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ISBN : 2812609907
Éditeur : Editions du Rouergue (06/01/2016)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 84 notes)
Résumé :
«Par la suite, il se demanderait souvent s’il devait voir quelque chose d’extraordinaire dans leur rencontre – cette fille venant à lui sur la terrasse d’un café qui n’était même pas son préféré, qu’il ne fréquentait que rarement. Si elle était passée par là la veille, ou simplement une heure plus tôt ou plus tard, elle l’aurait manqué – il ne l’aurait jamais connue, il serait resté seul avec ses poussins et sa peinture et sa tristesse et sa dureté. Mais elle était ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  28 mars 2018
Âgé de dix-neuf ans, Attila épouse Alma, quitte son emploi de pâtissier pour divers travaux illicites dont le charge son beau-père, Bela. À quarante ans, fatigué de cette vie, il s'en va et passe plusieurs mois dans la Puszta avant de gagner Budapest où il trouvera un emploi dans une usine de foie gras.
Il est attablé à la terrasse d'un café à Budapest lorsque Theodora, riche héritière viennoise de 25 ans, lui demande la permission de s'assoir à ses côtés. Alors que Theodora vit chez lui, Attila se pose beaucoup de questions, le passé historique entre l'Autriche et la Hongrie perturbe sa relation amoureuse pendant quelques temps. À cinquante et un ans, Attila connaît son dernier amour.
Lu dans le cadre du Festival et Prix Horizon 2018 du 2e roman de Marche-en-Famenne (Belgique).
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Annette55
  28 février 2016
Voici une très belle histoire d'amour, un texte à la fois délicat, enlevé et sensible, une plume ciselée et éclatante, alerte et acérée .
Attila Kiss, 51ans,travailleur de nuit Hongrois, revenu de tout,qui n'avait étudié qu'à l'université de la tricherie et du mensonge réfléchit à ses manquements, ses erreurs et mensonges, perdu, dans son immense solitude à trier des poussins dans une usine...
Cet homme sanguin, exigeant, sentimental se sent simpifié......diminué.
Il refuse d'admettre qu'il est vraiment taillé pour la monotonie; il a envie d'échapper au monde de la solitude.
Soudain, il rencontre Thedora Babbenbeg, 25 ans, riche héritiere viennoise.
Une histoire dans l'histoire : une dualité sociale et historique ou la naissance d'un couple, un cheminement amoureux qui emprunte aux chemins de la guerre: conquérir, négocier puis déposer les armes, enfin........
L'auteur disséque le lent apprivoisement , la montée du sentiment amoureux entre deux amants qui pouvaient se percevoir comme des adversaires."Attila s'épuisait dans sa tentative de la haïr ".
L'amour naissant les transcende, les incite à la confiance, leur ouvre l'esprit.
Ils s'abandonnent enfin!
Ils s'apprennent en surmontant leurs passés respectifs et leurs passifs.
Un texte fulgurant d'audace insolente, brûlant, magnifiquement écrit, deuxième oeuvre seulement
après "Buvard" de Julia Kerninon .
Prometteur!
Merci à Marie , libraire à la "Taverne du livre "à Nancy.
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isabelleisapure
  07 août 2016
Attila et Theodora auraient pu ne jamais se rencontrer. Lui est hongrois. Pendant quelque temps, l'échec de ses différentes vies l'a transformé en un peintre en cavale. Il vit aujourd'hui à Budapest. Il ne fuit plus. La nuit, il trie des poussins, le jour, il peint frénétiquement dans son appartement. Elle est Autrichienne. Elle aussi est en fuite. Fille d'un grand compositeur, elle tente de ne pas se faire écraser par un héritage trop lourd à porter. Il est pauvre, elle est riche. Il était seul, elle s'est invitée dans sa vie, comme ça, sans crier gare. Ils s'aiment. Leurs corps trouvent le chemin de l'amour sans détour. Mais Attila est ébranlé par une guerre sans merci qui se joue à l'intérieur de lui. À chaque regard, pendant chaque silence, il rejoue l'affrontement qui a opposé leurs deux pays et vu la chute de l'Empire austro-hongrois. Theodora devient alors Vienne la victorieuse et Attila endosse le rôle d'une Hongrie exsangue et amputée d'une partie de son territoire. Chaque jour, il prend comme une provocation la présence de cette femme dans son lit. Chaque jour, elle trouve les mots pour faire baisser les armes à l'homme qu'elle a choisi comme refuge.
« Tu es entré dans mon lit comme tes ancêtres dans mon pays. Tu m'as conquis, comme les tiens toujours ont plié les miens. Dans les plaines, dans les montagnes, dans les rivières, avec des bottes, avec des sacs, avec des armes brillantes et parfois seulement avec des ordres, vous nous avez toujours pliés.
Un temps vous n'avez vécu que pour ça. Mais comme eux, tu te lasseras, quand tu m'auras épuisé. Tôt ou tard, tu partiras en emportant tout avec toi, le jour où je ne serai plus capable de te satisfaire, et alors il ne me restera que la chaleur précaire des poussins pour pleurer. »
C'est l'histoire d'un amour. L'histoire du dernier amour d'Attila Kiss.
C'est une belle et triste histoire. J'ai adoré l'écriture de Julia Kerninon que je ne connaissais pas. J'y ai trouvé à la fois la précision et la légèreté propres aux grands écrivains.
Chaque personnage est travaillé avec beaucoup de détails permettant de découvrir peu à peu le passé de chacun.
D'après les critiques, « Buvard », le premier opus de l'auteure est également salué comme étant une grande réussite. Il est désormais inscrit sur la liste de mes prochaines lectures.
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LuMM
  14 janvier 2019
La rencontre de deux êtres que tout oppose.
Lui la cinquantaine, ayant laissé une vie derrière lui, épouse et enfants compris, égaré entre un travail en usine et sa passion pour la peinture, Hongrois dans l'âme...
Elle, femme-enfant, héritière de famille noble, l'insouciance en étendard, Autrichienne...
Julia Kerninon nous fait rentrer dans l'intimité de ces deux-là, l'amour qui s'impose entre incompréhensions et fulgurances.
Si le sujet m'a cette fois un peu moins touchée, j'ai retrouvé instantanément la plume évocatrice et élégante que j'avais rencontrée dans « Une activité respectable ».
Julia Kerninon parvient avec une grande justesse à traduire les méandres d'une pensée.
Une belle lecture....
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motspourmots
  13 janvier 2016
Souvenez-vous, ça s'appelait Buvard, c'était un premier roman et il a propulsé très vite son auteure sur les devants de la scène littéraire. Comme d'habitude après un tel bouche-à-oreilles, on se pose la question de la suite, on attend au tournant ce fameux second roman. Buvard parlait d'écriture et de vie avec une telle puissance que l'on pouvait se demander si Julia Kerninon n'avait pas déjà tout dit. Alors forcément, quand j'ai vu son nom sur une jolie couverture posée au milieu d'autres sur la table du libraire, j'ai été attirée comme un aimant. J'ai d'abord pensé qu'elle avait fait vite (deux ans à peine entre les deux livres), ensuite j'ai savouré le titre – Attila Kiss, un nom qui résume le propos à lui seul – et puis tout le reste.
L'amour et la guerre. L'amour comme une guerre. Pas très nouveau me direz-vous. Depuis la nuit des temps on utilise un vocabulaire guerrier pour parler d'amour. Conquérir, négocier, déposer les armes… Aimer est souvent un combat. Mais Julia Kerninon choisit de tirer ce fil jusqu'au bout, en explorant les moindres recoins de la mémoire des deux amoureux dont il est ici question, les blessures passées, celles qui les dépassent, celles que d'autres acteurs de conflits antérieurs n'ont fait que creuser.
« Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu'à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre – par la considération des forces en présence ».
Et les forces en présence ont tout pour s'opposer. Attila a 51 ans, il est hongrois et pauvre. Theodora a 25 ans, elle est autrichienne et héritière d'une riche famille de l'aristocratie viennoise. Les différences d'âge et de culture auraient déjà suffi à créer nombre d'obstacles. L'histoire de l'empire austro-hongrois, inscrite dans le sang de millions de descendants de ses différentes entités ballotées au gré des guerres passées vient compliquer encore la situation. Attila porte en lui toute l'humiliation d'un peuple sacrifié par les Empereurs successifs, passé sous le joug de puissances destructrices (Allemagne, URSS…). le regard qu'il porte sur Theodora ne peut, dans un premier temps se libérer de cette influence.
« Lorsqu'il avait rencontré Theodora, il avait eu peur d'elle et de tout ce qu'elle impliquait, peur de sa force, de son audace, et à présent c'était comme s'il avait enfin trouvé un alibi, c'était presque confortable, il pouvait prétendre que sa première émotion n'avait pas été le vertige inhérent à l'amour, mais une forme de pressentiment atavique, penser que le Hongrois en lui avait reconnu dès le premier instant l'Autrichienne privilégiée qu'elle dissimulait, qu'il n'avait jamais été dupe, mais simplement patient, tenace, stratège, et qu'à présent il l'avait enfin débusquée ».
La naissance du couple que nous conte Julia Kerninon est un cheminement qui emprunte aux mouvements guerriers, un lent apprivoisement entre deux amants qui peuvent se percevoir comme des adversaires. L'amour qui les guide ouvre leur esprit, les incite à la confiance, à l'abandon. Ils s'apprennent. Ils surmontent leurs passés respectifs, voire leurs passifs. Ils s'autorisent enfin à être heureux, dans l'instant présent.
On retrouve dans ce nouveau roman, la plume alerte et acérée qui avait déjà impressionné, mise ici au service d'une dissection convaincante des différentes phases de la montée du sentiment amoureux. Quelques fils conducteurs aussi. le combat qu'un individu doit souvent livrer avec lui-même. le pouvoir cicatrisant de la peinture. L'envie d'échapper au monde qui mène à la solitude.
Il m'a bien plu, moi, cet Attila Kiss. Avec ce livre, l'auteure trouve un prisme original pour traiter d'un thème universel. Et dévoile un peu plus son univers singulier, guidé par une belle ambition littéraire. Si j'étais critique littéraire, je dirais que c'est une jolie confirmation.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
ZakuroZakuro   27 avril 2016
Je ne savais rien de l'amour mais je connaissais son absence -c'était comme ces jeux d'enfants où chaque creux correspond à une pièce de bois de la même forme. Et voilà que je te rencontrais, toi, tu me faisais l'effet du bruit sourd qu'on entend juste à l'instant où l'on pousse la porte d'un théâtre au beau milieu d'un concert retentissant. Un rugissement lourd, douloureux, voilà ce que j'ai entendu malgré moi de l'autre côté de la terrasse, un fleuve d'amour grondant qui m'appelait, qui réclamait une baigneuse téméraire.
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GabySenseiGabySensei   20 janvier 2016
C'est elle qui a fait ça, et elle seule. Elle est venue, elle m'a conquis, petit à petit, centimètre par centimètre, elle a gravi mes montagnes, traverser mes fleuves, franchi mes ponts, convaincu mes interprètes, plié mes espions, déjoué mes pièges, trompé ma vigilance, et elle a gagné ma guerre. Je savais qu'elle viendrait, au fond, peut-être - j'ignorais simplement l'apparence que prendrait son visage. Elle a bien fait d'arriver sans prévenir, parce que je ne me serais pas déplacé si on m'avait annoncé ça, je ne l'aurais pas cru - que ma moitié venait de là, qu'en apparence elle n'aurait pas un signe commun avec moi, qu'en toutes choses nous différerions, sauf pour ce qui se passe à l'intérieur, dessous, derrière son petit menton sur lequel on a appuyé des violons de force.

(P119)
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joedijoedi   27 mars 2018
Certains jours, elle était sidérante d'érotisme, elle était brutale et subtile, ses mains lourdement baguées glissant sans effort autour de son sexe, sa bouche infatigable, son corps semblant s'étendre partout dans le lit comme une nappe de pétrole dans laquelle il peinait à reprendre son souffle — mais d'autres fois elle se laissait aller dans ses bras avec une telle maladresse qu'il la berçait longtemps avant d'oser la pénétrer, et quand il la prenait enfin, incertain, avec infiniment de précautions, elle le fixait sans un mot, la mâchoire serrée, les yeux grands ouverts comme la première nuit, pleins de stupeur, ses paumes appuyées contre ses épaules à lui en un geste étrange, elle le suçait avec des bruits minuscules qui lui faisaient tendre l'oreille à en devenir fou, et finissait par s'endormir roulée en boule, les orteils collés aux siens.
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denisarnouddenisarnoud   24 mai 2016
Peut-être, lorsque nous prononçons les mots histoire d'amour, croyons nous désigner ainsi la qualité romanesque de nos affections, la façon dont nous pouvons les réduire a posteriori à la banalité d'un récit - mais nous oublions alors que l'autre sens du mot histoire signifie archive, mémoire, rappelant que les passions ne sont pas seulement des fables, mais d'abord une succession de guerres gagnées et perdues, de territoires conquis, annexés, puis brûlés, de frontières sans cesse réagencées. En réalité, l'histoire d'un amour repose sur les défaillances et les concessions, les enclaves protégées, les coups d'Etat, les caresses, les victoires, les amnisties, les biscuits de survie, la température extérieure, les boycotts, les alliances, les revanches, les mutineries, les tempêtes, les ciels dégagés, la mousson, les paysages, les ponts, les fleuves, les collines, les exécutions exemplaires, l'optimisme, les remises de médailles, les guerres de tranchées, les guerres éclairs, les réconciliations, les guerres froides, les bonnes paix et les mauvaises, les défilés victorieux, la chance et la géographie. Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu'à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre - par la considération des forces en présence.
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motspourmotsmotspourmots   12 janvier 2016
Simplifié. Ce fut le seul mot qu'il trouva alors pour envelopper sa tristesse comme une brassée d'outils meurtriers dans une couverture, et la cacher à sa vue. Et parce que même ravagé, même blessé à mort, il restait la même personne irrémédiablement farouche, le désespoir ne trouva jamais chez lui d'endroit où se poser, et Attila aima la simplicité avec la même ferveur qu'il avait aimé les complications.
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Videos de Julia Kerninon (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Kerninon
À l'occasion de l'Escale du livre de Bordeaux, Julia Kerninon vous présente son ouvrage "Ma dévotion" aux éditions Rouergue.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2241719/julia-kerninon-ma-devotion
Notes de Musique : Youtube Audio Library
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