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ISBN : 2260020968
Éditeur : Julliard (22/08/2013)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.82/5 (sur 327 notes)
Résumé :
Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable où il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie. Mais dans un monde où la cupidité et le prestige rè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
MicheleP
  14 septembre 2013
De tous les livres de Y. Khadra que j'ai lus, celui-ci me semble le plus littéraire et d'une certaine façon le meilleur. Moins didactique que sa trilogie (Palestine, Bagdad, Kaboul) moins irréaliste que « Ce que le Jour doit à la Nuit », ce livre se dégage de la volonté de démontrer qui a jusqu'ici caractérisé YK jusque dans ses romans policiers, pour entrer dans le pur plaisir de narrer. Et pas n'importe quoi, rien de politique ou de moral : une histoire de boxe. Un petit « yaouled » (garçon de rues, titi algérien) qui crève la faim de petit métier en petit métier, se trouve avoir une gauche redoutable. Il échappera un temps à sa condition misérable, deviendra champion d'Algérie, avant de devenir criminel par amour et sombrer dans la déchéance – et les pigeons s'oublieront sur sa statue. Tout ceci dans le cadres de l'Algérie coloniale des années 1930, population traumatisée par la guerre qui vient de se terminer, misère, indigénat et flamboyance d'une ville faite pour l'été, riche et orgueilleuse. C'est d'ailleurs dans l'évocation de ces années trente que Khadra est le moins convaincant : ville brillante de néon ( !), bourgeoises en cheveux, tailles bien prise et robes en guipures, ce sont plutôt les années soixante et c'est un peu gênant. de même que la liberté ardente de la belle pied-noire à cheval qui traverse une fois encore l'imaginaire de Khadra : son mode de vie, ses propos, sont ceux d'une intellectuelle des années soixante plutôt que ceux d'une « garçonne » de l'époque choisie. En revanche, l'évocation de la situation coloniale me semble juste, tous ne sont pas des salauds, loin de là, mais sous l'effet de la colère ou de la frustration, les propos dérapent avec une violence, un mépris qui rendent bien mieux l'aliénation coloniale, les représentations sous-jacentes, que la scène de flagellation de « Ce que le jour doit à la nuit », très invraisemblable à mon avis. L'écriture est assez brillante, avec les bizarreries de style qu'on a notées ici et dont on ne sait pas si ce sont des maladresses ou des trouvailles ! Trouvaille aussi, que le nom du narrateur « Turambo » en hommage à Arthur Rimbaud, nom qui aurait été celui d'un village englouti par un glissement de terrain. Trois séquences, pour moi, font la qualité littéraire du livre : le début, sorte de fresque picaresque d'arabes, de berbères, de juifs, de gitans, de petits blancs européens qui cherchent à survivre et construisent leur menu bonheur au sons de leurs musiques. Puis les deux séquences finales :l'une est l'éblouissant dernier match, qui fera de Turambo le champion d'Algérie, séquence qui deviendra j'en suis sûre un morceau d'anthologie, la boxe n'est pas un sujet si souvent traité et sa violence impitoyable est montrée comme jamais. L'autre, la conclusion inattendue, déchéance du héros d'hier, ce vieillard dont la statue s'effrite dans la démence sénile, champion devenu dépotoir à pigeon, sur fond d'une indépendance sans joie. Entre, une longue histoire d'ascension sociale, de femmes, d'amour – un peu raide, un peu maladroite. Monsieur Khadra, il le dit dans ses entretiens, rêve d'écrire une inoubliable histoire d'amour, mais ce ne sera pas encore pour cette fois-ci.
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Nastie92
  26 septembre 2017
"Je m'appelle Turambo et, à l'aube, on viendra me chercher." Et vu ce qui suit, on comprend très vite qu'on ne va pas l'emmener en promenade Turambo.
C'est à l'échafaud qu'on l'emmène.
Quelle entrée en matière ! Yasmina Khadra ne perd pas une seconde et nous plonge tout de suite dans le vif du sujet. Les quatorze pages de l'introduction sont percutantes, brillantes, saisissantes.
S'ensuit un long flashback dans lequel Turambo raconte sa vie. Et quelle vie !
La vie de Turambo n'est pas un long fleuve tranquille, loin s'en faut. Certaines personnes sont douées pour le bonheur, elles enchaînent les heureuses coïncidences, tout leur sourit. Pour Turambo, c'est tout le contraire.
Comme pour bien signifier qu'il sera sans arrêt le jouet des éléments et des hommes, qu'il ne maîtrisera rien dans sa vie, Yasmina Khadra n'a même pas donné de nom à son héros : Turambo est le surnom qu'un boutiquier lui a donné car c'est le nom du village dont il est originaire.
Le lecteur ne peut que s'attacher à ce personnage qui ne possède même pas ce que tout être humain, même le plus démuni, possède : un nom. D'autant plus qu'il n'a pas grand-chose d'autre.
Il est attachant ce Turambo dans sa quête de réussite sociale, sa quête d'amour, sa quête de gloire. Pur et naïf, il est une victime facile : victime du sort et victime de personnes sans scrupules.
Il essaie de toutes ses forces de s'élever, mais ses efforts ne sont jamais payés en retour : Turambo retombe invariablement, jusqu'à la chute finale.
Yasmina Khadra est un auteur que j'aime particulièrement. J'aime le lire et j'aime entendre ses interventions télévisées ; il y a, je trouve, une grande intelligence dans ses propos.
Les anges meurent de nos blessures est un roman surprenant. S'il paraît à première vue plus léger que d'autres ouvrages du même auteur tels que L'attentat ou Les hirondelles de Kaboul, sa force est certaine, et il laissera en moi une trace durable.
Au-delà du héros, Yasmina Khadra a mis en scène une belle galerie de personnages : DeStefano l'entraîneur de boxe, l'ami Gino, le grand amour Irène, l'infâme Zane ("De l'avis d'un marabout, lorsque Zane rendra l'âme en gardant ses péchés, il n'ira ni en enfer ni au paradis puisque le Seigneur niera en bloc l'avoir créé.") et bien d'autres.
Le tout dans l'Algérie coloniale des années trente, dont l'auteur nous donne un bel aperçu.
Un beau tableau, un beau roman.
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joedi
  03 novembre 2013
Il se fait appeler Turambo du nom du village où il était né dans les années 1920. Adolescent, sa famille s'installe à Oran. Turambo traîne dans les rues, fait des petits boulots jusqu'au jour où, remarqué dans le milieu de la boxe, il entame une carrière de boxeur et pourrait être le futur champion d'Afrique du Nord.
J'ai vibré avec Turambo, j'ai vécu avec lui, ressenti toutes ses émotions que l'écriture de Yasmina Khadra a révélé parfois avec pudeur, parfois avec violence mais toujours avec beaucoup d'humanité.
Dans son roman, il dépeint l'ambiance de l'époque, le racisme, le fossé entre Algérois et Français avec justesse et à-propos. Arrivée au terme de ma lecture, « Les anges meurent de nos blessures » resteront bien vivants dans ma mémoire. A lire !
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Lilou08
  28 décembre 2013
Yasmina Khadra…. voilà un homme particulier, courageux, plein d'humanité que j'aime beaucoup. J'avais vu son passage sur la Grande Librairie de France 5 pour présenter son dernier ouvrage « Les anges meurent de nos blessures »… et j'avais été enthousiasmée. Et puis rien que les titres de ses ouvrages sont déjà tout un programme, une invitation au voyage, une poésie des mots, … car avec Yasmina, c'est un bonheur pour ceux qui aiment la langue française… qu'il écrit bien ! c'est un délice de le lire…
Bref, mon envie de le lire était au maximum….
Pour être honnête, le début, voire une moitié du livre est bonne, toujours aussi bien écrit, un personnage attachant, Turambo… mais c'est lent… Yasmina prend son temps, peut être plus qu'à son habitude… je ne sais pas…
Non il faut que je dise tout… le tout début est très très fort….il arrache les tripes… nous prend d'emblée, le souffle court… j'aimerais vous dire comment, mais cela serait réduire un suspens, votre future découverte du livre… mais c'est fort, je peux vous le dire !
Donc après le début, on retourne dans le passé, et on suit Turambo, de son village natal jusqu'à Oran, dans son quotidien, ses galères, grosses galères, ses espoirs, ses rêves, ses amis, sa découverte de la vie… Et puis une sorte d'accélération se sent, une grosse intensité nous emmène comme sait le faire Yasmina…. et on est emporté jusqu'au final avec force….
J'aurais beaucoup de choses à dire encore, mais j'ai peur de « spoiler » comme on dit maintenant, vous révéler trop de détails.
La fin est dure… mais logique quelque part… Yasmina nous livre encore beaucoup de vérités, difficiles, sur la nature humaine… sur l'histoire de l'Algérie aussi, sur l'occupation de l'Algérie,… des vérités aussi sur le racisme, dégoûtant, inadmissible, mais qui était si commun, si quotidien dans cette Algérie française… qu'en est-il resté de nos jours ? Ça pose beaucoup de questions… ça remet les idées en place. Oui ça interroge. C'est ça aussi la littérature, et c'est tant mieux !
Bref, un livre à lire…. Laissez-vous emporter par la magie de la langue de Yasmina Khadra.
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PiertyM
  10 mars 2015
Un beau livre! L'écriture de l'excellence de Yasmina Kadra s'est trouvée un langage à la taille de l'histoire pour nous emballer avec plaisir dans les méandres de la vie troublante de Turambo. Est-il que pour un boxeur qui n'a jamais été à l'école, qui n'a jamais eu de fréquentations susceptibles d'améliorer ses lacunes du point de vue culturel, nous livre une histoire dans un langage quand même soutenu avec des pensées poignantes rendues également très philosophiquement, on entendait plutôt la vie de l'auteur que celle du personnage...
Mais le livre est un vrai régal, le personnage de Turambo est très attachant qu'on le suit dans les vicissitudes de la vie où il a été, dans toute sa pureté à la quête de l'amour, que même la gloire ou les principes de la religion musulmane n'y pouvaient absolument rien pourvu que l'amour ait été au rendez-vous, dommage, quand ça vous sourit, la terre se creuse à l'instant.
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critiques presse (4)
Lhumanite   04 novembre 2013
Si l’on est emporté par le grand souffle narratif, l’on butte ainsi parfois sur des étrangetés stylistiques qui ralentissent l’élan. Il reste que Yasmina Khadra possède le grand art du conteur et que ses histoires ne craignent jamais de s’affronter aux sujets délicats du présent et du passé.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lexpress   23 septembre 2013
Dureté, pureté: comme son personnage, le roman balance entre les deux, révélant les rêves et les tensions, l'obstination et la résignation, la rivalité entre Berbères et Arabes, le poids de la culture européenne, et surtout le sort des femmes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   27 août 2013
"Les anges meurent de nos blessures", le nouveau roman de Yasmina Khadra, est une fort belle réussite. Puisée à la source de son histoire personnelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   27 août 2013
Cette saga est menée de main de maître à un rythme trépidant où les situations claquent et les mots fusent. En parlant de Turambo, l'écrivain parle surtout de l'extrême pauvreté d'un pays, des relations complexes entre les trois communautés, les musulmans, les juifs et les colons, et des amours impossibles.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (223) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   01 novembre 2013
Je lui demandais comment elle faisait pour supporter ces déboires qui s'accrochaient à elle comme des revenants. Elle me répondait d'une voix limpide : "On fait avec. Le temps s'arrange pour rendre les choses vivables. Alors, on oublie et on se persuade que le pire est derrière soi. Bien sûr, le gouffre nous rattrape au détour d'une solitude et on tombe dedans. Curieusement, dans la chute, on éprouve une sorte de paix intérieure. On se dit c'est ainsi, et c'est tout. On pense aux gens qui souffrent et on compare nos douleurs. On supporte mieux la nôtre après. Il faut bien se mentir. On se promet de se ressaisir, de ne pas retomber dans le gouffre. Et si, pour une fois, on parvient à se retenir au bord du précipice, on trouve la force de s'en détourner. On regarde ailleurs, autre chose que soi. Et la vie reprend ses droits, avec ses hauts et ses bas. On a beau acheter ou se vendre, on est que des locataires sur terre. On ne détient pas grand-chose finalement. Et puisque rien ne dure, pourquoi s'en faire ? Quand on atteint cette logique, aussi bête soit-elle, tout devient tolérable. Et alors, on se laisse aller, et ça marche."
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joedijoedi   02 novembre 2013
L'amour est fait de hasard et de chance. À une bretelle de la vie, il est là, offrande sur le chemin. S'il est sincère, il se bonifie avec le temps. Et s'il ne dure pas, c'est que l'on s'est trompé de mode d'emploi.
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Nastie92Nastie92   26 septembre 2017
La voix avait fusé dans un souffle flapi, de la chambre. Je regardai à l'intérieur ; personne. Puis quelque chose remua sur le lit. En plissant les yeux, je décelai une masse rougeaude sous un drap blanc transparent de sueur. En réalité, ce n'était pas un drap, mais un chemisier d'une taille prodigieuse conçu pour faire chic malgré son énormité, avec de la broderie sur les bords et des ganses fleuronnées au col. Il y avait une tête blonde sur l'oreiller, un beau visage englué dans une gangue cramoisie trop disproportionnée pour être considérée comme un cou que prolongeait une anatomie en plaques disjointes sillonnée de plis profonds et tortueux. J'en eus le souffle coupé. Il me fallut du temps pour distinguer les seins d'un volume surnaturel des bras si pesants qu'ils bougeaient à peine. Son ventre était vallonné de bourrelets de graisse qui cascadaient sur les flancs, et ses jambes éléphantesques reposaient sur des coussins comme deux colonnes de marbre. Jamais, au grand jamais je n'avais pensé qu'il puisse exister des corps humains de cette ampleur. Ce n'était pas le corps d'une femme, plutôt un tas de chair phénoménal qui couvrait presque tout le matelas ; une masse de flaccidité écarlate de chaleur qui menaçait de se répandre en une coulée gélatineuse dans la chambre.
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MichelePMicheleP   12 septembre 2013
Regarde un peu la statue du général, là-bas. Que raconte-t-elle ? Elle dit simplement qu'on a beau ruer dans les brancards et brûler des villes et des campagnes, massacrer des gens en criant victoire et faire des larmes des veuves de l'eau pour son moulin, les héros finissent sur des socles en marbre pour que les pigeons viennent leur chier dessus...
(Citation choisie parce qu'en plus, elle me semble résumer tout le livre)
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dancingbravedancingbrave   11 juillet 2016
Il me montra le platane. Tu vois cet arbre Turambo, il était là bien avant mon arrière grand-mère. Probablement bien avant que les premiers civilisés viennent s’installer dans ces contrées barbaresques. Il a survécu aux conquêtes et à des tas de batailles. Souvent, en le contemplant, je me demande combien d’amours sont nées à son pied, combien de confidences se sont échangées dans son ombre, combien de complots ont germés sous ses branches. Il en a vu défiler des générations, et pourtant il reste là, imperturbable, presque taciturne, comme si de rien n’était. Sais-tu pourquoi il a survécu aux époques, et pourquoi il nous survivra ? Parce qu’il est obstinément à sa place. Il ne va jamais piétiner les platebandes des autres arbres et il a raison. S’il est bien là où il est, pénard et sage, c’est pour qu’aucun autre arbre ne vienne lui faire de l’ombre.
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Yasmina Khadra parraine le concours des Plumes Francophones, ouvert jusqu'au 31 août pour tous les auteurs francophones !
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