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Critiques sur Vert-de-gris (43)
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bilodoh
  16 juillet 2014
Pas un polar, ni même vraiment un thriller, une sorte de roman d'espionnage historique.

Réfugié à Cuba, Bernie Gunther tombe aux mains des Américains, puis des Français puis des Russes. Pour ses geôliers, il brode tour à tour différentes versions de sa biographie. Pas toujours aisé à suivre donc, pas facile de démêler les fils et de sair ce qui se passe. Il vaut peut-être mieux avoir lu les précédents ouvrages de Kerr et s'être déjà attaché à son personnage pour apprécier.

Pour ma part, j'aime bien les récits de Philip Kerr car ils aident à comprendre d'autres facettes de l'histoire, à connaître des événements dont on entend moins souvent parler. Dans ce cas-ci, il s'agit des années cinquante : le retour des Allemands emprisonnés en Union soviétique, les procès des crimes de guerre, les tensions de la Guerre froide, le Berlin d'avant le mur, etc.

En filigrane, on y trouve aussi des sentiments moins glorieux et moins faciles à accepter : les Allemands, même non nazis, très contents d'occuper la France en 1894 et de prendre ainsi une revanche sur la débâcle de la Première Guerre mondiale. On peut également réfléchir à la difficulté pour ces Allemands des années 50 de dépasser l'amertume envers les vainqueurs, ceux qui ont détruit et humilié leur pays. Comment se réconcilier avec ceux qui ont bombardé leurs villes ? Comment recréer des liens normaux avec les peuples qui les haïssent et considèrent comme des monstres ? N'est-il pas injuste d'être les seuls méchants alors que de nombreux autres Européens étaient aussi nazis, que les camps du régime soviétique ont fait autant de victimes et que l'industrie américaine a grandement profité de la guerre ?

La Seconde Guerre mondiale est loin, mais les problèmes de conflits et de nécessaires réconciliations sont malheureusement toujours d'actualité !
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Phoenicia
  25 juillet 2017
Vert-de-gris détonne dans les romans Bernie Gunther de Philip Kerr. Effectivement dans celui-ci pas de réelle enquête pour l'inspecteur cynique. Au contraire, c'est plutôt lui le suspect. Cernés par différentes agences de renseignement ( CIA, SCEDE, Stasi), Bernhard Gunther se retrouve en pleine guerre froide à devoir dévoiler certains aspects de sa vie lorsqu'il était en "vert-de-gris", nom donné à l'uniforme allemand.

Ce roman peut-être très appréciable si on est à la recherche d'éléments biographiques sur notre héros. Ici on apprend son séjour en France, son envoi sur le front russe et surtout sa captivité dans les camps soviétiques. L'élément central étant toujours le même personnage que la CIA cherche à épingler : Erich Mielke, chef de la Stasi, que Gunther aurait rencontré de nombreuses fois dans le passé.

Comme à l'accoutumée, le personnage est cynique à souhait et les faits sont très bien documentés. Je le conseille à tout ceux ayant lu un certain nombre d'ouvrages de la série. En revanche, pour ceux étant à la recherche d'un bon polar ou découvrant Philip Kerr, je leur conseille de passer leur chemin...
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Bigmammy
  28 janvier 2013
Septième aventure du héros récurrent de Philip Kerr, Bernhard Gunther, qui suit « Une douce flamme" et "Hôtel Adlon ». Nous retrouvons donc Bernie à Cuba en 1954, en pleine guerre froide. En partance pour Haïti, avec à son bord une belle fugitive, son bateau est arraisonné en pleine mer. Il est transféré à Gitmo – Guantanamo, déjà ! – où son passé le rattrape. Car, à maintenant 58 ans, le talentueux ex-commissaire de la Kripo de Berlin, transféré d'office dans la SS sur ordre de Heydrich, s'est maintes fois mis dans de sales draps. A présent, c'est la CIA qui veut l'utiliser, et d'abord lui faire raconter toute son histoire … Celle sur laquelle il ne s'était pas trop étendu jusqu'ici : son activité à Minsk, sa capture par les Soviétiques, son séjour au Goulag … son appartenance ou non au parti nazi, ou ses accointances avec des communistes.
Tout comme Iohann Moritz, le héros malheureux de Virgil Georghiou de la Vingt-cinquième heure, Bernhard Gunther passe de mains en mains, interrogé tour à tour par les Américains, les Russes, les Français du SDECE, les allemands de la STASI. On le manipule pour le faire identifier des criminels de guerre, des tortionnaires, des espions soviétiques. A cette occasion, raconte ses visites des horribles camps de concentration français du Vernet et de Gurs à l'été 1940, la vie de forçat au camp russe de Krasno-Armeesk, puis dans les mines de pechblende où on ne fait pas de vieux os.
La technique des allers et retours dans le temps et l'espace commence cependant à devenir difficile à suivre. L'histoire est foisonnante et parfois floue, les services secrets des différentes puissances particulièrement compliqués. On comprend que Bernhard Gunther, qui continue à donner du coup de poing lorsque sa vie est en danger, n'entend pas le moins du monde se laisser manipuler, et refuse de livrer des compatriotes, même s'ils sont de sinistres individus. Solidarité entre Berlinois ? Accès de lucidité ? Une réflexion philosophique sur la tendance à traiter les hommes selon une catégorie, une étiquette, un a priori et non selon ce qu'ils sont ou ont fait.
En tous cas, toujours le même style alerte et imagé, fondé sur une documentation historique irréprochable. Il va tout de même falloir à l'auteur beaucoup d'habileté pour gérer la fin de carrière de son héros. Je lui fais confiance.
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umezzu
  29 mars 2016
Au prétexte d'un « débriefing » par les services américains et alliés de Bernie Gunter fuyant Cuba en 1954, Kerr renvoie son héros à ses souvenirs des sombres moments de la seconde guerre mondiale, quand comme nombre de ces collègues de la « Kripo », il s'est retrouvé versé dans les Einsatzgruppen, officiellement pour faire la chasse aux partisans.
Face à cette incorporation forcée, Bernie essaye de survivre à la guerre en cours et pourchasse les agents du NKVD, aussi dangereux et impitoyables pour les populations locales que ne l'est la Gestapo. Staline ou Hitler, même dégâts pour Bernie... Mais voilà qu'au détour de ses missions, il voit de ses yeux la réalité des exécutions de masse en Biélorussie. Bernie, l'ex flic berlinois qui portait une certaine idée de la justice, se trouve tourmenté par sa conscience. Grande gueule comme toujours, il sait pas se taire face aux ordres déments. L'anéantissement de toute une partie de la population est proche. C'est finalement son ancien chef à la crim berlinoise, Arthur Nebe, qui lui sauve la mise.
De tous les épisodes de Bernie Gunter, celui-ci est le plus tourmenté et le plus marqué par l'indicible que fut la guerre à l'Est et par les massacres de civils qui l'accompagnèrent. Kerr prend le lecteur par les tripes et plus qu'un cours sur la seconde guerre mondiale, le fait réfléchir sur ce que l'homme peut faire de pire, ce à quoi Bernie Günter ne peut décidément pas s'adapter.
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fannyvincent
  31 mars 2014
J'attendais avec impatience de lire ce 7ème volet des aventures de Bernie Gunther (alias Carlos Hausner à Cuba), ayant été particulièrement emballé par les volets précédents, et notamment la fameuse trilogie berlinoise. Or, je dois avouer une certaine perplexité, voire une relative déception, sitôt achevée ma lecture de « Vert-de-gris ».

Le plaisir de se replonger dans la vie de Bernie Gunther est réel, d'autant que l'on continue de combler des pans entiers de sa biographie (avec toujours des sentiments ambivalents sur ce personnage, ne sachant pas au final si on doit le considérer comme un homme relativement bon ou un salaud de la pire espèce).

Pour autant, que de confusion induite par la construction du bouquin...Si les premiers et derniers chapitres respectent un ordre chronologique, le coeur même du livre n'est qu'un incessant changement de lieu et surtout d'époque, dans lequel à mon sens, le lecteur se perd (ce fut, en tout état de cause, mon cas). L'action se situe de façon générale, en Allemagne en 1954, dans laquelle Bernie Gunther a été transféré après avoir été arrêté en tentant de fuir Cuba en bateau. Mais au fil des interrogatoires qu'il subit aux mains de différents services secrets, on revient en Ukraine en 1941, on repart en Allemagne en 1931, on passe en Allemagne et en France en 1940, avec entre chaque période, des retours en Allemagne en 1954. J'apprécie généralement ces sauts d'époque (c'est d'ailleurs une des marques de fabrique des précédents volets), mais c'est quand même ici un peu excessif… Un personnage apparaît certes comme un fil rouge entre les différents lieux et époques (Erich Mielke, chef de la Stasi en 1954), mais cela ne suffit pas à se repérer aisément dans l'histoire. D'autant plus que la duplicité de Gunther ne va pas faciliter les choses…

J'espère au final que la suite de « Vert-de-gris » (« Prague Fatale »), qui vient de sortir, ne souffrira pas des mêmes défauts.
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saigneurdeguerre
  25 juillet 2018
Une leçon d'histoire plus qu'un roman policier ou qu'un roman d'espionnage

Une fois de plus, grâce à son personnage de policier allemand détestant le nazisme, Bernie Gunther, Philip Kerr nous fait revivre ce que pouvait être la vie à Berlin avant, pendant et après la guerre, mais aussi à Paris en 1940, en Ukraine en 1941 et dans les camps soviétiques pour prisonniers allemands (mais pas que).
L'intrigue tourne autour de la recherche d'un communiste allemand sauvé à au moins deux reprises par Gunther et qui va devenir un des plus hauts responsables de la police secrète soviétique, puis allemande de l'Est. Ce sont les Américains qui le recherchent et ils comptent sur Bernie qui est leur prisonnier en 1954 pour l'identifier et pour s'en emparer. (Pour rappel, Bernie est tombé entre les pattes de la CIA en tentant de fuir Cuba sur son bateau). Bernie va passer un temps entre les mains des services secrets français également;
Philip Kerr a effectué de remarquables recherches pour que ses personnages soient crédibles, n'hésitant pas à recourir à des personnalités ayant réellement existé.
Ce livre, moins policier que les autres, décevra peut-être certains admirateurs de l'oeuvre de Philip Kerr. Pour ma part, je l'ai enfilé en un week-end et j'enchaîne avec "Prague fatale".
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argali
  18 février 2013
Ce septième tome des aventures de Bernie Gunther est un peu particulier. Bien qu'il soit la suite logique du précédent et se déroule en 1954, à l'époque de la Guerre froide, il nous replonge dans la Seconde Guerre mondiale. Utilisant l'analepse, Philip Kerr contraint son héros à un retour en arrière permettant d'éclairer le passé de certains personnages haut placés dans la hiérarchie de l'Allemagne de l'Est. Par ce procédé, il permet ainsi à Bernie de justifier certains de ses actes et se permet, lui, d'affiner encore la personnalité de son enquêteur.

Par ces fréquents retours dans le passé, Philip Kerr revient sur des événements déjà évoqués dans les tomes précédents mais qu'il éclaire d'un jour nouveau, le temps ayant permis d'éclaircir certaines zones d'ombres. On retrouve ainsi des personnages ayant joué un rôle déterminant dans la vie de Gunther. Comme si Kerr avait souhaité, après relecture, préciser quelques faits ou les relier entre eux de manière plus logique.

Et cela fonctionne. Les ramifications entre le passé et le présent de 1954 apparaissent clairement. Les petits arrangements avec les faits et l'Histoire - sous prétexte de lutter contre l'ennemi commun désormais : le communisme - émergent au grand jour également.

Philip Kerr continue à susciter l'intérêt des lecteurs pour son personnage fétiche, qui flirte maintenant avec la soixantaine, en le gardant en phase avec l'évolution historique, politique et sociale de l'Europe d'après guerre. On sent aussi Gunther plus détaché, comme si le temps, la réflexion et le recul par rapport aux événements l'avait rendu plus sage. Cherchant à rester un esprit libre parmi tous ces manipulateurs, il n'en reste pas moins cynique et acerbe et sans illusion sur la nature humaine.

Toujours aussi documenté et riche historiquement, ce roman de bonne facture reste dans la veine des précédents : un style impeccable et alerte, une intrigue foisonnante et une touche d'humour venant rompre la noirceur des faits décrits. Doublé d'une réflexion sur les rapports humains (en temps de guerre ou de paix), cet opus amorce, me semble-t-il, la fin de la carrière de Bernhard Gunther. Je le quitterai à regret.

Lien : http://argali.eklablog.fr/ve..
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ClemenceLebovic
  04 décembre 2018
Le passage de Bernie Gunther dans les camps Russe de prisonniers de guerre est évoqué à plusieurs reprises dans les tomes précédents. Cette fois on y est. Vert-de-gris n'est pas le plus simple des livres consacré au personnage. Il est en mauvaise position tout le long de l'histoire. Il y passe une bonne partie en prison. Tentant de survivre et de passer aux travers des mailles du filet avec le moins de casse possible. Philip Kerr était un auteur de polar brillant, connaissant à merveille son personnage. Les lecteurs qui comme moi lisent l'histoire dans l'ordre, dans son désordre organisé, sont sérieusement attaché à Bernie à ce stade là. Et il faut être assuré qu'il va s'en sortir pour tourner les pages les unes après les autres.
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Fofie64
  06 août 2017
Bon j'ai retrouvé avec plaisir Gunther qui en tentant de quitter Cuba se fait prendre par la CIA. Il est réexpédier en Allemagne mais celle de 1954 n'est plus celle qu'il a quitté.
Lors de son interrogatoire, il va se remémorer des souvenirs allant de 1932 à 1946, de la montée du nazisme aux geôles russes. Il parle également de sa visite au camp de Gurs qui se trouve près de chez moi.
Philip Kerr nous livre encore un magnifique roman d'espionnage où parfois on ne sait plus trop qui sont les gentils et les méchants...
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Jupiter999
  03 novembre 2014
Première aventure de Bernie Gunther que je lis et je n'ai pas été déçu!
La documentation extrêmement abondante de l'auteur rend l'histoire crédible. Les réactions et les attitudes des différents protagonistes sont aussi plausibles et la vision de l'imbroglio d'espions qui devaient se marcher sur les pieds dans le Berlin occupé d'après guerre l'est tout autant. le seul bémol serait que les situations se répètent un peu trop, à chaque fois qu'il met les pieds dans une prison ou un camp, il est interrogé, frappé, menacé ou manipulé, voire les quatre, et la succession de lieux de détention donnent un peu le tournis. L'auteur aurait pu lui en éviter un ou deux sans trop entamer l'épaisseur du roman...
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Bernie Gunther, un privé chez les nazis...

"Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n'est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu'un qui les change en lois" On m'a viré de la Kripo en 1934, et comme il faut bien vivre, je me suis retrouvé déguisé en privé dans l'établissement le plus select de Berlin :

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