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ISBN : 2742752994
Éditeur : Actes Sud (08/03/2005)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 15 notes)
Résumé :

Dans le Beyrouth des années 1950, une jeune fille grandit entre ses sœurs, sa mère et son frère, sous la férule d'un père violent. Rebelle et exalté, le frère écrit des vers qui lui valent la fureur du père, ses coups, ses brimades, sa haine. Bientôt chassé du toit familial, le gracieux jeune homme aux rêves immenses s'enfonce dans une déchéance qui le brisera, terrassant chez lui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
El_Gabier
  26 décembre 2017
La vie cloisonnée comme une offense faite au père. Poésie enfermée, corps maltraité, vers délaissés, rimes malmenées, rêves fracassés sous les coups, écrasés par la férule autoritaire.
La vie aliénée, camisolée par des silences culpabilisateurs. Littérature de l'électro-choc, prière médicamenteuse, culture de la norme dans un Liban morne.
L'amour rude, la vie dure, la violence drue pour un fils déviant. La chaleur des mots, le frisson du silence pour ce frère aimé, aimant. Une mère amère, aux larmes absconses, au coeur sourd aux souffrances, aux différences.
Une maison au bord des larmes, au bord de la folie. Des douleurs qui rejaillissent, sculptures de sang, de brisure, taillées aux burins des pieds. Ombres flottantes des souvenirs tacites d'une violence familiale, d'un abandon.
Une maison au bord des larmes, un vide dans les coeurs, dans les têtes, une biographie puisée dans la moelle poétique de l'être honnis, délaissé, haï. Âpreté des mots, dureté de la vie, Venus Khoury-Ghata cisèle son enfance, réveille ce père despote. Scalpel vengeur, poésie d'excuse, elle distille la descente aux enfers d'une famille dans le Liban d'après-guerre tel des effluves de cauchemars .
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nena
  21 juillet 2014
Un seul mot pour ce livre : bouleversant !! "La maison était au bord d'une route comme au bord des larmes, ses vitres prêtes à éclater en sanglots" Roman autobiographique, Beyrouth dans les années 50. Une famille avec la mère, le père violent, les soeurs et un frère. L'auteur s'adresse à ce frère sacrifié par la haine du père car il ne ne correspond pas à ses souhaits, il est un garçon rêveur et poète. Il sera enfermé dans un asile, « soigné » à coups d'électrochocs. Il en sortira en 1975 lors de la guerre civile, récupéré par la mère à la porte de la maison : "accroupi derrière le portail géant, en pyjama, dix années d'asile t'ayant éloigné de tes vêtements". Tant d'émotions dans ce court roman, un bijou, un récit cruel et poignant
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andras
  31 mai 2016
Venus Khoury-Ghata, écrivaine libanaise qui s'est installée à Paris dans les années 70 et y a publié plusieurs romans et recueils de poèmes, nous raconte l'histoire mouvementée de sa famille à Beyrouth et dans le Nord du Liban. Cette histoire est avant tout celle de son frère Youri, qui est "différent". Il écrit des poèmes, a une sexualité (semble-t-il) impudique et tout cela est insupportable pour son père (un moine défroqué devenu gendarme) qui l'enfermera dans un monastère trappiste. Là commence une déchéance progressive et tragique, jusqu'à l'internement psychiatrique. Un jour, à son tour, l'auteure bravera l'interdit paternel et écrira son premier poème. L'histoire est poignante, les phrases sont "jetées à grande pelletée sur la page", comme le dit VKG, phrases brèves, sèches, évitant tout pathos. J'aurais aimé parfois que l'auteure prenne un peu plus de temps pour nous raconter certaines scènes, et nous en dise davantage sur les protagonistes de ce drame, notamment sur elle-même et ses deux soeurs. La guerre, et le temps ont effacé beaucoup de choses et c'est au lecteur de tenter de combler, s'il le veut, les vides (ou les silences volontaires) de ce beau récit, au titre si juste.
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Cioran
  05 avril 2013
Un très beau livre où l'auteur, libanaise, écrit comme on crie....
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mimipinson
  02 juin 2016
Une enfance libanaise
Dans ce court roman autobiographique, Vénus Khoury –Ghata revient sur son enfance entourée de ses soeurs, et de son frère. C'est surtout de son frère, de sa relation avec les parents, et de sa relation au monde dont il sera question ici.
Ce jeune homme rêveur, poète et instable ne cadre pas très bien avec la rigidité familiale, et encore moins avec un père lourdement handicapé des sentiments, violent, destructeur et haineux.
Vénus Khoury- Ghata est une spectatrice impuissante de la descente inexorable de ce frère fragile, incompris et différent des autres. Elle l'aime et lui rend hommage dans un très beau texte où elle mélange la narration avec le "je", et un journal dans lequel elle s'adresse directement à lui.
Au-delà de l'histoire familiale, Vénus Khoury–Ghata, exprime une nostalgie palpable, et probablement douloureuse d'un Liban perdu qui au fil des années file vers la guerre civile. Sa plume est sensible, finement travaillée.
Voilà une très belle découverte qui me donne envie d'explorer l'oeuvre importante de cet auteur.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
andrasandras   25 avril 2016
Venus Khoury-Ghata, écrivaine libanaise qui s'est installée à Paris dans les années 70 et y a publié plusieurs romans et recueils de poèmes, nous raconte l'histoire mouvementée de sa famille à Beyrouth et dans le Nord du Liban. Cette histoire est avant tout celle de son frère Youri, qui est "différent". Il écrit des poèmes, a une sexualité (semble-t-il) impudique et tout cela est insupportable pour son père (un moine défroqué devenu gendarme) qui l'enfermera dans un monastère trappiste. Là commence une déchéance progressive et tragique, jusqu'à l'internement psychiatrique. Un jour, à son tour, l'auteure bravera l'interdit paternel et écrira son premier poème. L'histoire est poignante, les phrases sont "jetées à grande pelletée sur la page", comme le dit VKG, phrases brèves, sèches, évitant tout pathos. J'aurais aimé parfois que l'auteure prenne un peu plus de temps pour nous raconter certaines scènes, et nous en dise davantage sur les protagonistes de ce drame, notamment sur elle-même et ses deux sœurs. La guerre, et le temps ont effacé beaucoup de choses et c'est au lecteur de tenter de combler, s'il le veut, les vides (ou les silences volontaires) de ce beau récit, au titre si juste.
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fanfanouche24fanfanouche24   25 août 2013
Les diables c'est comme les hommes, il y en a de mauvais, de bons, et même de vertueux. Tout dépend de la manière dont ils ont été jetés en enfer. (p.80)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 août 2013
Je n'ai pas partagé leurs jeux, ce jour-là, ni les jours suivants. J'ai cessé de jouer à l'âge de neuf ans. La honte me clouait au sol. Les récréations, c'est fait pour les enfants normaux. (p.14)
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fanfanouche24fanfanouche24   25 août 2013
Les mercredis redeviennent pour moi des jours pareils aux autres. Je me rendais à l'asile quand je te savais brûlé par le désir de t'en évader. Les séances d'électrochocs et les neuroleptiques t'ont coupé les ailes. Tu es un ange déchu, un oiseau amputé. (p.93)
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andrasandras   25 avril 2016
J'avale ma honte comme jadis la nourriture de ma mère. Ses légumes cuits à l'étouffée comme nos cris, ses salades trop salées probablement assaisonnées avec ses larmes.
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Videos de Vénus Khoury-Ghata (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vénus Khoury-Ghata
Vénus Khoury-Ghata – Assise sur son seuil. lu par Brigitte Agulhon.
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