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EAN : 9782812609909
128 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (06/01/2016)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 103 notes)
Résumé :
«Par la suite, il se demanderait souvent s’il devait voir quelque chose d’extraordinaire dans leur rencontre – cette fille venant à lui sur la terrasse d’un café qui n’était même pas son préféré, qu’il ne fréquentait que rarement. Si elle était passée par là la veille, ou simplement une heure plus tôt ou plus tard, elle l’aurait manqué – il ne l’aurait jamais connue, il serait resté seul avec ses poussins et sa peinture et sa tristesse et sa dureté. Mais elle était ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  28 mars 2018
Âgé de dix-neuf ans, Attila épouse Alma, quitte son emploi de pâtissier pour divers travaux illicites dont le charge son beau-père, Bela. À quarante ans, fatigué de cette vie, il s'en va et passe plusieurs mois dans la Puszta avant de gagner Budapest où il trouvera un emploi dans une usine de foie gras.
Il est attablé à la terrasse d'un café à Budapest lorsque Theodora, riche héritière viennoise de 25 ans, lui demande la permission de s'assoir à ses côtés. Alors que Theodora vit chez lui, Attila se pose beaucoup de questions, le passé historique entre l'Autriche et la Hongrie perturbe sa relation amoureuse pendant quelques temps. À cinquante et un ans, Attila connaît son dernier amour.
Lu dans le cadre du Festival et Prix Horizon 2018 du 2e roman de Marche-en-Famenne (Belgique).
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isabelleisapure
  07 août 2016
Attila et Theodora auraient pu ne jamais se rencontrer. Lui est hongrois. Pendant quelque temps, l'échec de ses différentes vies l'a transformé en un peintre en cavale. Il vit aujourd'hui à Budapest. Il ne fuit plus. La nuit, il trie des poussins, le jour, il peint frénétiquement dans son appartement. Elle est Autrichienne. Elle aussi est en fuite. Fille d'un grand compositeur, elle tente de ne pas se faire écraser par un héritage trop lourd à porter. Il est pauvre, elle est riche. Il était seul, elle s'est invitée dans sa vie, comme ça, sans crier gare. Ils s'aiment. Leurs corps trouvent le chemin de l'amour sans détour. Mais Attila est ébranlé par une guerre sans merci qui se joue à l'intérieur de lui. À chaque regard, pendant chaque silence, il rejoue l'affrontement qui a opposé leurs deux pays et vu la chute de l'Empire austro-hongrois. Theodora devient alors Vienne la victorieuse et Attila endosse le rôle d'une Hongrie exsangue et amputée d'une partie de son territoire. Chaque jour, il prend comme une provocation la présence de cette femme dans son lit. Chaque jour, elle trouve les mots pour faire baisser les armes à l'homme qu'elle a choisi comme refuge.
« Tu es entré dans mon lit comme tes ancêtres dans mon pays. Tu m'as conquis, comme les tiens toujours ont plié les miens. Dans les plaines, dans les montagnes, dans les rivières, avec des bottes, avec des sacs, avec des armes brillantes et parfois seulement avec des ordres, vous nous avez toujours pliés.
Un temps vous n'avez vécu que pour ça. Mais comme eux, tu te lasseras, quand tu m'auras épuisé. Tôt ou tard, tu partiras en emportant tout avec toi, le jour où je ne serai plus capable de te satisfaire, et alors il ne me restera que la chaleur précaire des poussins pour pleurer. »
C'est l'histoire d'un amour. L'histoire du dernier amour d'Attila Kiss.
C'est une belle et triste histoire. J'ai adoré l'écriture de Julia Kerninon que je ne connaissais pas. J'y ai trouvé à la fois la précision et la légèreté propres aux grands écrivains.
Chaque personnage est travaillé avec beaucoup de détails permettant de découvrir peu à peu le passé de chacun.
D'après les critiques, « Buvard », le premier opus de l'auteure est également salué comme étant une grande réussite. Il est désormais inscrit sur la liste de mes prochaines lectures.
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Annette55
  28 février 2016
Voici une très belle histoire d'amour, un texte à la fois délicat, enlevé et sensible, une plume ciselée et éclatante, alerte et acérée .
Attila Kiss, 51ans,travailleur de nuit Hongrois, revenu de tout,qui n'avait étudié qu'à l'université de la tricherie et du mensonge réfléchit à ses manquements, ses erreurs et mensonges, perdu, dans son immense solitude à trier des poussins dans une usine...
Cet homme sanguin, exigeant, sentimental se sent simpifié......diminué.
Il refuse d'admettre qu'il est vraiment taillé pour la monotonie; il a envie d'échapper au monde de la solitude.
Soudain, il rencontre Thedora Babbenbeg, 25 ans, riche héritiere viennoise.
Une histoire dans l'histoire : une dualité sociale et historique ou la naissance d'un couple, un cheminement amoureux qui emprunte aux chemins de la guerre: conquérir, négocier puis déposer les armes, enfin........
L'auteur disséque le lent apprivoisement , la montée du sentiment amoureux entre deux amants qui pouvaient se percevoir comme des adversaires."Attila s'épuisait dans sa tentative de la haïr ".
L'amour naissant les transcende, les incite à la confiance, leur ouvre l'esprit.
Ils s'abandonnent enfin!
Ils s'apprennent en surmontant leurs passés respectifs et leurs passifs.
Un texte fulgurant d'audace insolente, brûlant, magnifiquement écrit, deuxième oeuvre seulement
après "Buvard" de Julia Kerninon .
Prometteur!
Merci à Marie , libraire à la "Taverne du livre "à Nancy.
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LuMM
  14 janvier 2019
La rencontre de deux êtres que tout oppose.
Lui la cinquantaine, ayant laissé une vie derrière lui, épouse et enfants compris, égaré entre un travail en usine et sa passion pour la peinture, Hongrois dans l'âme...
Elle, femme-enfant, héritière de famille noble, l'insouciance en étendard, Autrichienne...
Julia Kerninon nous fait rentrer dans l'intimité de ces deux-là, l'amour qui s'impose entre incompréhensions et fulgurances.
Si le sujet m'a cette fois un peu moins touchée, j'ai retrouvé instantanément la plume évocatrice et élégante que j'avais rencontrée dans « Une activité respectable ».
Julia Kerninon parvient avec une grande justesse à traduire les méandres d'une pensée.
Une belle lecture....
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Zakuro
  14 août 2016
Cristallisation de l'amour dans le coeur d'un guerrier blessé.
Il s'appelle Attila, c'est un homme des plaines et des champs de luzerne de la Hongrie. Il a eu une famille et a tout perdu.
Elle est apparue un jour sur la terrasse ensoleillée d'un café de Budapest. Elle, c'est Theodora, une jeune femme issue d'une riche famille viennoise.
Vienne. L'Autriche est pour Attila, la vieille ennemie de son pays. Une vaindict qui remonte aux origines de l'empire austro-hongrois et des deux guerres mondiales qui ont morcelé le territoire hongrois et divisé son peuple.
Sa rencontre avec Theodora le submerge d'émotions mais une petite voix intérieure lui fait livrer un combat entre la tendresse et la colère, le désir et la haine "l'amour rappelle qu'il y a des frontières et qu'on ne les franchit pas impunément". Une déclaration de guerre et d'amour à cette femme autrichienne qui vient à lui si naturellement et avec confiance, et pourtant Theodora le connait à peine " Je savais exactement quatre choses sur toi, la peinture, les poussins, la solitude et la texture de ta peau, c'était très peu, c'était minuscule, mais l'amour est la forme la plus haute de la curiosité et je suis tombée amoureuse de toi".
Des choses sont cachées, des choses sont dites, qui sont révélées tantôt par leurs pensées, tantôt par le dialogue dans le texte où les mots résonnent d'une voix slave, chaleureuse et empathique.
Theodora est une jeune femme pleine de vie et d'optimisme mais elle a aussi ses abîmes qui ne sont pas celles de la trahison d'un pays mais celles de son existence, des morceaux d'elle qu'Attila va reconquérir et reconstruire pour l'amour de Theodora et son insurrection à lui.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
ZakuroZakuro   27 avril 2016
Je ne savais rien de l'amour mais je connaissais son absence -c'était comme ces jeux d'enfants où chaque creux correspond à une pièce de bois de la même forme. Et voilà que je te rencontrais, toi, tu me faisais l'effet du bruit sourd qu'on entend juste à l'instant où l'on pousse la porte d'un théâtre au beau milieu d'un concert retentissant. Un rugissement lourd, douloureux, voilà ce que j'ai entendu malgré moi de l'autre côté de la terrasse, un fleuve d'amour grondant qui m'appelait, qui réclamait une baigneuse téméraire.
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GabySenseiGabySensei   20 janvier 2016
C'est elle qui a fait ça, et elle seule. Elle est venue, elle m'a conquis, petit à petit, centimètre par centimètre, elle a gravi mes montagnes, traverser mes fleuves, franchi mes ponts, convaincu mes interprètes, plié mes espions, déjoué mes pièges, trompé ma vigilance, et elle a gagné ma guerre. Je savais qu'elle viendrait, au fond, peut-être - j'ignorais simplement l'apparence que prendrait son visage. Elle a bien fait d'arriver sans prévenir, parce que je ne me serais pas déplacé si on m'avait annoncé ça, je ne l'aurais pas cru - que ma moitié venait de là, qu'en apparence elle n'aurait pas un signe commun avec moi, qu'en toutes choses nous différerions, sauf pour ce qui se passe à l'intérieur, dessous, derrière son petit menton sur lequel on a appuyé des violons de force.

(P119)
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joedijoedi   27 mars 2018
Certains jours, elle était sidérante d'érotisme, elle était brutale et subtile, ses mains lourdement baguées glissant sans effort autour de son sexe, sa bouche infatigable, son corps semblant s'étendre partout dans le lit comme une nappe de pétrole dans laquelle il peinait à reprendre son souffle — mais d'autres fois elle se laissait aller dans ses bras avec une telle maladresse qu'il la berçait longtemps avant d'oser la pénétrer, et quand il la prenait enfin, incertain, avec infiniment de précautions, elle le fixait sans un mot, la mâchoire serrée, les yeux grands ouverts comme la première nuit, pleins de stupeur, ses paumes appuyées contre ses épaules à lui en un geste étrange, elle le suçait avec des bruits minuscules qui lui faisaient tendre l'oreille à en devenir fou, et finissait par s'endormir roulée en boule, les orteils collés aux siens.
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denisarnouddenisarnoud   24 mai 2016
Peut-être, lorsque nous prononçons les mots histoire d'amour, croyons nous désigner ainsi la qualité romanesque de nos affections, la façon dont nous pouvons les réduire a posteriori à la banalité d'un récit - mais nous oublions alors que l'autre sens du mot histoire signifie archive, mémoire, rappelant que les passions ne sont pas seulement des fables, mais d'abord une succession de guerres gagnées et perdues, de territoires conquis, annexés, puis brûlés, de frontières sans cesse réagencées. En réalité, l'histoire d'un amour repose sur les défaillances et les concessions, les enclaves protégées, les coups d'Etat, les caresses, les victoires, les amnisties, les biscuits de survie, la température extérieure, les boycotts, les alliances, les revanches, les mutineries, les tempêtes, les ciels dégagés, la mousson, les paysages, les ponts, les fleuves, les collines, les exécutions exemplaires, l'optimisme, les remises de médailles, les guerres de tranchées, les guerres éclairs, les réconciliations, les guerres froides, les bonnes paix et les mauvaises, les défilés victorieux, la chance et la géographie. Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu'à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre - par la considération des forces en présence.
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motspourmotsmotspourmots   12 janvier 2016
Simplifié. Ce fut le seul mot qu'il trouva alors pour envelopper sa tristesse comme une brassée d'outils meurtriers dans une couverture, et la cacher à sa vue. Et parce que même ravagé, même blessé à mort, il restait la même personne irrémédiablement farouche, le désespoir ne trouva jamais chez lui d'endroit où se poser, et Attila aima la simplicité avec la même ferveur qu'il avait aimé les complications.
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Videos de Julia Kerninon (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Kerninon
A l'occasion du Salon "Le livre sur la place" à Nancy, Julia Kerninon vous présente son ouvrage "Liv Maria" aux éditions de l'Iconoclaste.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2447838/julia-kerninon-liv-maria
Note de musique : YouTube Audio Library
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