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Critique de Sanguine


Sanguine
  02 juin 2016
Je suis tombée sur ce livre par hasard, au gré d'un de mes passages à la médiathèque. Je ne le cherchais pas particulièrement mais comme il a croisé mon chemin, je n'ai pas manqué de le glisser dans mon sac. C'est un livre que j'avais vu passer chez Pretty Books mais qui ne m'avait pas plus interpellé que ça. Je dois dire que je l'ai embarqué sans savoir réellement si j'allais le lire ou pas ...

Bagdad, 1997. Salim, jeune étudiant, est arrêté par la police pour avoir lu des livres interdits lors de soirées entre amis de l'université. Torturé, il parvient à taire le nom des filles qui y participaient, parmi lesquelles se trouvait Samia, sa petite amie. Grâce aux relations de son oncle, un riche industriel bien vu du régime, il est libéré dans l'attente de son procès et parvient à s'enfuir via la Syrie. Comme de nombreux exilés irakiens qui servent de main d'oeuvre bon marché, il trouve refuge à Benghazi, en Libye, où il devient simple ouvrier en bâtiment. Désormais sans nouvelles de ses proches, de ses amis et de Samia, son seul but est de faire parvenir une lettre à sa bien-aimée pour l'assurer de son amour fidèle. Mais, de la Lybie à l'Irak, les dictateurs règnent en maîtres (Kadhafi en Libye, Moubarak en Égypte, Abdallah en Jordanie, Hafez el-Assad en Syrie et Saddam Hussein en Irak) et la censure veille. Faire passer une lettre à travers ses mailles est une entreprise difficile et dangereuse. Fin 1999, Salim découvre l'existence d'un réseau clandestin de courrier qui couvre tout le monde arabe. Sans crainte des représailles dont la destinataire pourrait faire l'objet, il ose enfin envoyer sa déclaration à Samia et la confie, moyennant 200 dollars, à ce réseau semi-mafieux très bien organisé.

Je n'ai pas l'habitude de lire des récits qui se déroulent en Syrie ou en Irak. Je dois avouer que si la condition des femmes dans ces pays-là me révolte, je ne suis pas friande de littérature qui va me parler de ça ou de la guerre. Et pourtant, à ma grande surprise j'ai apprécié ma lecture. J'ai aimé parce que la guerre n'est pas au coeur du livre, l'auteur ne cherche pas à nous expliquer quoi que ce soit ou à légitimer les événements. Non, il se contente de nous raconter une histoire et ça, j'aime beaucoup !

C'est donc l'histoire d'une lettre que Salim écrit à son amoureuse Samia. Salim a été arrêté par la police et il a découvert un réseau plus ou moins confidentiel qui permet de faire passer des lettres et ainsi échapper un peu à la censure qui règne dans tous les pays qui entourent la Syrie. C'est un fait, pas de jugement. Mais comment s'organise un tel réseau ?

Et bien ce n'est ni plus ni moins l'histoire du livre. On suit le parcours de cette lettre, tout en se demandant si elle va finir par trouver sa destinataire parce que croyez moi elle passe entre de très nombreuses mains. Les chapitres sont courts, ça permet au récit d'avoir du rythme et de ne jamais lasser le lecteur. Chaque chapitre est consacré à une personne qui se retrouve avec la lettre entre les mains.

J'ai apprécié les chapitres assez brefs, pas le temps de se lasser ! Ca permet aussi de découvrir toute une galerie de personnages parfois hauts en couleur. Et puis C'est plutôt bien écrit. Malgré le climat assez tendu, le récit est assez léger. le livre est plutôt court, 150 pages et on ne les voit pas passer. J'ai apprécié ma lecture même si elle ne restera pas éternellement gravée dans mes souvenirs. Mais j'ai passé un agréable moment en compagnie de la plume de Abbas Khider.

Un petit roman qui peut agréablement accompagner une demie-journée ...
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