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EAN : 9782843375088
334 pages
Éditeur : Anne Carrière (05/11/2008)
3.98/5   93 notes
Résumé :
J'ai onze ans, et je vis dans une famille complètement tordue. Heureusement qu'il y a mon frère Maxence. Lui, c'est mon manuel de savoir-survivre. Le soir, on ferme nos oreilles à double tour, pour ne plus entendre les cris de nos parents qui se disputent. Croyez-moi sur parole, la vie, c'est pas pour les enfants. Maxence a préféré partir au Pays sans Adultes. Moi, j'ai voulu le rejoindre, mais je me suis trompé de chemin. Avec mes nouveaux amis, Valentine et Hugo, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
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LiliGalipette
  03 juillet 2009
Roman d'Ondine Khayat.
Slimane a onze ans. Lui et son frère Maxence, treize ans, subissent la violence de leur père, qu'ils appellent le Démon. le Démon les frappe et frappe leur mère, une femme faible, amoureuse, incapable de sauver ses enfants de la folie d'un père meurtrier, incapable de se sauver elle-même. Les deux frères se soutiennent, s'inventent des mondes heureux, forgent des rêves pour survivre, existent l'un pour l'autre. Mais à force d'endurer jour après jour les coups, les cris, les disputes, à force de vivre dans la peur, dans l'attente effrayée et dans l'ombre, Maxence perd pied et décide de partir au Pays sans adultes. Slimane tente de le suivre, mais il se perd en chemin. Avec ses nouveaux amis, le Pitbull, Valentine, Hugo, Marguerite et Sidonie, Slimane décide de sauver les enfants malheureux, de les débarasser de tous les Démons, et de rendre le sourire à toutes les mamans.
Quelle prose sublime! J'ai frissonné souvent en tournant les pages. La détresse de cet enfant battu et affolé est poignante. Les questions innocentes qu'il pose sont riches d'une grande sagesse et d'une douceur magnifique. le style d'Ondine Khayat est superbe, délicat et sensible. Je recommande ce livre sans aucun doute. Je l'ai dévoré en deux soirées, avec une boîte de mouchoirs à mes côtés. Et je ne résiste pas au plaisir d'en livrer quelques extraits révélateurs du talent de l'auteure.
Page 18: "Les battements de nos coeurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. Il faut un grand coeur pour y mettre tous ceux qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore."
Page 62: "Je me bouche les oreilles pour ne plus entendre tous ces mots blessants. le Démon, quand il parle, on dirait une marée noire. Comme celles qu'on voit à la télé. Les beaux oiseaux blancs sont recouverts de mazout. Ils meurent parce qu'on leur a mis tellement de saleté sur eux qu'ils ne peuvent plus voler. Moi aussi, j'ai du mazout partout, et des fois je peux même plus respirer. Quand je marche, on dirait qu'il y a du goudron sous mes pieds. Je reste collé. La vie est trop étroite pour moi. Qu'est-ce que je vais devenir? Il y a une pierre à l'intérieur de moi. Une pierre impossible à soulever. C'est l'intifada dans mon coeur, ça cogne, ça cogne... Il pèse une tonne. Des fois, quand je pose ma main dessus, je l'entends même plus battre. "
Page 155: "Je pleure parce que mon frère préféré était tellement triste qu'il est parti sans me prévenir. Je pleure parce qu'il ne m'a pas emmené avec lui alors qu'il avait juré craché. Je pleure parce que j'ai peur de ne plus jamais el revoir. Je pleure parce que je ne peux pas vivre sans lui."
Merci au site chezlesfilles et aux éditions Anne Carrière de m'avoir fait découvrir ce livre.
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KrisPy
  04 avril 2017
Attention, ce livre fait mal.
Deux jeunes frères et leur mère, aimante mais faible, vivent un enfer quotidien, aux prises avec un père et mari alcoolique et violent.
C'est le témoignage de Slimane, 11 ans, qui parle avec ses mots et sa poésie d'enfant désespéré. C'est la parole de Slimane et de son frère Maxence, plus âgé, moins innocent que Slimane, plus désespéré encore.
Tellement désespéré qu'un jour il commet l'irréparable : il part tout seul pour le pays sans adulte, en laissant là Slimane et sa peine, immense, infinie.
Slimane à son tour tente de le rejoindre, sans succès. du coup il se retrouve dans un autre pays sans adulte : le service psychiatrie de l'hôpital pour enfants.
Là-bas il va réapprendre à vivre, à avoir confiance dans les adultes. Mais ça ne va pas se faire tout seul, il va falloir l'aide d'une petite fille qui refuse de grandir et d'une mamie qui n'attend plus rien de la vie.
C'est dur, c'est sans concession, c'est un témoignage de ce que vivent des millions d'enfants tous les jours.
Livre audio interprété superbement par Véronique Groux de Miéri et Hervé Lavigne.
Je ne savais pas que je prenais un tel livre en choisissant ce livre audio à la médiathèque l'autre jour... je croyais que c'était un livre d'anticipation, genre mad max... d'où mon grand désarroi et mon envie de couper le cd plus d'une fois... Je ne suis pas très fan de ce genre de littérature. Mais finalement, après la première partie très sombre, limite caricaturale, la seconde partie devient plus poétique, plus positive aussi malgré le désespoir du propos, et les "liseurs" étant impeccables, j'ai continué jusqu'au bout. Un bon livre au final.
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Candyceli
  14 juillet 2012
J'ai longtemps hésité à mettre une critique sur ce livre car je pourrais l'écrire en un seul mot : Magnifique; mais justement il mérite plus que ça donc : le pays sans adultes c'est l'histoire de Slimane 11 ans, son frère Maxence 13 ans, leur mère et le Démon. le Démon c'est celui que tout le monde appelle son père alors qu'il n'a même pas de coeur. Slimane nous raconte sa vie à double facettes; celle d'un ciel bleu où son frère Maxence fait tout pour qu'elle soit aussi douce qu'un nuage et celle d'un ciel d'orage où toute la famille vit dans l'ombre de l'alcoolisme et la maltraitance du Démon.
Lorsque la vie est trop dure; il suffit à Maxence et Slimane de fermer les yeux pour se retrouver à la mer, en Afrique où même au Pays sans Adultes. Un pays imaginaire où ne vivent que les enfants, où le ciel est toujours bleu et où les nuages de tristesse n'existent pas. Maxence se réfugie alors dans ce monde; car il ne veut plus vivre dans le monde avec le Démon. Seulement Maxence est toute la vie de Slimane qui perd alors tous ses rêves sans lui. Seul face à la souffrance de sa vie, Slimane va continuer à faire rêver tous les gens qu'il va rencontrer en offrant tout son amour d'enfant. Et en se liant d'amitié avec d'autres enfants délaissés par la vie, réapprendre à rêver et à croire en ses rêves.
Un livre bordé de rêves et dont l'émotion et la poésie ont coulés comme l'encre sur le papier. Des mots d'amour et d'espoir qui bouleversent et s'écrivent dans le coeur. Ondine Khayat laisse Slimane nous parler d'un monde qu'il essaye de comprendre et nous expliquer toute la tristesse qu'il l'entoure sans jamais exagéré et en toute simplicité. Une histoire merveilleuse telle un conte d'enfants qui berçe même les adultes et qui se lit avec légéreté et l'innoncence laissées par la plume de Slimane. Un conte auquel je décerne toutes les étoiles.
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Petite_Branche
  12 décembre 2020
Un coup de coeur, un coup de poing – sans mauvais jeu de mots.
Je pleure peu en lisant. Qu'un livre me tire une larme, remue quelque chose au fond de moi, c'est déjà rare. Qu'un livre me fasse pleurer sans discontinuer pendant une demi-heure, une heure, je ne sais plus trop, la deuxième partie tout entière je crois... je crois que ça ne m'était jamais arrivé. Il faut dire aussi que j'étais pas dans l'état émotionnel le plus stable en commençant ma lecture, mais ça ne change rien au fait que ce livre heurte. Vraiment.

Il y a les personnages. Slimane l'Innocent, Maxence le Magicien, Valentine, Hugo, Marguerite, Sidonie, Romain, d'autres que j'oublie sans doute. Les personnages secondaires pourraient être un peu plus creusés, peut-être, mais ça ne m'a pas dérangée en lisant. J'aurais aimé en savoir plus sur le père, mais il n'y a peut-être rien de plus à savoir. Ça me laisse un drôle de vide quand même, il est à la fois omniprésent et presque absent. Il marque par l'impact qu'ont ses actions sur la vie des autres, pas par lui-même. C'est peut-être un peu dommage.
Valentine... J'ai trouvé le coup de foudre que ressent Slimane pour elle un peu irréaliste (on parle d'un gosse de onze ans, quand même), mais il faut dire que je n'ai pas beaucoup de tendresse pour les histoires d'amour. Elle a su m'attendrir, la petite fille-nuage. Un personnage marquant. J'aurais aimé en savoir plus sur son passé, j'ai senti comme un manque.
La mère, assez réaliste – enfin, d'après mes maigres connaissances sur ce sujet – dans son attachement à son mari, j'ai eu envie de la détester, mais si j'avais été à sa place, hein ?...
Maxence, curieux, rêveur et pourtant si réaliste parfois. le grand frère de Slimane tente de le protéger jusqu'à ce qu'il n'y parvienne plus et se suicide dans leur chambre (et oui je le mets en spoiler, parce que même si je l'avais deviné en lisant le résumé, j'ai occulté cette idée pendant ma lecture parce que je ne pouvais juste pas imaginer que ça se passe comme ça ; alors je ne veux pas épargner cette douloureuse surprise à un autre lecteur un peu naïf) . C'est un personnage qui m'a vraiment touchée.
Slimane enfin, Slimane le naïf (peut-être un peu trop ? Je savais très bien ce qu'était le liquide amniotique à onze ans... On croirait plutôt entendre un enfant de neuf ans parler) et pourtant doté de la sagesse particulière des enfants qui en ont trop vu. Slimane qui s'interroge, qui remet tout en question, terriblement attachant... Suivre son point de vue, c'est à la fois un plaisir et une torture, parce que sa douleur fait mal.

L'écriture est particulière, assez enfantine évidemment, mais derrière les mots simples il y a quelque chose de presque sévère, d'incisif, comme si Slimane nous regardait dans les yeux et nous criait ce qu'il crie à sa mère : C'est ta faute ! (Je ne vois vraiment pas comment mieux le transcrire.) Les images sont étonnantes, souvent décalées et toujours justes. Les expressions les plus anodines comme "Le monde est en train de s'effondrer", sont reprises, exploitées, amplifiées.

L'intrigue en elle-même, si elle est un peu répétitive dans la première moitié du livre (je n'en ai pas été lassée, loin de là, mais j'ai ressenti une certaine frustration à l'idée d'être « bloquée »), est prenante dans la deuxième, on est vraiment curieux de l'avenir de Slimane.

J'ai fini par trouver quelques points négatifs à ce roman, mais qui n'en a pas ? Un livre excellent, pour moi, ce n'est pas un livre qui a une excellente plume, d'excellents personnages et une excellente intrigue. C'est un livre qui sait me transporter dans un univers à part, un univers où ma réalité me semble lointaine, si bien qu'à la fin de ma lecture, en reprenant mes activités habituelles, je me sente pour quelques dizaines de minutes étrangère à ma propre vie, comme si je n'étais plus vraiment là, comme si tout était un rêve, comme si la réalité était le roman que je viens de finir. Et ça, le Pays sans Adultes l'a parfaitement réussi.
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stellade
  26 février 2021
Comment ne pas sortir de cette lecture "différent".
Je souligne la magie des mots de Ondine Khayat qui font de l'enfer, un endroit coloré grâce à l'imagination de Maxence, 13 ans et raconté par Slimane, 11ans.
La violence conjugale: le père qui tape femme et enfants avec un véritable déchainement. Comment peuvent-ils vivre dans cette ambiance de peurs, de souffrances, les voisins ne bougeant pas?!!!
Maxence , grâce à son imagination , entraîne Slimane à voir la vie colorée dans le Pays sans Adultes où ils se réfugient pour survivre. Slimane nous la raconte avec son frère, leurs voyages merveilleux et ces mots accrochent le lecteur . J'ai eu envie de savoir comment cette vie pouvait évoluer, je ne pouvais pas les laisser dans cet Enfer . C'est ce qui m'a accroché...
Les mots sont magnifiques, Slimane est lumineux, l'ambiance du quotidien devient moins sombre. Un magnifique roman.

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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
SlySly   15 août 2011
Les battements de nos coeurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. il faut un grand coeur pour y mettre tous les gens qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore.
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FlorelliaFlorellia   04 avril 2019
Je m'appelle Slimane. Je me demande bien où mes parents ont péché un nom pareil... Sûrement dans un lac très loin d'ici ! Je vis dans une famille complètement tordue. Si j'étais pas un enfant de onze ans, je mettrais toutes mes affaires dans une valise, comme mon père quand il est en colère, et je m'en irais en claquant la porte. Ensuite, je m'assiérais dans ma voiture et je démarrerais en faisant beaucoup de bruit, comme mon père quand il est en colère. Je laisserais de la fumée toute noire derrière moi, comme mon père quand il est en colère, pour que la terre entière sache que je suis pas content du tout. Mon père est tout le temps en colère. Je suis sûr que même quand il était dans le ventre de sa mère, il lui criait après pour qu'elle change le liquide «agneautic», un peu comme on change la litière d'un chat. À mon avis, c'était une énorme erreur de le mettre au monde. On n'avait vraiment pas besoin de ça. Il paraît qu'il est né avec le cordon ombilical autour du cou et qu'il a failli mourir étouffé. Dommage... ! Le docteur a dû le faire tourner comme une toupie pour le sortir de cette mauvaise passe. C'était bien la peine de se donner tout ce mal... Grand-mère a dit qu'il était rouge comme les coquelicots qui poussent dans les champs, sur la route des vacances. Enfin ça, j'en sais rien, je suis jamais parti en vacances.
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MariebibMariebib   11 octobre 2010
J'ai pleuré plusieurs fois.
Magnifique. Vraiment magnifique.
Je cite le passage qui m'a fait pleurer le plus:

"Maman est rentrée à 18h. Elle finit plus tôt, le jeudi. Le bruit de la clé dans la serrure m'a fait sursauter. Je l'ai entendu aller et venir d'un pas lourd dans l'appartement. Longtemps après, elle a ouvert la porte. Elle m'a regardé, assis avec mes ailes d'ange. Puis, elle a vu le corps de Maxence se balancer, et une experession folle est passée sur son visage. "
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SlySly   15 août 2011
On devrait vider nos coeurs comme on vide un grenier. Jeter les vieilles querelles qui l'encombrent, les tristesse qui prennent trop de place. On devrait teindre nos coeurs avec des couleurs vives, quand les années les ont rendus trop ternes.
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WictorianeWictoriane   25 novembre 2008
Je voudrais que le chagrin soit effervescent, comme ça je verserais de l'eau dessus, et je le regarderais se dissoudre lentement.
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Videos de Ondine Khayat (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ondine Khayat
"Le parfum de l'exil", le nouveau roman d'Ondine Khayat sera disponible en librairie et en ebook le 14 avril 2021 !
Plus d'informations http://bit.ly/leparfumdelexil
Pour vous procurer le livre : - Notre site : https://www.editionsleduc.com/produit/2481/9782368125816 - Fnac : https://livre.fnac.com/a15514006 - Amazon : https://www.amazon.fr/dp/2368126171
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