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EAN : 9782072531125
160 pages
Gallimard (02/01/2014)
3.22/5   168 notes
Résumé :
Venu dans notre pays pour rechercher l'origine de son nom véritable, Jean louis Lebris de Kerouac, le chef de file du mouvement beat, s'aperçoit de retour en Floride qu'il a reçu, au cours de ce voyage, une sorte d'illumination, un satori.

Ne sachant à quel épisode précis attribuer cette révélation, il va revivre avec le lecteur ces dix journées passées en France. Journées où abondent les situations inattendues, et où l'on sent ce besoin de sympathie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Kerouac est bien plus américain que Breton dans ce livre. Comme tous ces compatriotes qui partent encore en Europe à la recherche de leurs origines, l'imaginaire est gonflé d'une légende familiale, voir d'une attente. Enormément d'Américains sont convaincus d'avoir des ancêtres prestigieux ou aristocrates, et entreprennent le voyage dans ce sens. La plupart ne découvrent en fouillant dans les archives qu'une réalité assez triviale, et une immigration liée à une condition sociale dégradée.

Car Jack croit lui aussi qu'il peut trouver dans cette Bretagne mythifiée, que son père a entretenue " Jack n'oublie jamais que tu es un Breton!" trace d'un héritage prestigieux, et tout autant se conforter dans sa certitude d'être d'origine noble.
Voilà donc livré cette quête qui aura duré une dizaine de jours, et l'aura fait écluser un nombre bien plus considérable de bières!
Kerouac n'avait en fait aucune chance de remonter sa filiation. Celle ci a été tardivement découverte, par le biais de chercheurs en généalogie. Cela est lié à un secret familial originel, dont les protagonistes ont brouillé les pistes, afin de conserver l'honneur d'une famille qui entendait rester respectable.

Monsieur Urbain », comme on l'appelait dans son village, pour parler justement de cet ancêtre introuvable était le fils du notaire royal du Huelgoat et connu pour être un fieffé fripon: menteur, voleur, usurpateur, et peut être bien violeur.....
Il s'exila en 1725 pour échapper aux geôles qu'on lui promettait et à la honte qu'il faisait peser sur sa famille. Parti de son Huelgoat natal sous son vrai nom d'Urbain-François le Bihan de Kervoach, il prit au Canada l'identité de Maurice-Louis le Bris de Kervoach d'où l'impossibilité de « remonter » jusqu'à lui.
Et si le sieur de Kervoach a changé d'identité, passant de le Bihan à le Bris, c'est qu'il avait beaucoup à se reprocher, raison pour laquelle il avait dû quitter très jeune, à l'âge de 18 ans, sa Bretagne natale. «

Ce" satori in Paris", dont on recherche le sens du titre, n'existerait pas si la gloire de l'auteur de "sur la route" ne le faisait pas tenir artificiellement debout. Les admirateurs de l'oeuvre de jeunesse, viennent comme moi chercher des échos, dans les récits secondaires, qui sont les échos de la personnalité de sa vie.
Voilà l'intérêt du livre
Ils constatent que l'homme à vieilli prématurément, est de plus en plus dépendant de l'alcool, fait de l'esbrouffe. Mais la grâce a disparu. Son copain, et double, ce "Neal Cassady" vrai nom du "Dean Moriarty " le héros mythique de " sur la route" n'est pas plus avec lui , que l'esprit qui l'accompagne, dans le voyage en train qui l'amène à Brest.

Il ne trouve qu'un pochard improbable, dont on se demande si ce n'est pas une création littéraire, dans un compartiment de première classe, faite pour meubler le vide et l'ennui, et l'improvisation de ce voyage cent fois reporté.
C'est un récit fait d'approximations bien loin du lyrisme et de l'esprit d'aventure de la jeunesse des récits qui l'ont fait reconnaitre comme une sorte de chantre, celui de la "Beat generation", mais en fait plus vieux que celle ci.

. "Elle souffle, elle souffle!" S'exclamait t'il , dans " sur la route", en voyant enfin l'océan pacifique surgir au delà des collines, comme s'il voyait la baleine "Moby Dick". Ils viennent d'arriver à San Francisco, sont abrutis de kms et couverts de poussières, Ils ne peuvent pas aller plus loin.

Le "Pen ar bed " breton, littéralement " bout du monde", face à l'Atlantique, cette fois est là aussi une borne d'arrêt au délire. il cherche un café du coté de "Recouvrance", puis une autre, demande aux piliers de bar s'ils ne connaissent pas des "Kerouac ",
Son intérêt est peut être qu'il livre ainsi une part assez authentique du vrai Jack, très soupe au lait et impulsif, qui ne songe plus à se cacher derrière un double. Un portrait en concordance avec celui qu'offre de Jack, Carolyn Cassady.
C'était l'épouse de Neal, son grand soutien, il faut le dire. Réparant, soignant, prenant en charge son mari, entre deux fugues, deux errances.! Elle livre énormément d'anecdotes parlantes dans son livre. Elle aura vécu dans l'ombre des deux copains, se retrouvant de loin en loin.
Jack est dans son récit fleuve, un ange maudit, celui qui provoque à chaque fois le départ de Neal, la laissant seule avec les gosses. "Sur ma route", vaut vraiment le détour!. Il montre bien avant l'époque metoo que dans un couple le héros n'est pas forcément celui qui fait parler de lui et se transforme en mythe.
Jack a rencontré aussi à l'époque des sixties Youenn Gwernig, un poète Breton, naturalisé Américain. Une amitié est née entre les deux hommes, et Gwernig a correspondu longtemps avec Jack. Il lui a même proposé après la parution de " satori in Paris" de faire avec lui le voyage en Bretagne, dans cette recherche obsédante des origines, qui a surement une signification au niveau psychanalytique. .
Ca ne se fera pas. Les années sont comptées. Jack n'est plus que l'ombre ombrageuse de lui même. C'est dommage, car Gwernig était revenu en Bretagne, et s'était établi dans le finistere, tout près curieusement de Huelgoat, ce village que Kerouac a cherché en vain, et où se trouvait la clé des origines.

C'est à Huelgoat qu'est venu mourir un autre écrivain voyageur, Victor Segalen, trouvé mort au pied d'un arbre, dans la forêt somptueuse qui entoure le village, célèbre aussi pour son chaos de rochers. Peut être se serait il passionné pour l'histoire toute aussi étrange de Segalen, l'écrivain visionnaire des "Immémoriaux", et dont on conjoncture toujours sur son suicide.
Peut être aurait il été déçu de l'histoire de son ancêtre, mettant un terme au mystère, et à la recherche. Peut être que non, et estimé que ce lointain ancêtre nommé "Urbain François" lui ressemblait. Mauvais garçon et coureur de jupons, impulsif et aventurier. Déjà routard!
C'est avec des " peut être", qu'on fait des romans. Et peut être que le mystère des origines se trouve au centre de la création.
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L'auteur nous narre ici son voyage en France où il aurait ressenti un "satori". Eh bien je pourrais dire que je n'ai pas ressenti grand-chose dans ce roman autobiographique.
Le livre commençait bien pourtant mais rapidement on sent l'homme américain agacé par le manque de courtoisie française et les gens qui vous font balader.
Et c'est là le défaut de ce livre, on y lit l'agacement et nous sommes nous-même agacer de le lire. On suit une personne alcoolique, qui a deux ambitions : reboire une bière avant son petit déjeuner et chercher l'origine de son nom.
De ce premier penchant pour l'alcool on peut y retrouver une certaine drôlerie dans la beuverie et ces excès. Il y retrouve les bonnes bières alsaciennes et les femmes françaises.
Puis on arrive à son but en France, sa quête autour de son nom. Et c'est là qu'augmente mon antipathie pour le personnage, qui agit partout comme un noble conquérant, fier de ses origines nobles, marchant sur la populace et montrant sa supériorité, et finissant par insulter (intérieurement, mais pas que) les gens qui essayaient de l'aider.
L'écriture oscille entre le bon et le moins bon. J'ai parfois ri, parfois été consterné. Peut-être que je relirai ce livre plus tard et que je l'apprécierais, mais pas pour le moment. Il y a une de ses fougues de la jeunesse, du vacancier consterné, du je m'en foutiste qui a le don de m'exaspérer...
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Satori à Paris est le premier livre de Jack Kerouac que j'ai lu. Dans ma bibliothèque traîne depuis de nombreuses années Sur la route (On the road) mais je ne l'ai jamais commencé parce qu'il a été cité par tant de gens qui ne lisent finalement que très peu. Je me méfie aussi des livres qui sont adaptés au cinéma et enfin les beatnick ce n'est pas vraiment mon truc. Par contre, j'ai découvert William S. Burroughs avant Kerouac et j'ai instantanément été séduit par son style, Junky, si bien écrit vous fait presque adhérer à la came si vous ne faîtes pas déjà partie des camés. Dans une interview, Burroughs refuse d'être affilié à la Beat Generation, je dirai plutôt qu'il est imprégné de l'underground. C'est le regretté libraire indépendant de la rue Git le coeur qui m'a refilé un livre sur l'écriture parlant de Burroughs, Ginsberg et Kerouac. C'est d'ailleurs dans cette même rue que Burroughs acheva d'écrire La machine molle dans le Beat Hôtel, hôtel alors délabré où vécurent pas mal d'artistes. Revenons à Kerouac et à Satori à Paris. J'ai été agréablement surpris et me suis attaché immédiatement à son protagoniste venu à Paris d'abord puis parcourant la Bretagne afin de trouver ses origines bretonnes pour cet américain natif de Lowell dans le Massachusetts et vivant à Tampa en Floride. On imagine le gars costaud, ancien sportif, gouailleur, belle gueule, drôle, cultivé, dragueur, soiffard au cognac, avalant d'un trait une demi bière et chauvin sur les bords. Kerouac, têtu, ne manque pas de références historiques et littéraires, il se répète pour nous les faire rentrer en tête. C'est un homme cherchant le contact et il ne rate aucune occasion pour tailler une bavette au premier venu, offrant même un verre à un chauffeur de taxi pendant une course. Vous l'aurez compris, ce livre est vivifiant, on regrette de ne pas avoir croisé ce type si chaleureux. Il ne me reste plus qu'à lire On the road mais mon second livre de Jack Kerouac sera Les souterrains (The subterraneans).
Lien : https://lireetecrire.home.bl..
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Je retrouve Jack Kerouac après quelques années, pourtant la magie de romans tels Sur la route, Les anges vagabonds ou Les clochards célestes n'opère pas. Malgré quelques bons moments de fulgurances géniales, Kerouac ne m'a pas embarqué dans ce récit de sa visite à Paris et en Bretagne.

Jack Kerouac est à Paris, il a pour objectif de rechercher l'origine de sa famille et de son véritable nom Jean Louis Lebris de Kerouac. En France, il va connaitre un satori, une illumination, mais ne sait pas à quel moment l'attribuer. Il décrit donc ces 10 jours, essayant de trouver l'instant précis de ce satori entre situations inattendues, rencontres, joies et déceptions.

Franchement, je n'ai pas eu de satori, ce flash qui rend un roman exceptionnel aux yeux d'un lecteur. Je n'ai rien ressenti de spécial dans la lecture de paragraphes parfois trop décousus et sans intérêts particuliers. Dommage.
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Le livre démarre très bien, puis s'essoufle vite. Je n'ai pas vraiment aimé, parce que justement je n'ai pas trouvé de "satoris". Je préfère le Kerouac bouddhiste que le Kerouac catholique, je le préfère un tantinet plus sobre parce que c'est quand même plus facile de le suivre, je le préfère aussi plus fasciné par le monde qui l'entoure que par lui-même ...
Stéphanie
http://wwwcrevecoeur.blogspot.com/
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
J'avais prévu qu'au bout de cinq jours passés à Paris, je descendrais dans cette auberge au bord de l'Océan, dans le Finistère, et sortirais à minuit, enveloppé dans mon imperméable, coiffé de mon chapeau, muni de mon carnet et d'un crayon et d'un sac en plastique pour écrire à l'intérieur – en somme, en mettant la main, le carnet et le crayon dans le sac – écrire au sec pendant que la pluie tomberait sur le reste de mon corps. Et je transcrirais les sons de la mer, cette seconde partie du poème «  La Mer« , intitulée « La Mer, dernière partie, les sons de l'Atlantique, Bretagne » […]
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Je crois que les femmes commencent par m'aimer et puis elles se rendent compte que je suis ivre de la terre entière et elles comprennent alors que je ne puis me concentrer sur elles seules bien longtemps. Cela les rend jalouses. Car je suis un dément amoureux de Dieu. Eh oui.
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Elle m'avait littéralement emballé. Elle veut aussi m'épouser, naturellement, parce que je suis un compagnon de lit assez extraordinaire, et un type sympa. Je lui ai donné 120 dollars pour l'éducation de son fils, ou pour qu'elle s'achète quelques paires de chaussures paroissiales neuves-vieilles. […] mais le lendemain je n'ai plus voulu la voir parce qu'il lui fallait encore de l'argent.
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les histoires fabriquées, les contes romanesques où l'on essaie de voir ce qui se passerait SI, c'est bon pour les enfants, pour les adultes demeurés qui ont peur de se lire dans un livre, tout comme ils pourraient avoir peur de se regarder dans la glace quand ils ont une maladie, une blessure, la gueule de bois ou le cerveau fêlé.
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...et je lui rappelle que le nom véritable de François Villon se prononçait 'Ville-on ' et non ' Viyon' (ce qui est une forme corrompue) et qu'à cette époque on disait non pas 'toi ' ou 'moi ' mais quelque chose comme 'toué ' ou 'moué ' (comme on le fait encore à Québec, et aussi en Bretagne, je m'en suis apercu deux jours plus tard); et enfin, je l'ai averti, pour mettre un point final a cet attrayant exposé que toute la salle pouvait entendre, et que tout le monde écoutait, mi- amusé, mi-attentif, que le nom de François se prononçait François et no Françoué pour la simple raison qu'on l'écrivait alors Francoy, de même que le mot toi s'écrivait roy, terminaison qui n'a aucun rapport avec 'oi ' ; et que si le monarque s'etait entendu appeler 《roué 》, il ne vous aurait pas invité aux danses de Versailles, mais vous aurait envoyé un 《roué 》, la tête dissimulée sous une cagoule, qui se serait occupé de votre 《cou》, ou coup, pour le couper bien net, laquelle opération se serait soldée pour vous par une perte pure et simple.
Et autres considérations de la même eau. -
C'est peut-être à ce moment-là que mon satori s'est produit. A ce moment-là, ou comme ça.
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