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EAN : 9782070453559
368 pages
Gallimard (26/09/2013)
4.04/5   57 notes
Résumé :
Tout le monde a lu les grands reportages de Joseph Kessel et tout le monde a visité la terre à sa suite : l'Asie de Hong Kong et Macao, l'Afrique de La Piste fauve, la Birmanie de La Vallée des rubis, le monde de l'horreur des Mains du miracle. Voici un document bien différent puisque Jospeh Kessel s'est penché sur un des grands problèmes de notre temps, celui de l'alcoolisme. Il ne s'agit plus de la carte du monde, mais de la carte intérieure des hommes en perditio... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Taraxacum
  15 juin 2014
Mi-essai, mi-reportage, Avec les alcooliques anonymes est exactement ce que son titre sous-entend: la visite par Kessel d'une multitude de groupe des Alcooliques Anonymes aux USA, dans le but de comprendre cette association. C'est assez difficile de lui donner une note: le sujet est passionnant et l'humanité qu'il rencontre au fur et à mesure de ses visites réchauffe le coeur dans cette volonté d'entraide mais ce texte souffre quand même de deux points qui m'empêche de lui donner plus de quatre étoiles. D'abord, il est assez répétitif: l'auteur rencontre un nouveau membre, s'étonne de voir là cette personne vigoureuse/épatante/pleine aux as/qualificatif mélioratif de votre choix, puis l'autre lui raconte l'histoire de sa déchéance et on recommence. J'exagère peut-être un peu, mais plusieurs chapitres suivent quand même exactement ce modèle.
Et puis surtout, surtout, je suis totalement contre l'une des idées expliquées dans ce bouquin sur les origines de l'alcoolisme: certaines personnes génétiquement prédisposées et d'autres pouvant picoler autant que faire se peut et ne jamais être en réel danger? Franchement, c'est inciter à la consommation les personnes n'ayant pas encore de soucis. Et je trouve que le sujet des personnes ayant une consommation importante, suffisamment pour être dommageable pour leur santé, mais encore en deçà de la perte totale de contrôle comme elle est décrite aussi, est aussi une problématique importante, ici passée sous silence.
Cependant, je dois dire que les multiples témoignages d'alcooliques se venant en aide les uns les autres, se sauvant eux même de leurs démons en aidant d'autres personnes, la grande bonté témoignée ici, tout cela en fait une lecture que je recommande et un livre intéressant, qu'on s'intéresse ou pas aux problèmes des addictions.
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emi13
  30 novembre 2013
Avec ce livre Joseph Kessel nous fait découvrir, le côté sombre, de la dépendance vis-à-vis de l'alcool. Les alcooliques Anonymes nous décrivent leurs programmes très simple de sincérité, de courage, est de renoncement au premier verre .Leur mode de vie aide beaucoup de personnes à se sortir de cet enfer de l'alcool.
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Laurent81
  13 décembre 2019
J'ignorais complètement que Joseph Kessel était à l'origine de l'implantation des alcooliques anonymes en France au début des années 60. Il va mener l'enquête aux États Unis où est né ce mouvement si original. Cela se lit comme un roman. Kessel va rencontrer des fondateurs des A.A., il va assister à des réunions, interroger des alcooliques sevrés ou en cours de sevrage et comprendre peu à peu ce qui caractérise cette extraordinaire expérience. Cela m'a rappelé d'autres expériences comme le mouvement des GEM (groupes d'entraide mutuelle) pour les malades psychiques, ainsi qu'une lecture d'un ouvrage de Charles Rojman dont j'ai oublié le titre et qui aborde le concept du guérisseur blessé : comment je me soigne en prenant soin d'un autre mais aussi comment ma parole de malade, (car l'alcoolisme est bien une maladie) aura plus d'effet auprès d'un autre alcoolique que celle d'un professionnel du soin. C'est un livre qui ouvre l'esprit sur ce fléau et son emprise sur le psychisme, on y aborde également les ravages de l'alcoolisme pour les proches.
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Mirliton
  16 novembre 2013
Kessel, en tant que journaliste, nous amène à la découverte des alcooliques anonymes américains. L'association est à cette époque peu connue en Europe, et les échos qui arrivent en France en font un groupe étrange, vaguement sectaire et religieux, manipulant les alcooliques au lieu de les aider. D'autant que certains aspects des réunions des alcooliques anonymes reposent sur une croyance en une transcendance: cela provoque une nécessaire méfiance dans un pays laïque comme la France. Bref, Kessel propose aux lecteurs de découvrir les A.A. sans préjugés, et non plus sur des rumeurs.
Le principe de progression du livre devient, au bout d'un moment, un peu agaçant. Kessel commence par s'étonner, dans les premiers chapitres, de voir des hommes et des femmes sains de corps et d'esprit, occupant des postes à responsabilité, affirmer qu'ils sont des alcooliques. Et s'étonne aussi de constater que tous les membres des A.A. sont des alcooliques, des simples participants des réunions aux cadres de l'association. Jusque là, rien de surprenant dans sa démarche ou son étonnement: il découvre l'association et son fonctionnement. Mais lorsqu'au bout de 200 pages on retrouve toujours cette éternelle surprise... ("Quoi! Cet homme sportif, souriant, respirant la santé et l'intelligence, était lui aussi un alcoolique!" etc.) Bref, voilà qui devient pesant et lassant.
Peut-être Kessel ressent-il le besoin d'insister (lourdement) sur cet aspect pour bien convaincre le lecteur, nécessairement sceptique vu les bruits farfelus qui courent sur les A.A. en Europe à l'époque? A mon sens, cela affaiblit un peu le propos.
Par contre, la façon dont il évoque le fonctionnement des A.A., montrant à la fois la solidarité, l'espoir, mais aussi les échecs, les difficultés, est très intéressant.
Kessel est avant tout un écrivain de l'humanité: il évoque tous les aspects de l'humain, en y cherchant à chaque fois la grandeur et l'humanisme, même aux moments où l'âme semble s'être égarée loin de toute humanité. C'est ce que l'on retrouve dans ses romans, et c'est la même recherche qui guide son exploration des A.A., au fil des rencontres et des témoignages. Kessel évoque des gens qui ont vécu un enfer et qui ne sont, d'une certaine façon, qu'en sursis: la rechute est toujours possible. Les heures sombres ne sont jamais loin... et Kessel fait tout pour montrer comment, malgré tout, ils se battent sans relâche pour conserver leur humanité.
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JBLM
  16 août 2022
Ce livre m'a beaucoup marqué, au sens où il a radicalement changé mon regard sur la question de l'alcoolisme. Jusqu'alors, j'ai toujours considéré que l'alcool était une addiction parmi les autres, et je confesse humblement que je regardais les alcooliques avec un mélange de pitié et de dégoût, puisque je partais du principe que leur situation ne dépend que d'un effort de volonté, effort auquel ils se refusent au point de mettre égoïstement leurs familles dans une précarité dramatique. le problème, c'est que, dans notre oreille, le qualificatif constitue d'abord une insulte avant de constituer un diagnostic.
Dans ce reportage, Kessel, au fil de son enquête, accumule les témoignages poignants, d'une grande variété sociologique, notamment celui du fondateur des Alcooliques anonymes, Bill W., tout en déclinant les principes directeurs de l'association qui ont fait que de parfaits inconnus atteints du même mal ont pu réussir ensemble là où la médecine et la religion avaient jeté l'éponge. L'écrivain ne cesse de réprimer son incrédulité en présence des personnages dignes, élégants et spirituels qu'il est amené à rencontrer, chez qui ne subsiste pas la moindre trace de l'obsession qui, pour tous sans exception, les a pourtant conduits à l'extrême limite de la folie ou de la mort à une période plus ou moins lointaine de leur existence. Unique petit reproche que je suis amené à faire : à la manière dont les présente Kessel, on a l'impression que chacun des AA interrogés avait en lui le potentiel de changer la face de son corps de métier, n'eut été la fatale boisson.
Il est extrêmement intéressant de voir l'auteur évoquer la dimension religieuse de l'association (nous sommes aux Etats-Unis), alors que de nombreuses remarques montrent sa répugnance manifeste pour toute forme de prosélytisme. J'ignore si cette dimension subsiste dans la version française contemporaine des AA, mais elle n'est absolument pas une source de blocage.
Je suis étonné que cette oeuvre de Kessel, quoique célèbre en son temps, soit si peu connue de nos jours, où l'alcoolisme et surtout le regard porté sur l'alcoolisme auraient bien besoin d'être traités. A moins que ses développements n'aient été contestés depuis, ce dont je n'ai pas connaissance, il devrait être diffusé le plus largement possible. Les exemples rapportés ne sont pas des plus gais (on parle tout de même de déchéances vertigineuses péniblement rattrapées), mais la lecture vaut vraiment la peine, et pas seulement pour les alcooliques.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   30 mars 2012
"La découverte peut-être la plus étonnante et la plus poignante qu'il m'ait été donné de faire au cours d'une existence pourtant consacrée à la recherche de l'exceptionnel", écrivait Kessel à propos des "Alcoholics Anonymous".
C'est dans un autre monde en effet qu'il nous entraîne ; un monde où des hommes et des femmes qui ont connu l'extrême de l'angoisse, de la honte et parfois de la déchéance sociale sont aujourd'hui ressuscités des morts et comptent désormais - on le découvrira en lisant "Avec les Alcooliques Anonymes" - parmi les plus grands faiseurs de miracles de notre temps.
(extrait de l'avant-propos signé Fabienne Deschamps et inséré en début de volume de l'édition parue chez "Gallimard" en 1985)
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Bichon1Bichon1   03 mai 2017
Je remercies Mr Joseph Kessel pour son livre je fais parti du mouvement des Alcooliques Anonymes depuis le 17 Mars 1982 au 1 premier Groupe AA qui c'est ouvert en Novembre 1960 Car Mr Joseph Kessel revenait des USA et avait connu les Cofondateur Biil et Bob et quand t'il est revenu en France il avait écrit des Articles sur AA dans France Soir et par la suite son livre c'est comme cela est né le 1 premier Groupe AA en France au Quai d'Orsay .Pour ma part je suis abstinent depuis presque 32 ans car entre Janvier 1982 et 21 Juin 1985je suis rester abstinent j'ai rechuter 6 jours du 21 Juin jus qu 'au 26Juin 1985 Il n'y a aucune conotation religieuse c'est un programme de rétablissement de 12 Etapes et 12 Traditions avec un nouveau de vie sans faire usage d'alcool et chaque Année du jour de nôtre abstinence on fête nos Anniversaires et cela nous conforte à rester abstient 24 heure à la fois
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crapahutevidacrapahutevida   10 juin 2017
Soudain, tout me paru secondaire et presque insignifiant quand un dernier alcoolique anonyme, un Noir, officier de la marine marchande américaine, se mit à conter sa dernière expérience.
Son cargo avait relâché dans un grand port de l'Afrique du Sud. Le Noir n'insista pas sur le régime de ségrégation absolue, impitoyable, qu'il dut y subir pendant l'escale. Les auditeurs étaient au courant du destin commun à tous les hommes, femmes et enfants de couleur au pays du racisme le plus bestial qui se puisse imaginer. Mais aucun de nous, dans la salle, ne pouvait prévoir la suite du récit.
La première démarche du marin Noir, une fois à terre, fut d'assister à une réunion du groupe A.A. qui existait depuis longtemps dans la ville.
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crapahutevidacrapahutevida   10 juin 2017
Mais là, un fait incroyable l'attendait. A côté des Zoulous, des Hottentots, des Cafres, il y avait des Blancs. Et ce mélange, cette intégration jouissait de la tolérance officielle. Le gouvernement apartheid tenait l'oeuvre des A.A.pour si importante et féconde qu'il consentait en leur faveur l'unique dérogation aux lois inexorables qui distinguent en Afrique du Sud les hommes selon la couleur de leur peau.
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emi13emi13   30 novembre 2013
Un alcoolique n'est jamais guéri . Il est seulement ce que l'on appelle stabilisé.
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Videos de Joseph Kessel (56) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Kessel
L'auteur de bande-dessinée Joann Sfar revient avec "La Synagogue", aux Éditions Dargaud. Dans cet ouvrage, il relate son adolescence dans la ville de Nice dans le sud de la France dans les années 80. À ce moment, on assiste à la multiplication d'actes antisémites. Orphelin de mère, il se demande alors qu'est ce qu'il pourrait faire pour combattre à son échelle l'extrémisme. Il décide alors de rejoindre le groupe sécurité de sa synagogue. Il y sera donc vigile de 16 à 21 ans. "J'étais nul. Ils n'ont pas arrêté de me virer", raconte avec humour l'auteur du "Le chat du Rabbin", qui a été en quelque sorte accompagné par la voix de Joseph Kessel pendant la rédaction de sa dernière bande-dessinée. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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