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EAN : 9782260021940
360 pages
Éditeur : Editions Julliard (03/04/2014)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 331 notes)
Résumé :
Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d'Alger. Une femme, Nora Bilal, est chargée de mener l'enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles.
"Qu'attendent les singes" est un voyage à travers l'Algérie d'aujourd'hui ou le Mal et le Bien se sentent à l'étroit dans la diablerie naturelle des hommes.
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
dido600
  19 avril 2014

Écrire est une autre façon de combler le vide mais aussi de résister à tout. Une façon de porter sa voix aux échos même dilués dans l'intime ou la peur. Il suffit de dire une fois seulement “Non” à l'étau qui enserre chaque jour, un peu plus, le quotidien des marginalisés de leur cité par des politiques à vie, mais qui ne sont en réalité que des vendeurs de tapis à la sauvette. Avec ce nouveau titre, Yasmina Khadra vient de signer un livre magistral qui dépasse tous les précédents ouvrages par la crudité des mots, la vérité qui englobe chaque passage et par le constat amer qu'il fait de l'état des lieux du pays qui est le sien et auquel il tient. Sinon, pourquoi ce coup de gueule si la coupe n'est pas pleine ? Jusqu'à la vomissure. Pour cela, il concocte une affaire d'assassinat (Nedjma, jeune fille retrouvée morte, assassinée, dans la forêt de Baïnem Beaulieu d'Alger, confiée à la commissaire Nora une lesbienne dans un pays ou' on ne fait pas de cadeaux aux homosexuelles qui reste un tabou a' ce jour et elle le paiera très chère avec le risque et le chantage et à son équipe pour l'élucider. le fil d'Ariane les mène au sommet de l'état. C'est la trame de cette fiction, mais l'intérêt, c'est qu'au cours de l'enquête, on découvre le microcosme algérois à travers les réseaux, les complicités, la corruption qui sévit à tous les niveaux. Au sommet, il y a Hadj Saâd Hamerlaine, le “r'boba”, une sorte de dieu sur terre où rien ne se fait s'il n'en est pas l'instigateur, le tireur de ficelles. Un exemple de sa puissance ? “Je préférerais avoir une insurrection populaire sur les bras que Hamerlaine sur le dos” (p 258) avoue Ed Dayem, un magnat de la presse de caniveau, pourtant lui aussi a le “pouvoir de dévoiler le secret des dieux et de l'instruction, de rendre la sentence avant les juges et d'exécuter le suspect avant le bourreau” (p 94). Yasmina Khadra décrit un système digne de Kafka “qui pousse ses enfants à la folie en leur refusant le droit d'être heureux chez eux”, avec de tels détails des comportements de ces “seigneurs” que tout Algérien un tant soit peu averti peut mettre des noms sur ces personnages de fiction, dans le livre. Ils existent dans la réalité et c'est pour cela qu'il faut saluer et reconnaître le courage d'un auteur, par ailleurs comblé. Tel un médecin légiste, l'auteur se sert du verbe comme d'un scalpel pour pénétrer au plus profond de ce système gangrené mais si bien organisé, qu'à côté la mafia qu'on voit dans les films n'est qu'un bleu. Hamerlaine nomme et dénomme ministres, Préfets et ambassadeurs. Il a 83 ans, il règne encore et plus. Jusqu'à ce jour où il fête son anniversaire et qu'il reçoit comme cadeau une vierge en offrande qui s'avère être (il le saura après) sa petite-fille qu'il n'a jamais connue. Comme quoi, il n'y a pas de limites dans l'immoralité de ces rapaces qui ne veulent rien lâcher. Sid Ahmed, journaliste, qui a vu sa femme tuée par les terroristes et qui a pris sa retraite sur une plage de Koléa ville limitrophe d'Alger , tel un troglodyte, ne cesse de ruminer et de questionner son ami, l'inspecteur Zine : “Qu'attendent les singes pour devenir des hommes ?” Sans réponse, il fulmine et finira par s'immoler. La théorie de Darwin est à prendre à rebours jusqu'à arriver à nos ancêtres les singes. C'est la descente aux enfers. Terrible constat certes, mais la question : est-ce vrai ce que décrit Yasmina Khadra dans ce roman Ce sera un témoignage relique que l'on ouvrira chaque fois que l'injustice frappera à votre porte sans y être invitée.
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Jeanfrancoislemoine
  14 juillet 2018
La question qui me vient à l'esprit en refermant ce livre,c'est "mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour lire cet auteur?"
Ses qualités d'écriture me sont désormais familières et,encore une fois,la magie des mots,la fluidité des phrases,leur justesse,leur précision font que l'histoire semble portée sur une sorte de tapis magique,s'insinuant en nous avec brio....
L'histoire,parlons en.Un cadavre de jeune fille,une équipe de flics batie de "bric et de broc",une lesbienne,un ripou,un impuissant dirigés par un chef médiocre et sans envergure.Leurs adversaires?Un vieillard pervers et redouté d'une foule de parasites dévoués à sa cause par peur,lâcheté et intérêt.
L'intrigue sera résolue, au prix de manoeuvres toutes plus viles les unes que les autres,au prix de sacrifices,hélas , dramatiques et qui n'incitent pas à l'optimisme dans le pays cher au coeur de l'auteur.Et oui,dire la vérité, laisser s'exprimer la parole pour jouir de la liberté ,tout cela a un prix et la route est longue.
Car enfin,on le connait ce pays bien sûr, et on en apprend des choses sur le pouvoir,la presse,la police,les moeurs,les us et coutumes,la corruption,la gangrène et la misère sociale.Tout y est dit sans fard ni artifice.
Encore une fois,j'ai vibré dans les dernières pages ,très belles,violentes certes mais pleines d'espoir.Encore une lecture intelligente qui donne à méditer et....espérer.

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isabelleisapure
  22 avril 2015
Sur la base d'une enquête policière, une jeune fille est retrouvée morte dans une robe blanche, parée et maquillée comme pour une fête ou un mariage, le livre met en lumière les coulisses du pouvoir algérien dans une société gangrénée par la corruption.
Le pouvoir est entre les mains d'une poignée d'hommes, « les rboba » qui autrefois ont eu leur heure de gloire en oeuvrant pour l'indépendance du pays. Depuis, ils sont riches, intouchables et honteusement privilégiés faisant la pluie et le beau temps dans le domaine politique, économique et médiatique.
Nora, la commissaire chargée de l'enquête est une femme énergique qui ne craint pas d'affirmer ses choix, tans professionnels que sexuels au risque d'être moquée et humiliée dans ce milieu profondément machiste.
J'ai beaucoup aimé ce livre, polar passionnant, j'y ai retrouvé tout le talent de Yasmina Khadra qui m'avait un peu déçue avec son précédent opus « Les anges meurent de nos blessures ».

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NathalC
  21 novembre 2017
J'ai commencé ce livre et j'ai tenté de me raccrocher aux branches... Chapitres après chapitres, l'envie d'abandonner me poussait à refermer ce livre. C'est chose faite au chapitre 11 !
Je n'accroche pas du tout au milieu décrit. L'ambiance est pesante, malsaine, noire...
Ce genre de lecture n'est pas pour moi. Je n'y prends aucun plaisir.
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PiertyM
  25 avril 2016
Partant d'une littérature engagée avec une écriture majestueuse, Yasmina Khadra nous fait atterrir cette fois dans un thriller pas aussi tapageur mais un thrilleur où les hommes ne sont encore que des singes, ils passent leur temps à jouer pour bu leur nom laisse les traces de leurs bévues sur terre. Un livre saisissant qui tape sur la conscience par ce que l'auteur ne fait pas que tomber le voile de la politique algérienne mais aussi de toute l'Afrique. En effet, un cercle d'une catégorie s'approprient la gestion du pays dans tous les domaines, ils sont intouchables, invincibles, ils savent qui placer à telle institution pour sauvegarder leurs intérêts. Le cercle reste fermé, qui veut y pénétrer doit avant tout se dépouiller de son âme car elle ne lui appartiendra plus!
Beau livre!!!
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   21 mai 2014
Si le roman pêche par un style trop hâtif qui se perd souvent dans une succession d’images et de métaphores hasardeuses, on se laisse néanmoins prendre par une intrigue cruelle, des portraits de méchants effrayants et par ce portrait à charge, horrible s’il est vrai, contre les dérives des élites algériennes.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
NathalCNathalC   08 novembre 2017
- Je peux savoir ce que tu fais dans mon bureau, lieutenant ?
- Tu appelles ça, un bureau ? Avant, c'était un débarras. On y emmagasinait des balais, des frottoirs, des serpillières, des seaux en plastique et des détergents. Comme on n'avait pas où te caser, on a réaménagé le débarras pour toi. On a mis une table de cantine, trois chaises en formica, un téléphone vieux comme le monde, une armoire de récupération, et on t'a installé entre deux portes dans l'espoir de voir le courant d'air t'emporter.
- Tu n'as pas répondu à ma question, lieutenant.
- A vrai dire, ironise Guerd en montrant du menton un thermos posé sur une rame de dossiers, je suis venu partager ton café. Il paraît qu'il n'y a pas mieux pour broyer du noir.
- Tu arrives trop tard. J'ai tout bu. Qu'est-ce que tu me veux ?
- Te faire chier. N'est-ce pas le privilège des plus gradés ?
- J'avoue que comme purgatif, il n'y a pas plus efficace sur le marché.
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amal_hopelessamal_hopeless   06 mai 2014
On nous cache toutes les belles choses dans ce pays. On réduit nos aires de jeu à des peaux de chagrin, limité la portée de nos cris au contour de nos lèvres et fait de nos vœux pieux des oraisons funèbres. Les fossoyeurs de nos rêves nous ont confisqué jusqu'à nos prières. On est là, légumes au soleil, et on attend, qui la mort, qui la folie, qui les deux à la fois. Nos jeunes ne savent pas à quoi ressemble un touriste ou un cinoche, nos vieux oublient ce qu'ils ont été, notre patrie est sous scellée et nos espoirs cloués au pilori. Un singe dans sa cage affiche plus de contenance que nous sur une plage.
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PiertyMPiertyM   25 avril 2016
- J'ai la mer en face de moi, elle n'arrive pas à éteindre le feu dans mon crâne. J'ai besoin qu'on m'explique: qu'attendent les singes pour devenir des hommes?
- Ils le voudraient qu'il ne le pourraient pas, Sid. C'est dans la nature des choses, voyons. On n'exige pas d'un dépotoir de sentir bon
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dido600dido600   15 avril 2014
Dans une société phallocentrique, être femme et diriger des hommes relèvent aussi bien du supplice sisyphien que du casse-tête chinois. Combien de fois n'a-t-elle pas surpris un subalterne en train de lui mater le derrière pendant qu'elle ouvrait la marche ? Combien de fois sa poitrine opulente n'a-t-elle pas distrait les collègues en plein briefing ? Les sanctions réussissent à calmer un ou deux pervers pendant une semaine, puis le naturel revient au galop. Nora sait que le moindre fléchissement dans ce genre de rapport humain est une mise en abyme.
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dido600dido600   15 avril 2014
Il y a ceux qui font d'une lueur une torche et d'un flambeau un soleil et qui louent une vie entière celui qui les honorent un soir ; et ceux qui crient au feu dès qu'ils voient un soupçon de lumière au bout de leur tunnel, tirant vers le bas toute main qui se tend vers eux.
En Algérie, on appelle cette dernière catégorie : les Béni Kelboun.
Génétiquement néfastes, les Béni Kelboun disposent de leur propre trinité :
Ils mentent par nature,
trichent par principe
et
nuisent par vocation.
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Vidéo de Yasmina Khadra
Lorsqu'une femme claque la porte et s'en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l'apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l'instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l'errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d'affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d'esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu'au jour où il est rattrapé par ses vieux démons. À travers les pérégrinations d'un antihéros mélancolique, flanqué d'une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu'occupent les femmes dans les mentalités obtuses.
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