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EAN : 9782070374892
224 pages
Éditeur : Gallimard (13/09/1983)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 162 notes)
Résumé :
Montmartre au petit jour. Chaque matin, l'auteur, attablé au Sans-Souci, voit passer une femme dans la rue. Elsa Wiener, il l'apprendra bientôt, a fui l'Allemagne. Son mari Michel y est resté, enfermé dans un camp. Elle chante dans les boîtes de nuit. Elle vit seule avec un enfant juif, Max, que les nazis ont rendu infirme.
On suit avec fascination la lente chute d'Elsa, sa déchéance, au nom d'un amour qui n'existe peut-être pas.


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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  04 mars 2017
1935. Quartier Montmartre où, quand Paris s'éveille, un client malade et dépressif, qui est le narrateur, se morfond dans le bar du Sans-Souci. Sa fièvre monte encore d'un cran quand apparaît une passante dont on ne va pas tarder à faire la connaissance.

L'ambiance chaude des nuits parisiennes connaît à l'époque un coup d'arrêt avec la crise qui s'installe.
Kessel, à travers ce personnage féminin traqué, aborde le nazisme , très toxique à l'époque puisqu'il est déjà question de terreur dans les quartiers juifs en Allemagne.
Kessel se sert du désarroi et de la descente aux enfers de cette femme pour tirer la sonnette d'alarme face au fascisme montant de l'époque.
L'intention est louable et surtout visionnaire mais je n'ai pas souscrit au procédé de l'écrivain qui consiste à entourer, surligner et re-souligner jusqu'à l'écoeurement l'explicite de la situation dramatique qui accompagne les deux secrets de cette femme.
Kessel est pour moi dans l'excès. Bien que sensible au sujet, j'ai trouvé que le pathos de nombreuses scènes desservait le message.
Cependant, on peut dire qu'il a vu juste. L'histoire lui a donné raison. le nazisme est bien une histoire de chasseurs et d'hommes traqués qui vont être battus à mort.
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Mimeko
  04 décembre 2019
Après l'avoir observée, assis à sa table au café le "Sans-souci", le narrateur, journaliste et écrivain, fait la connaissance d'Elsa Mayer, allemande, qui a fui son pays et pris sous son aile Max, un jeune garçon juif de 12 ans, resté handicapé après avoir été battu par des sympathisants nazis. Des deux, c'est Max le plus raisonnable et protecteur quand Elsa se perd dans des soirées cabaret pour gagner de quoi vivre, des gains qu'elle perd quelquefois trop rapidement en boissons ou au jeu. le narrateur, éconduit, s'attache à ce duo et à son tour, excuse et reste indulgent face aux frasques de la femme, à ses sautes d'humeur ou ses mauvais choix et voit le lent délitement de la vie dissolue d' Elsa, au désespoir de revoir Michel, son mari interné dans un camp en Allemagne.
Publié en 1936, ce roman de Joseph Kessel évoque le Montmartre festif et encore léger dans lequel essaye de subsister et s'étourdir Elsa Mayer, dans l'attente de retrouver son mari...Mais la jeune femme, mal préparée à l'indépendance, connaît mal les codes de la survie et va lentement amorcée une descente aux enfers, ne sachant pas vraiment lutter dans ce Paris plus enclin à s'encanailler qu'à s'entraider.
J'ai eu un peu de mal à m'attacher au personnage central d'Elsa, cette femme seule qui cherche à s'en sortir dans le Paris des années trente. Malgré sa générosité envers Max, ses frasques et ses choix obtus m'ont laissés dubitative, une psychologie passant de l'exaltation à la dépression la plongeant dans la boisson...
La passante du Sans-Souci est une première rencontre avec Joseph Kessel, que j'apprécie pour la peinture de l'époque, sans plus.
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Lucilou
  30 mai 2020
Montmartre n'est pas qu'une jolie carte postale au charmé rétro blottie contre le flanc protecteur du Sacré-Coeur. Montmartre, c'est aussi des nuits d'ivresse et d'épaisses fumées; des nuits de fêtes que l'on regrette au petit matin quand on titube jusqu'à son logis, des cernes sous les yeux et le coeur au bord des lèvres. C'est dans ce Montmartre-là que Joseph Kessel situe l'intrigue de "La Passante du Sans-Souci". Les années folles s'achèvent et s'étirent en une longue agonie qui les fait ressembler à une vieille courtisane sur le retour. Nous sommes en 1936 et bientôt l'Europe ne dansera plus.
Le narrateur du roman est journaliste et écrivain, familier du Paris nocturne, interlope. Il a ses habitudes dans Montmartre, ses soirées, ses nuits et dans un café un peu miteux, sûrement enfumé: le Sans-Souci. Chaque matin, depuis la vitre de ce dernier, il voit passer cette femme enveloppée dans sa fourrure. Elle semble fuir, en proie à la peur et elle est belle, d'une beauté d'autant plus émouvante que c'est la beauté pleine, mature de ces fleurs sont on sait qu'elles se flétriront bientôt.
Fasciné, le narrateur -dont on ne saura pas grand chose- finit par gagner l'amitié de sa belle inconnue. Elle s'appelle Elsa et elle a fui l'Allemagne son pays natal après que le régime nazi ait arrêté et déporté son époux, opposant au régime. Elle a aussi recueilli Max, un enfant juif, orphelin et martyr de ce nouveau gouvernement.
Elsa n'a qu'un but: sauver son mari mais ce n'est pas si simple et elle n'est pas vraiment armée pour ce combat là qui la désoriente autant qu'il la blesse.
"La Passante du Sans-Souci" c'est autant le récit d'une descente aux Enfers désespérante et désespérée qu'une histoire d'amours. C'est aussi un roman d'un humanisme poignant malgré son pessimisme, un manifeste antifasciste qui aborde la question du nazisme et de sa barbarie. Kessel tire la sonnette d'alarme mais peu l'entendent, c'est le lot des visionnaires...
On pourrait lui reprocher d'être avec La Passante excessif, de donner dans le mélo, d'en faire trop, de tirer sur la corde... On pourrait être agacé par Elsa et trouver Max trop mature pour être honnête. Je conçois tout cela, je l'entends. Mais moi, j'ai adoré. J'ai adoré la langue, le texte de Kessel, la passion de son appel, l'intensité de son désespoir et du destin de sa passante. J'ai été émue, touchée, saisie. Poignardée. Transpercée.

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POY1
  27 juillet 2019
La passante, c'est Elsa Wiener. Tous les matins, le narrateur, qui n'est autre que Kessel, l'observe, traversant fugitivement son champ de vision alors qu'il est attablé dans son bistrot favori, le Sans-Souci.
Piqué dans sa curiosité et par l'allure attirante de cette femme, le narrateur décide de l'aborder. Elsa est allemande. Elle a fui le régime Nazi, nous sommes en 1933. Elle vit avec Max, un jeune enfant rendu infirme par les chemises brunes, parce qu'il était juif. Son père, ami d'Elsa, est mort sous les coups. le mari d'Elsa, Michel, est interné dans un camp de concentration en Silésie. Aussi, Elsa, de formation artistique, travaille dans les bouges de Montmartre pour subvenir aux besoins de Max et d'elle à Paris et soutenir son mari en lui envoyant de l'argent.
Elsa est une femme fière. Elle refusera toute aide. La passion qu'elle voue à son mari l'amènera à tout sacrifier pour lui. On assiste, impuissant comme l'est le narrateur, à la longue descente aux enfers d'Elsa qui donnera tout, dans l'espoir que Michel survive.
Joseph Kessel décrit dans ce livre le Paris de la fin d'une époque, celle des fêtes folles de l'entre-deux-guerres. Il règne une ambiance de désoeuvrement, comme si l'impensable allait arriver. le roman a été écrit en 1936. Encore une fois, Kessel fait preuve de prescience historique.
L'atmosphère de ce livre est donc d'une grande tristesse. L'écriture de Kessel est celle que nous lui connaissons : des phrases courtes, des mots précis et incisifs.
Au-delà du décor et de l'ambiance, Kessel pose la question de l'abnégation de soi pour atteindre l'impossible. « Un acte, quel qu'il soit, peut-il se nommer dégradant, s'il est uniquement voué au salut d'autrui ? » Tel Faust ou Anna Karénine, peut-on se perdre corps et âme pour l'être aimé, au risque de pas en être récompensé ?
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Marcuyttendaele
  05 août 2020
Un bijou de finesse. Kessel dresse le portrait d'Elsa Wiener dans le Paris de 1936. L'héroïne a fui l'Allemagne hitlérienne en compagnie de Max, un orphelin juif, handicapé à la suite des mauvais traitements subis dans son pays. Elle a laissé en Allemagne Michel, son mari plus jeune qu'elle, interné dans un camp. Il y a entre eux un amour déséquilibré. Elle aime l'amour qu'il lui porte mais n'éprouve pour lui ni passion, ni désir. En temps normal, en temps de paix, leur couple se serait délité. En temps de guerre, face à l'épreuve, il se solidifie dans la loyauté et la tendresse d'Elsa. Isolée et seule, Michel devient pour elle un ancrage, une raison d'être et de vivre. La passion va naître de l'éloignement, de la solitude, de la désespérance. Un amour imparfait dans la vie à deux va devenir incandescent dans l'éloignement et l'absence et déboucher sur le sacrifice de son corps, de sa dignité, de sa vie. En se sacrifiant pour Michel, elle détruit la femme qu'il a aimée et qu'il ne reconnaitra plus tant son corps, comme son âme, ont été meurtri pendant le temps, somme toute bref, de l'épreuve ainsi traversée. Kessel peint également un très beau portrait de cet adolescent qui comprend tout, qui souffre tant de son amour impossible pour Elsa que du gouffre dans lequel elle se perd. Un adolescent qui trouve dans la lecture, dans l'intelligence, dans l'observation du monde la seule voie de sa survie. Enfin, un mot sur le narrateur, présent et absent tout à la fois, qui sans doute emprunte ses traits à l'auteur. Homme de la nuit, oscillant entre désespérance et humanité, perdu dans les fonds de nuit de Montmartre et capable à chaque instant de rebondir, il désire Elsa avant de n'être plus pour elle qu'une main tendue, amicale, désespérément complice de ses décisions et de sa descente aux enfers. Roman sur le déracinement, sur la déchéance de l'exil, sur le combat quotidien contre l'indignité, un combat qui inévitablement se perd. Une oeuvre écrite en 1936 et tant de choses sont dites déjà : comme si Kessel avait tout compris, tout dit avant tout le monde. Un grand écrivain.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   17 janvier 2013
-Bon. Il s'agit de Gilberte. Vous êtes contente, j'espère.
-Attendez, attendez, murmura Elsa avec difficulté. C'est la femme plus âgée que son mari et il la quitte pour une jeune fille... Oui ? Mais c'est une vieille.
-Vous avez dû mal comprendre, dit Anselmet. Elle n'a guère plus de quarante ans.
-L'âge m'est égal, dit Elsa violemment. Si on la quitte, elle fait figure de vieille. Je n'ai pas l’habitude de ces personnages.
Anselmet ne brillait pas par la patience. Il répondit :
"Il y a une glace juste en face de vous, Madame. Ayez l'obligeance de bien vous regarder dedans."
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MimekoMimeko   05 décembre 2019
J'avais trop traîné à travers la vie et le peuple nocturnes, aux heures où tout se dénoue, se défait, se dissout, pour ne pas savoir à quelles promiscuités monstrueuses pouvaient mener à la misère, l'étroitesse des logis, l'atonie de la sensibilité, l'alcool, le stupre. Elsa était si faible si friable.
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NotaBeneNotaBene   16 mai 2012
Un petit jour gluant, porteur de brume et de suie, s'annonçait à des signes indéfinissables.
Peut-être dans les autres zones de la ville où la vie suivait une cadence mieux réglée sur la lumière et l'ombre du ciel, percevait-on ce blêmissement glacé des avenues et ce frileux silence par lesquels s'épuise la puissance nocturne. Mais au carrefour où je me tenais, les feux des cafés, les lettres ardentes des enseignes qui mourraient et renaissaient sur les façades des établissements de nuit, les trompes des voitures, les mouvements du peuple de plaisir, défendaient Montmartre contre les premiers pas du matin.
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MimekoMimeko   06 décembre 2019
Chacun de nous essayait de deviner ce que l'autre savait de la déchéance d'Elsa. Peu à peu je sentis le regard de l'infirme perdre sa réserve se faire pénétrable, accessible. Il passa de l'expression close par laquelle il s'était jusque-là protégé contre moi à celle d'une adhésion sans détours et d'une sorte de douloureuse complicité :
- Oui tout va bien, répéta Max.
Mais il ajouta en appuyant de façon à donner un sens restrictif à ce qu'il disait :
- Tout va bien entre nous.
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MimekoMimeko   04 décembre 2019
La peau était lisse, l'éclat du regard, la vivacité des traits et des mouvements semblaient ceux d'une très jeune femme. Mais il y avait dans la plénitude un peu molle de la chair un aspect de pulpe arrivée à son épanouissement, un caractère fragile, menacé, émouvant, que, seule, à l'ordinaire, donne une maturité toute proche.
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