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EAN : 9782882504036
384 pages
Noir sur blanc (18/02/2016)
2.25/5   6 notes
Résumé :
En 1952, sous Staline, une femme est assassinée dans une petite ville proche de Tchernigov, en Ukraine. Elle a fait partie de la résistance juive pendant la guerre. Un policier, personnage falot qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l'enquête. Celle-ci va être l'occasion d'un extraordinaire tableau sociologique de la population, marquée par les privations et les séquelles d'une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » i... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

En 1952, sous Staline, une femme est assassinée dans une petite ville proche de Tchernigov, en Ukraine. Elle a fait partie de la résistance juive pendant la guerre. Un policier, personnage falot qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l'enquête. Celle-ci va être l'occasion d'un extraordinaire tableau sociologique de la population, marquée par les privations et les séquelles d'une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » imposée à toutes les couches de la société, on ne parlait pas de ces choses-là. Mais l'enquête fera éclater ce consensus hypocrite et apparaître le mensonge.

Le grand art de Margarita Khemlin, dans ce roman polyphonique, consiste à tenir en haleine son lecteur et à piquer sa curiosité. Chaque personnage semble impliqué dans le meurtre, mais tous se taisent ou ne livrent que des semi-vérités ; ils sont progressivement mis à nu au fil du récit par le policier, figure médiocre et radicalement soviétique, dont la vie personnelle est intimement liée à l'intrigue.

Margarita Khemlin signe un époustouflant roman dans l'URSS répressive et antisémite des années cinquante.

Son  ton et son humour à froid font des ravages.

Un magnifique écriture singulière qui nous transporte dans les méandres de cette société soviétique aseptisée.


Lien : https://collectifpolar.com/
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Une de mes premières incursions dans la littérature russe contemporaine. le roman décrit de façon (très, trop ?) minutieuse une enquête à propos d'un meurtre survenu dans l'Ukraine post-Grande guerre patriotique de 1952 par le policier Tsoupkoï, par ailleurs narrateur de ce récit à la première personne. Outre l'enquête policière en elle-même, l'Investigateur nous fait découvrir les problématiques quotidiennes de l'URSS de cette époque, avec ses liens sociaux particuliers, son administration et, également, sa gestion d'une communauté juive en reconstruction après la Shoah. le récit est lent et quelque peu lourd, parfois, mais c'est probablement volontaire de la part de l'auteur tant cela correspond bien au contexte soviétique. La chute, elle, est assez inattendue, pour ce roman dont je ne presque pas quoi penser. Surprenant, parfois pesant et parfois intéressant me paraît une conclusion appropriée.

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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation

J’ai montré ma carte de police, je me suis présenté.

La vieille a grommelé je ne sais quoi et a appelé quelqu’un au fin fond de la maison.

– Eva, viens ! C’est pour toi !

Après avoir écarté une tenture en broderie richelieu, une

femme qui semblait être la citoyenne Lilia Vorobeïtchik,

laquelle était morte, a avancé dans ma direction. Une chose était bien claire : la femme entraperçue la veille dans l’obscurité était, je puis l’affirmer, vivante. Elle portait une combinaison, pareille à celles que j’ai vues en Allemagne en 1945.

Elle s’est approchée de moi sans la moindre gêne, alors

qu’elle avait les cheveux en bataille et était pieds nus.

Elle m’a demandé :

– Qu’est-ce que vous voulez ?

J’ai reprécisé mon nom et indiqué ma profession, je lui ai

montré ma carte.

Elle l’a examinée attentivement : on était encore autorisé à l’époque à laisser des mains étrangères prendre nos documents.

– Tsoupkoï, Mikhaïl Ivanovitch. Capitaine de la police,

a-t-elle lu à haute voix, en détachant sciemment chaque syllabe

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Il régnait une bonne odeur dans la maison, proche de celle du pain chaud ou des gâteaux secs. La cuisine étant située juste après l’entrée, j’ai tout de suite remarqué sur la table des galettes rondes et très fines qui semblaient percées de petits trous. Une roulette munie d’un manche en bois pour faire des perforations bien régulières était posée là également. Le tablier de la vieille était entièrement saupoudré de farine, il y en avait aussi par terre. Je ne suis pas né de la dernière pluie et je savais que cela s’appelle des matzas. Un truc spécial qu’ils mangent pour leur Pâque à eux. Ce que ma vie ainsi que le genre de profession qui est la mienne m’avaient appris, c’est que leur Pâque était passée. De plus, non seulement la confection des matzas n’était pas approuvée par les organes soviétiques de maintien de l’ordre, mais elle avait été condamnée dans certains cas et avait coûté cher aux contrevenants. La sanction allant jusqu’à de longues peines de prison

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Des rumeurs circulent en ville sur le meurtre de Vorobeïtchik.

Personne parmi la population ne croit en la culpabilité de

Moïsseïenko, le défunt acteur. On m’accuse d’avoir des a priori dans ma relation avec les citoyens juifs et d’avoir étouffé l’affaire. Bref, on constate que le dossier n’est pas clair. Et quand Malka Tsvintar a bavardé avec les voisins à propos de ma visite et de ma rencontre avec Eva Vorobeïtchik, on lui a fait remarquer que personne ne s’attendait à autre chose de ma part, car j’aurais personnellement mis arbitrairement fin à l’enquête qui avait été ouverte et que j’avais maintenant l’intention d’exiger qu’Eva Vorobeïtchik la ferme, elle, en particulier, en tant que plus proche héritière de Lilia.

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Les chefs m’ont chaleureusement félicité pour la rapidité

de mon enquête. Mais un jour avant l’audience préalable,

Moïsseïenko s’est suicidé par pendaison. Il n’a pas laissé de lettre, car il n’avait sur lui ni stylo ni crayon, et dans la mesure où il n’était certainement pas écrivain ni révolutionnaire dans les geôles tsaristes, il n’a pas demandé au préalable de quoi écrire.

Son aveu personnel pesait plus lourd dans la balance que

tous les arguments en faveur d’une poursuite de l’enquête. On avait largement de quoi faire par ailleurs. C’était une époque de grande tension. Les dossiers en cours ont relégué au second plan ce qui venait de se passer

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La voisine de la victime m’a indiqué une certaine Laïevskaïa, Paulina Lvovna, à la fois modiste et amie de la victime. Femme d’âge moyen ; physique désagréable – yeux à fleur de tête ; lèvres barbouillées de rouge comme un petit cœur en pointe ; réputée pour son excellence ; ayant, par ailleurs, une grande aptitude à la réflexion. Pas une femme simple. Vivant dans la solitude après tous les

malheurs auxquels personne n’avait échappé, mais, d’après ses calculs, elle en avait connu plus que d’autres. En conséquence, on lui devait attention et respect. Cela dit incidemment.

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