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Pierre-Emmanuel Dauzat (Traducteur)
ISBN : 2082125289
Éditeur : Flammarion (30/09/1999)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 24 notes)
Résumé :
En 1936, après la remilitarisation de la Rhénanie - sur laquelle s'achevait le premier volume de cette biographie -, Hitler jouit du soutien de la grande majorité des Allemands.

L'Allemagne prospère grâce à la reprise économique et accumule les succès diplomatiques, cependant que l'autorité charismatique de Hitler soumet les milieux d'affaires et l'armée, qui souscrivent à sa volonté de domination du continent européen.

Mais la guerre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  07 février 2012
Hitler - 1889-1936 : Hubris
Traduction : Pierre-Emmanuel Dauzat avec le concours du Centre national du livre
Si vous ignorez tout, ou presque tout, de l'Histoire du parti national-socialiste allemand, le NSDAP, appelé aussi parti nazi, et si les cours magistraux ne vous rebutent pas, le livre de Kershaw est pour vous. Dans ce registre, il se révèle tout bonnement passionnant bien qu'un peu ardu, avec un luxe de détails et une analyse pointue qui vous font parfois oublier que, si l'auteur ne chante pas les louanges du "Kommunistische Partei Deutschlands" ou KPD, en d'autres termes du Parti communiste allemand issu de la Grande guerre, il omet curieusement de préciser que, sur le plan violence, rixes et volonté de prendre le pouvoir par un coup d'Etat, il n'eut pas grand chose à envier aux nazis.
Mais le problème posé par ce premier tome d'une biographie pourtant, si j'ai bien compris, universellement encensée, n'est pas vraiment dans ce désir diffus de taire pieusement les excès de la Révolution allemande de 1918, échos directs mais moins chanceux de ceux de la Révolution russe. Non, il est dans la hantise, affirmée dès la préface de l'auteur - sous le titre "Réfléchir sur Hitler" - d'écrire un seul mot positif sur Hitler.
Entendons-nous. Que Kershaw ne veuille pas dire quoi que ce soit de positif sur le dictateur impitoyable et mégalomaniaque, obsédé par l'idée de l'épuration ethnique, c'est une chose toute naturelle. On se demande d'ailleurs comment, à moins d'être un révisionniste acharné, on pourrait se le permettre en conscience. Mais que le biographe applique le même procédé à Hitler enfant, à Hitler adolescent, à Hitler soldat, bref, pour reprendre une formule de Jacques Brosse, à "Hitler avant Hitler", voilà qui est plutôt curieux et jette une ombre sur la crédibilité de l'ensemble.
Ainsi, c'est avec les plus grands, les plus lourds regrets - on le sent bien à la lecture - que Kershaw condescend à admettre que le petit Adolf n'eut pas une enfance très heureuse. Il traîne les pieds, c'est le moins qu'on puisse dire. Pourtant, le fait n'est pas niable. En outre, c'est un fait qui n'excuse pas et justifie encore moins le comportement ultérieur du Führer : si tous les enfants affligés d'un père abusif se transformaient en Hitler, vous imaginez le tableau ? ... Alors, comme il ne peut nier l'évidence, Kershaw jette sur elle un flou très artistique. L'étrange et complexe "roman familial" d'Hitler (les multiples mariages de son père, dont le dernier avec sa propre nièce) est passé sous silence et le goût prononcé d'Aloïs Hitler pour la bière (il en buvait six bocks par jour et il serait étonnant que les bocks en question ne fussent pas des bocks à l'allemande, soit le double des bocks français de l'époque) devient naturel et perd tout ce qu'il avait d'excessif, ce qui revient à sous-entendre que le père d'Hitler n'était pas alcoolique. La tyrannie de cuisine dont usait aussi Hitler Sr passe aux oubliettes - ou c'est tout comme.
Bien entendu, on s'en doute, il n'est plus question du tout de prêter des origines juives et tchèques à la famille Hitler. le petit Adolf est à peine doué pour le dessin et les théories nationalistes et anti-sémites qui fleurissaient dans l'Empire austro-hongrois de sa naissance l'ont à peine effleuré. Volontaire pour servir au front, Hitler ne se comporte pas comme un lâche, non, mais les autres en font autant que lui, sinon plus. Rendu à la vie civile, ce n'est pas un talent naturel pour prendre la parole qui le sauve du vagabondage, c'est le fait qu'il se trouve là où il faut quand il le faut, tel un pion poussé par quelque main invisible.
En fait, à la lecture de ce premier tome, on a l'impression qu'Hitler ne fut, depuis le berceau, qu'une coquille vide, une espèce d'automate sans aucune personnalité (ni bonne, ni mauvaise), tout prêt à être investi par le Mal, le Démon ou même l'un des Grands Anciens de Lovecraft. Toujours cette volonté d'en faire un être démoniaque absolument unique afin - oui, je le sais, il ne faut pas l'écrire, les champions de la bien-pensance vont tomber dans les pommes et me vouer aux gémonies : tant pis ! - de souligner le caractère unique de la persécution qu'il mena contre les Juifs.
Ce qu'il y a d'unique, dans cette persécution, ce sont les moyens utilisés pour la mener à bien et qui ont épouvanté le XXème siècle parce que, jusque là, ce même siècle avait chanté sur tous les tons les miracles de la Science et la rapidité, la facilité avec laquelle le Progrès enchantait l'existence. Mais les Juifs n'en étaient pas à leur première persécution - lisez la Bible, déjà.
Pour le reste, Hitler, malgré tous ses efforts - le personnage qu'il se construisit, le passé qu'il se créa, la "mission" qu'il s'inventa et la mort qu'il se donna - reste un homme comme les autres, capable d'abriter en lui le pire comme le meilleur. Pourquoi choisit-il le pire ? Subit-il vraiment des pressions, occultes ou pas ? Les méandres et les ambiguïtés de l'histoire familiale ont-ils joué le rôle qu'on leur prête ? C'est une autre histoire dont nous n'aurons jamais le fin mot. Tout au plus pouvons-nous affirmer que Hitler ne serait pas devenu Hitler sans l'argent et le soutien gracieusement fournis au NSDAP par la grande bourgeoisie allemande et certains membres de son aristocratie. Il ne le serait pas non plus devenu sans les bouleversements créés en Europe par la Révolution d'Octobre et la création de l'URSS. Ont joué également un rôle-clef dans l'affaire le manque de clairvoyance des hommes d'Etat de Weimar et la foi en un système démocratique qui peut se retourner contre ses fidèles lorsqu'apparaît dans son orbe un homme aussi intelligent et aussi sûr de son destin que le fut Hitler.
Cette dernière leçon reste d'ailleurs d'actualité. Nous ne nous étendrons pas.
Bref, ce premier tome de la biographie de Kershaw fut pour moi une grande déception et si j'en avais connu le postulat de départ, à savoir ne pas laisser passer un seul mot positif sur le personnage central même quand celui-ci se trouvait encore dans ses langes, je ne l'eusse certes pas ajoutée à ma PAL. Même avec un dictateur comme Hitler, Staline ou Pol Pot, pareil postulat est d'une stupidité abyssale - j'ajouterai même qu'il est anti-historique. ;o)
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Bigmammy
  08 avril 2012
Il fut une année où j'ai lu d'affilée les biographies de Staline, Castro, Trotsky, Mussolini et Hitler .... Une manière d'occuper mon temps entre deux chimiothérapies. Un bon moyen aussi de les replacer dans leur contexte, de discerner les différences entre ces destins monstrueux. Et c'est cette extraordinaire somme, ce livre de référence qui m'a le plus appris et marqué. On imagine si mal Hitler dans sa vie privée et la manière dont ses proches -ou moins proches - collaborateurs interprétaient ses désirs les plus fous. Sa seule vraie obsession, anéantir les Juifs. Finalement, une idée de fou qui a mis le monde au bord du gouffre.
Fantastique travail, fouillé, une grande oeuvre, indispensable à la compréhension du monde d'hier ... Et d'aujourd'hui.
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jsgandalf
  04 juin 2012
C'est une des plus grandes biographies sur Hitler. Kershaw dans ce premier tome présente Hitler de son enfance à l'année 1936, année du tournant, dernière année de paix. On passe par la bohème et sa vie viennoise ou mauvais peintre il a une vie de fantaisiste, puis il y a le tournant la première guerre mondiale qu'il va faire en tant qu'allemand et qui lui vaudra la nationalité allemande. Puis l'entrée en politique, la monté, le sacre final qui en fera le führer. Kershaw nous livre une analyse en profondeur du cas Hitler, pas foncièrement antisémite à Vienne, comment il va devenir le chef, comment le culte fera de lui l'homme que l'on doit rendre « heureux » en faisant ce que l'on pense lui convenir. On voit que Hitler est le personnage central indispensable mais que sans ses amis rien n'aurait pu arriver.
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gordien
  31 janvier 2008
Ce premier tome commence, non pas à la naissance d'Hitler, mais plusieurs décennies avant. On peut en effet dire que l'histoire du pire dictateur que le monde ait connu commence avec son grand-père paternel dont l'identité reste inconnue. Et si elle débute là, c'est parce qu'une des hypothèses de l'identité de cet homme (hypothèses appuyées par des arguments précis) pose qu'il serait également son grand-père maternel…Ce qui ferait de ses parents des cousins germains et qui dit cousins germains, dit consanguinité…
suite : http://livres-de-moi.blogspot.com/
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anaellefreund
  15 juin 2016
Biographie détaillée de la vie d' Hitler.On apprend plein de choses notamment qu' il a été utilisé par les services secrets bavarois pour espionner les communistes et que le juge de son procès en 1924 pour putsch a été indulgent parce qu' il partageait ses idées nationalistes.Le livre fait un sort à l' idée que le destin d' Hitler serait lié à son échec à l' Académie artistique de Vienne.Dommage que le livre ne dise rien du séjour d' Hitler en hôpital psychiatrique.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
WolandWoland   07 février 2012
[...] ... La Grande-Bretagne avait beau continuer de protester de sa solidarité internationale, le Front de Stresa - réunis le 11 avril 1935 à Stresa, les dirigeants britanniques, français et italiens s'étaient engagés à défendre le pacte de Locarno (1925) garantissant les frontières occidentales du Reich et à soutenir l'intégrité de l'Autriche - n'existait que sur le papier. Apparemment, Hitler ne s'en était pas inquiété. "Stresa tremblote encore. Aucun danger," observa Goebbels le 15 avril, après en avoir discuté avec Hitler. Deux jours plus tard, le ministre de la Propagande était un peu moins optimiste. Réunie à Genève, la SDN avait condamné l'introduction du service militaire en Allemagne, et les efforts des Français pour arriver à un pacte d'assistance mutuelle avec l'Union soviétique (finalement conclu le 16 mai) l'amenèrent à remarquer qu'il ne fallait pas sous-estimer les dangers militaires."Autrement dit," ajouta-t-il, "notre seule solution réside dans la force." Il ne restait qu'à poursuivre l'armement et à faire bonne figure : "Puissions-nous passer l'été, ô Seigneur !"

Il fallait briser l'isolement créé par Stresa, la condamnation de l'Allemagne par la SDN et le pacte franco-soviétique. Telle fut la toile de fond du deuxième "discours de paix" - après celui du 17 mai 1933 - que Hitler prononça au Reichstag le 21 mai 1935. "Que pourrais-je souhaiter d'autre que le calme et la paix ?" demanda-t-il dans une figure de rhétorique. "L'Allemagne a besoin de la paix, elle veut la paix." Il dit regretter la dégradation des relations avec l'Italie en raison du conflit à propos de l'Autriche : "L'Allemagne," assura-t-il, "n'avait ni l'intention, ni le désir d'annexer ou d'incorporer l'Autriche." C'était une réponse claire au signal adressé par Mussolini, via Stresa, à l'Allemagne, et l'invitant à ne pas toucher à sa voisine orientale. Envers la France, il montra davantage d'hostilité tout en restant mesuré. Il dénonça le traité signé le 2 mai entre la France et l'Union soviétique, déclara que l'Allemagne ne s'en tiendrait au pacte de Locarno que si les autres signataires en faisaient autant et laissa clairement entendre que son pays ne pourrait guère tolérer plus longtemps la démilitarisation de la Rhénanie. Reste que le discours s'adressait essentiellement à la Grande-Bretagne. Il était soucieux de paraître raisonnable et modéré tout en réitérant l'exigence allemande de droits égaux en matière d'armement. Il nia que le programme d'armement dissimulât la moindre menace. Ainsi qu'il l'avait dit en privé à Eden et à Simon, il ne voulait rien de plus que la parité dans l'arsenal aérien et un tonnage équivalant à 35% de la flotte britannique. Il balaya avec mépris les suggestions de la presse insinuant que cela déboucherait sur la revendication de colonies. L'Allemagne n'avait ni le désir ni les moyens de rivaliser sur les mers avec la Grande-Bretagne. "Le gouvernement du Reich allemand sait pertinemment combien la domination des mers est d'une importance vitale (Lebenswitchtigkeit) pour préserver l'Empire britannique, tout comme, pour notre part, nous sommes décidés à faire tout le nécessaire pour protéger notre existence et notre liberté sur le Continent." Ainsi avait-il esquissé le cadre de l'alliance désirée avec la Grande-Bretagne. ... [...]

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