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Natalia Zaremba-Huzsvai (Traducteur)Charles Zaremba (Traducteur)
EAN : 9782742756834
126 pages
Éditeur : Actes Sud (10/10/2005)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 45 notes)
Résumé :


Nous sommes à Budapest, en 1999. L'écrivain B., qui s'était suicidé peu après les bouleversements de 1989, ne cesse de hanter l'esprit de ses amis. Surtout celui de Keseru, éditeur qui cherche désespérément à publier les œuvres posthumes de l'auteur admiré sans jamais y parvenir, tant l'économie de marché a pris le dessus.

En dernier recours, Keseru essaie de mettre la main sur le roman que, selon sa conviction, B. a dû écrire sur s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
chartel
  05 avril 2009
L'oeuvre d'Imre Kertész est particulièrement enthousiasmante, d'une part parce que l'auteur possède un formidable talent littéraire, d'autre part parce que sa vie fut constamment troublée par les événements qui marquèrent la seconde moitié du vingtième siècle. Dans "Liquidation" Imre Kertész inscrit son récit dans la période post-communiste des années 1990. Une décennie mélangeant l'espoir, l'attente et surtout la désillusion. Omniprésente, elle devient une sorte d'obsession chez les différents personnages : l'écrivain B ou Bé, qui s'est suicidé après la chute du rideau de fer, plongeant ses proches dans la perplexité et l'incompréhension, l'éditeur Keserü qui, dix ans plus tard, cherche à retrouver le dernier manuscrit du roman de Bé, ou encore Judit, femme de Bé puis maîtresse de Keserü, portant le fardeau de la judéité depuis Auschwitz.
On retrouve dans ce court roman les grands thèmes de l'oeuvre de Kertész : ses rapports problématiques avec l'identité juive depuis son expérience terrible des camps de la mort, la confrontation entre la volonté d'une affirmation individuelle et le carcan politique et social des régimes totalitaires, et, enfin, l'enjeu de la fiction littéraire face au réel. Ce dernier point est, à mon avis, la question centrale de ce roman. Imre Kertész réussit magistralement à instaurer le doute chez son lecteur quand la fiction devient réalité, puis que cette réalité s'avère fiction. Si bien que l'on ne sait plus si c'est une réalité fictive ou une fiction réalisée. On touche ici à l'essence même de la littérature. Merci monsieur Kertész !
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Lagagne
  06 juillet 2014
Je ne pense pas avoir tout compris dans ce roman. On y aborde des thèmes sensibles très liés à L Histoire, à la politique : Auschwitz, la guerre froide, le communisme et le mur de Berlin... Mais aussi de l'histoire personnel : l'amour, les femmes, le bonheur, l'écriture, la quête de soi...
L'écriture est intelligente. Je me suis un peu égarée parfois entre le présent et le rêvé, mais pas sûre que ce soit si important.
Les personnages sont beaux, énigmatiques. Les femmes surtout, à qui on laisse la parole.
Je sais que je n'ai pas dit grand chose sur ce livre, mais c'est vraiment de l'ordre de la sensation, de l'impression. Lisez-le, je ne pense pas que vous perdrez votre temps.
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cedratier
  11 février 2018
« Liquidation ». Imre Kertész (127 pages, Actes Sud).
« Liquidation » est un livre assez complexe dans sa construction, et dont le fond comme réflexion philosophique m'a semblé très ardu. En 1999, un éditeur de Budapest cherche désespérément le roman qu'un de ses amis, écrivain aussi génial que marginal, a, selon lui, dû inévitablement écrire avant son suicide dix ans plus tôt, juste après la chute rideau de fer. Car pour l'éditeur, cet ultime roman a signé le sens de son acte radical ; l'écrivain, né à Auschwitz, ayant miraculeusement échappé alors à la mort n'a pu faire autrement que d'écrire cette sorte de testament de la désespérance, fruit du génocide et de la dictature stalinienne. Impossible pour moi de tenter de résumer le livre, d'autant que son architecture se déploie entre 1999, date où l'éditeur nous parle d'une pièce de théâtre écrite par l'auteur avant sa mort, dix ans plus tôt, et 1990, date où l'auteur s'est suicidé… Donc le texte balance entre des extraits de la pièce, l'enquête de l'éditeur auprès des femmes qu'a aimé l'auteur (dont on ne connait que l'initiale, B ou le diminutif, Bé). Dit comme cela, c'est très confus, et Imre Kertész fait tout pour brouiller les pistes entre souvenirs, réalités, supputations. Il y a des ruptures dans le texte qui passe sans prévenir d'une époque à une autre, d'un statut du texte à un autre, d'un locuteur à un autre…Et j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour passer le cap des vingt premières pages, pour finalement adhérer à cette histoire sombre, bouleversante, avec une vraie intrigue, mais qui ne propose guère d'issue. En tous cas, c'était assez fort pour me donner envie de découvrir un autre texte de cet auteur.
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patrick75
  22 février 2013
Certains juifs hongrois qui sont revenus de l'enfer d' Auschwitz et qui ont rejoint Budapest, ont dû par la suite subir la "chape de plomb" communiste sur une durée de plus de quarante années. On peut aisément comprendre qu'ils leur arrivaient de se poser des questions existentielles.
C'est un peu le sujet de ce livre, du moins tel que je l'ai compris. Un livre "intimiste" avec très peu d'intervenants.Pour moi, insuffisamment développé.
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andresapin
  31 mai 2015
Bonjour mes amis!
Enfin, mon ami car je n'en ai qu'un ( lacrimosa en fond).
Je viens aujourd'hui pour commenter Liquidation de... J'arrive pas à l'écrire punaise!
Mon premier contact avec cette pièce, c'était l'année dernière devant un affiche de théâtre.
Ma première réaction a été: "Punaise là! Je vois pas c'qu'y a à écrire liquidation, tout le monde sait qu'on dit "liquéfaction" quand on passe de l'état gazeux à l'état liquide punaise!"
Mais j'ai quand même décidé d'aller la voir parce que c'est booooooooooooooo l'théâtre. J'ai même joué un sapin dans "le canard sauvage" et un autre sapin dans "Passim", deux pièces magnifiques punaise que je vous conseille d'aller voir si possible.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis retrouvé face à une.sorte de quête d'un livre écrit par un certain B. (qu'est qu'c'est qu'ce nom punaise) avant son suicide. Quête sur laquelle plane l'ombre d'Auschwitz et je vois pas c'qu'y a à parler comme un dico punaise!
D'ailleurs, sa mort m'attriste car c'est le seul personnage de l'oeuvre à avoir un nom prononçable. Et j'vois pas c'qu'y a à s'appeler Ksrgjögrã punaise.
Finalement, malgré cette impardonnable erreur dans le titre punaise, le cynisme de l'histoire et la tension sous-jacente m'a donné envie d'acheter le bouquin.
Sa forme m'a aussi pas mal surpris avec son alternance de théâtre et de texte.
"La vie n'est qu'un vaste camp de concentration, se suicider revient à tromper les gardiens".
Que de joie de vivre punaise!
Sur ce, je vapce.
Joyeux Noël.
André.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
vinsanevinsane   13 février 2014
C'’était une lettre d'adieu, la lettre d'adieu de Bé à Sara [...] : c'était ce que lui dictait sa conscience.
C'est fini, Sara. C'est fini. Je sais le mal que je te fais. Mais c'est fini, fini. Je suis peut-être sous l'effet de la morphine en écrivant ces lignes. Mais je suis conscient. Je n'ai jamais été aussi lucide. Je jette de la lumière, je suis mon propre flambeau.
Ne crois pas que je n'ai pas de regrets. Finis, nos longs après-midi qui se perdaient dans le crépuscule. Finies, nos caresses de l'autre monde" (c'est ainsi que nous les appelions tu te souviens?). Au lit comme une sœur avec son grand frère - non, plutôt comme deux sœurs douces et câlines. Fini, notre monde cette prison douillette - désormais je le vois bien- que nous haïssions tant. Pourtant cette haine nous maintenait en vie, je le sais désormais. L'obstination, l'obstination à survivre.
"Et l'amour?" demandes-tu. J'entends presque ta voix. "L'amour ne compte pas?"
Je ne sais pas, Sara. Tu as tout essayé. Je regrette.
Je dois disparaître avec tout ce que je porte en moi comme une peste, pour ainsi dire. Je porte en moi d'incroyables forces destructrices, on pourrait détruire le monde entier avec mon ressentiment, pour rester poli et ne pas dire vomissure.
Il y a longtemps que je ne désire plus rien que disparaitre. Mais ça ne marche pas tout seul. Il faut que j'y contribue activement...
J'ai donné naissance à une créature, à une vie fragile et délicate uniquement pour pouvoir la détruire. Tais ce que sçais. Je suis comme Dieu, cette canaille...
Je souhaite disparaitre. Je ne sais pas pourquoi il m'a fallu égrener cette longue vie, alors que j'aurais pu être tué à temps, avant de connaitre la vanité de l'ambition et de la lutte. Rien n'a eu de sens ; je n'ai rien su créer ; la seule chose que j'ai réussi dans la vie, c'est comprendre à quel point je suis étranger à ma propre vie. J'étais mort de mon vivant. Tu as serré dans tes bras un mort, et tu as essayé en vain de le ramener à la vie. Parfois je nous voyais de loin, je voyais tes tentatives inutiles et je parvenais à peine à étouffer le rire qui gonflait dans ma poitrine.Jje suis un homme mauvais, Sara.
Tu as été pour moi un grand soutien dans cet ignoble camp de concentration qu'on appelle la vie, Sara.
Ne me plains pas, j'ai eu une vie parfaite. En son genre. IL suffisait de le découvrir, et cette découverte a été ma vie. Mais maintenant c'est fini. Le prétexte de ma vie a disparu, l'état de survivant a disparu. Dorénavant il me faudrait vivre comme un adulte, comme un homme. Je n'en ai pas envie. Je n'ai pas envie de sortir de la prison, de l'espace infini où se dissout et s'éparpille mon inutile...
Allons étais-je sur le point de dire : tragédie?!
Ridicule.
J'ai aimé la verdure inépuisable des plantes, j'ai aimé l'eau, j'ai aimé nager; et avant de la rencontrer elle, je croyais aimer les femmes.
J'ai vécu tout ce qui m'a été donné de vivre.
J'ai failli être tué, j'ai failli tuer ou plutôt...je me prépare justement à tuer.
Tu m'as vu me pencher sur une montagne de papiers. Tais ce que sais. L'homme de lettres va te questionner. J'ai essayé de formuler le...
Peu importe ça n'a pas marché il n'y a rien, rien. Je ne lui ai rien laissé. Il n'y a rien à dire.
Je ne veux pas dresser ma tente au milieu du bazar littéraire, je ne veux pas étaler ma camelote, vile marchandise à ne pas mettre entre les mains des gens. Mais je ne voudrais pas non plus qu'ils la saisissent, la soupèsent, et le reposent. J'ai accompli ma tâche et elle n'appartient à personne.
Je commence à me sentir tout drôle. C'est si bien d'avoir déjà sauté le pas... si bien de tout reposer. Je n'ai plus rien à voir avec cet amas de choses pénibles et immondes qui sont moi...
Merci pour tout... Merci pour le songe...
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patrick75patrick75   21 février 2013
Mais je n'aurais pas cru que ce livre m'entraînerait dans ma funeste carrière.Quand je l'eus terminé, il s'endormit en moi comme tous les autres, enfoui sous les couches douces et épaisses de mes lectures successives.
Des quantités de livres dorment ainsi en moi, des bons et des mauvais, de tout genre. Des phrases, des mots, des alinéas et des vers qui, pareils à des locataires remuants, reviennent brusquement à la vie, errent solitaires ou entament dans ma tête de bruyants bavardages que je suis incapable de faire taire.
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chartelchartel   05 avril 2009
Je crois en l’écriture. En rien d’autre, seulement en l’écriture. L’homme vit comme un ver mais écrit comme un dieu. Autrefois, on connaissait ce mystère oublié de nos jours : le monde se compose de tessons qui s’éparpillent, c’est un obscur chaos incohérent que seule l’écriture peut maintenir. Si tu as une idée du monde, si tu n’as pas oublié tout ce qui s’est passé, alors sache que c’est l’écriture qui a créé pour toi le simple fait que tu as un monde et qu’elle continue à le faire, elle est la toile d’araignée invisible qui relie nos vies, le logos.
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vinsanevinsane   13 février 2014
Petit à petit, il comprit que ces individus [les clochards] n'avaient aucune raison d'être mélancoliques, puisqu’ils n'avaient pas de souvenirs -ils les avaient perdus ou liquidés - , si bien qu'en fait ils n'avaient pas de passé ; et à vrai dire pas d'avenir non plus. Ils vivent dans un état de présent perpétuel où la simple existence est ressentie comme une réalité immédiate voire exclusive - prenant la forme du souci et de la misère ou au contraire celle du plaisir fugace d'y échapper. C'étaient des hommes sans histoire et cette pensée éveillait en Keseru une secrète sympathie à leur égard. Il savait certes qu'ils avaient tous une triste histoire qui les avaient amenés jusque-là, mais il se disait qu'avant d'en arriver là leurs histoires avaient depuis longtemps perdu toute signification.
(p125-126)
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chartelchartel   05 avril 2009
Je crains d’être incapable de venir à bout de la suite – hypothétique, présente ou passée. Il me manque quelque chose, le témoignage d’un regard éternellement immobile, pour ainsi dire. En effet, j’ai remarqué que chez les véritables écrivains […] ce regard enregistre de manière impartiale et incorruptible tous les événements, même les plus éprouvants du point de vue physique ou moral, tandis que leur autre personnalité, la quotidienne pour ainsi dire, fusionne totalement avec ces événements exactement comme n’importe qui d’autre. J’ose affirmer que le talent d’un écrivain n’est autre – du moins en partie – que ce regard immobile, cette distance qu’on peut ensuite faire parler. C’est un demi-pas, une distance d’un demi-pas.
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Videos de Imre Kertész (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Imre Kertész
Portrait d'Imre Kertész (2002) .Le Journal de 20h de France 2 présente un portrait d'Imre Kertész, prix Nobel de littérature 2002.
Dans la catégorie : Littérature hongroiseVoir plus
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