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Philippe Bonnet (Traducteur)
ISBN : 2702434339
Éditeur : Le Masque (02/06/2010)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 257 notes)
Résumé :
1950. À la fin de La Mort, entre autres, embarqué sous un faux nom pour l’Argentine avec Adolf Eichman, Bernie Gunther va y retrouver le gratin des criminels nazis en exil. Ayant révélé sa véritable identité au chef de la police de Buenos Aires, il constate que sa réputation de détective l’y a précédé.

Une jeune fille est assassinée dans des circonstances atroces, et Bernie se dit que cette affaire ressemble étrangement à une enquête non élucidée qui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  26 février 2016
Les romans de Philip Kerr offrent un point de vue original de l'Allemagne de l'entre-deux guerres en mettant son héros récurrent dans la peau d'une personne impliquée malgré elle dans l'organisation politico-policière de l'époque.
On se laisse prendre très vite par l'atmosphère angoissante et délétère de la montée du nazisme et de son avènement en Allemagne en lisant la Trilogie Berlinoise et La Mort, entre autres.
Il est donc naturel de continuer à suivre les intrigues et enquêtes policières en Amérique du Sud, accompagnant ainsi la fuite des nazis. le régime dictatorial de Peron, dictateur argentin, est largement mis au jour, et donne du rythme et de la consistance à l'ouvrage. La narration est soutenue et il faudrait lire sans doute deux fois chaque chapitre pour ne rien louper.
En revanche, à chaque opus des aventures de B. Gunther, on constate que le style descriptif employé par l'auteur est prévisible, légèrement caricatural, mais il n'enlève en rien le plaisir de lecture de cette saga très documentée.
(Avis de Tynn&Co)
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Roggy
  01 décembre 2016
L'Argentine de Peron a servi de terre d'exil à des criminels nazis en fuite lors de la débâcle allemande à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. De milliers de gradés allemands ont pu quitter le pays impunément et se reconstruire une vie sous une fausse identité sans jamais avoir eu à répondre des atrocités commises au nom de Hitler.
Bernie Gunther débarque en Argentine en 1950 tel un prophète de malheur. Il espère pouvoir se soigner et reconstruire sa vie. Il se verra rapidement enrôlé de force dans une affaire impliquant les pires criminels de guerre que l'Allemagne a pu engendrer.
Dans un contexte où les démons du nazisme refont surface, Bernie Gunther fidèle à ses convictions, cherche une maigre consolation en tentant de résoudre une affaire en rapport avec une autre restée irrésolue, survenue à Berlin 18 ans auparavant.
Dans un récit vicieux, à la fois glaçant et passionnant, sans abreuvoir le lecteur avec ses vastes connaissances historiques, Philip Kerr compose une épopée où notre héros côtoie des personnages historiques et où Histoire et fiction se mêlent dans un tango funeste.
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Bigmammy
  17 août 2012
Nous avions laissé l'ex-détective Bernhard Gunther sur le bateau en partance pour l'exil vers l'Argentine (à la fin de « La mort, entre autres »), en compagnie de criminels de guerre nazis en fuite dont le sinistre Adolf Eichmann. Dans ce pays neuf où il croit pouvoir commencer, à cinquante ans, une vie nouvelle, le voici rattrapé par sa réputation de fin limier et, volens-nolens, conduit devant le dictateur Juan Péron et sa splendide épouse Evita, qui va le charger d'une nouvelle mission auprès de ses ex-camarades réfugiés. Car la colonie allemande est particulièrement prospère en cette année 1950. Beaucoup d'argent spolié aux Juifs est parvenu jusqu'ici, ou du moins, dort dans des comptes en Suisse, qui suscite bien des convoitises.
Sous couvert d'une enquête menée par la police secrète dans laquelle Bernie est quasiment enrôlé de force, il va se rendre auprès de ses ex-compatriotes, pour la plupart des anciens SS comme lui, pour en réalité tâcher de retrouver la trace d'une jeune fille disparue. Dans le même temps, le colonel Montalban (encore un !) qui le manipule (ou le traite, comme on dit dans les services secrets) lui reparle d'une ancienne enquête que Bernie Gunther a menée en 1938 à Berlin, sans parvenir à l'élucider. le meurtre d'une très jeune fille retrouvée éviscérée dans un parc. Il se trouve qu'hélas, la fille d'un ancien haut responsable nazi a aussi été retrouvée disséquée à Buenos Aires. S'agirait-il du même tueur qu'à Berlin, dix-huit ans plus tôt ? L'attitude assez détachée des parents de la jeune morte, par ailleurs handicapée, met mal à l'aise le détective …
De fil en aiguille, Bernhard Gunther va se retrouver, comme à son habitude, embringué dans une très sale affaire. Il va faire une merveilleuse rencontre, celle d'Anna, somptueuse créature qui lui demande de retrouver son oncle et sa tante disparus après avoir débarqué en Argentine trois ans plus tôt. Ils sont Juifs … Serait-ce la réponse à la question ?
Bernie saura se tirer d'affaire in extremis, manquant plusieurs fois de laisser sa peau dans ce pays où l'on pratique à grande échelle la traite des blanches, les avortements clandestins, où la population de l'intérieur du pays crie misère pendant que la femme du dictateur s'emploie à déverser elle-même des sommes fabuleuses à des mendiants qui font la queue devant le Ministère du Travail. Qu'est-ce qui est vrai dans cette histoire ? On ne sait plus très bien tant la documentation recueillie par Philip Kerr est fantastique. On rencontre dans ce bouquin des figures historiques comme Otto Skorzeni, le docteur Joseph Mengele, le général Hans Kammler qui fut en charge de nombreuses installations de camps d'extermination avant d'être exfiltré aux Etats-Unis pour travailler sur le projet de bombe atomique … Mais après tout, quelle importance ? C'est un roman, même si cela aurait pu se passer comme ça !
Mon étonnement : que pas un cinéaste ne se soit encore pointé pour réaliser une fresque épique autour de ce héros tellement sympathique !
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jeandubus
  29 mars 2015

Une douce flamme
Voici à mon avis le meilleur de la série. Pourquoi ? Parce qu'il traite de deux enquêtes sur le même thème à dix-huit ans d'intervalle, en 1932 avant la guerre, avant l'élection et le coup d'état de Hitler, en 1950 en Argentine après la guerre avec les nazis en fuite et reconvertis. (et peu aussi avant l"réconciliation...)
Bernie Gunther prend du recul sur ces vingt ans et songe même au temps où en 1917 il devait tuer son premier ennemi dans les tranchées. Quelle destinée et quelle constance finalement dans son refus du nazisme et de la dictature, son mépris du populisme et sa haine de l'antisémitisme. La prison en Russie, un passage en enfer en Ukraine qui le hante (comment oublier) et un professionnalisme en temps qu'inspecteur que tout le monde lui reconnait comme pour mieux en profiter en l'aiguillant sur de faux objectifs.
Bernie le fureteur, promu inspecteur de la police secrète argentine, met toujours son nez où il ne faut pas et se sort du pire par son détachement, son cynisme acquit selon lui au sortir de l'utérus maternel… Après Himmler, il a côtoyé tous les voyous allemands comme Heydrich heureusement dégommé à Prague mais en Argentine c'est d'abord le couple Perón (Juan et Evita) dévoyé et tricheur, assoiffé de fric, et bien entendu les pires ordures comme mengelé, eichmann (dont le nom ne mérite pas la majuscule) qui sans aucun remord continuent leur oeuvre de mort et de destruction massive avec le reliquat juif réfugié en Amérique du sud. Sans parler des banquiers qui cherchent à récupérer leur trésor de guerre planqué en Suisse (des milliards et des milliards de dollars)… Horrible !!!
On nous a bien menti depuis 60 ans. Avec la complicité lucide et bienveillante du monde « civilisé » qui lâche quelques proies à Israël pour s'excuser d'exploiter l'incroyable richesse scientifique que représente cette galerie de monstres.
La mise en perspective des deux enquêtes qui montrent dans les deux cas, avec une volonté de dissimulation, le besoin impérieux des élites autoproclamées de faire le tri ethnique dans toutes les communautés. Un exemple bien suivi aujourd'hui encore devant le regard abêti des téléspectateurs de l'info 24/24.
Evidemment seul un britannique pouvait avoir écrit une telle épopée. « Les allemands n'auront pas trop de mille ans pour oublier » déclare Bernie le roi de l'humour noir.
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mduquet
  30 décembre 2014
Avec Philip Kerr il y a une certitude s'est que l'on va passer un bon moment, il a su construire autour de ce personnage Bernie Gunther aux cours des aventures un attachement à cet antihéros que se méfie de tous et qui est incapable de mener une petite vie ranger qu'il semble aspirer. Il est incorrigible et sans peur, plus l'antagoniste est puissant plus la blague et la satire sera percutante venant de Bernie. Je crois que c'est cette bravade et son côté incorruptible qui rend Bernie si intéressant.
Même caché en Argentine en 1950 par les groupes secrets SS sous une fausse identité Bernie se fait débusquer. Il devra collaborer avec la Police local pour mettre la main sur un kidnappeur et éviscéreur d'enfant, qui jadis avait été traqué par Bernie en Allemagne des années 30. Une fois pris dans l'engrenage Bernie fera exploser plusieurs vérité caché et peu reluisante de cet Argentine entaché.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
maylibelmaylibel   06 mai 2011
J'en veux aux communistes d'avoir appelé en novembre 1932 à la grève générale qui a précipité la tenue d'élections. J'en veux à Hindenburg d'avoir été trop vieux pour se débarrasser de Hitler. J'en veux aux six millions de chômeurs - un tiers de la population active - d'avoir désiré un emploi à n'importe quel prix, même au prix d'Adolf Hitler. J'en veux à l'armée de ne pas avoir mis fin aux violences dans les rues pendant la République de Weimar et d'avoir soutenu Hitler en 1933. J'en veux aux Français. J'en veux à Schleicher. J'en veux aux Britanniques. J'en veux à Goebbels et à tous ces hommes d'affaires bourrés de fric qui ont financé les nazis. J'en veux à Papen et à Rathenau, à Ebert et à Scheidemann, à Liebknecht et à Rosa Luxemburg. J'en veux aux spartakistes et aux Freikorps. J'en veux à la Grande Guerre d'avoir ôté toute valeur à la vie humaine. J'en veux à l'inflation, au Bauhaus, à Dada et à Max Reinhardt. J'en veux à Himmler, à Goering, à Hitler et à la SS, à Weimar, aux putains et aux maquereaux. Mais, par-dessus tout, je m'en veux à moi-même. Je m'en veux de n'avoir rien fait.
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RoggyRoggy   02 décembre 2016
Tous les Allemands portent en eux l’image d’Adolf Hitler, dis-je. Même ceux qui, comme moi, le haïssaient, lui et tout ce qu’il représentait. Ce visage, avec ses cheveux ébouriffés et sa moustache en timbre-poste, continue de nous hanter, aujourd’hui encore et à jamais, et, telle une douce flamme impossible à éteindre, brûle dans nos âmes. Les nazis parlaient d’un Reich de mille ans. Mais parfois, je me dis qu’à cause de ce que nous avons fait, le nom de l’Allemagne et des Allemands sont couverts d’infamie pour mille ans. Qu’il faudra au reste du monde mille ans pour oublier.
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puce6386puce6386   19 juin 2016
Buenos Aires ressemblait à n’importe quelle capitale européenne d’avant-guerre. Alors que nous parcourions les rues bondées, je baissai la vitre et aspirai à pleins poumons une euphorique bouffée d’air, de gaz d’échappement, de fumée de cigare, d’eau de Cologne de luxe, de viande cuite, de fruits frais, de fleurs et d’argent. C’était comme revenir sur terre après un voyage dans l’espace. L’Allemagne, avec son rationnement, ses dommages de guerre, sa culpabilité et ses tribunaux alliés, semblait à des millions de kilomètres de là.
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mduquetmduquet   30 décembre 2014
Le barman de l'Adlon faisait les meilleurs cocktails de tout Berlin. De plus, il avait un faible pour les concombres. Il mettait du concombre au vinaigre sur les tables et des rondelles de concombre cru dans quelques-unes des consommations favorites des Américains. Il y avait un gros concombre non coupé sur le bar. En quête d'un couteau, je le lorgnais déjà depuis un moment. D'habitude, je préfère ma boisson sans rien sauf de la glace, mais ce concombre avait quelque chose d'attirant. En outre, mon arme se trouvait dans la boîte à gants de ma bagnole.

J'ai horreur de frapper un homme qui a le dos tourné. Même avaec un concombre. Cela va à l'encontre de mon sens inné du fair-play. Mais comme Ricci Kamm n'avait pas une once de fair play, je lui en filai un bon coup sur le dos de la main tenant la bouteille cassée. Il la lâcha avec un glapissement. Après quoi je lui assenai le concombre sur la tempe, par deux fois. Si j'avais eu de la glace et une rondelle de citron, je l'aurais probablement cogné avec également.
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   02 février 2013
Le sergent de permanence était aussi gros qu'un boulet de démolition et tout aussi serviable. Il avait le crâne chauve et une moustache gominée semblable à un petit aigle allemand. Chaque fois qu'il faisait un geste, sa ceinture en cuir grinçait contre son ventre tel un navire tirant sur ses amarres. De temps à autre, il portait sa main à sa bouche et rotait. On pouvait sentir son petit déjeuner depuis la porte d'entrée.
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Vidéo de Philip Kerr
L'auteur britannique de romans noirs, Philip Kerr, vient de publier "Le Mercato d'hiver" aux éditions du Masque. Il nous dévoile les raisons de son passage du roman noir au football.
En savoir plus sur le livre :http://www.myboox.fr/livre/le-mercato-dhiver-9782702441572
Musique : Bird Creek_Wihing Well
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Bernie Gunther, un privé chez les nazis...

"Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n'est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu'un qui les change en lois" On m'a viré de la Kripo en 1934, et comme il faut bien vivre, je me suis retrouvé déguisé en privé dans l'établissement le plus select de Berlin :

Hôtel Savoy
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