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ISBN : 2266267280
Éditeur : Pocket (01/09/2016)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 341 notes)
Résumé :
"Longtemps j'ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J'étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd'hui, je n'ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l'Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l'on n'est que ce que les autres voudrai... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (126) Voir plus Ajouter une critique
palamede
09 octobre 2016
Réfugié dans une école de Syrte, la ville de son adolescence, Mouammar Kadhafi, entre cauchemar, rêve et réalité, attend entouré de ses derniers fidèles de partir se cacher dans un lieu plus sûr. Dans un discours qui frôle le délire mégalomaniaque, il tance ceux qui l'entourent pour leur abattement et tente de se raccrocher aux croyances qui l'ont mené au plus haut.
Mais le point de non-retour est atteint sans que celui qui se considère comme l'élu de Dieu en ait encore conscience. En effet, au fil des heures, le dictateur libyen va vers sa perte à son insu en raison de son incapacité à admettre qu'il est maintenant un homme détesté par tout son peuple qui, devenu son ennemi le plus redoutable, ne veut plus que sa mort.
Quelle idée brillante et périlleuse que celle de ressusciter le dictateur libyen pour qu'il se raconte et nous narre ses dernières heures et sa fin barbare ! Dans ce livre, qu'il faut lire absolument pour sa valeur historique, l'intensité dramatique des faits qui y sont rapportés et le style flamboyant de l'auteur, Yasmina Khadra a pris le risque d'une démarche surprenante et déroutante, mais cela en valait la peine, le résultat est proprement époustouflant.
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Ptitgateau
22 octobre 2015
Mouammar kadhafi bien tristement célèbre, parle dans ce roman sous la plume de Yasmina khadra tout au long du dernier jour de sa vie, alors qu'aux abois, il se terre dans une école désaffectée se Syrte, sa ville natale. Parlant de lui, il semble présenter un personnage juste et équilibré, mais il n'est pas nécessaire d'approfondir beaucoup la lecture pour comprendre que l'on a affaire à un individu déséquilibré, mégalomane, persuadé d'être élu de Dieu, sans compassion pour autrui, se ventant des meurtres et des viols commis durant toutes les années de son règne et qui ne peut avoir de considération pour ses semblables que si l'on sert ses intérêts. Un personnage intelligent, doté d'une mémoire phénoménale, mais qui n'a pu mettre cette intelligence au service du bien. On n'éprouve aucune difficulté après le premier tiers du roman, à anticiper les réactions du Raïs face à certaines paroles et certains actes, de même qu'on s'aperçoit vite que le dictateur est entouré de gens qui soit ont peur de lui, soit ne montrent pas leur vrai visage, soit sont aussi déséquilibrés et prêt à vouer un culte à leur frère guide comme cela doit être vrai pour un certain nombre de dictatures.
Les informations sur Kadhafi sont fournies au lecteur par les actions présentes dans une situation extrême pour tout l'entourage du colonel, les rêves d'un homme perturbé et tourmenté, et ses souvenirs d'enfance, de jeunesse, de début de règne.
Certains passages bien que nécessaire sont difficile à assimiler, particulièrement les manoeuvres stratégiques pour permettre au colonel d'échapper aux rebelles.
ce roman, selon la formule consacrée, ne peut laisser indemne, car on a beau savoir que la violence, la torture et le crime existent, on n'en prend véritablement conscience qu'à travers de telles lectures. Cela s'applique particulièrement à la pacifique que je suis.
Un roman dur, que j'ai pu lire et je n'en suis pas mécontente, grâce à l'écriture toujours aussi merveilleuse de Yasmina khadra, écriture envoûtante pour les amoureux de la langue française.
Je remercie Babélio et les éditions Julliard pour ce partenariat.
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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Nastie92
17 décembre 2015
Yasmina Khadra nous convie à un bien curieux spectacle : la dernière nuit de Kadhafi. Et nous sommes aux premières loges, puisque nous sommes dans la tête du dictateur.
Elle est mouvementée cette dernière nuit : les manoeuvres militaires, les courtisans qui vont et viennent, mais surtout les pensées qui virevoltent dans la tête du tyran.
Kadhafi revit les évènements marquants de sa vie, de son enfance pauvre qui peut en partie expliquer sa soif de réussite et de pouvoir, jusqu'aux derniers jours.
Sentant sa fin proche, le dictateur dresse le bilan de sa vie et réfléchit à sa façon d'exercer le pouvoir. Mais bien loin de faire profil bas et d'afficher quelques regrets légitimes, il fait preuve d'un immense mépris pour son peuple. Car l'auteur n'a pas cherché du tout à enjoliver son portrait : Kadhafi est présenté sous un jour peur reluisant.
Mégalomane, narcissique, sanguinaire, barbare, bestial, affichant une absence totale de considération pour la vie d'autrui, mais par-dessus tout humain. Et cette humanité mise en avant est terrible et aggrave la culpabilité du monstre : la folie aurait été une excuse trop commode.
Kadhafi est tout sauf fou, il est au contraire très lucide sur ses actes, et j'ai trouvé que c'était l'une des forces du roman. Car n'oublions pas qu'il s'agit d'un roman, même si son réalisme est frappant. À partir d'actions avérées, Yasmina Khadra invente des pensées tout à fait plausibles.
Un récit fort et violent porté par une très belle écriture, comme toujours avec cet auteur. Une lecture marquante.
Pour ceux qui veulent en apprendre plus sur le personnage de Kadhafi, je vous conseille l'excellent livre d'Annick Cojean "Les proies, dans le harem de Kadhafi". Mais attention, il ne s'agit pas d'un roman mais d'un livre écrit suite à une enquête et un recueil minutieux de témoignages. La lecture en est difficile parce qu'il n'y a pas ici la possibilité de se raccrocher au fait que cela puisse être romancé.
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SZRAMOWO
30 septembre 2015
L’écriture lumineuse, baroque et acide de Khadra s’est mise au service d’un projet ambitieux, démonter, expliquer, décrypter, expliciter, la «mécanique» Mouammar Khadafi.
Comment le jeune berger du Fezzan, devenu lieutenant puis colonel de l’armée libyenne a-t-il accédé au rang de Raïs, de chef suprême, de guide spirituel du peuple libyen, à l’image d’un Nasser, un modèle envié et craint du monde arabe, et la terreur du monde occidental ?
Pour sa démonstration, la plus brillante qui soit, Khadra puise dans les ressources de la psychanalyse. A l’opposé d’une psychanalyse complaisante, d’une psychanalyse de café du commerce, d’une psychanalyse absconse, de celles qui noient le poisson, il construit une psychanalyse revue et corrigée par ses soins, y mettant toute la verve, le talent et le vocabulaire inventif auxquels il nous a habitués. Il passe ainsi en revue :
L’enfance du dictateur bien sûr, et l’influence de cet oncle maternel, un berger, qui le convainc que la lune est son astre :
«(...) il disait, (...) qu’il y avait là-haut un astre pour chaque brave sur terre. Je lui avais demandé de me montrer le mien. Son doigt avait désigné la lune, sans hésitation, comme s’il s’agissait d’une évidence.» (Page 10)
et que lui, Mouammar, est :
«...l’enfant béni du clan des Ghous, celui qui restituerait à la tribu des Khadafas ses épopées oubliées et ses lustres d’antan.» (Page 11)
L’amour contrarié de l’adolescent :
«J’ai contracté ce mal sublime qu’on appelle l’amour à l'école de Sebha, dans le Fezzan tribal. Faten était la fille du directeur. Je lui écrivais des lettres enflammées sans parvenir à lui en glisser une.» (Page 58)
L’humiliation qu’il subit lorsqu’il demande Faten en mariage une fois devenu lieutenant après un passage par le British Army Staff :
«Je suis certain que vous trouverez une fille de votre rang qui vous rendra heureux.» est la réponse du père de Faten devenu un notable suite à un héritage. (Page 63)
Sa vengeance horrible une fois qu’il est devenu l’homme de la Lybie :
«Mes gardes me l’ont ramené un matin. Je l’ai séquestrée durant trois semaines, abusant d’elle à ma convenance. Son mari fut arrêté(...)» Quant à son père, «(...) il sortit un soir se promener ne rentra jamais chez lui.»
«Depuis, toutes les femmes sont à moi.» (Page 64)
Sa garde féminine, ses amazones, est là pour rappeler son attrait et sa détestation des femmes :
«Amira (...) est une femme costaude et alerte, (...) avec une chevelure luxuriante et une poitrine plantureuse. Arrogante mais d’une fidélité indéfectible, je l’autorisais parfois à partager ma couche et mes repas lorsqu’elle était plus jeune.» (Page 55)
«les femmes...j’en ai possédé des centaines.(...) Lorsqu’elles cédaient, terrassées à mes pieds, je prenais conscience de l’étendue de ma souveraineté et mon orgasme supplantait le nirvana.» (Page 57)
Autre détestation que nous confie le dictateur, celle de la culture occidentale :
«En dehors de la musique orientale, je ne suis pas porté sur les arts. (...) Bien sûr, pour faire bonne figure (...) en Occident, il m’arrivait de feindre l’extase devant une fresque ou en écoutant Mozart. (...) Pour moi rien ne vaut la splendeur d’une guitoune déployée au beau milieu du désert et pas une symphonie n’égale le bruissement du vent sur la barkhane.» (Page 61)
Enfin, deux terrible secrets nous sont révélés :
L’addiction du dictateur :
«(Amira) extirpe de la sacoche un petit sachet d’héroïne, déverse son contenu dans une cuillère à soupe, actionne un briquet.» (Page 56)
Son statut d’enfant illégitime révélée brutalement par le commandant Jalal Snoussi qui a pour mission de «casser» le jeune officier jugé par trop remuant :
«Tu es ici parce que le tentacule dans ta bouche est si long qu’on pourrait te pendre avec...» (Page 115)
Humiliation suprême, alors qu’il est pressenti pour une nomination au grade de capitaine, un simple sergent est chargé de lui annoncer :
«Certaines indiscrétions avancent que vous êtes l'enfant naturel d’un Corse nommé Albert Preziosi, un aviateur recueilli et soigné par votre tribu (...) en 1941.» (Pages 118-119)
Ces événements intimes forgent la personnalité obscure de celui qui veut arriver au plus haut tout en faisant rendre gorge à ceux qu’ils l’ont humilié. Mais lui ne se salit pas les mains, il diligente toujours ses nervis :
«(...) tandis que mes officiers fignolaient l’opération coup de poing en l’absence du roi Idriss (...) j’étais dans ma chambre, stressé à mort.» (Page 70)
Comme Jeanne d’Arc, le dictateur est persuadé d’être chargé d’une mission divine. Il entend une voix lui dicter sa conduite :
«A l’école de Sebha, puis à celle de Misrata, mes camarades buvaient mes parles jusqu’à l’ébriété. Ce n’était pas moi qui les ensorcelais avec mes diatribes, mais la Voix qui chantait à travers mon être.» (page 93)
Il se persuade que cette mission efface ses origines incertaines :
«Il m’importait peu de savoir si j’étais le bâtard d’un Corse ou le fils d’un brave .
J'étais ma propre progéniture.
Mon propre géniteur.
J'étais digne de n’être que Moi. (Pages 126-127)
Le roman commence dans la dernière cache du Raïs. Une école désaffectée de la ville de Syrte. Il a abandonné son palais. Il est cerné par les rebelles, accompagné de ses derniers fidèles, qui tous veulent, une dernière fois, lui faire croire qu’une contre offensive préparée par son fils Moutassim est en cours et qu’elle le conduira à nouveau sur le trône.
La cour rapprochée du dictateur s'évertue à lui servir la seule version de la réalité qu’il est en mesure d’accepter, celle qui lui conserve le rôle de frère Guide de la nation libyenne, trahi par une minorité, et dans lequel le peuple croit toujours.
Dans ce huis clos calfeutré, se retrouvent Mansour Dhao le chef de la garde, Amira l’amazone infirmière, Abour Bakr le général des armées, Mostefa l’ordonnance et plus tard juste avant la fuite, le lieutenant-colonel Trid, dans lequel Mouammar Khadafi voit le dernier de ses fidèles, «Ce garçon me subjugue. Il a appris ma propre colère et l’a faite sienne.» (Page 148)
Il est le dernier ami avec lequel il peut parler librement :
Vous avez écrit l’histoire, Raïs.
Faux. C’est l’histoire qui m’a écrit.
(...)Vois-tu, colonel ? Les plus beaux contes de fées, quand ils se réinventent dans d’interminables feuilletons, finissent pas lasser.» (Page 159)
«Ils ne vous ont pas menti. Vous avez effectivement fait d’un archipel de tribu hostiles les unes aux autres une même chair et une même âme. Mais la vérité vraie était ailleurs.
Pourquoi me l’a-t-on cachée ?
Parce qu’elle n’était pas bonne à dire; Monsieur.» (Page 166)
Mais cette lucidité du Raïs n’est que passagère :
«J’étais Moïse descendant de la montagne, un livre vert en guise de tablette.» (Page 173)
«Comment a-t-on osé me frapper dans le dos ?»
«Si c’était à refaire, j’exterminerais la moitié de la nation.» (page 175)
Khadra développe à nouveau dans ce roman un thème qui lui est cher, une affirmation présente dans les quatre romans du quatuor algérien, cette idée selon laquelle les dirigeants en Algérie sont des bergers devenus des élites et considérent toujours le peuple comme leur cheptel. Khadafi fait de même :
«Le lieutenant-colonel Trid avait raison, le peuple est un cheptel.» (Page 175)
Mouammar Khadafi est lui aussi un berger monté en graine. Face à ses homologues des pays arabes, il lâche dans un discours :
«Il y a trois cent cinquante millions de têtes de moutons ! » (Page 148)
Le berger est le seul référent des brebis, qui acceptent sa loi, même lorsqu’elle se traduit par des coups de bâton ou des morsures du chien de troupeau. Parfois, il arrive qu’elles se rebellent :
«Toutefois, j’étais ravi de voir Ben Ali contesté par son cheptel.» (Page 42)
«Que s’est-il passé pour que les agneaux se changent en hyène, pour que les enfants décident de manger leur père?...» (Page 84)
Le dictateur ne comprend pas le revirement de son peuple et surtout ne comprend pas les revirements des nations occidentales alliés aux pays arabes dans une coalition qui a pour but de le démettre :
«On m’a autorisé à dresser ma tente sur la pelouse de Paris en pardonnant ma muflerie et en fermant les yeux sur mes «monstruosités». Et aujourd’hui on me traite comme un vulgaire gibier de potence évadé du pénitencier.» (Page 155)
Jusqu’au bout, alors que sa fin est proche, il restera le Raïs, s’adressant directement et seulement à Dieu :
«(...) pardonne-leur leurs offenses comme je les leur pardonne, car ils ne savent pas ce qu’ils font...» (Page 204)
Le récit est émaillé de ces formules qui, pour notre plus grand plaisir, sont la signature du style Khadra :
«Les révoltes arabes m’on toujours barbé, un peu comme les montagnes qui accouchent d’un souris.» (Page 43)
«La seule chose précieuse qui te reste en ce monde est ta tête, et elle ne vaut pas un radis.» (Page 109)
«On peut toujours prêcher dans le désert mais on ne sème pas dans le sable.» (Page 149)
«Entre la hantise du péché et les affres de la trahison, il y a moins d’un millimètre d’interstice.» (Page 155)
«Je ne comprendrais jamais comment certains font passer la résignation pour de l’humilité.» (Page 162)
«Sans la sang, le trône est un échafaud potentiel.» (Page 165)
Un livre admirable !
A lire à tout prix !
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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heartnsoul
12 septembre 2015
A la lecture des premières pages de ce récit à la première personne du singulier, j'ai eu une légère frayeur et quelques interrogations. Ce livre retrace la fin tragique d'un dictateur mais mon image formatée par celle des médias n'a rien à voir avec celle que l'auteur développé dans son livre.
Je m'explique : Kadhafi est un tyran…. la dessus pas de doute.
Il a pris le pouvoir par un coup d'état et donc non démocratiquement ce qui fait bel et bien de lui un dictateur. Mais et c'est là que mes frayeurs se sont muées en certitudes, cet homme voulait faire des libyens un peuple fort et respecter dans le monde entier. Il a d'ailleurs réussi l'union entre les nombreuses tribus que constituaient la Libye à l'époque de la monarchie qu'il a renversée par la force.
Au fil des pages, on apprend que Kadhafi aime son peuple et qu'il ne comprend pas cette rébellion. Ce soulèvement armé contre lui, l'homme qui avait réussi à se faire reconnaître comme un leader par les puissances mondiales et comme un allié dans une région du monde instable.
ll faut bien sûr apporter une nuance à la notion d'amour de son peuple. Kadhafi imbu de sa personne, mégalomane, pervers avec les femmes n'acceptait pas qu'on lui refuse une demande et surtout n'acceptait pas qu'on le contredise ou le discrédite. Les opposants du frère guide (comme il aimait se faire appeler) finissaient bien souvent dans un trou enterrés vivants dans une prison obscure en guise de tombeau ou bien étaient liquidés simplement sur un claquement de doigts.
L'autre notion qui ressort clairement de ce livre c'est la peur. Tout le monde avait peur de lui même ses plus proches conseillers qui d'ailleurs étaient en première ligne en cas de manquement ou en cas de popularité. Kadhafi ne s'encombre pas de rivaux. En dehors de ses fils, aucune autre personnalité du régime ne doit avoir l'air d'avoir un certain pouvoir sur le peuple. Car ce qui a précipité la chute de Kadhafi c'est bien la soif du pouvoir.
Cet homme parti de rien, issu d'une famille pauvre du désert, qui n'a pas connu son père, avait une soif de vengeance contre le destin. D'ailleurs Yasmina Khadra nous le présente comme un croyant qui pensait que Dieu était avec lui quelque soit la situation.
Même si ce livre est court et que certains sujets sont traités rapidement, il n'en demeure pas moins un livre très bien construit. L'auteur donne même la parole à Saddam Hussein qui s'invite dans les cauchemars de Kadhafi et lui explique les erreurs qui l'ont fait tomber de son piédestal.
Si la référence à Saddam Hussein ou encore à Benali ne m'a pas étonné, celle faite tout le long envers Van Gogh pose question... La réponse est donnée par l'auteur dans une conclusion qui se veut aussi réaliste que la scène du lynchage filmé par le téléphone d'un combattant et que chacun d'entre nous aura au moins vu une fois à la télévision. Dans cette scène qui clos le bouquin avec grandiose, pas de doute que Yasmina Khadra est habité par le personnage de Kadhafi qui lui dicte une mise à mort bien éloignée de celle dont il a toujours rêvé, en se comparant à ces autres dictateurs comme Staline qui ont fait du syndrome de Stockholm un allié pour l'éternité.
Pour conclure, « La dernière nuit du Raïs » est un livre qu'il faut absolument lire car c'est un exercice très difficile que Yasmina Khadra a su réaliser grâce a un talent et une plume qui régalent le lecteur de la première à la dernière ligne.
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Les critiques presse (5)
LeJournaldeQuebec06 septembre 2016
Après avoir imaginé les derniers jours de Saddam Hussein, l’extraordinaire Yasmina Khadra avait envie d’une histoire lumineuse et joyeuse. Il s’est inspiré d’un voyage à Cuba pour écrire un roman coup de cœur, musical, complètement envoûtant: Dieu n’habite pas La Havane.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress02 octobre 2015
Yasmina Khadra, excellent chroniqueur des âmes déchues, signe un roman aussi passionnant que dérangeant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique08 septembre 2015
Yasmina Khadra raconte les dernières heures du Raïs comme s’il était dans sa tête. Un livre éclairant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LePoint20 août 2015
Yasmina Khadra imagine les derniers jours de Kadhafi, Bédouin frugal devenu le roi Lear de la Tripolitaine. Apocalyptique.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro17 juin 2015
Yasmina Khadra se met littéralement dans la peau de Kadhafi: il raconte son histoire à la première personne du singulier.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (210) Voir plus Ajouter une citation
pvdpvd13 août 2017
Notre handicap, monsieur, c'est l'absence de la Pensée. La pensée est un outil qui nous est étranger. Et sans la pensée, comment réfléchir à demain, comment nous projeter dans le futur ? Nous vivons au jour le jour, sans un souci pour les générations à venir, et un matin, nous nous réveillerons une main devant, une main derrière, en nous interrogeant : "Mais qu'avons nous fait de nos nuits ?"
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ColetteColette14 octobre 2015
- Quel est l'exploit que tu aurais aimé accomplir et que tu n'as pas eu l'occasion de célébrer, colonel?
Il réfléchit deux secondes puis, d'une voix imperceptible, il dit:
- Être aimé à la folie.
- Ne t'aime-t-on pas assez?
- Ma femme se plaint d'avoir épousé un fantôme à cause de mes incessantes absences et mes camarades me jalousent à mort. Chaque fois que je pars en mission, ils prient pour que je ne revienne pas.
- Pour tes camarades, c'est normal. Ils t'en veulent de les surpasser et te détestent parce qu'ils savent qu'ils ne t'arriveront jamais à la cheville. Mais, ça ne peut pas être le cas pour ton épouse. Si elle est jalouse, contrairement à tes collègues, elle prie jour et nuit pour que tu lui reviennes.
- Elle sait que je lui suis fidèle.
- Personne ne sait ce genre de choses. Quelle que soit la confiance que nous avons en l'être aimé, lorsqu'il n'est pas là, le doute devient notre animal de compagnie.
- Je ne l'ai pas trompée une seule fois en huit ans de mariage.
- Ça viendra. Tu es séduisant, brillantissime et en avance sur l'ensemble de tes camarades de promotion. N'importe quelle femme se laisserait tomber dans tes bras. Les femmes sont plus fascinées par les galons que par les muscles.
- Pas toutes, frère Guide.
- Qu'en sais-tu? Il y a des secrets d'alcôve que les maris fidèles ne soupçonnent guère.
Il lève les mains en signe de reddition.
- J'espère ne rien avoir à soupçonner.
- Cela ne dépendra pas de toi.
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SZRAMOWOSZRAMOWO29 juin 2015
Quand J'étais enfant, il arrivait à mon oncle maternel de m'emmener dans le désert. Pour lui, plus qu'un retour aux sources, cette excursion était une ablution de l'esprit.
J'étais trop jeune pour comprendre ce qu'il cherchait à m'inculquer, mais j'adorais l'écouter.
Mon oncle était un poète sans gloire et sans prétention, un Bédouin pathétique d’humilité qui ne demandait qu'à dresser sa tente à l'ombre d'un rocher et tendre l'oreille au vent surfant sur le sable, aussi furtif qu'une ombre.
Il possédait un magnifique cheval bai brun, deux sloughis alertes, un vieux fusil avec lequel il chassait le mouflon , et savait mieux que personne piéger la gerboise, prisée pour ses vertus médicinales, ainsi que le fouette-queue, qu'il revendait au souk, empaillé et verni.
Lorsque tombait le nuit, il allumait un feu de camp et, après un repas sommaire et un verre de thé trop sucré, il se laissait absorber par ses rêveries. Le regarder communier avec le silence et la nudité des regs était pour moi un instant de grâce.
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Nastie92Nastie9218 janvier 2016
Vous ne me prendrez pas vivant. Je ne suis pas une gousse d'ail faite pour finir au bout d'une corde. Je me battrai jusqu'à la dernière goutte de mon sang... Venez me chercher, bande de chiens ! Je suis le soldat d'Allah, la mort est mon sacre. Ma place est au paradis, aux côtés des prophètes, entouré d'anges et de houris, et sur ma tombe d'ici-bas, il y aura autant de couronnes que de fleurs dans une prairie... Qu'est-ce que vous croyez ? Que j'allais me cacher dans un puits comme Saddam jusqu'à ce que l'on vienne me débusquer ? Vous ne passerez pas votre coton-tige sur la muqueuse de ma bouche. Vous ne m'exposerez pas sur les chaînes télé avec une barbe de clochard. Et toi, Sarkozy, tu n'auras pas l'honneur d'exhiber mon scalp du haut de ton perchoir.
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PtitgateauPtitgateau20 octobre 2015
Je suis fou de rage. Cette larve de Mansour a osé porter la main sur moi. J'ai fait exécuter des proches pour moins que ça. Mes geôles pullulent d'indélicats, de suspects, de mécontents, d'imprudents, de gens qui ont eu le tord d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Je ne tolère pas que l'on discute mes ordres, que l'on remette en question mes jugements, que l'on fasse la moue devant moi. Ce que je dis est parole d'évangile, ce que je pense est présage. qui ne m'écoute pas est sourd, qui doute de moi est damné. Ma colère est une thérapie pour celui qui la subit, mon silence est une ascèse pour celui qui le médite.
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