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ISBN : 2266128809
Éditeur : Pocket (01/10/1996)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 129 notes)
Résumé :
C'est en 1931 que Kessel entreprit la rédaction de ce qui devait être un de ses plus beaux romans. L'idée de " Fortune carrée " lui vint sur le plateau volcanique de Sanaa en voyant " le Moscovite " caracoler sur l'étalon de l'imam du Yémen.


Cette histoire virile met en scène deux hommes violents et sans attaches : Hakimoff et Henri de Monfreid, dans un cadre époustouflant de beauté : le Yémen, la mer Rouge, l'Éthiopie-Somalie.

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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
22 juin 2017
Lire ce roman, avec ces trois hommes qui cherchent fortune, chacun à leur manière, c'est partir à l'aventure, s'émerveiller, avoir soif et souvent aussi mal au coeur. La fortune carrée, celle qui se gonfle lorsque vient la tempête, le souffle du danger, le refrain de l'aventure, le grain de folie, la recherche de l'absolu, de la beauté sauvage, dénuée de luxe et de truquage.
On a l'impression de suivre des "Théodore Monod", chercheur de cailloux dans le désert, d'une trace de vie sublime, d'instants magiques. La cruauté en plus pour certains.
Trois hommes. L'un guerrier qui ne sait être que sauvage avec à peine un sursaut d'humanité dans son regard, à part pour son cheval. L'autre presque aussi sauvage, mais encore rattaché par un fil à la civilisation, et cela lui fait mal, il voudrait s'en libérer, juste vivre l'essentiel, sans devenir une pierre. Et le dernier, jeune et plein d'élan, émerveillé face à ces deux grands hommes aguerris, dont il attend les leçons.
Un roman d'aventures qui éclate de vie sauvage, sous la chaleur du désert, avec la loi de la nature et des hommes fiers et cruels. Rencontre avec des tribus, qui ressemblent à leur territoire, âpres et beaux à la fois, beaux dans leur dépouillement.
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frandj
06 février 2014
"Fortune carrée" est peut-être le plus réussi de tous les romans d'aventures. Il peut être lu et apprécié à sa juste valeur, dès l'adolescence comme à l'âge adulte. le livre tient le lecteur en haleine tout le long des trois parties (presque indépendantes) qui le composent. L'histoire se place au premier tiers du XXème siècle, mais dans des contrées reculées, exotiques, barbares, qui n'ont rien à voir avec le monde occidental.
La première partie, qui a pour cadre le Yémen, est époustouflante par son rythme effréné; c'est un aventurier sans peur et sans scrupule, Igricheff, le "fils de la Kirghize", qui y joue le premier rôle. La seconde partie - peut-être le plus faible des trois ? - se déroule sur un voilier voguant en Mer Rouge, dont le skipper Mordhom est le personnage dominant.
La dernière partie a pour héros Philippe, ami de Mordhom, chargé d'une mission difficile et dangereuse en Somalie (française, à cette époque). le jeune Philippe est présenté avec une sorte de tendresse, car il est à l'opposé d'aventuriers endurcis comme Mordhom ou Igricheff. Cette dernière aventure est haletante, comme une "course contre la montre" dans le désert implacable. le roman s'achève d'une manière magistrale, sur une tragédie dont on devine peu à peu le caractère inévitable. Elle laisse le lecteur véritablement époustouflé.
On n'oublie plus ce roman qui, pour une raison qui m'échappe, reste assez méconnu dans l'oeuvre de J. Kessel.
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Bookworm84
17 juillet 2016
De Joseph Kessel, je n'avais lu jusque là que le Lion. J'avais également vu l'adaptation cinématographique des Cavaliers (le livre est depuis en wishlist). Pour démarrer l'été, je me suis plongée dans Fortune carrée – une épopée pleine d'aventures qui nous emmène au Yémen, en Mer Rouge et en Éthiopie-Somalie.
Fortune carrée est un roman d'aventures typique : les personnages principaux sont des hommes aguerris à la vie dans des contrées sauvages et l'intrigue suit les différentes péripéties – plutôt violentes – qui émaillent leur parcours. Ces personnages sont durcis par leur vie pleine de dangers et sans attaches. Si Mordhom laisse transparaître parfois quelques mouvements de coeur, Igricheff tient davantage de la brute (mais il est profondément attaché à son cheval, Chaïtane). Heureusement, nous croiserons la route de Philippe au cours du roman, un jeune Français émerveillé par ces contrées, par ces vies faites d'aventures pures et dures. La naïveté et l'enthousiasme de Philippe apportent une certaine fraîcheur face à Mordhom et Igricheff, les deux aventuriers qui ont déjà bien roulé leurs bosses.
Il est d'ailleurs intéressant de noter que Mordhom est inspiré de Henri de Monfreid, un aventurier lui aussi auteur de romans d'aventure (c'est justement Kessel qui l'a poussé à écrire) et Igricheff d'un authentique aventurier moscovite, Hakimoff. Kessel, journaliste, a également rédigé son roman après un séjour dans les contrées que les personnages traversent. Cela renforce l'immersion dans l'histoire.
Fortune carrée a été écrit dans les années 30 et cela se ressent : les descriptions des pays traversés comme des autochtones rencontrés possède parfois cette condescendance toute occidentale de l'époque pour ce qui n'était pas considéré comme « civilisé ». Aux yeux d'un lecteur du XXIe siècle, cela peut surprendre, voire même perturber. Heureusement, Joseph Kessel fait aussi montre d'un intérêt passionné pour ces mêmes pays et peuples.
De façon surprenante pour un roman d'un tel genre, le style est très lyrique. Paysages comme personnages, même secondaires, sont dépeints avec une telle emphase et un vocabulaire si riche, si évocateurs, que l'on est sans peine dépaysé. Ces mêmes descriptions sont aussi très vivaces : la traversée du désert de Philippe m'a réellement donné des sensations de soif et de chaleur, comme si je marchais à ses côtés sous ce soleil brûlant.
Entre montagnes et mer, paradis végétal et désert, lire Fortune carrée c'est marcher dans les pas d'Igricheff et de sa monture au sang vif, naviguer aux côtés de Mordhom, cheminer dans la caravane de Philippe. C'est côtoyer des hommes violents mais rompus à une vie rude et libre. Lire Fortune carrée, c'est voyager tout en goûtant un style littéraire certes un peu suranné mais tellement agréable !
Un vrai classique du roman d'aventures, parfait pour les vacances :) [Lire la critique sur le blog]
Lien : https://lullastories.wordpre..
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gill
11 mai 2012
En s'inspirant de son reportage relaté dans "Marché d'esclaves", Joseph Kessel a écrit ici, un des classiques du roman d'action, un récit tumultueux et divers comme la vie elle-même.
"Fortune carrée" ?
C'est le nom d'une voile, la misaine carrée d'une goélette.
C'est pour l'auteur l'aventure aussi, la chevauchée dans les sables de l'orient, la fuite dans les vagues chaudes de la mer rouge, le trafic de l'or et des esclaves...la rencontre, aussi, avec un autre des plus talentueux écrivains et marins, Henri de Monfreid, le détenteur des secrets de la mer rouge.
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Chris9
20 novembre 2011
Cette histoire virile met en scène deux hommes violents et sans attaches : Hakimoff et Henri de Monfreid, dans un cadre époustouflant de beauté : le Yémen, la mer Rouge, l'Éthiopie-Somalie.
Un récit fulgurant qui s'inspire de la vie du grand voyageur que fut Kessel et de ses rencontres avec de fabuleux personnages Monfreid, mais aussi le sergent Hussein ou encore Gouri, le tueur aux bracelets de peau humaine. Un roman d'aventures épique et vrai.
Ce roman d'aventures est un des premiers de Joseph Kessel.
Trois récits distincts se déroulant au Yémen, en Mer Rouge et en Abyssinie. Trois héros : un batard kirghize, Henry de Monfreid et Philippe Lozère.
Ils vont traverser mille épreuves, des paysages plus époustouflants les uns que les autres, côtoyer des animaux sauvages et terrifiants…
La plume de Kessel est alerte et décrit merveilleusement les beautés de l'Arabie, de ses plateaux et de ses oasis, la magnificence de l'Ethiopie et de ses collines. On partage la vie de tribus orgueilleuses, des moments de bonheur au coeur de villes mythiques, on vibre avec les aventuriers… Un vrai régal.
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan20 juin 2017
Seul ! dit-il à haute voix.
Fut-ce la sonorité de ce mot dans le silence absolu du désert et du ciel plus encore que sa signification qui fit passer un frisson dans les os de Philippe ? Il ne se le demanda point, car il se vit soudain au milieu de pierres noires, dans des gorges arides, monté sur son mulet aux réflexes lents, environné de sauvages beautés et d'embûches secrètes, n'ayant personne avec qui partager ses ravissements et ses craintes, limité par le truchement d'Omar aux explications, aux ordres les plus élémentaires et sans aucune communication, sans nulle ouverture, réduit désespérément à lui-même. C'était donc cela la solitude !
Un étincelant et tragique miroir qui réfractait toutes les émotions, tous les espoirs, tous les effrois.
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gouelangouelan22 juin 2017
- Vous êtes vraiment un curieux homme. Vous habitez le bout du monde, vous êtes entouré de guerriers nus quand ce n'est pas de pirates noirs. Vous avez bourlingué dans les îles les plus sauvages, battu les plus âpres déserts et chaque fois que je vous parle de chasser, vous faites le dégoûté. C'est un principe ? une morale ? une superstition ?
- Rien de tout cela. Pas même un sentiment. Ça ne m'amuse pas, voilà tout. Je ne suis pas un homme de luxe, peut-être parce qu'il m'a toujours manqué, peut-être parce qu'il fausse l'existence, la truque et change les hommes en singes auprès desquels Dakhata sont des seigneurs. Les gens qui, comme vous, s'en tirent indemnes, sont rares. Et vous êtes si jeune. Or, la chasse telle que vous l'entendez, c'est du luxe. Je tue les bêtes, les gens aussi, pour me défendre ou pour manger. Les chasseurs noirs font de même. Et quand ils vont à l'affût du fauve, c'est pour vendre des peaux de lion ou de léopard. Pas pour avoir un beau tableau.
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frandjfrandj08 mars 2017
La nuit tremblait comme une onde infinie entre la terre obscure et le ciel scintillant. Le feu s’éteignit. Des images confuses passaient devant les yeux de Moussa immobile. L’une d’elles prit la forme d’un serpent qui se détacha des buissons, s’avança vers Philippe. Moussa n’y guère plus d’attention qu’aux autres. Mais un pâle reflet passa dans l’ombre et il y eut un râle étouffé. Sans savoir ce qu’il faisait, Moussa se rua, étreignit un corps. A tout autre qu’à lui, cette sorte de couleuvre huileuse eût échappé. Mais personne ne pouvait se libérer des bras de Moussa. Il tenait l’homme contre lui et si fort que l’autre ne pouvait remuer un membre. Quand il le sentit impuissant, Moussa clama:
« Mon jeune chef, réponds, mon jeune chef ! »
En une seconde, tout le camp fut debout. Aux braises une torche fut allumée. Mordhom la porta au visage du prisonnier et cria: « Gouré ! ».
Ayant reconnu le tueur, il s’abattit près de Philippe, sans espoir. Un coup d’œil lui suffit pour voir que, malgré l’obscurité, le poignard de Gouré était allé droit à la carotide.
« Philippe, mon ami, mon ami », dit-il d’une voix si vide, si hébétée qu’elle lui parut la voix d’un autre.
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gillgill19 mai 2012
A cinq jours de marche forcée de la mer Rouge et à trois mille mètres environ d'altitude, s'étale au sud-ouest de la presqu'île arabique, un cirque vaste et rocailleux qui porte Sanaa, l'antique capitale du Yémen qu'on appelait jadis "Arabie Heureuse".
Des montagnes aiguës gardent de toutes parts le plateau immense.
Chaque pic est couronné d'un village fortifié, et ce sont autant de sentinelles de la cité de l'Imam. Du côté de la mer ainsi que du côté des terres, au sud, au nord, à l'est et à l'ouest, sans cesse ni défaillance, il semble qu'une force mystérieuse et toute-puissante a élevé ces jets de pierre qui se perdent dans les nuages pour composer d'inaltérables remparts aux formes de la nature et de la vie des hommes....
(extrait du premier chapitre "Le cavalier du diable" de la première partie "Chaïtane" de l'édition parue chez "Presses Pocket" en 1971)
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liberligerliberliger24 octobre 2012
Je commence à sentir, à penser plus loin, plus profond qu'il ne faut. je vois la vanité de ma vie, la poussière qu'elle laisse. Les bras m'en tombent. Or, je ne peux pas rester les bras ballants. Les nouer autour d'une femme ? Où la trouver ?La chercher en Europe ? J'aime mieux affronter une bande de requins en mer Rouge. Et puis un sentiment fort est une entrave. Je n'en supporte pas. Mais la liberté totale, c'est odieux, c'est insupportable lorsqu'on n'est pas une brute ou un saint.
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