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EAN : 9782266128803
320 pages
Éditeur : Pocket (01/10/1996)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 205 notes)
Résumé :
C'est en 1931 que Kessel entreprit la rédaction de ce qui devait être un de ses plus beaux romans. L'idée de " Fortune carrée " lui vint sur le plateau volcanique de Sanaa en voyant " le Moscovite " caracoler sur l'étalon de l'imam du Yémen.


Cette histoire virile met en scène deux hommes violents et sans attaches : Hakimoff et Henri de Monfreid, dans un cadre époustouflant de beauté : le Yémen, la mer Rouge, l'Éthiopie-Somalie.

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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  21 janvier 2019
Ah les étiquettes ! Ca vous colle à la peau… Littérature jeunesse pour celui-ci ? Oui pourquoi pas mais les adultes y verront peut être autre chose, un truc en plus. Alors j'ajoute amour aux étiquettes. Parce que c'est un grand livre d'amour : amour de la terre, des paysages, de l'aventure, des hommes, d'un homme. Un hymne à la beauté des paysages, des corps, des éléments de l'univers, la mer rouge déchaînée était splendide, tout comme le sable du désert ou les roches et forêts et Chaïtane, bien sûr ce fier destrier. Je me sentais prise dans un tourbillon élémentaire, une partie intrinsèque d'un environnement luxuriant même dans sa dureté. Quel régal que cette lecture !
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gouelan
  22 juin 2017
Lire ce roman, avec ces trois hommes qui cherchent fortune, chacun à leur manière, c'est partir à l'aventure, s'émerveiller, avoir soif et souvent aussi mal au coeur. La fortune carrée, celle qui se gonfle lorsque vient la tempête, le souffle du danger, le refrain de l'aventure, le grain de folie, la recherche de l'absolu, de la beauté sauvage, dénuée de luxe et de truquage.
On a l'impression de suivre des "Théodore Monod", chercheur de cailloux dans le désert, d'une trace de vie sublime, d'instants magiques. La cruauté en plus pour certains.
Trois hommes. L'un guerrier qui ne sait être que sauvage avec à peine un sursaut d'humanité dans son regard, à part pour son cheval. L'autre presque aussi sauvage, mais encore rattaché par un fil à la civilisation, et cela lui fait mal, il voudrait s'en libérer, juste vivre l'essentiel, sans devenir une pierre. Et le dernier, jeune et plein d'élan, émerveillé face à ces deux grands hommes aguerris, dont il attend les leçons.
Un roman d'aventures qui éclate de vie sauvage, sous la chaleur du désert, avec la loi de la nature et des hommes fiers et cruels. Rencontre avec des tribus, qui ressemblent à leur territoire, âpres et beaux à la fois, beaux dans leur dépouillement.
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saphoo
  10 mai 2019
Et voici une nouvelle lecture de Kessel, quelle aventure ! Bien que la première partie ne m'a tellement emballée, je me suis bien rattrapée à bord du bateau de Bruno et encore plus au sein de la caravane de Philippe.
C'est bien la 3ème partie la plus admirable par les descriptions, la vie d'une caravane, l'angoisse de trouver le point d'eau à temps, la peur de se faire attaquer, de se perdre tout simplement, mais aussi le beau chemin en soi.
"Il pensa que la lenteur même à laquelle elle l'astreignait était son plus sûr instrument de découverte, de révélation. Qu'aurai-il vu par les rapides moyens de voyage qu'il avait aimés jusque là ? Des images, des perspectives effleurées. Mais le long contact avec le grain de sol et de la lumière, cette notion des valeurs minérales, ce sens de la sécheresse et de l'approche de l'eau, ce dessin des vallées, des plateaux, des cirques et des monts qui, peu à peu entraient en lui, cette communication efficace, directe, brute avec la peau ardent de la terre, comment les eut-il pu connaître sans cette avance pas à pas, où le corps s'unissait à la route, sans le déroulement presque immobile des crevasses mystérieuses, des piliers et des rouges murailles ?"
Cette partie dans le désert est digne d'un récit de Théodore Monod, j'ai retrouvé toute cette splendeur, ce vaste monde qui émerveille tant, le néant est empli de découvertes.
J'ai aussi préféré cette partie pour le côté humain de Philippe et ses retrouvailles avec Bruno.
C'est un excellent récit d'aventures parfois un peu cruel mais tellement bien écrit qu'on a du mal à le quitter.
Un petit côté "Lion" et un autre "Cavaliers" pour ceux qui ont aimé ces deux romans, ils aimeront sans aucun doute celui ci.
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frandj
  06 février 2014
"Fortune carrée" est peut-être le plus réussi de tous les romans d'aventures. Il peut être lu et apprécié à sa juste valeur, dès l'adolescence comme à l'âge adulte. Le livre tient le lecteur en haleine tout le long des trois parties (presque indépendantes) qui le composent. L'histoire se place au premier tiers du XXème siècle, mais dans des contrées reculées, exotiques, voire barbares, qui n'ont rien à voir avec le monde occidental.
La première partie, qui a pour cadre le Yémen, est époustouflante par son rythme effréné; c'est un aventurier sans peur et sans scrupule, Igricheff, le "fils de la Kirghize", qui y joue le premier rôle. La seconde partie - peut-être le plus faible des trois ? - se déroule sur un voilier voguant en Mer Rouge, dont le skipper Mordhom est le personnage dominant.
La dernière partie a pour héros Philippe, ami de Mordhom, chargé d'une mission difficile et dangereuse en Somalie (française, à cette époque). Le jeune Philippe est présenté avec une sorte de tendresse, car il est à l'opposé d'aventuriers endurcis comme Mordhom ou Igricheff. Cette dernière aventure est haletante, comme une "course contre la montre" dans le désert implacable. Le roman s'achève d'une manière magistrale, sur une tragédie dont on devine peu à peu le caractère inévitable. Elle laisse le lecteur véritablement époustouflé.
On n'oublie plus ce roman qui, pour une raison qui m'échappe, reste assez méconnu dans l'oeuvre de J. Kessel.
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Gehenne
  23 mars 2020
"Courses, caravanes, privations, combats et solitude, tous les signes de la grande aventure" sont éminemment présents dans "Fortune carrée", génial roman d'action (et de réflexion) écrit par un écrivain qui fut lui-même grand reporter aux quatre coin du monde, du temps où le journalisme de terrain requérait de solides qualités d'endurance et la nécessité de se mettre en danger.
Ce roman du "Grand dehors" (comme le qualifierait @Michel le Bris) fait la part belle à la témérité mâtinée parfois d'inconscience d'un trio de personnages hors du commun, attirés par le dépassement de soi et les situations extrêmes comme le papillon l'est par la lumière.
Par ordre d'entrée en scène, voici IGRICHEFF, bâtard d'un comte kirghize, prompt à aller où le vent le mène. le vent mais aussi un superbe étalon -Chaïtane (le diable)- que lui a offert un imam yéménite. de Sanaa à la mer rouge, le couple aérien vole de batailles en razzias, de situations inextricables en rétablissements miraculeux. Jusqu'au moment où poursuivi par l'armée yéménite, ce couple prodigieux atteint les rivages maritimes et est sauvé (du moins le cavalier) in-extremis par un boutre qui effectue de la contrebande d'armes. IGRICHEFF, l'insondable, le taiseux, le cynique, vacille un moment lorsqu'il est contraint d'abandonner aux flots Chaïtane avec qui il formait sur terre un centaure indomptable. Il pensa alors "à ses aïeux, les Khans des steppes, qui faisaient égorger leur cheval préféré sur leur tombeau."
C'est un Breton taciturne, Daniel MORDHOM, qui dirige le bateau -Ibn-el-Rihèh (Fils du vent)- Il n'a sauvé le Kirghize , précise-t-il sans ambages, uniquement parce que ce dernier a eu le réflexe de l'appeler en français. Ce à quoi ce dernier répond sans sourciller : "A votre place, je n'eusse pas retardé d'une seconde l'appareillage, même si l'on m'avait hélé en russe." Les rapports entre les deux hommes sont ainsi fixés d'entrée : de l'estime certes, mais aussi une certaine méfiance voisine du mépris.
Et à leur côté, un jeune homme simple, bienveillant, prompt à s'émerveiller, tel est Philippe LOZERE qui accompagne MORDHOM dans son périple maritime. Lui, le néophyte, garçon de la ville désormais confronté aux éléments, mesure bientôt "l'exacte puissance de son corps à se mouvoir dans l'étendue"; comprend que "le monde était d'une ampleur infinie et d'une substance difficile pour l'homme"; connaît "le prix du soleil, l'interdiction terrible des ténèbres, la magie de l'eau, le sang précieux des nourritures."
Kessel entraîne le trio d'abord dans une traversée mouvementée de la mer rouge et s'avère, à travers le regard de Philippe, le peintre inspiré de la tempête qui les saisit : "Fasciné, le jeune homme, de nouveau accroché au roof, contemplait ces montagnes mouvantes de lumière et d'eau mêlées, traversées de flèches d'or, cette chevauchée énorme et magnifique, qui brassait dans sa furie le soleil, l'écume, l'azur et l'émeraude."
Puis ce sera la traversée de montagnes dont les pièges et les difficultés ne seront pas moindres. Avec, présent à tout instant, le danger qu'il vienne de la nature ou des hommes comme une épée de Damoclès au-dessus de ces trois vaillants compagnons.
Vous aurez compris que Joseph Kessel est un immense styliste qui possède un don rare pour décrire la nature, ses splendeurs et ses excès. En contrepoint, il se montre habile à sonder les coeurs et les âmes de ceux qui osent se confronter à elle, à affronter ses périls.
Connu pour être un baroudeur impénitent, un témoin attentif de son temps et un journaliste inspiré, Kessel, soyez-en sûrs, est avant tout un écrivain, et quel écrivain !
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   20 juin 2017
Seul ! dit-il à haute voix.
Fut-ce la sonorité de ce mot dans le silence absolu du désert et du ciel plus encore que sa signification qui fit passer un frisson dans les os de Philippe ? Il ne se le demanda point, car il se vit soudain au milieu de pierres noires, dans des gorges arides, monté sur son mulet aux réflexes lents, environné de sauvages beautés et d'embûches secrètes, n'ayant personne avec qui partager ses ravissements et ses craintes, limité par le truchement d'Omar aux explications, aux ordres les plus élémentaires et sans aucune communication, sans nulle ouverture, réduit désespérément à lui-même. C'était donc cela la solitude !
Un étincelant et tragique miroir qui réfractait toutes les émotions, tous les espoirs, tous les effrois.
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gouelangouelan   22 juin 2017
- Vous êtes vraiment un curieux homme. Vous habitez le bout du monde, vous êtes entouré de guerriers nus quand ce n'est pas de pirates noirs. Vous avez bourlingué dans les îles les plus sauvages, battu les plus âpres déserts et chaque fois que je vous parle de chasser, vous faites le dégoûté. C'est un principe ? une morale ? une superstition ?
- Rien de tout cela. Pas même un sentiment. Ça ne m'amuse pas, voilà tout. Je ne suis pas un homme de luxe, peut-être parce qu'il m'a toujours manqué, peut-être parce qu'il fausse l'existence, la truque et change les hommes en singes auprès desquels Dakhata sont des seigneurs. Les gens qui, comme vous, s'en tirent indemnes, sont rares. Et vous êtes si jeune. Or, la chasse telle que vous l'entendez, c'est du luxe. Je tue les bêtes, les gens aussi, pour me défendre ou pour manger. Les chasseurs noirs font de même. Et quand ils vont à l'affût du fauve, c'est pour vendre des peaux de lion ou de léopard. Pas pour avoir un beau tableau.
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AmbagesAmbages   18 janvier 2019
Sanaa, au milieu de la coupe prodigieuse de pierre et de lave que ferment les djebels yéménites, se dresse isolée du monde et près du ciel. Flanquée de donjons ronds et pesants, cernée par d’épaisses enceintes crénelées, elle est vaste, solide, bâtie en force et tranquillité. Elle semble issue du sol même, toute posée dans sa force, sa fierté et sa sobre noblesse. Ainsi que le haut plateau qui la soutient, Sanaa porte le sceau de la fable et de la vie en même temps.
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frandjfrandj   08 mars 2017
La nuit tremblait comme une onde infinie entre la terre obscure et le ciel scintillant. Le feu s’éteignit. Des images confuses passaient devant les yeux de Moussa immobile. L’une d’elles prit la forme d’un serpent qui se détacha des buissons, s’avança vers Philippe. Moussa n’y guère plus d’attention qu’aux autres. Mais un pâle reflet passa dans l’ombre et il y eut un râle étouffé. Sans savoir ce qu’il faisait, Moussa se rua, étreignit un corps. A tout autre qu’à lui, cette sorte de couleuvre huileuse eût échappé. Mais personne ne pouvait se libérer des bras de Moussa. Il tenait l’homme contre lui et si fort que l’autre ne pouvait remuer un membre. Quand il le sentit impuissant, Moussa clama:
« Mon jeune chef, réponds, mon jeune chef ! »
En une seconde, tout le camp fut debout. Aux braises une torche fut allumée. Mordhom la porta au visage du prisonnier et cria: « Gouré ! ».
Ayant reconnu le tueur, il s’abattit près de Philippe, sans espoir. Un coup d’œil lui suffit pour voir que, malgré l’obscurité, le poignard de Gouré était allé droit à la carotide.
« Philippe, mon ami, mon ami », dit-il d’une voix si vide, si hébétée qu’elle lui parut la voix d’un autre.
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ChocolatiineChocolatiine   01 juin 2020
- On expédiait d'ici, autrefois, le meilleur café du monde. Aujourd’hui, c'est de Hodeïdah qu'il part. Et Moka a été abandonnée à son destin qui est de périr. Pas une muraille sans crevasse, sans brèche. Pas un plafond qui ne soit effondré. Quand vous marchez de jour dans les rues, malgré la plèbe qui s'y presse encore, vous foulez déjà de grandes ruines. Les moucharabiehs sont aveugles, les fontaines muettes. Le bétail couche dans les cours des riches harems. Et les charognards passent à travers les toits crevés. C'est splendide !
Philippe, alors, ne put s'empêcher de remarquer :
- Vous avez le goût des choses mortes.
- Elles sont peut-être les seules à nous donner le sentiment que nous vivons, dit Mordhom ; ne croyez-vous pas, Igricheff?
- Est-ce que je sais, mon cher? Vous êtes là, sans cesse, avec des questions..., des questions à vous-même surtout... Moi, non. J'attends...
- Quoi?
- Tout.
- Et cela vient?
- Toujours.
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Vidéo de Joseph Kessel
Rencontre en direct avec Philippe Baudorre à l'occasion de la sortie exceptionnelle en pléiade de "Joseph Kessel - Romans et récits" aux éditions Gallimard.
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Avec son neveu, il est l'auteur des paroles d'un hymne à la révolte et à la résistance écrit à Londres dans les années 40 :

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