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EAN : 9782020635158
160 pages
Éditeur : Seuil (16/02/2004)
3.62/5   38 notes
Résumé :
Il était une fois, effectivement, un vieux couple heureux. Des berbères de la montagne marocaine, soumis au rythme doux de la vie villageoise, à l'observation des saisons et des couleurs du ciel. Le vieil homme, revenu d'un passé agité, passe ses journées à calligraphier en langue tifinagh, héritée des anciens touaregs, un long poème à la gloire d'un saint. Sa poésie sera chantée à la radio, diffusée en cassettes, imprimée et reconnue.
Les portraits de visit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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LiliGalipette
  26 octobre 2011
Au Maroc, dans l'arrière-pays montagneux, un Vieux et une vieille vivent heureux. Pieux et généreux, ce couple sans enfant vit sereinement le crépuscule de son existence. Les journées s'écoulent paisiblement, entre un passage au souk, un couscous aux navets et de longues discussions qui rendent grâce au Ciel. le Vieux est heureux dans « un quotidien calme qu'il appréciait car il n'avait aucun souci à se faire, et sa seule obligation était de vivre et de prier. » (p. 15) Durablement uni, le couple ne souffre pas que sa lignée s'éteigne, c'est ainsi, c'est écrit. L'homme et la femme se suffisent l'un à l'autre et partagent un sentiment profond : « Moi, je suis fidèle et je n'aime que toi ma vieille. » (p. 37) dit le Vieux ; « Tu m'as rendue heureuse. Je suis vieille mais heureuse de vivre ces évènements en ta compagnie. J'ai toujours su que tu cachais une grande âme. C'est pourquoi je n'ai jamais souffert en ta compagnie. » (p. 126) répond la vieille.
Mais la douceur de cette époque bénie et de ce temps presque légendaire recule devant la marche inéluctable de la modernité. Les deux vieux se disent « les garants de la tradition » (p. 46) et assistent au pillage de patrimoine et à la décrépitude de la tradition. le Vieux est « un fin lettré. Il possédait des vieux manuscrits relatifs à la région et bien d'autres grimoires inaccessibles à l'homme ordinaire. (p. 8) Mais le temps est désormais à la vitesse, à la consommation de masse, à la richesse facile. La jeunesse quitte le pays, se déprave et se perd dans la ville ou en Europe. La décolonisation a entraîné dans son sillage une modernisation insidieuse qui pousse à la paresse et favorise les parvenus. L'univers entier semble s'accélérer et le Vieux assiste résigné à la nouvelle marche du monde. « Mais la modernité est contre moi. Je ne suis qu'un vieux croulant, un vieux chnoque qui écrit sur un saint aussi méconnu que lui. En marche vers une disparition complète, après quoi ne resteront que les choses solides, bien actuelles : le béton, l'argent, la télévision, la vidéo, les grosses voitures, etc. » (p. 85)
Le Vieux écrit de la poésie berbère et l'épopée d'un saint oublié. Sa plume est belle et l'imam du village l'encourage à se faire publier. Mais quand son oeuvre est enregistrée sur cassette et diffusée à la radio, le Vieux pressent que même l'art devient objet de consommation courante. Jamais il ne s'énerve ni ne pleure sur le nouvel état des choses. Sa vie reste un hymne aux traditions même si d'inévitables concessions au progrès prennent place dans le quotidien.
La formule qui compose le titre annonce un conte. Mais tout de suite quelque chose dissone : les héros ne sont pas jeunes. La vieillesse s'annonce donc comme le plus bel âge de la vie. Ce court roman fait l'éloge de la simplicité et chante la beauté d'un passé sur lequel retombe la poussière. Dernier témoin d'un monde perdu et d'un temps révolu, le vieux couple ne change pas ses habitudes, ne se révolte pas. Il est heureux et c'est bien ainsi qu'il compte mourir. Ce sera une histoire qui finit bien.
Composé de chapitres très courts et rédigé dans une langue belle et nostalgique, ce texte très court se lit avec grand plaisir et donne envie d'entendre de la poésie berbère. On voudrait être chat et regarder l'homme écrire : « Mon chat, tu comprends la poésie. Chaque fois que la plume court sur le papier, tu te redresses comme pour applaudir. Tu saisis tout rien qu'à ce bruit insolite. » (p. 67) Il ne faut pas chercher à tout comprendre, juste se laisser porter par les mots et la nostalgique langueur des chaudes soirées d'antan.

Lien : http://www.desgalipettesentr..
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aouatef79
  15 janvier 2021
Mohammed-Khair-Eddine (1941-1996 ) est un des grands
écrivains marocains d 'expression française .Il est à la fois
romancier et poète .
Il est l 'auteur du beau roman :" Il était une fois un vieux
couple heureux" . Ce livre est l 'histoire d 'un couple âgé .Le mari est un homme âgé surnommé Bouchaib ( le Vieux) .Ce dernier a tenté,dans sa jeunesse de faire fortune alors il a quitté le Sud du pays pour le Nord .Il a poussé jus qu 'en Europe mais constatant que cette fortune n 'était pas au rendez-vous ,il retourna au bercail sans regret .Son bled est situé dans une région montagneuse .Elle est pauvre ce qui a poussé une grande partie de sa population a remonté vers un ailleurs plus clément et plus fortuné .Dans le bled ne sont restés que ceux qui ne voulaient point changé de lieux .
Bouchaib et sa femme , une vieille comme lui .Le couple est sans descendance situation qui n 'a nullement affecté la sérénité de celui-ci .Ce qu 'on apprécie dans ce couple c 'est la force du lien qui les unit l 'un à l 'autre .Le Vieux est satisfait de sa femme et cette dernière est heureuse
avec son mari .L 'entente entre entre-eux est parfaite .
le vieux et sa femme vivent paisiblement les jours et les
saisons .Le Vieux a un revenu qui lui permet de vivre
décemment avec sa femme .Il a aussi le sens du partage
car souvent il aide et va aux secours des plus démunis .
Tout le monde reconnaît sa générosité .Le Vieux est un
un homme pieux et fait ses obligations religieuses de
façon ponctuelle .
le soir lors qu 'il fait doux , le Vieux s 'allonge sur une peau de bouc et sirote son verre de thé en compagnie
de sa femme .C 'est le moment le plus doux de la journée
pour ce couple .
le Vieux remarque ce que la modernité est là et les
dégâts qu 'elle occasionne .La société qui était une société où existait le partage et l 'entre-aide est passée
à une société de consommation .Les arrivistes et les parvenus sont là .Mais le Vieux après ce qui arrive , il sait
qu 'il y a un prix à payer au progrès et au développement
Un très beau roman sur fond d'un amour partagé entre
un Vieux et sa femme qui s 'estiment et sont reconnaissant et sont satisfait et heureux de leur bonheur
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marona
  23 septembre 2013
J'ai lu ce roman il y a des années.. au Bac, c'était parmi les ouvrages à lire. J'en garde à très bon souvenir. le climat de la campagne marocaine, des traditions berbères des gens des montagnes, le calme, la sérénité et surtout les poèmes de ces régions qui racontent tant d'histoires !
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TiboLexie
  23 décembre 2020
Il était une fois une terre qui, confrontée à des calamités climatiques, poussa les uns à abandonner des activités séculaires et utiles ;
Il était une fois un village chaleureux qui dépérissait au profit d'une ville arrogante aux fausses promesses ;
Il était une fois un peuple, une jeunesse qui aux prises avec la misère s'adonnaient de plus en plus à la mendicité ou à la prostitution ;
Il était une fois une région qui sous le joug colonial, fut contrainte d'adopter des normes et des technologies nouvelles.
Des histoires qu'on aimerait tant qu'elles se terminent par : ils finirent par vivre heureux. Heureux comme ce vieux couple qui constate ces chamboulements douloureux de leur cadre de vie et dans leur entourage. Néanmoins réaliste le vieux Bouchaïd consent que "rien n'est jamais statique". Dès lors quelles issues pour les siens malgré l'inéluctable ?
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amine-samir12
  03 juin 2016
Ce livre présente l'image imaginaire , mais très bon histoire
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   26 mars 2012
Ils étaient une fois de plus sur la terrasse. L'été tirait presque à sa fin. Les moissons avaient été bonnes, la récolte des olives et des amandes aussi. Comme toujours, la vieille préparait son tagine pendant que le Vieux fumait et sirotait du thé. Et, comme toujours en été, l'espace était splendide. Des milliards d'étoiles illuminaient le firmament. De temps à autre, une météorite fendait l'atmosphère en un trait rouge qui s'évanouissait rapidement. « Dieu est en train de lapider le Diable... », disaient les Anciens à la vue des ces phénomènes cosmiques. Bouchaïb ne croyait pas à cela. Il connaissait bien l'astronomie. Il avait lu tant et tant de livres qu'il eût écrit lui-même si le sort ne s'en était mêlé... Mais il ne regrettait rien. Ses poésies berbères qu'on lirait peut-être un jour étaient son unique plaisir. Mais qui s'occupait de la poésie berbère ?
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LiliGalipetteLiliGalipette   25 octobre 2011
"Un chat n'est pas plus le diable que le diable n'est un chat. Et un nègre n'est pas un diable ! C'est un être humain de couleur ! Le diable est invisible, les jnouns également. Un chat ou un nègre sont bel et bien visibles. Les jnouns et le diable peuvent frapper quelqu'un quand ils veulent, il ne peut pas les voir. Il reçoit des coups, c'est tout. Mais un chat ne fait de mal à personne. Un nègre, si. Les coups du nègre sont tordus ! Mais il existe des nègres pacifiques.C'est rare, très rare, mais il y en a. Notre chat est un seigneur, il est supérieur à un chien. Il n'a jamais attrapé la gale, lui." (p. 37)
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LiliGalipetteLiliGalipette   26 octobre 2011
« Mais la modernité est contre moi. Je ne suis qu’un vieux croulant, un vieux chnoque qui écrit sur un saint aussi méconnu que lui. En marche vers une disparition complète, après quoi ne resteront que les choses solides, bien actuelles : le béton, l’argent, la télévision, la vidéo, les grosses voitures, etc. » (p. 85)
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LiliGalipetteLiliGalipette   26 octobre 2011
« Tu m’as rendue heureuse. Je suis vieille mais heureuse de vivre ces évènements en ta compagnie. J’ai toujours su que tu cachais une grande âme. C’est pourquoi je n’ai jamais souffert en ta compagnie. » (p. 126)
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aouatef79aouatef79   14 janvier 2021
Allongé sur un tapis noir rugueux en poils de bouc ,le Vieux sirotait son verre de thé et fumait ses cigarettes qu 'il roulait lui-même .Ni l 'un ni l'autre ne parlaient à ce moment-là .Chacun appréciait ce calme crépusculaire qui baignait les environs
d'une étrange douceur et que seul le bruit des bêtes rompait par
intermittence .
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Video de Mohammed Khair-Eddine (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mohammed Khair-Eddine
Testament d'un livre de Abdellah Baida (Maroc), Editions Marsam Enfermé dans la bibliothèque d'al Quaraouiyine à Fès, dans un abandon total, un livre sent la fin de sa vie approcher. Il prend la décision d'écrire son « testament » avant l'extinction de son espèce.
Abdellah Baïda, romancier, nouvelliste et essayiste marocain, décoré en 2012 des insignes de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres et la République Française. Il a publié entre autres Les Voix de Khaïr-Eddine (essai, 2007), Au fil des livres, chroniques de littérature marocaine de langue française (essai, 2011), le dernier salto (roman, 2016). --------- Promouvoir les talents littéraires africains et l'édition locale : c'est aussi l'un des objectifs de la Fondation Orange qui a organisé cette année et pour la deuxième année consécutive, le Prix Orange du Livre en Afrique. Avec le soutien de l'Institut Français, ce prix récompense un roman écrit en langue française par un écrivain africain et publié au cours de l'année précédente par une maison d'édition basée sur le continent africain. Pour cette deuxième édition, trente-huit romans ont été proposés par vingt-huit maisons d'édition basées dans quatorze pays différents. Ces romans ont été lus par des comités de lecture basés en Tunisie, au Sénégal, en Guinée, au Cameroun, en Côte d'Ivoire et au Mali. Six finalistes ont été désignés le 27 février, qui représentent bien la diversité et la richesse de la littérature africaine francophone : découvrez-les ! Rendez-vous sur https://www.lecteurs.com/prix-orange-du-livre-afrique
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