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Pierre-Emmanuel Dauzat (Traducteur)
ISBN : 2271070694
Éditeur : Centre national de la recherche scientifique (07/10/2010)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Voici enfin rééditée l'étude fondamentale qui a révolutionné notre connaissance de l'opinion publique sous le IIIe Reich.
Une histoire des " Allemands ordinaires " dans une région hautement emblématique, la Bavière, qui vit Adolf Hitler faire ses premiers pas d'agitateur et de démagogue raciste.

La reconstitution vivante et minutieuse d'un quotidien marqué par le conformisme, l'inertie, l'adhésion, la peur ou le renoncement et beaucoup moins s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
MAXINE
  05 juin 2017
Les croyances ont la vie dure… à commencer par les miennes
Bien que je sois profondément attachée à l'Allemagne, j'avais imaginé Adolph Hitler plébiscité par des Bavarois, tous vêtus de Lederhose une chope de bière dans une main et un bretzel dans l'autre … jusqu'à la lecture de ce livre ainsi que du Que-sais je de Johann Chapoutot pour les repères historiques.
Quelques informations pour le contexte qui m'ont été bien utiles et pour ceux et celles que cela intéresseraient :
Suite à la défaite de la 1ère guerre mondiale, l'Empereur Guillaume II abdique en 1918. Mise en place de la République de Weimar. Elle tient son nom de la ville où l'Assemblée nationale constituante rédigea sa constitution avec un Président et un Chancelier. Ce fut une période extrêmement fragile et tendue durant laquelle les gouvernements de gauche et de droite vont se succéder à une vitesse parfois fulgurante, sans aucune stabilité, avec des luttes fratricides au sein des partis (SPD et KPD). Vient s'ajouter au contexte économique difficile, la crise de 1929 produite par les spéculations bancaires des USA.
Par le biais de jeux politiques, un banquier rhénan, souhaite faire accéder Adolph Hitler à la Chancellerie. Pensant le museler et en faire une marionnette, Papen y consent.
Adolph Hitler n'a donc pas été élu par la population, il a été nommé par le Président Hindenburg et Papen a été nommé Vice-Chancelier d'un Cabinet de coalition droite extrême-droite composé de ministres nazis, DNVP (Deutschnational Volkspartei : Parti populaire allemand) et Zentrum en janvier 1933.
Ian Kershaw nous explique dans son introduction qu'après avoir étudié l'opinion populaire dans ses aspects acclamatoires, dans son livre Mythe Hitler, il a souhaité celui-ci comme, je cite « une sorte d'antidote chère à la propagande nazie, celle d'une société unie derrière ses dirigeants qui, à l'époque, trouva encore plus de résonnance à l'étranger qu'en Allemagne et qui, aujourd'hui encore, n'est pas sans écho ni force de séduction ».
Le livre est – comme l'a brillamment chroniqué Akhesa divisé en plusieurs parties. Chacune d'elle est traitée sur deux périodes 1933-1939 puis 1939-1945 avec comme fil conducteur l'Unité Sociale si chère aux nazis.
C'est un livre très dense tant les témoignages sont nombreux et il peut sembler répétitif.
Le scénario est à l'identique pour chaque catégorie traitée avec un décalage dans le temps selon la ou les catégorie(s) : peur du bolchévisme, espoir d'un renouveau, ou retour à d'antiques valeurs, puis mise en réalité et mainmise de l'état, accroissement de la pauvreté, perte de liberté y compris tentative d'abolition de la liberté de culte, peur, violence, milice ….
La « Question Juive » n'est pas au centre du livre, preuve qu'elle n'était pas au centre des préoccupation des habitants du Sud de l'Allemagne. du moins bien moins que la religion. La subsistance. Ou la survie. Mais là encore tout dépend de la période et de la région (Bavière, Franconie Haute ou Basse, commune rurale ou ville …).
A la question « Tous les Allemands étaient-ils des nazis ? » on pourrait répondre « oui sur le papier mais pas dans les faits et encore moins dans les coeurs ». Ce livre n'est pas là pour les juger mais pour donner aux lecteurs l'opportunité de comprendre.
Ian Kershaw lui-même écrit dans sa préface : « Je voudrais croire que, eussé-je été dans les parages à cette époque, j'aurais été un anti-nazi convaincu et militant dans un réseau de résistance. Mais en fait je sais que j'aurais été aussi perdu et démuni que la plupart des hommes dont il est question ici ».
Et la phrase de conclusion qu'il apporte à son ouvrage résonne dans mon esprit :
« L'opinion populaire ne put se manifester qu'en sourdine sous le IIIe Reich. L'autonomie acquise par le gouvernement nazi, et qui mena à la guerre et au génocide est né du vide résultant de l'abdication par le peuple allemand de ses droits démocratiques entre 1930 et 1933. Ces droits sont seuls capables d'assurer à l'opinion publique une certaine influence, même incomplète ou imparfaite sur la conduite de la politique et l'exercice du pouvoir ».
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akhesa
  30 août 2014
Dans cet ouvrage,l'auteur nous parle de l'opinion des Allemands sous le nazisme au sein des différentes couches de la population.Il y parle de la recession du chomage;des obligations de travail,de la baisse des salaires,de l'augmentation des heures de travail,et de leurs conséquences au quotidien.
Il y parle ensuite de la classe bourgeoise,des paysans et des artisans.Toutes ces classes ont paye un lourd tribut a l'economie et a la politique menee pour soutenir l'effort de guerre;toutes ces classes mecotentes,n'ont rien pu faire pour ameliorer leur sort.
puis il nous parle de l'eglise protestante et la,toutes les classes confondues ont dit"non",se sont soulevees,ont manifeste leur mecontentement jusqu'à l'obtention de leur prerogative.En ce qui concerne l'eglise catholique,la population s'est soulevee,a manifeste son mecontentement quant aux mesures discriminatoires prises par l'Etat;il ne faut pas toucher a la religion.
Dans le chapitre concernant la persecution des Juifs,on apprend qu'une partie de la population s'est laissee facilement endoctrinee et eprouve réellement de la haine vis-a vis des Juifs,et l'autre partie de la population est indignee,offusquee mais rien ne sera mis en oeuvre pour dire aux responsables leur mecontentement;ce qui les a le plus irrite,c'est l'incendie des synagogues,les gens cultives ne brulent pas les lieux de culte.O indignation pour un pays a la culture si superieure.
Ce livre se termine par une analyse des repercussions économiques du nazisme sur les différentes classes sociales.
Ce livre contrairement aux autres ecrits par cet auteur n'est pas une critique mais une analyse claire et precise,sans extrapolation,sans commentaires desobligeants
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Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
MAXINEMAXINE   25 mai 2017
Beaucoup de chômeurs étaient contraints d'accepter du travail loin de leur domicile. Souvent, observait l'agence pour l'emploi de Weissenburg (Moyenne-Franconie), ils n'y consentaient que le "cœur gros", et il "fallait briser de nombreuses résistances". D'autres refusaient carrément d'y aller. Dans un cas, à Neu-Ulm (Souabe), 120 hommes rejetèrent collectivement le travail qu'on leur proposait parce que la question du supplément nécessaire pour un travail loin de chez soi n'avait pas été réglée.
Mais qui s'obstinait dans son refus était invariablement rayé des listes d'allocations-chômage, tandis que les récalcitrants faisaient un séjour à Dachau, réservé à "l'éducation des fainéants".
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MAXINEMAXINE   29 mai 2017
Malgré leur insistance sur le mécontentement de la classe moyenne en 1934, les rapporteurs du Sopade* entendaient ne pas en exagérer la portée. Ils soulignaient le caractère superficiel et la faiblesse des critiques de la bourgeoisie, son incohérence idéologique et son absence de desseins politiques : autant d'éléments qui l'a rendaient inoffensive pour le régime nazi. Les paysans et les Mittelständer**, observait le Sopade en 1934, rivalisaient d'ardeur : c'était à qui se plaindrait le plus du régime et, à la différence de la paysannerie, le Mittelstand avait toutes les raisons de se plaindre puisque les nazis n'avaient tenu aucunes de leurs promesses.
* Sopade : Sozialdemokratische Partei Deutschlands (direction du SPD en exil, tour à tour installée à Prague (1933-1938), à Paris (1938-1940) puis à Londres, à partir de 1940.
** Mittelstand : mot archaïque désignant grosso modo la "petite bourgeoisie".
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MAXINEMAXINE   23 mai 2017
Après la "prise du pouvoir" par les nazis, les ouvriers, en particulier ceux qui s'étaient reconnus dans le SPD et le KPD (communiste) avant 1933, se retrouvèrent tout à la fois isolés et exposés, en marge de la vague d'exultation nationale qui balaya l'Allemagne. Les permanents communistes et socialistes qui étaient la principale cible de la terreur nazie n'inspirait guère de sympathie. Dans l'ensemble, l'offensive contre la gauche fut bien accueillie et consolida la popularité de Hitler et de son gouvernement dans les premiers mois du régime nazi. Il se trouva même beaucoup de non-nazis pour considérer que l'ouverture de camps de concentration - le premier, celui de Dachau, à une quinzaine de kilomètres de Munich, ouvrant ses portes à la mi-mars 1933 - n'était pas une manière déraisonnable de traiter les "parias", les "fauteurs de troubles" et les "révolutionnaires" - bref, une classe à part.
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MAXINEMAXINE   31 mai 2017
La population catholique de Bavière avait tardé à soutenir le nazisme et, même en 1933, son ralliement ne fut que partiel et superficiel. Les nazis n'avaient pas trouvé le moyen de briser la sous-culture catholique. En comparaison de l'enthousiasme initial des protestants, la froideur et la réserve des catholiques envers le nazisme étaient frappantes. Il fallait pourtant en triompher si l'on voulait créer une authentique "communauté nationale".
.... En conséquence, le IIIe Reich ne cessa de s'en prendre aux traditions et aux coutumes catholiques, aux institutions, à l'appareil scolaire et à la foi catholique en tant que Weltanschauung, mais il le fit de manière au fond désordonnée. Alors que le conflit avec l'Eglise protestante avait bien vite explosé, la "lutte de l'Eglise" - entendre Eglise catholique - fut une guerre d'usure, avec une période de forte tension entre 1935 et 1938 et un ultime embrasement jusqu'au dramatique affrontement de 1941.
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MAXINEMAXINE   04 juin 2017
.... Directement mandaté par Hitler, Bormann édicta peu après de nouvelles directives sur le traitement de la Question Juive : il convenait de mettre un terme à "toute discussion [publique] d'une future solution finale Gesamtlösung" ; la seule chose qu'on pouvait dire, c'est que les "juifs avaient été conscrits en bloc pour un bon déploiement de la main-d'oeuvre". Les dirigeants nazis avaient bien compris que l'option publique allemande n'était pas prête à entendre la vérité sur l'extermination des juifs.

.... Dans une affaire un déménageur d'Augsbourg fut poursuivi pour avoir déclaré en septembre 1944 que le Führer était un meurtrier de masse qui avait fait monter des juifs dans un wagon avant de les exterminer par le gaz.
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