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ISBN : 2070356914
Éditeur : Gallimard (22/01/2009)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Dans un village aux portes du désert, Noor attend son châtiment : coupable d'adultère, elle doit être lapidée. Elle n'imagine pas se soustraire à la justice. C'est compter sans une Française qui, pour la sauver, déploiera des trésors de volonté. Formidable conteuse, Vénus Khoury-Ghata brosse les portraits de femmes au destin tragique, déchirées entre le respect de la tradition et le droit &#... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  10 septembre 2015
Voilà un roman de la chair, celle qu'on cache des regards, celle qui se fend puis enfante, celle qu'on moque, frappe, mutile, blasphème tout en étant sans valeur humaine.
Abandonnée par son amant, son chat mort, une femme part au fin fond du monde dans ce village perdu entre désert et montagne, pensant porter secours à un pays en guerre, mais découvrant un peuple aux moeurs médiévales. Les femmes n'y ont absolument aucun droit, ni celui de se plaindre, ni celui de quitter seules le village, et encore moins celui de se faire violer. Noor, mère de trois garçons, est condamnée à la lapidation mais le sol est trop sec pour qu'on puisse envisager de l'enterrer tout de suite; la lapidation est remise aux premières pluies, qui n'arrivent pas, laissant le village sans culture affamé.
Bien que l'étrangère, membre d'une organisation de volontaires, décide de la défendre auprès des autorités pour que Noor, enceinte suite au viol, ne soit pas lapidée, Noor ne revendique rien; elle se soumet sans révolte à l'autorité des hommes, c'est ainsi que ça se passe. L'étrangère se lie ainsi d'amitié avec elle ainsi qu'avec Amina, vieille fille au bon coeur qui s'inquiète elle aussi pour Noor, allant à sa recherche au delà des montagnes lorsque celle-ci décide de retrouver cet amant d'un jour.
L'étrangère, refusant l'illettrisme des enfants, le statut des femmes dans le village, les exécutions arbitraires, s'attaquera aux moeurs de ce monde mais la machine est bien trop rodée pour qu'elle puisse modifier quoi que ce soit et c'est impuissante qu'elle assistera à la barbarie.
Vénus Khoury-Ghata est d'origine libanaise et a surtout été récompensée pour sa poésie, qu'on retrouve dans ce roman envoûtant, oriental dans son style, mais violent, bouleversant. Il laisse en suspens beaucoup de questions et révèle la complexité qu'il y a à vouloir changer une culture que l'on estime - et est - barbare. L'auteur ne juge pas, ne donne pas de solutions, elle dit, tout simplement. C'est éprouvant, bouleversant. Et pourtant, la naïveté, l'ignorance de Noor et d'Amina sont source de joie et de légèreté.
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missmolko1
  14 juin 2015
Sept pierres pour la femme adultère nous raconte l'histoire d'une française qui se retrouve a Khouf, une village perdu, pour une mission humanitaire. La-bas, elle fait la connaissance de Noor, qui attend la lapidation, pour avoir été violé par un homme. La française va remuer ciel et terre pour sauver Noor mais rien n'est facile dans un pays ou les femmes n'ont aucun pouvoir.
Venus Khoury-Ghata dresse un beau portrait de femmes, tellement différentes par leur culture mais au final si semblable. La culture orientale et la culture occidentale s'oppose ici en tout points et le dépaysement est total : "Une main te glisse un biberon entre les doigts, une autre t'aide a t'asseoir, cale ton dos avec des coussins, remplace tes chaussures par des babouches confortables. Elles son aux petits soins pour toi. Elles feront pareil pour toute nouvelle accouchée. Un loukoum fourré dans ta bouche pour enlever son acidité au lait. Un verre de jus d'amande pour le faire affluer. Deux gouttes d'essence de fleur d'oranger pour chasser les coliques, et pour la nuit la tisane de pavot, prodigieuse de sommeil." Malgré tout, le lecteur prend en pleine figure les dures lois du pays : lapidation, viol, jeune fille maltraité par leur époux ou par leur père.....
L'auteur a une plume très belle et ne cache rien de toute cette violence. La narration est aussi très surprenante au début car l'auteur s'adresse directement a ses personnages en les tutoyant. C'est parfois un petit peu déroutant mais ça ne gâche en rien cette très belle lecture.

Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Malaura
  03 juin 2011
Khouf, village perdu en bordure du désert, douar enserré par une sécheresse dévastatrice et un froid meurtrier, bourgade miséreuse malmenée par des vents corrosifs, ravageurs. C'est dans ce lieu oublié du monde que l'Etrangère, bénévole dans un centre humanitaire, s'est installée. C'est là aussi que Noor, coupable d'adultère, attend résignée la mort. Les pierres sont prêtes pour sa lapidation. Pour la sauver de la fatwa, l'Etrangère va aller au bout d'elle-même et de ses convictions.

Apre, sensuel, envoûtant, ce beau roman de la poétesse d'origine libanaise Vénus Khoury-Ghata allie la puissance de son sujet à une écriture sensible, raffinée, lyrique et nous fait partager le destin des femmes orientales écrasées sous le poids de traditions révoltantes.
Le lecteur, oscillant entre la magie qu'inspire l'Orient - son beau langage métaphorique et imagé - et la triste réalité des femmes soumises à des coutumes barbares, s'en trouve profondément ému et impliqué.
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ADAMSY
  31 janvier 2018
Après des déboires amoureux et la perte de son chat, une jeune française part offrir son aide en tant qu'humanitaire dans un petit village au bord du désert, entre Afghanistan et Iran. Elle y rencontre deux femmes singulières avec lesquelles elle devient amie. C'est ainsi qu'elle découvre leurs traditions et la soumission des femmes à l'homme, soumission qui dépasse toute humanité. Noor doit notamment être lapidée sous peu. Son mari l'a répudiée car elle a été violée par un étranger. Celle-ci accepte son sort. Pas la française qui va déplacer des montagnes pour tenter de la sauver.
Le texte est joliment écrit. Pourtant aucune émotion ressentie en lisant l'histoire de ces malheureuses acceptant leur destinée et qu'on fait passer pour folles. C'est cependant un récit révoltant.
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LIONELLE
  10 septembre 2014
Cinq ans après cette lecture, je me souviens encore de ce village poussiéreux, perdu dans les sables, de cette femme qui au fond de la grotte où elle est enfermée attend le châtiment de la lapidation auquel la fawa l'a condamnée.
Bouleversant.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   08 septembre 2015
La nuit, dans ta chambre meublée d'un lit étroit et d'une chaise, tu penses à Noor qui attend avec calme son exécution prévue dans les quarante jours. Elle aurait déjà été lapidée si la terre durcie par la sécheresse ne résistait pas aux pelles. Le vent glacial depuis ce soir fait espérer la pluie, mais il semble se suffire à lui-même, pas un seul nuage ne l'accompagne.
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rkhettaouirkhettaoui   11 juin 2013
Elle est là pour Noor, rien que pour Noor. Et ses yeux, d’après le mokhtar,
ne sont pas des yeux mais des vitres, à travers leur bleu, c’est le ciel qu’on voit. Fière, allez savoir pourquoi, mais un puits de connaissances et de science. Elle parle et écrit trois langues, pas une de moins. Chose jamais vue à Khouf, même pas au Sahel où les écoles sont de vraies écoles, pas une madrasa convertible en grange en temps de récolte. Trois langues, alors qu’elle ne sait pas tenir correctement un balai, ni essorer d’un seul geste une serpillière. Une femme à plusieurs étages comme les maisons de la ville. Le haut pour faire circuler l’air, le milieu à l’abri des regards et le bas pour recevoir.
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Myriam3Myriam3   10 septembre 2015
Tu leur a monté la tête, tu as fait croire à la première qu'elle avait le droit d'aimer, à la seconde qu'elle pouvait prédire l'avenir. Elles se sont crues des femmes alors qu'elles sont des femelles, soeurs de ce qui met bas, vêle, pond.
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rkhettaouirkhettaoui   11 juin 2013
Une femme n’a pas besoin de savoir lire. Une femme lit le désir dans les yeux du mâle, active son feu en même temps que celui de l’âtre, pétrit son ventre du même geste que le pain à enfourner. Quel besoin de lire dans un douar qui ne compte qu’un seul livre, propriété du cheikh ? Lire et écrire est bon pour ceux qui vivent en ville, non en bordure de désert.
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rkhettaouirkhettaoui   11 juin 2013
Que peut un coq sans poule ? Seules les poules et les femmes pondent. Les coqs et les hommes ne sont bons qu’à fanfaronner. Elles le font chez elles, dans le poulailler, même à l’ombre d’un arbre quand les douleurs les surprennent.
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Videos de Vénus Khoury-Ghata (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vénus Khoury-Ghata
Festival Voix Vives 2019 D'une rive à l'autre : Vénus Khoury-Ghata Images et montage : Thibault Grasset - ITC Production #Poésie #VoixVives #VénusKhouryGhata
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