations et abdique. L'enfant chérie du roi Gustave Adolphe, qui, élevée comme un garçon, a fait preuve très tôt d'une grande curiosité, se convertit au catholicisme et s'installe à Rome où elle vit entourée de savants et d'artistes. Sa vie extravagante ne l'empêche pas d'avoir un rôle politique considérable à l'échelle européenne. A cette reine sans royaume, la France de Mazarin va ainsi proposer le trône de Naples pour le ravir aux Espagnols. Mais, à deux mois de l'insurrection qu'elle est censée mener, Christine apprend que son homme de confiance, et amant, l'a trahie ; elle commande son assassinat et le fait émasculer. le meurtre fait scandale et l'éloigne pour un temps des affaires politiques. Désormais, elle se consacrera à ses trois passions : l'art et la science, la défense des minorités religieuses et son amour malheureux pour le cardinal Azzolino.

"Christine de Suède, descendante d'une illustre lignée de rois suédois, monte sur le trône au milieu du XVIIè siècle. Elle n'y reste pas longtemps : elle abdique après s'être convertie au catholicisme. Dès lors ses pas la portent sur les routes d'Europe et on la suit à Rome, en France, en Pologne... Femme d'exception, érudite, elle a joué un rôle non négligeable dans le jeu politique du Grand siècle, comme émissaire du pape, pion secret du royaume de France, voire intrigant pour elle-même. Mais pour être rebelle et terriblement moderne, elle n'en n'était pas moins femme, et son coeur l'a parfois poussée dans des directions difficiles à suivre et à comprendre pour son entourage..."
C'est à la rencontre d'un personnage étonnant et passionnant que Yann Kerlau nous emmène dans une biographie romancée de la grande Christine de Suède, un récit feuilletonesque, où l'extravagante souveraine raconte à la première personne son existence intrépide. Reine de Suède dès l'âge de six ans, elle consolidera avec l'aide de son chancelier Axel Oxenstierna, un compétent "Richelieu" suédois, les conquêtes de son père, négociant avec habileté la paix de Westphalie ce qui fera de son pays la première puissance nordique. Dès lors, elle se consacre aux Arts et aux Lettres, correspond avec l'Europe intellectuelle et artistique entière, dont Descartes (qu'elle fait venir à sa cour) ou Spinoza. Féministe avant l'heure, la Reine Christine choisit de rester célibataire et de poursuivre ses passions. C'est qu'elle se rêve catholique et libre de pensée, dans un pays protestant et rigoriste. Elle se convertit donc au catholicisme et renonce à son trône en 1654. Elle quitte alors la Suède pour s'installer à Rome où sa liberté de moeurs et son caractère difficile font jaser - on lui prête plusieurs amants et on soupçonne même quelques expériences homosexuelles - avant d'en être chassée par le Pape et de nouer d'autres intrigues auprès de Mazarin, faisant assassiner en passant un amant écuyer voyou...
Christine se moque du qu'en-dira-t-on et de la bienséance, et elle restera malgré tout jusqu'à sa mort en 1689, une participante active de la vie politique et religieuse de son époque. Dans le même temps, elle constitue une des plus importantes collections artistiques de son temps, soutenant artistes et savants. Spinoza, Leibnitz, Gassendi et Pascal correspondront avec elle. Humaniste et tolérante, elle s'inquiéte beaucoup, par exemple, du sort des protestants français persécutés après la révocation de l'Edit de Nantes.
Le récit hautement rocambolesque est pourtant très proche de la réalité historique, même si dans ces faux Mémoires, Yann Kerlau se permet quelques audaces, au demeurant fort réjouissantes, faisant intervenir au coeur même du récit les protagonistes les plus variés, (re)donnant à L Histoire un sens épique à la façon d'un Alexandre Dumas...
Il faut bien admettre que le matériau romanesque est aussi immense qu' enthousiasmant et le personnage historique impressionnant et fascinant.Les quelque 612 pages de cet ouvrage se lisent allègrement et c'est avec respect que l'on imagine l'imposant travail de recherche et d'écriture de Yann Kerlau.
Et l'on se dit que l'auteur, dont c'est le premier roman, a eu raison de ne pas rechercher la stricte vérité biographique, préférant la re-création de l'univers intérieur de la souveraine à la narration directe de ses aventures. Par le biais de ses mémoires, plus proches du journal intime que de la biographie historique, Christine raconte la dureté de son enfance de petite reine, la folie de sa mère qui tenta de l'assassiner, l'absence de son père, disparu bien trop tôt. Elle poursuit par le récit de ses frasques, de ses folies, de ses passions, de ses amours. Ce "monologue" alterne épisodiquement avec des lettres ou des souvenirs de quelques-uns de ses proches, qu'ils soient écuyer, suivante, banquier ou homme de main.
Le roman est bien construit, allègrement mené, écrit d'une plume vive, lègère et érudite, le sujet est impeccablement et joyeusement maîtrisé, c'est un réel plaisir pour le lecteur de parcourir l'Europe en compagnie de cette femme d'exception.
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
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barjabulette
  08 novembre 2015
Ce roman évoque la vie de la Reine Christine de Suède.
Je ne parlerai pas dans cette critique, de la Reine Christine... je m'en suis fait une opinion et je pense que, si j'exposais mon point de vue, le lecteur de cette critique serait influencé et cela desservirait le livre.
Je ne critique donc que le livre et sa forme.
Le livre compte un peu plus de 500 pages où l'auteur sait nous tenir en haleine du début à la fin.
On sent son livre bien documenté. Sa façon de raconter l'histoire est haletante. Il prend en compte différents points de vue et j'ai trouvé cette façon de faire très intéressante. C'est vrai, souvent, on ne découvre le point de vue ou les faits que vus par le "héros". Ici, dans les différents chapitres, l'auteur alterne la narration des faits vus par le héros mais également par d'autres protagonistes.
J'ai aussi aimé faire le lien entre différents faits racontés par Yann Kerlau et les memes faits lus dans d'autres bouquins (notamment 1661 ou l'affaire des Poisons par exemple).
Ce roman, et personnellement c'est ce que je recherche dans mes lectures, m'a donné envie de mieux connaître le personnage et l'époque. du coup, j'ai regardé un reportage, passé sur Arte, concernant la Reine Christine. J'aime assez confronté mes lectures avec d'autres sources afin de m'en faire une idée assez précise.
Un 10/10 donc en ce qui me concerne pour ce livre qui intéressera les amateurs d'histoire.
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zaurels
  15 septembre 2015
Ce livre était dans ma PAL depuis au moins 2ans et malgré les bons échos que j'en avais eu, j'attendais d'avoir du temps pour le commencer et le déguster. Ce fut enfin chose faite avec les vacances.
Je ne connaissais rien à Christine de Suède et c'est avec un grand ravissement que j'ai lu ce livre.
Cette femme a un destin incroyable : reine de Suède très jeune, elle abdique pour se convertir au catholicisme et quitte son pays pour l'Italie. Elle murmure à l'oreille des papes et des souverains de l'Europe entière. Passionnée d'art, elle ne regarde pas à la dépense pour se procurer les plus belles collections d'art et en véritable mécène, elle fréquentera artistes et philosophes du siècle.
Elle vit sa vie comme elle l'entend : elle ne se soucie ni de l'étiquette ni de ses finances. Elle accorde une confiance assez aveugle à ceux qui l'entourent ; cela lui causera d'ailleurs quelques mésaventures. Généreuse comme personne, elle ne supporte pas la trahison, surtout en amour. Ses amants et maitresses ont en parfois fait les frais. On découvre alors un personnage retors qu'on ne pouvait soupçonner au vu de sa culture et de ses relations papales. Il faut vraiment lire ce livre pour découvrir tous les aspects de la reine Christine.
Le récit à la première personne est parfois entrecoupé des témoignages de ses proches, ce qui apporte un autre éclairage sur le personnage. J'ai trouvé cette idée de l'auteur très intéressante.
La plume de Yann Kerlau est très agréable à lire et je ne me suis pas ennuyée un seul instant au long des 600 pages.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   24 décembre 2012
Brusque, emportée, peur de rien ni de personne, la reine Christine menait sa troupe à la hussarde, comme un soldat.
Quelque chose de pas comme tout le monde se dégageait de sa personne, comme si chez elle, les deux sexes se combattaient.
Ni femme ni homme.
Un drôle de produit devant lequel valait mieux faire le dos rond car, en cas de désaccord, ses reparties cinglaient comme un coup de fouet.
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lapublivorelapublivore   02 août 2011
Ma mère me pensait brouillonne et emportée, acide comme les mauvais alcools. Sans doute n'étais-je que rétive et déjà cabrée contre l'autorité ? Les jeux, les niaiseries, les ragots de petites filles n'entrèrent jamais dans mes façons. Dans les ouvrages que je dévorais, les rapports entre hommes et femmes provoquaient mes emportements. Qu'était-ce donc que ces mariages où l'on vous échangeait contre une province, un territoire ou dix livres de viande de renne ? Au lieu d'entrer dans un lit, on pénétrait dans un jeu d'alliances, d'intrigues à l'échelle d'une nation ou d'une échoppe de drapier. Fallait-il que les femmes fussent sottes pour rêver, dès leur plus jeune âge, à ces unions triviales où on les enjambait pour quelques piastres et pour l'éternité !
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AelaAela   25 décembre 2012
La France a vu le 31 mars dernier l'union de la princesse Henriette d'Angleterre, soeur de Sa Majesté Charles II, avec Monsieur, frère du roi; singulier attelage que ce nouveau couple où la jeune épousée a l'air d'un homme et où le mari n'est attiré que par les messieurs.
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lapublivorelapublivore   02 août 2011
Dans le désert affectif où je grandissais, les livres furent mes compagnons de tous les instants. J'ai toujours aimé lire, en vrac, à la va-vite, n'importe quel auteur, n'importe quand, sans a priori ni ordre, piochant çà et là dès que j'ai pu acquérir un certain discernement. Sans que l'on dût m'en prier, je me nourrissais goulûment à ce vivier de l'écrit, porteur du pouvoir magique de faire tout oublier.
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AelaAela   24 décembre 2012
Isolée dans un pays dont je ne parlais pas la langue, je n'avais pour compagnes que la margrave de Brandebourg et quelques dames d'atour venues avec moi de mon pays natal. La Cour m'ignorait et son plus illustre représentant, le chancelier Axel Oxenstierna, ne manifestait à mon égard qu'un froid respect excluant tout échange.
Dès mon arrivée en Suède, le roi mon époux avait d'ailleurs publiquement signifié que je ne jouerais aucun rôle dans la vie du pays et que ma fonction était de lui donner un héritier.
Marie-Eléonore de Brandebourg, Fille du prince électeur de Brandebourg Jean Sigismond III de Hohenzollern, épouse du roi Gustave-Adolphe de Suède et mère de la future reine Christine.
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