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ISBN : 2070374890
Éditeur : Gallimard (13/09/1983)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Montmartre au petit jour. Chaque matin, l'auteur, attablé au Sans-Souci, voit passer une femme dans la rue. Elsa Wiener, il l'apprendra bientôt, a fui l'Allemagne. Son mari Michel y est resté, enfermé dans un camp. Elle chante dans les boîtes de nuit. Elle vit seule avec un enfant juif, Max, que les nazis ont rendu infirme.
On suit avec fascination la lente chute d'Elsa, sa déchéance, au nom d'un amour qui n'existe peut-être pas.
Avec le portrait de ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  04 mars 2017
1935. Quartier Montmartre où, quand Paris s'éveille, un client malade et dépressif, qui est le narrateur, se morfond dans le bar du Sans-Souci. Sa fièvre monte encore d'un cran quand apparaît une passante dont on ne va pas tarder à faire la connaissance.

L'ambiance chaude des nuits parisiennes connaît à l'époque un coup d'arrêt avec la crise qui s'installe.
Kessel, à travers ce personnage féminin traqué, aborde le nazisme , très toxique à l'époque puisqu'il est déjà question de terreur dans les quartiers juifs en Allemagne.
Kessel se sert du désarroi et de la descente aux enfers de cette femme pour tirer la sonnette d'alarme face au fascisme montant de l'époque.
L'intention est louable et surtout visionnaire mais je n'ai pas souscrit au procédé de l'écrivain qui consiste à entourer, surligner et re-souligner jusqu'à l'écoeurement l'explicite de la situation dramatique qui accompagne les deux secrets de cette femme.
Kessel est pour moi dans l'excès. Bien que sensible au sujet, j'ai trouvé que le pathos de nombreuses scènes desservait le message.
Cependant, on peut dire qu'il a vu juste. L'histoire lui a donné raison. le nazisme est bien une histoire de chasseurs et d'hommes traqués qui vont être battus à mort.
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VALENTYNE
  20 avril 2013
Paris, milieu des années 1930. le narrateur est journaliste, écrivain. Il passe ses soirées dans le quartier de Montmartre, principalement attablé à un bar, le Sans- Souci. Un matin, il aperçoit une femme qui semble fuir. Intrigué, il s'interroge, la suit. Il finit par apprendre son nom, Elsa Wiener, elle a fuit l'Allemagne nazie, avec Max un enfant infirme d'une douzaine d'années.
Ce passage est un extrait de la première rencontre entre le narrateur (Kessel?) et Elsa :
"Un effroi sans nom déformait ce tremblant murmure. Une terreur qui confinait à la panique écartelait le beau visage.
- Mais quel crime inexpiable avez vous donc commis envers Hitler ? demandai-je, en plaisantant.
- Moi aucun, mais ils ont arrêté mon mari, dès leur arrivée au pouvoir. Si je ne m'étais pas enfuie, ils me jetaient en prison comme complice.
- de quoi donc ?
- Est ce que je sais ! Est ce qu'ils savent eux mêmes! Michel, mon mari, était éditeur. Il paraît qu'il publiait surtout les écrivains de gauche. Des livres contre la guerre. Mon pauvre Michel ! Il ne s'est jamais occupé de politique.
- On le relâchera bientôt, dis-je avec assurance.
- Dieu vous entende. Il doit passer bientôt en jugement. Dans un autre pays, je serais sûre de sa libération. Mais avec ces brutes horribles...
Elsa promena sur la salle un regard traqué, et reprit :
- Horrible, oh, oui. Ils aiment le sang, la souffrance. Pensez qu'ils ont estropié le petit Max. Simplement parce qu'il est juif. Son père, très bon musicien, venait me faire travailler. L'enfant l'accompagnait parfois. Un jour en route, ils furent lapidés par les miliciens. le père y resta : le petit eut les jambes et le bassin brisés. On le rapporta chez nous. Il n'avait plus personne, car sa mère était morte depuis longtemps. Je l'ai gardé. Cela se passait avant même que Hitler ait tout pouvoir. Maintenant les bourreaux sont les maîtres. Je n'ai jamais pu haïr personne. Mais eux, je les hais autant que j'en ai peur." (p45)
.
Dès lors, il devient son ami, et essaie tant bien que mal de l'accompagner dans son désir de sauver son mari interné. Au début, il l'aide, trouve à Elsa et Max un pied à terre près de la mer pour se ressourcer. Au retour d'Elsa et de Max à Paris, il assiste, impuissant à la lente descente aux enfers d'Elsa. le lecteur suit leur relation (platonique) avec un peu de distance car on voit essentiellement Elsa à travers le regard du narrateur. Comme il est journaliste, il s'éloigne souvent de Paris et part à l'étranger. Lors de ses retours successifs en France, il prend conscience de la déchéance d'Elsa, qui devient peu à peu obnubilée par son mari prisonnier et qui cherche par tous les moyens à lui envoyer de l'argent, sacrifiant sa santé (physique et mentale) dans cette fixation.
Le narrateur arrive à la convaincre d'arrêter de se droguer à l'héroïne mais pas à l'alcool.
J'ai beaucoup aimé ce roman, tant pour la richesse des personnages, que pour le contexte historique. Comme le dit la quatrième de couverture, ce livre paru en 1936, montre avant l'heure, la dangerosité d'Hitler et du nazisme. Elsa sera broyée par L Histoire. Michel et Max , très touchés également, sont très émouvants, en particulier Max, qui malgré sa jeunesse comprend parfaitement les motivations d'Elsa dans sa quête éperdue et son sacrifice.

Lien : http://l-echo-des-ecuries.ov..
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Glass
  03 avril 2018
Difficile de lire ce drame de Joseph Kessel sans avoir l'image de Romy Schneider qui a incarné Elsa, le personnage principal, au cinéma dans le film de Jacques Rouffio.
Elle incarne à la perfection ce personnage d'une femme dont le destin a été brisée par le nazisme.
Au fil du récit écrit avec le style magistral de Joseph Kessel, on assiste à la descente aux enfers, de Elsa, allemande, qui a dû fuir le nazisme naissant en Allemagne. Elle a pris la fuite après l'arrestation de son époux, michel, en emmenant un jeune garçon juif, lui même orphelin.
Pour survivre à Paris et soutenir financièrement son époux Michel, elle devient escort girl puis se prostitue.
La description de cette femme fatale et de sa lente déchéance nous émeut tant son histoire est tragique.
La chute de l'ouvrage de Joseph Kessel nous invite à nous questionner sur nos propres espoirs déchus.
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fklevesque
  21 avril 2018
Un récit d'une puissance d'évocation exceptionnelle qui décrit la lente descente aux enfers d'une femme qui ne sait définir justement le sens du mot Amour. Elle y aspire de tout son être mais se heurte avec violence à toutes ses erreurs d'interprétation. Finalement, elle n'en percevra que la dimension douloureuse à laquelle elle s'attache malgré l'émergence ponctuelle de quelques lueurs d'espoir. A l'image de l'héroïne, le lecteur oscille entre joies et souffrance. Sentiments fluctuant qui octroient une force particulièrement sensible à la lecture de cet ouvrage.
Joseph KESSEL reste pour moi l'un des maîtres de la littérature française. Sachant de par la magie de son style, servir tous les types de récit.
A titre personnel, j'ai davantage apprécié le livre que sa transposition cinématographique. A une exception près: la magie de la présence de la comédienne Romy SCHNEIDER qui, pour moi, restera toujours attachée à cette histoire. A chaque instant de ma lecture, elle a hanté mon imagination, renforçant ainsi chacun des sentiments naissant en moi de par son "jeu" magique nourri par ses propres démons intérieurs.
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kathy
  08 mai 2011
Année 1935. Alors que la France se prépare aux joies des premiers congés payés, le Führer prépare sa politique d'annexion des territoires et d'extermination des juifs.
Un homme s'installe tous les matins dans son bistrot habituel, le « Sans-Souci » à Montmartre. Chaque matin, à travers la vitre, il voit une femme qui passe. Son allure est de moins en moins assurée et elle a l'air de plus en plus perdue. Ce long cheminement dans la douleur est magistralement écrit, c'est poignant, c'est une tragique histoire d'amour dans laquelle ses acteurs ne seront jamais au diapason, ils évoluent sur des routes parallèles et ne se croiseront que trop tard.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   17 janvier 2013
-Bon. Il s'agit de Gilberte. Vous êtes contente, j'espère.
-Attendez, attendez, murmura Elsa avec difficulté. C'est la femme plus âgée que son mari et il la quitte pour une jeune fille... Oui ? Mais c'est une vieille.
-Vous avez dû mal comprendre, dit Anselmet. Elle n'a guère plus de quarante ans.
-L'âge m'est égal, dit Elsa violemment. Si on la quitte, elle fait figure de vieille. Je n'ai pas l’habitude de ces personnages.
Anselmet ne brillait pas par la patience. Il répondit :
"Il y a une glace juste en face de vous, Madame. Ayez l'obligeance de bien vous regarder dedans."
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NotaBeneNotaBene   16 mai 2012
Un petit jour gluant, porteur de brume et de suie, s'annonçait à des signes indéfinissables.
Peut-être dans les autres zones de la ville où la vie suivait une cadence mieux réglée sur la lumière et l'ombre du ciel, percevait-on ce blêmissement glacé des avenues et ce frileux silence par lesquels s'épuise la puissance nocturne. Mais au carrefour où je me tenais, les feux des cafés, les lettres ardentes des enseignes qui mourraient et renaissaient sur les façades des établissements de nuit, les trompes des voitures, les mouvements du peuple de plaisir, défendaient Montmartre contre les premiers pas du matin.
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fklevesquefklevesque   21 avril 2018
Il n'y avait plus entre ces deux êtres lien indissoluble , organique dépendance . Max commençait d'exister pour son propre compte et selon sa propre loi . Il ne suivait plus . Il avançait tout seul pour échapper à une chute commune . Une ombre descendait , une autre montait dans le jeu terrestre . Elles se rencontraient encore , se frôlaient dans leurs progressions inverses sur un instable palier . Pour combien de temps ?
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PersepolisPersepolis   17 décembre 2013
L'homme qui hésitait trembla soudain. Il s'élança, prit sa femme contre sa poitrine et l'embrassa sur les lèvres, le front, les yeux. Puis d'un seul coup il l'abandonna, recula.
Je m'approchai épouvanté. Elsa n'avait-elle pas deviné ce que signifiait ce mouvement?
Non.... Non... Elle riait en silence. Elle riait de joie, de ravissement sans mesure. Elle regardait Michel et jamais je n'ai surpris un feu plus doux ni plus beau au fond d'un regard humain.
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GlassGlass   03 avril 2018
Quand j'avais connu Elsa, j'avais tout de suite remarqué qu'elle était arrivée à cet état physique où la maturité émeut singulièrement par le mélange précieux de la jeunesse qu'elle retient encore et de la destruction latente que déjà elle porte dans sa plénitude, sans en être touchée. Cet équilibre, cette charnelle richesse, une vie saine et des soins attentifs les peuvent assez longtemps prolonger. Je l'avais bien vu quand Elsa descendait la falaise du Gris-Nez. Et je frémis des ravages qu'avaient accumulés six mois seulement d'excès et de défaite.
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