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EAN : 9782260054535
256 pages
Éditeur : Editions Julliard (20/08/2020)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins.
Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
montmartin
  09 septembre 2020
De retour du travail, Adem a trouvé Dalal assise sur le rebord du lit, une valise et un petit sac à main posés dans le vestibule. Leurs étreintes se sont ramollies, leurs baisers n'ont plus de saveur, la routine a émoussé la passion. Sa femme a décidé de le quitter pour un autre homme. Ne supportant pas cet abandon, Adem ne retourne pas à l'école où il enseigne, il quitte le village le jour même. Il erre comme une âme en peine, sombre et devient presque un clochard alcoolisé avec une barbe de dément et une puanteur qui l'accompagne en permanence.
La couverture de ce roman avec en filigrane les ombres de Don Quichotte et Sancho Pança, illustre bien ce récit où Adem le lettré, flanqué de Mika le nain disgracieux, erre à travers la campagne d'une Algérie qui vient de se libérer du colonialisme. Yasmina Khadra est un conteur hors pair, avec malice, il glisse ça et là des faits historiques, sociaux, politiques, religieux. Il nous parle à travers les lignes de cette Algérie naissante, des personnes abîmées dans leur tête et dans leur corps par la guerre, du poids des traditions notamment religieuses sur l'éducation des enfants, de l'asservissement de la femme, de la corruption et de la brutalité de certains vainqueurs qui n'hésitent pas à spolier pour s'enrichir davantage.
Lors de son errance, l'instituteur croise la route de personnages qui vont éclairer par leur souffrance, leurs croyances, leurs rêves, les propos de l'auteur. Plus qu'un récit d'aventures ce roman est une réflexion profonde sur la difficulté de l'Algérie à rompre avec son passé, et réussir à accoucher « aux forceps » d'une nation moderne.
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ninamarijo
  22 septembre 2020
Dans une Algérie indépendante, libérée du colonialisme, une Algérie qui panse ses plaies et qui cherche son identité, Adem instituteur est abandonné par sa femme.
Brisé, déboussolé, son choix n'est pas celui d'affronter, mais, de partir, de fuir ce qui lui échappe, de chercher la solitude, et de se précipiter même vers sa destruction. En ce sens, Adem se comporte en antihéros, il se laisse balloter au gré de ces rencontres et reste un personnage ombrageux, taciturne et grossier. Pourtant, il croise dans ses pérégrinations des éclopés de la vie, des personnages lumineux, attentifs, bons et bienveillants… On espère que cet homme antipathique et désagréable va s'ouvrir aux autres, remercier, sourire enfin ! Que nenni !
Je n'ai pas aimé la première partie cet antihéros m'a agacée. La deuxième partie est plus fouillée plus profonde, à mon avis, car nous n'assistons pas seulement à l'errance d'Adem mais Yasmina Khadra nous parle par petites touches des méfaits la guerre d'indépendance, de la condition féminine dans une société très religieuse et de la pénible construction économique, sociale et culturelle du pays. Et, nous espérons toujours la résilience d'Adem… !
Je reste très mitigée, un peu sur ma faim, dommage…
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dido600
  21 août 2020

Dalal est une épouse qui s'est lassée de n'être qu'une ombre chinoise sur l'écran blanc d'une vie conjugale monotone. Elle a rencontré l'amour ailleurs et a décidé de le suivre. Dalal ne représente qu'elle-même. Et Adem, aussi. Il pensait être à l'abri dans son petit confort de mari, servi, blanchi et bichonné. Il se trompait grossièrement. le départ, la rupture brutale avec sa femme va l'éveiller à son inconsistance.
Adem s'aperçoit que le vrai repère de sa vie était Dalal. Dalal partie, il est totalement largué. Combien d'hommes ne voient en leur épouse qu'un être subalterne? Combien d'hommes sont persuadés que
leur femme leur doit
Notamment, chez nous(Algérie), avec nos mentalités constamment en retard d'une présence d'esprit. «Le Sel de tous les oublis» est l'histoire d'une méprise, d'un choc émotionnel, d'un fait accompli que rien ne rectifie. C'est aussi le livre des rencontres, le voyage initiatique de tout un chacun à travers une Algérie qui renaît à elle-même, avec ses traumatismes et ses espérances, sa foi et ses doutes, ses braves et ses opportunistes, sa touchante inadvertance et les périls qui guettent son innocence.
«Le Sel de tous les oublis», vous fera voyager entre paysages et émotions, à la quête de soi-même au coeur d'un eldorado perdu, qu'est l'Algérie, de l'amour frémissant à la sagesse humaine, ce roman est une invitation à une méditation profonde sur l'être humain et ses capacités d'adaptation dans le monde, en devenir, que ce soit de façon individuelle ou collective. Un roman incroyablement fascinant comme le reste de ses oeuvres littéraires
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Catherinedenanc
  23 septembre 2020
Nous sommes dans les années 60, dans une Algérie qui sort douloureusement de l'administration française et qui se cherche.
Nous faisons la connaissance du héros de ce roman, un instituteur, un lettré, Adem Naït-Gacem, alors que son épouse en pleurs lui apprend qu'elle le quitte, pour rejoindre son amant. Il n'a rien vu venir, considérant sa femme comme acquise une bonne fois pour toute en l'ayant épousée. Ce choc le plonge dans un profond désarroi qui le mène à abandonner sa vie. Il se retrouve clochard, sur les routes et les chemins du Sahara où il rencontre beaucoup de congénères qui ont fait le même choix pour diverses raisons, mais qui sont heureux de ce que leur apporte cette vie difficile. Alors qu'Adem est un héros très antipathique, orgueilleux, méprisant, rejetant toutes les tentatives d'aide des personnes bienveillantes rencontrées sur son chemin, il reste muet sur les raisons qui l'ont poussé à prendre la route, drapé dans un mutisme buté.
Tout au long du roman le héros ne se remet jamais en question, il se considère comme une victime et en veut au monde entier, haïssant l'humanité compatissante qui pourtant le soigne, le nourrit, le réconforte, l'accueil de bon coeur. Il n'a que mépris pour elle, faisant mine de ne pas l'écouter, il reste fermé aux demandes d'amitié ou même seulement d'écoute. Jusqu'au jour où une femme magnifique, épouse fidèle d'un agriculteur handicapé après avoir sauté sur une mine, éveille ses sens endormis. Ce couple persécuté par le tyran local voulant s'approprier leur ferme, lui offre l'hospitalité contre la rédaction d'une lettre.
Je ne comprends pas le parallèle entre Adem et Don Quichotte qu'évoque la couverture du roman, à part l'errance et les rencontres hasardeuses. Adem n'a aucun idéal, aucune noblesse dans ses attitudes, il est au contraire d'un égoïsme crasse. A des préoccupations primaires et contingentes. Pose un regard désincarné sur les personnages merveilleux qui croisent sa vie d'errance. La place des femmes dans cette société est lointainement évoquée, le lecteur se demande si c'est dû à l'époque dans laquelle se situe le roman …
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Cricri08
  16 septembre 2020
C'est l'histoire d'un homme perdu, Adem Naït-Gacem, sans but et sans espoir depuis que sa femme, Dalal, l'a quitté pour un autre.
C'est l'histoire d'un pays perdu, l'Algérie, (nous sommes en 1963) qui peine à définir son avenir.
Se reconstruire après une guerre, faire son deuil et aller de l'avant, voilà tout l'enjeu du parcours et d'Adem et de son pays.
Un roman plein de poésie, qui vous fait découvrir le paysage algérien.
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   23 septembre 2020
Le roman de l’écrivain algérien raconte l’errance d’Adem et ses rencontres qui peuvent réenchanter sa vie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LePoint   16 septembre 2020
Le Sel de tous les oublis est une fiction accomplie qui confirme l'art de raconter des histoires de Yasmina Khadra qui transporte l'imaginaire du lecteur par le conte, la poésie, le réalisme des plus crus et des scènes les plus osées, rares dans la littérature d'Algérie. Un roman qui dépeint la vie et ses aléas dans une Algérie à l'aube de tous les espoirs.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
leonceleonce   27 septembre 2020
Sans se défaire de son sourire, le musicien tira sur un pan de son burnous
pour mieux s'asseoir , effleura son luth d'une main caressante . Uk déclama :
Si ton monde te déçoit sache
Qu'il y en a d'autres dans la vie
Sèche la mer et marche
Sur le sel de tous les oublis

Sèche la mer et marche
Ne t'arrête surtout pas
Et confie ce que tu cherches
À la foulée de tes pas.
+ Lire la suite
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ninamarijoninamarijo   22 septembre 2020
Non, tu ne peux pas être un poète. Tu as trop de ténèbres dans les yeux. Un poète, c'est l'enfant des lumières. Son esprit est un soleil. Il sait dire les choses qui éveillent aux éclaircies de ce monde.
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ninamarijoninamarijo   20 septembre 2020
- Comment réapprendre à vivre ?
- En gardant la foi.
-Et quelle est la tienne, toi qui es en froid avec ton Seigneur ?
- Ne jamais me considérer comme mort avant d'être enterré.
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NathLeNathLe   20 septembre 2020
Vivre en société, c'est accepter l'épreuve du rapport aux autres, de tous les autres, les vertueux et les sans-scrupules. En société, nul ne peut observer la morale sans se faire violence. Il y a les ermites qui croient en s'isolant, l'observer dans la sérénité. Ceux-là trichent avec eux-mêmes. La morale ne s'exerce que parmi les autres. fuir ces derniers, c'est fuir ses responsabilités.
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ninamarijoninamarijo   20 septembre 2020
L'enfer, monsieur Naït-Gacem, n'est pas la crémation de nos péchés,mais le renoncement à nos rêves.
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