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Critique de Melcleon


Melcleon
  26 février 2020
Juan, le narrateur, frôlant une soixantaine allègre, interprète des standards nationaux et sud-américains dans un music-hall de la Havane, justifiant son surnom de "Don Fuego" en mettant chaque soir le feu à la salle. Jusqu'à ce que le directeur lui apprenne que l'État a décidé de vendre l'établissement à des investisseurs états-uniens et que sa prestation du jour était la dernière. Pour lui c'est un coup de massue : il ne sait pas faire autre chose que chanter, et enchanter son public. Suivent des journées d'égarement, de vaine recherche d'un contrat lui permettant de rebondir. Au hasard de ses errances à travers la ville il fait la connaissance, dans le wagon de tram abandonné où il se tapit de temps à autre, d'une fille portant des traces de lutte qui s'est réfugiée là. Beauté farouche, elle ne se laisse pas facilement apprivoiser et ne dévoile qu'au compte-gouttes des fragments de son existence marquée, semble-t-il, par le malheur et les mauvaises rencontres. Petit à petit, cependant, Juan, qui s'est épris de Mayensi, comme elle dit se prénommer, parvient à lui redonner goût à la vie et même à se faire aimer d'elle. Liaison sans avenir ?
Au-delà de cette romance qui est tout sauf lisse, le livre vaut pour la peinture – fidèle, sans mauvais jeu de mots ? – de la vie quotidienne à Cuba avant la mort du Líder máximo, de l'omniprésence de l'État, qui contrôle le moindre geste des citoyens grâce aux délégués, de la pauvreté généralisée dans les campagnes comme dans les villes, où beaucoup de familles élargies (frères et soeurs et leurs enfants) occupent en colocation des immeubles décrépits, de la double économie assise sur deux monnaies...
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