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EAN : 9782266172714
317 pages
Pocket (05/04/2007)
3.99/5   1347 notes
Résumé :
« Le coup parti, le sort en fut jeté. Mon père tomba à la renverse, son misérable tricot sur la figure, le ventre décharné, fripé, grisâtre comme celui d'un poisson crevé. et je vis, tandis que l'honneur de la famille se répandait par terre, je vis ce qu'il ne me fallait surtout pas voir, ce qu'un fils digne, respectable, ce qu'un Bédouin authentique ne doit jamais voir – cette chose ramolie, repoussante, avissante; ce territoire interdit, tu, sacrilège: le pénis de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (97) Voir plus Ajouter une critique
3,99

sur 1347 notes
Irakiens contre Américains. Orient contre Occident.
En période de guerre, où est la vérité ? Où est la juste cause ?
Différence de cultures, différence d'histoires.
Yasmina Khadra trouve une fois de plus les mots justes pour raconter l'histoire. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises personnes, il n'y a pas de justes causes... Il y a des hommes et des femmes, il y a des manipulateurs de chaque côté, ... Et malheureusement l'histoire se répète, éternellement... La bêtise humaine, elle, est universelle !
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L'écriture de Yasmina Khadra est toujours magique et fascinante.Pourtant,j'avoue avoir éprouvé quelques difficultés à être transporté dans ce roman.Le jeune héros, un bédouin dont on ne connaitra jamais le nom,n'est que rarement parvenu à m'émouvoir ,aveuglé par la haine après les humiliations subies par son père,toujours manipulé par des hommes contre qui il avait pourtant été mis en garde. Jamais la réflexion n'interviendra chez lui,lui qui sera dans l'aveuglement jusqu'au dénouement final.Certes,il y a de superbes passages dans ce roman,une belle évocation des traditions aussi mais l'ensemble me paraît manquer de crédibilité et des longueurs nuisent au rythme de l'action.
Ma découverte de cet auteur restera un bon souvenir de l'été 2018,sans doute m'est il indispensable de faire une petite pause pour mieux le retrouver dans quelques mois,avec son prochain livre "Khalil" par exemple.En tout cas,le bilan de cette découverte est génial. Pas si mal,non?
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"Les sirènes de Bagdad"est le troisième tome d 'une trilogie composée des romans :Les Hirondelles de Kaboul ,l 'Attentat et Les sirènes de Bagdad .L 'auteur est le prolifique écrivain algérien , Yasmina Khadra qui a son actif plusieurs romans dont certains sont très beaux et d 'autres juste moyens .
Pour "Les Sirènes de Bagdad",les événements ont eu lieu durant l 'occupation de l 'Irak par les troupes américaines .Les Américains avaient dans leur point de mire l 'Irak depuis des années et ne cherchaient qu 'un prétexte pour le détruire et l 'envahir .Un prétexte fallacieux est trouvé et le pays est envahi par les troupes américaines .Et les massacres , les humiliations , les tortures morales et physiques . Personne ne peut oublier ce qui s 'est passé à la prison d Abou Ghrieb et les supplices inhumains infligés aux détenus Irakiens .Dans "Les Sirènes de Bagdad", il s 'agit d 'un jeune homme bédouin dont on ignore le nom .Il habite le village de Kafr Karam .Il y vit paisiblement avec ses parents . Un jour débarque chez-eux les brutaux soldats américains .Ils s 'en prennent avec
violence aux membres pacifiques de cette modeste famille .Ils ne respectent ni les vieux ,ni les femmes .Ils firent toutes ces exactions avec arrogance et mépris .
Les soldats s 'en prennent au pacifique père de la
famille . Ils le brutalise , le malmènent .Ils le dénudent .Ils
le poussent .Le père tombe sur la tête qui explose .Les soldats quittent la maison .Les jeune vit alors ce qu 'on ne
peut décrire : le père mort et nu offrant dans sa nudité le
spectacle insoutenable : voir la partie génitale du père
exposée de cette façon .Affreux , ignoble et traumatisant
spectacle qu 'aucune personne ne peut imaginer .Ces gens ont une très grande pudeur .Tout a chaviré autour
du jeune fils . Après ce qu ' il a vu et vécu : c 'est le drame .
Le jeune homme pour se venger de ceux qui ont commis
ce sacrilège : il va user de la violence .
l''auteur tente avec ce roman de rapprocher deux civilisations : l (occidentale et l 'orientale .L 'Occident certes développé , riche et rationnel doit faire l 'effort de
comprendre l 'Orient spirituel et riche d 'une grande civilisation . Il nous invite et nous pousse à aller les uns vers les autres car la Terre est notre univers et notre maison : alors tachant d 'être fraternels et de nous de rendre ce monde moins divisé et où il fait bon de vivre en
Paix et en Communion .






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Ces sirènes n'ont rien à voir avec celles du port d'Alexandrie, chères à un chanteur funestement branché. Pas d'Orient idéalisé dans ce livre qui clôt une trilogie tragique sur ces années suivant le 11 septembre et ce « choc des civilisations » qui enflamma et endeuilla le monde. Passé simple ? Pas si simple, hélas… Qui enflamme et endeuille le monde…
11 septembre date iconique mais nullement année 0. de quand date cette grande fracture contemporaine ? de Balfour ? de la Guerre Froide ? Dans cet ouvrage, pas de tentatives d'explications sur ces phénomènes complexes, encore moins de fumeuses considérations « spécialistes », Khadra n'est pas un historien, Khadra est un romancier. Ce qui l'intéresse c'est de décrire le parcours d'hommes et de femmes qui subissent de plein fouet ces drames que nous qualifions, à la manière d'un oncologue laconique, de « géopolitiques ». le narrateur, qui reste anonyme, comme le soldat inconnu, est un jeune étudiant qui va basculer dans la radicalité, écoeuré des exactions de l'armée d'occupation. Comme souvent chez cet écrivain, confronté dans sa vie personnelle à la violence et à la barbarie, une idée hante les pages : pourquoi cède-t-on à la tentation de la vengeance ? Ne pas nommer ce héros (ou cet anti-héros) permet à l'écrivain de mettre en valeur une autre interrogation récurrente : pourquoi lui ? Et nous, pauvres lecteurs, qui nous croyons peut-être à l'abri de ce tumulte, que ferions-nous si notre pays basculait dans le chaos ? Erigerions-nous un barrage contre le bellicisme ? Notre humanisme nous protègerait-il ? Il est toujours plus facile de se croire immunisé contre le mal que d'envisager l'éventualité de coupables renoncements. Lorsque notre quotidien reste relativement sûr, la sagesse est une posture davantage qu'un engagement sincère…
Comme toujours chez Khadra, le style est flamboyant. Réalisme magique ? La comparaison est sans doute audacieuse mais, c'est comme l'arôme de cassis dans le grenache, l'important c'est la sensation ! le principal protagoniste mène des études littéraires, le décalage entre cette plume lyrique et la brutalité du thème avec son enchaînement de scènes choc, ne m'a pas dérangé. Si je devais émettre un bémol, il serait plutôt dans le portrait de ce docteur Jalal, autre exemple d'individu qui bascule idéologiquement et qui va « naturellement » croiser le destin du héros. Cette histoire dans l'histoire pèche par sa dimension pour le coup trop didactique. Elle désamorce un peu l'intensité dramatique, d'autant qu'elle oblige l'auteur à des contorsions chronologiques pas forcément judicieuses.
Malgré cette petite réserve, « Les sirènes de Bagdad » est un livre sensible, intelligent et passionnant, bien que très loin des chansons qui parlent d'amour et d'hirondelles… A moins qu'elles ne viennent de Kaboul.
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Autant le dire tout de suite, c'est une déception. Moi, qui avait beaucoup aimé « Les hirondelles de Kaboul »  et « L'attentat », ces « sirènes de Bagdad » font bien pale figure à côté. Khadra dresse le portrait d'un jeune arabe qui va lentement mais surement dérivé vers l'extrémisme religieux. Voilà un sujet passionnant, mais qui par le style même ne décolle jamais. Pire, la façon de mener son récit est accablant de naïveté, la complexité d'un tel sujet méritait un regard nuancé que Yasmina Khadra envoie valser aux oubliettes. L'affront et le déshonneur se lave dans le sang, l'islamisme radical et le terrorisme sont les réponses à cet Occident fier et orgueilleux. Tout est prévisible dans ces sirènes qui ont besoin d'une sacrée révision. Une trilogie qui se conclut bien tristement.
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critiques presse (1)
Lecturejeune
01 mars 2007
Lecture jeune, n°121 - Yasmina Khadra clôt avec cet ouvrage sa trilogie sur les grandes métropoles d’Orient (Kaboul pour Les hirondelles de Kaboul, Tel-Aviv pour L’attentat (LJ n° 117), Bagdad et Beyrouth ici) gravement meurtries par la guerre, le fanatisme et le terrorisme. Le narrateur est cette fois l’apprenti terroriste, pari d’écriture plus redoutable que dans ses précédents romans. Le récit débute et se termine à Beyrouth, présentée comme une sorte de prostituée, métaphore du profond malentendu entre l’Orient et l’Occident. L’auteur retrace l’itinéraire d’un jeune bédouin qui vivait paisiblement, selon une tradition millénaire, aux portes du désert, loin des fureurs guerrières de Bagdad. Son existence bascule dans l’horreur après les sévices et les « bavures » de combattants américains pour qui quelques vies, même arbitrairement abattues, ne comptent guère. Humilié, plein de haine, il rejoint à Bagdad les groupes de djihadistes, aux itinéraires variés mais soudés par le même sentiment d’humiliation. Le lecteur découvre avec lui la difficulté de survivre dans cette ville et les facettes d’une violence barbare et multiforme. Yasmina Khadra ne se contente pas de ce portrait, si fouillé soit-il. Il traque les compromissions, faiblesses et contradictions de chaque camp, essaie de comprendre l’origine des conflits Orient-Occident et refuse tout manichéisme simpliste, refus qui le conduit à imaginer un dénouement inattendu : la tragédie n’éclate pas toujours sous la plus prévisible et la pire des formes. Cette fiction bien écrite, très nuancée, réussit à rendre compte de l’extrême complexité d’une situation tragique au sens fort du terme. Clairement engagée contre les intégrismes de tous bords, elle ne peut laisser indifférents ses lecteurs, notamment les grands adolescents qui souvent s’interrogent sur la violence du monde, les problèmes du terrorisme et de l’intégrisme. Marie-Françoise Brihaye
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (136) Voir plus Ajouter une citation
C’était l’heure de la prière. Avec un groupe de mes hommes, nous avions rejoint une mosquée et nous nous étions mis à faire nos ablutions dans une petite cour dallée. L’imam, un personnage imposant vêtu d’une tunique flamboyante, s’était
alors approché de nous. « Que faites-vous là, jeunes gens ? » nous avait-il demandé. « Nous nous lavons pour la prière », lui avais-je répondu. « Croyez-vous que vos outres suffisent à vous purifier ? » s’était-il enquis. « Il faut bien faire ses ablutions avant de rejoindre la salle des prières », lui avais-je fait remarquer. Il avait alors tiré une figue toute belle et fraîche de sa poche, l’avait nettoyée laborieusement dans une tasse d’eau ; ensuite il l’avait ouverte sous nos yeux. La belle figue grouillait d’asticots. L’imam avait conclu : « Il ne s’agit pas de laver son corps, mais son âme, jeunes gens. Si vous êtes pourris de l’intérieur, ni les fleuves ni les océans ne sauraient vous désinfecter. »
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"Il faut t'endurcir. Il faut savoir renoncer aux peines des autres ; elles ne sont bonnes ni pour eux ni pour toi. Tu es trop mal loti pour t'attendrir sur le sort d'autrui..." En vain. On ne naît pas brute, on le devient ; on ne naît pas sage, on apprend à l'être. Moi, je suis né dans la misère et la misère m'a élevé dans le partage.
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Mon séjour à Beyrouth tire à sa fin. Ça fait trois semaines que j'attends. Je compte les heures sur mes doigts. Debout contre la fenêtre de ma chambre, je contemple la rue désertée. La pluie tambourine sur les carreaux. Sur le trottoir balayé par le vent, un clochard souffle dans ses poings pour les réchauffer. Il guette une âme charitable. Il est là depuis un bon bout de temps, et je n'ai vu personne lui glisser une pièce dans la main. Qu'espère-t-il des lendemains ? Ses guêtres sont trempées jusqu'à la trame, ses savates prennent l'eau ; la mine qu'il arbore est tout simplement grotesque. Vivre comme un chien, plus proche des chats de gouttière que de la tourbe, c'est ça l'obscénité. Cet individu n'est même pas digne de posséder une ombre, de l'associer à sa déchéance. D'ailleurs, il n'en a pas. Isolé dans sa misère tel un ver dans un fruit avarié, il oublie qu'il est mort et fini. Je n'ai aucune compassion pour lui. Je me dis que si le sort l'a rabaissé au ras du caniveau, c'est pour qu'il incarne un symbole. Lequel ? Celui qui consiste à me faire prendre conscience de l'intenable ineptie de la vie. Cet homme espère, c'est certain. Mais quoi ? Que la manne céleste jette son dévolu sur lui ? Qu'un passant s'aperçoive de son dénuement ? Qu'on le prenne en pitié ?... Imbécile ! Y a-t-il une vie après la pitié ?... Kadem n'avait pas tout à fait raison. Ce n'est pas le monde qui est tombé bien bas ; ce sont les hommes qui se complaisent dans la bassesse. C'est parce que je refuse de ressembler à ce mort vivant que je suis venu à Beyrouth. Ou vivre en homme ou mourir en martyr. Il n'y a pas d'autre alternative pour celui qui se veut libre. Je m'imagine mal dans la peau d'un vaincu. Depuis cette nuit où les soldats américains ont débarqué dans notre maison, renversant l'ordre des choses et des valeurs ancestrales, j'attends !... J'attends le moment de recouvrer mon amour-propre sans lequel on n'est que souillure. Je me considère en instance de tout et de rien. Ce que j'ai traversé, vécu, subi jusque-là ne compte pas. Il y a eu arrêt sur image, cette nuit là. La terre a cessé de tourner pour moi. Je ne suis pas au Liban, je ne suis pas dans un hôtel ; je suis dans le coma. Et il m'appartient d'y renaître ou d'y pourrir.
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-A Bagdad ,j 'en ai entendu des discours et des prêches . Ça me foutait en rogne comme un chameau qui chope la rage .J 'avais une seule envie : fiche en l'air la planète entière ,du pôle Nord au pôle Sud ...Et quand c 'est toi qui dis ma haine pour l 'Occident , toi l 'érudit ,ma colère devient ma fierté .Je cesse de me poser des questions .Tu m 'apportes toutes les réponses .
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J 'étais quel qu 'un d 'émotif ; le chagrin des autres m 'accablait .Il m 'était impossible de passer devant un malheur sans l 'emporter avec moi .Enfant ,je pleurais souvent dans ma chambre , en m 'enfermant à double tour ,de peur que ma sœur jumelle-une fille-me surprenne baignant dans mes larmes . On la disait plus vigoureuse que moi , non moins pleurnicharde .
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Vidéo de Yasmina Khadra
Yasmina Khadra est l'écrivain algérien le plus lu au monde.
Il a passé 36 ans dans l'armée, et a notamment lutté contre les groupes islamistes pendant les années 1990. Parallèlement, son premier livre est paru dès le début des années 1980, sous son vrai nom. Mais pour échapper à la censure militaire, il a finalement décidé d'écrire dans la clandestinité, sous pseudonyme, dès 1997. C'est ainsi que Yasmina Khadra est né, en empruntant deux des prénoms de son épouse. Il est l'auteur de nombreux romans, qui ont conquis des millions de lecteurs dans le monde entier. Portés par son talent de conteur, plaçant le sujet humain au premier plan, ils racontent aussi notre monde, ses dérives et ses espoirs. Parmi ceux-ci, "Ce que le jour doit à la nuit", "L'Attentat" ou encore "Les Hirondelles de Kaboul". Plusieurs de ses livres ont aussi été adaptés au théâtre, au cinéma, en bande dessinée.
Au cours de cette rencontre, Yasmina Khadra nous parle de son nouveau roman qui vient de paraître en poche aux éditions Pocket, "Les Vertueux", un livre au souffle narratif puissant, qui nous fait aussi découvrir tout un pan de l'histoire algérienne oublié et pourtant fondateur.
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/22541521-les-vertueux-yasmina-khadra-pocket
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairie.dialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/?locale=fr_FR TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
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