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ISBN : 275784282X
Éditeur : Points (04/09/2014)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 55 notes)
Résumé :
"Notre histoire est solitaire. Notre naissance est solitaire. Quand on meurt, on est seul ; on a beau tenir la main d'un mourant de toutes ses forces, il part... Les choses fortes de notre vie sont solitaires, toujours. L'illusion qu'on passe son temps à se donner, c'est que nous ne sommes pas seuls. Comme on est nombreux, on tente de se reconstituer un monde où l'on serait ensemble ; mais on n'est jamais ensemble. Irréductiblement seuls. J'aime la solitude. J'ai la... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Moovanse
27 juillet 2015
Ce type est né liquide,
arpent d'océan, soubresaut impétueux des flots,
sanguin au goût de sel, fardé de rien, peau nue marine empoissée d'embruns,
matière façonnée au seul tapage du vent du large, celui tempétueux, qui grise et saoule et vous emporte vers les parfums iodés du risque et de l'aventure.
C'est un échappé-mer aux couleurs de ses yeux : bleu !
Ce type est né granit,
monolithe rugueux, dressé droit comme un mât, fier, solide et sur,
indemne d'érosions, sinon celle des houles et celles, plus contenues, de quelques pertes chères, amis, marins, intimes fissures au coeur du roc …
Cet homme CHOISIT sa vie et l'excellence, DECIDE sans états d'âme, REGARDE devant, toujours devant, COLERISE « chaleureusement inhumain » - TEMPÊTE froidement humain.
C'est un exilé-terre à l'habit clandestin !
Hors cadres, hors normes,
échappé volontaire des remugles du monde, où le mot « monde » pour lui signifie « terre », foule, villes-béton, grises et ternes, sans air, sans voiles, sans horizon.
Cet homme est un poète, seul en bordure de brume,
poète chercheur d'or quand le mot « or » étincelle des lumières sur mer ou quand il brille d'éternité sur des « lamés de mauve » …
Mer, enveloppante,
Mer à se fondre, comme dans un corps de femme.
Le monde de Kersauson est un monde qui me parle, sans doute parce qu'il est d'une simplicité primitive. Il me fait l'effet d'un grand ciel vidé des nuages qui l'encombrent : n'y reste alors que l'absolu nécessaire.
Et ?
Ce monde est respirant.

Ce type suinte la liberté … et bon sang que j'aime ça !
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gouelan
14 janvier 2016
Olivier de Kersauson est un homme qui aime piloter sa vie, choisir, sans influence, son sillage, son horizon.
Il a le goût d'être seul, le goût du risque, du plaisir, de la liberté, de la beauté. Et pour tout cela, l'Océan est idéal. Le bateau est l'outil de l'aventure. L'aventure pour échapper à la routine, à l'ambiance morose, à l'hypocrisie, à la course à l'argent, au manque de cohérence. C'est un clandestin social.
Pour être cohérent avec lui-même il a décidé de suivre ses envies, son instinct. C'est son envie qui le construit, pas l'envie à la mode dans la société. Il va à la rencontre du vrai monde. Il veut être et non avoir. Puisque nous ne sommes que de passage, autant aller à l'essentiel.
Il respecte les hommes, leur vulnérabilité, leur ignorance. Ils font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont. Mais il ne supporte pas la malhonnêteté, l'arrogance, l'indélicatesse. Les hommes peuvent avoir des idées de génie quand ils se mettent à penser vraiment, en ressentant les choses. On peut s'émerveiller devant l'homme le plus simple, le plus humble, le moins diplômé.
Le monde comme il me parle, et non le monde comme on veut le faire parler. Il s'agit de sentir les choses, d'écouter, et d'accepter d'être un passager dérisoire et vulnérable, ne laissant pas de trace.
« Il faut comprendre ce qu'on vit et ce qu'on est ».
C'est un livre intime, qui dévoile le parcours et la philosophie de vie d'un navigateur solitaire. Il n'est pas prétentieux, il n'a pas de certitudes, ce qui fait de lui un bon marin. C'est un homme en qui l'équipage peut avoir confiance, et chacun de nous aimerait bien suivre son sillage. Le sillage d'un homme qui se veut libre de ses tactiques, libre de choisir parmi le panel des possibles, d'un homme qui ose l'aventure, qui se fait confiance, n'écoutant que son cœur. Un homme qui recherche, avant tout, l'émotion, l'émerveillement.
« J'ai voulu vivre ce que je sentais être ma vie. C'est lumineux. Et c'est simple. »
Son écriture aussi est simple et lumineuse, aussi rugueuse que peut l'être la vie.

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nadiouchka
04 février 2017
Quel grand homme, quel Aventurier discret est Olivier de Kersauson, qui ne rêve que d'évasions, de simplicité, de lumière et de beauté. Avec lui, pas de médiocrité.
Retiré de la compétition, ce grand solitaire vit à présent en Polynésie, dans un univers paradisiaque et c'est là-bas qu'il a trouvé « la transparence », et l'amour avec une jolie polynésienne.
Avec son franc-parler, il a écrit « Le monde comme il me parle «  où il nous fait partager ses nombreux souvenirs, que ce soit de ses multiples compétitions, de ses tours du monde, de ses coups de gueule, mais il sait le faire aussi avec un certain humour, par exemple quand il parle de déconnades.
Surnommé L'Amiral, il nous raconte ses débuts mais son énergie est tellement farouche qu'il se hausse rapidement au niveau des plus grands et côtoie ainsi Eric Tabarly (entre autres car la liste est longue).
Amoureux des grands espaces, il s'est engagé dans la marine car, pour lui, seule la mer peut lui apporter du plaisir, ce plaisir qu'il recherche sans cesse.
« Le monde comme il me parle » est un livre très intimiste et c'est avec délice que l'on écume les océans avec lui et que l'on découvre ses souvenirs, ses impressions...
Paris Match a jugé ce livre comme : Une fascinante odyssée et c'est bien de cela qu'il s'agit.
Mais, les plus de cet ouvrage, ce sont les révélations ou les jugements (ce qu'il fait avec une certaine philosophie) qu'il porte sur tout et sur tous, son parcours intérieur.
C'est à apprécier à sa juste valeur car il est rare que ce navigateur, hors du commun, se dévoile comme il le fait dans cet hymne à la liberté, à sa déclaration d'amour à la mer.
On embarque avec lui pour écouter ses récits sur le Pen Duick III, le IV, le VI, sa première Route du Rhum avec le Kriter, puis ses différentes courses avec le Géronimo, etc...
C'est qu'il n'aime pas la banalité, la petite vie tranquille avec ses habitudes ou sa routine.
Non, ce qu'il recherche, c'est l'affrontement avec les éléments souvent hostiles (où il sait garder son flegme et reste toujours imperturbable), les vaincre et atteindre le but escompté. Il fonce avec son multicoque et ne se laisse pas démonter. Il a un mental en béton, et c'est ainsi qu'il réussit les plus grandes courses tout au long de sa carrière.
Il a une nette préférence pour le Tour du Monde car c'est un parcours exceptionnel, d'une beauté infinie, d'une grande violence et d'une grande intensité (page 15).
Il est également très attaché à la solitude.
Donc, on l'a compris, dans cet ouvrage tout est source d'enchantement et l'auteur se livre un peu, lui qui n'aime pas trop se dévoiler, par pudeur.
Mais, avec nostalgie, il nous dit aussi que si la mer lui a pris de nombreux amis, elle lui a tellement donné !
Ma relecture de ce livre a été l'occasion d'apprécier à nouveau toutes les aventures décrites (et elles sont nombreuses), ainsi que les pensées profondes ou les jugements assénés avec une grande conviction.
Un auteur que j'espère relire à nouveau car il a un grand talent, il est très attachant, passionnant et puis, avec lui, c'est L'AVENTURE garantie, la vraie.
Je voudrais rajouter que pour moi, Olivier de Kersauson a été un mythe et il l'est resté.
Je le classe dans la Cour des plus Grands.
A signaler qu'à la fin du livre, se trouve un Relevé de Navigation reprenant chronologiquement ses débuts et ses exploits.
Très utile pour tout se remettre en ordre dans la tête.



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Moan
28 octobre 2014
Voilà un livre que j'ai bien fait de rencontrer un peu par hasard!
Je voyais Olivier de Kersauson comme un navigateur un peu bougon, et je découvre un homme exceptionnel ( Je n'ai jamais vécu dans le schéma des envies et des besoins. le dépouillement ça me va), plein de bon sens ( On ne s'impose pas sur la mer. Impossible. On passe simplement sur la pointe des pieds. Un peu comme dans la vie...)
Dans une belle écriture, il parle de son amour pour la mer ( Partir faire un tour du monde, c'est mettre le cap sur la féerie.) et du privilège qu'il a eu de pouvoir nager et apprendre à naviguer à une époque où cela ne se faisait pratiquement pas ( j'en sais quelque chose).
Il fait découvrir le monde de la navigation, les relations entre les hommes, leur manière de faire évoluer ce sport.
Il écrit avec poésie (La brume c'est de l'eau qui va partout. C'est enchanteur d'être noyé dans la vapeur d'eau.), avec humour
(Je me souviens de ma conversation avec le gardien du phare au cap. C'était en 2004, à bord de Géronimo. le gardien m'interroge avec sa radio VHF:
"Where are you from?
- Brest.
-Where are you going?
- Brest."
Le type me fait répéter plusieurs fois "Brest ". )
Avec ce livre, j'ai pris un grand bol d'air!
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Lune
11 octobre 2013
Avec le franc-parler qu'on lui connaît, Olivier de Kersauson livre quelques pages où la sensibilité flirte avec une pensée quasi philosophique.
Une leçon de conception de la vie -la sienne- y est rendue. Point de tricheries sauf utiles et garantes d'une paix où l'homme peut s'épanouir, point de jeux s'ils mettent en déroute l'âme humaine.
Il y a de grands accents d'amour humain (je pense entre autres à ce garçon condamné) qui vous mordent au passage et une immense loyauté vis-à-vis de la vie.
La mer lui a appris à se connaître et à comprendre l'autre dans le silence. La leçon qu'il nous transmet est à méditer : tant de paroles inutiles au contraire de cette complicité dénuée de langage futile que certains êtres rares peuvent partager.
Ainsi cette relation respectueuse et émouvante avec Éric Tabarly, l'autre grand de la mer qui lui donna sa chance.
Olivier de Kersauzon ne se préoccupe pas que l'on soit d'accord ou non. Liberté assumée, il égratigne tout ce qui le dérange ou tient pour dérangeant voire inconsistant (Mai 68, la politique, l'école, la place de la femme...), peu importe parfois les nuances à apporter.
Un livre qui nous entoure des embruns d'une mer libératrice, la seule où l'homme mesuré aux éléments, risquant sa vie, se retrouve dans la vraie liberté.
Point de nostalgie devant l'évolution des techniques, des moyens de communication qui n'ont plus rien à voir avec les courses d'il y a deux à trois dizaines d'années... et c'est très bien, l'homme est là, présent et un jour peut-être, il retrouvera la mer, « sa » mer.
« Le Monde comme il me parle » nous parle aussi.
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Les critiques presse (1)
Lexpress20 septembre 2013
Entre souvenirs pudiques et vérités assénées, coups de gueule et poésie, on retrouve "l'Amiral" des Grosses Têtes en philosophe des océans.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
MoovanseMoovanse21 juillet 2015
Au nord-est de Fakarava, aux Tuamotu, quand la mer vient briser, le monde parle… Seule la mer s’exprime. Rien d’autre que l’effet de la mer et de la vague ne peut modifier la bande-son du récif. Ici, on a l’impression déchirante que ça tape depuis des milliers d’années. Ce temps de la vague qui s’écrase, ce bruit de l’océan qui respire, signifie que nous ne sommes pas là pour longtemps. Le monde ici me dit clairement que je ne suis qu’un passant.
Alors je pense dans mon for intérieur : « il me suffirait d’être ce mouvement-là pour être éternel. » Le bruit du récif m’indique que je suis déjà vaincu. Ce bruit va continuer, continuer et continuer encore …
Cette respiration n’est pas la mienne, c’est celle du monde. Elle ne me rend que plus dérisoire et vulnérable. Je n’ai, moi, qu’un tout petit souffle.
+ Lire la suite
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MoovanseMoovanse17 juillet 2015
Je suis un nomade exalté par la découverte. Voilà, découvrir sans cesse... C'est le seul moment où l’on peut supposer que va surgir le "merveilleux". Fouiller le monde de tous les côtés, c'est exaltant. Je suis comme un chercheur d'or. Ce n’est pas tant l’or que je cherche que le moment magique quand je vais le découvrir. C'est toujours, au vrai, l’émotion que je cherche. Le nomadisme, c'est ça.
Tous les jours, un chercheur d or est tenu par sa capacité d émerveillement. La magie. Le "merveilleux" est la raison de tout ce que je fais.
L’émerveillement, c’est de la pluie d’or morale qui vous tombe dessus.
Le tout, c’est de se trouver dans les bons endroits, là où il pleut de l or.
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Chrisdu26Chrisdu2629 mai 2015
J'ai toujours presque par philosophie, choisi dans ma vie la route la plus difficile. Le risque. L’extrême. C'est l'une des plus vieilles règles du monde que j'ai comprise lorsque je devais avoir 10 ou 12 ans : dans la vie, il y a toujours deux voies face à soi, une difficile et l'autre facile. Si on emprunte la plus dure, on a toutes les chances de faire le bon choix. C'est presque une loi physique. la voie la plus dure construit. Il faut aller vers le plus dur, toujours.
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gouelangouelan13 janvier 2016
Le monde ici me dit clairement que je ne suis qu’un passant. Alors je pense dans mon for intérieur : Il me suffirait d’être ce mouvement-là pour être éternel. Le bruit du récif m’indique que je suis déjà vaincu. Ce bruit va continuer, continuer et continuer encore…
Cette respiration n’est pas la mienne, c’est celle du monde. Elle ne me rend que plus dérisoire et vulnérable. Je n’ai, moi, qu’un tout petit souffle.
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nadiouchkanadiouchka06 février 2017
Le premier record que je tente, c’est le tour du monde (Brest-Brest) en solitaire par les trois caps (1986). Cent vingt-cinq jours de mer. A l’époque, je casse beaucoup de matériel. (…) C’était aventureux. Je courais en solitaire et en solitude. Aujourd’hui, les types courent en solitaire mais plus en solitude.
Au record Brest-Brest, je le prends à Philippe Monnet d’une journée. C’était extraordinaire. L’AVENTURE. La vraie.
P.58
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