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EAN : 9782714493255
Éditeur : Belfond (18/02/2021)
3.85/5   33 notes
Résumé :
Texas, 1904. Comme toutes les pensionnaires du foyer Berachah, Lizzie et Mattie ont traversé bien des épreuves. La première, prostituée malade, mère d'une petite fille, n'a connu que la misère, tandis que la seconde a tout perdu en tombant enceinte hors mariage. Et si ce lieu pas comme les autres leur offrait enfin une seconde chance ?

Un siècle plus tard, Cate, bibliothécaire, se prend de passion pour ces destins poignants qui font écho à sa propre h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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Eroblin
  20 mars 2021
« La maison des égarées » est un beau roman choral porté par trois femmes qu'un siècle sépare. L'intrigue commence avec l'histoire de Lizzie rejetée par sa famille, malade, jeune mère d'une petite fille et qui est recueillie par un organisme de charité, la Société de secours de Berachah, dirigé par un pasteur qui s'est donné comme mission de sauver toutes les femmes perdues et de leur redonner la possibilité de se racheter par la prière et le travail. Lizzie est très jeune mais elle a déjà connu l'abandon, la violence des hommes et la misère. Aussi, entre ces murs, elle va pouvoir se reconstruire et faire la connaissance d'une autre jeune femme Mattie, éprouvée elle aussi par la vie, qui va passer quelques années à Berachah avant d'en partir pour donner un autre sens à sa vie. Un siècle plus tard, une bibliothécaire, nouvellement nommée à Arlington au Texas, découvre au cours d'un footing un cimetière. Intriguée par ses tombes abandonnées, elle va se plonger dans les archives et découvrir l'existence de la Société de secours de Berachah, s'intéresser au sort de ces femmes brisées dans lesquelles elle se reconnaît.
Le roman alterne les trois voix et permet peu à peu de découvrir les mécanismes sociétaux qui ont fini par rejeter Lizzie et Mattie et les ont laissées presque mortes et marquées à vie par ce qu'elles ont vécu. J'ai beaucoup aimé le destin de Mattie, sans doute, parce qu'elle trouve en elle l'énergie de quitter Berachah pour Oklahoma City, qu'elle parvient à ouvrir un restaurant, à s'intégrer de nouveau dans cette société si hypocrite et moralisatrice. Je ne voyais pas au départ l'intérêt de Cate, cette bibliothécaire me semblait si lisse que j'ai cru qu'elle aurait un rôle secondaire. Mais l'auteure, au fil des chapitres, nous fait vivre une Cate plus complexe dont le parcours de vie est aussi cabossé que celui de Lizzie et de Mattie. le roman permet d'aborder les thèmes des violences faites aux femmes, de l'homosexualité, de l'emprise de la société sur les femmes au début du 20è, de la religion (surtout par rapport à Cate). Une belle découverte !
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madamelafee
  17 février 2021
Le seul vestige de la grande maison existant est le cimetière de Berachah situé sur la propriété de l'université d'Arlington au Texas. Au début du XXème siècle le pasteur James T Upchurch et sa femme Margaret Mae ont ouvert ce foyer pour redonner aux filles déchues ce que lui et d'autres réformateurs considéraient à l'époque comme des vies honorables. Lors d'une promenade dans le parc, Cate Sutton fraîchement engagée comme bibliothécaire de l'université découvre un petit cimetière avec des pierres commémoratives dissimulées ici et là. Sur un panneau il est écrit « site du domaine de Berachah ». Intriguée par tous les noms inscrits sur les plaques Cate veut en savoir un peu plus sur l'histoire de cet endroit. Laurel Medina se présente à elle comme étant une étudiante de 1ère année. Très vite elles vont se lier d'amitié. Cate l'engage pour l'assister dans ses recherches. Elles tombent sur de vieilles paperasses et fouillent dans des cartons oubliés où sont enfouis de vieux trésors, des photos jaunies avec des visages d'adolescentes mélancoliques. Des tas de questions concernant ces vies brisées et enterrées les tiennent éveillées. Progressivement Cate va retracer la vie de Mattie et celle de Lizzie de manière à nous faire revivre leur histoire. L'époque où elles vécurent n'était pas rose, c'était une dangereuse arène où elles devaient affronter la dureté de leur condition. Elles ont été abusées, blessées et profondément meurtries, abandonnées par leur propre famille. Elles se sont réfugiées dans ce foyer où tout était fait pour les préserver des tentations, des addictions et des périls effrayants de l'extérieur qu'elles avaient connus jusque- là. Asservies, dirigées tout au long de leur enfance, elles ont trouvé auprès d'autres filles comme elles de douces et grandes consolations. Ce qu'elles ont enduré, aucun homme ne l'aurait supporté. Ces jeunes femmes forcent l'admiration par leur ténacité. Rien n'est mièvre dans ce roman douloureux rempli de tendresse, de courage et de sororité où quatre vies se révèlent peu à peu. Les pages les plus belles par leur densité âpre sont celles où Julie Kibler montre la détresse sentimentale et sensuelle de ses héroïnes. Nées de la conjonction de l'église, de l'état et du sexe, elles ont remporté de petites/grandes victoires par leur détermination. Cate y reconnaîtra même en des temps plus égalitaires de lointaines connivences qui vont faire écho à sa propre vie. Merci aux éditions Belfond et à Carine Verschaeve pour l'envoi de ce très bon roman qui ne se lâche pas facilement.
Parution aux Editions Belfond le 18 février 2021
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Aa2liiinee
  13 juin 2021
Le nouveau roman de Julie Kibler a été une lecture en demi-teinte. J'ai eu du mal à me plonger dans cette histoire. Il m'aura fallu une centaine de pages pour prendre plaisir à découvrir le destin de Lizzie Mathy et Kate. La transition entre l'époque passé et présent n'est pas aussi fluide que ça. La maison des égarés est inspirée par des événements historiques et c'est là, la force de ce roman. On sent tout le travail de documentation fait par l'auteure pour nous peindre au mieux le tableau de cette Amérique patriarcale.
Le foyer de Berachah est le lieu des seconde chance et de l'espoir. Chaque fille de ce foyer porte son propre fardeau. Elles se sont vues imposer les diktats d'une société patriarcale et de devoir subir sans jamais oser élever la voix. Je n'ai pas forcément accroché avec les personnages, même si leurs histoires sont touchantes. J'ai par contre aimé la relation d'amitié entre Mattie et Lizzie, qui va les aider à surmonter des épreuves et se prolonger dans le temps malgré leur caractère très différent.
L'impact religieux est très fort et assez présent au sein de ce roman mais utile pour la compréhension de l'histoire. Il apporte un contexte historique non négligeable pour comprendre certains choix de nos protagonistes. Une partie de l'Amérique très conservatrice. Une histoire de femmes dans un monde d'hommes.
Cette histoire permet de mettre en lumière la condition des femmes et de voir le chemin parcouru jusqu'ici. On prend une nouvelle fois conscience qu'il y a encore des choses à faire. Ce que je vais retenir de cette lecture malgré que je n'ai pas été convaincu totalement, c'est la place de la femme dans cette société qui est peu considérée et l'enrichissement personnel à découvrir ce pan de l'Histoire. La maison des égarés est une ode à la sororité.
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Emilie77400
  19 avril 2021
Un magnifique récit polyphonique ou l'on va suivre 3 femmes à un siècle d'intervalle.
D'un côté, Lizzie et Mattie, deux jeunes femmes ayant trouvées refuge au foyer Berachah, un refuge fondé au début du XXe siècle par le Révérend JT Upchurch pour toutes les femmes perdues/déchues, dans le but de les aider à se remettre sur pieds et de se « racheter » en vivant une vie beaucoup plus honorable (et dévote).
De l'autre Cate, une version moderne de nos « égarées » dont on découvrira les blessures au fur et à mesure que l'histoire avance.
Les chapitres alternent donc avec le récit de l'une ou l'autre, ce que j'ai particulièrement apprécié car cela ne nous cantonne pas à 1 seul point de vue et une même situation peut être vécue très différemment d'un personnage à l'autre... On a aussi accès aux non-dits (souvent par honte) qui nous permettent d'apprécier la situation dans son ensemble.
Je préfère tout de suite vous prévenir, c'est un roman puissant, qui montre la condition féminine dans ce qu'elle a de plus dur… L'histoire de Lizzie notamment m'a beaucoup marquée… Surtout quand l'on sait que tout ceci part d'une situation réelle (le foyer à réellement existé) et que les personnages de Mattie et Lizzie sont inspirés de femmes ayant réellement vécu dans cette institution.
C'est une lecture qui me fait apprécier le fait d'être née à notre époque et en France, je me sens vraiment privilégiée car même si les choses changent, beaucoup trop de femmes dans le monde continuent de subir les dictats d'un mari, d'une famille ou encore d'une communauté...
Je referme ce livre et la première chose qui me vient à l'esprit est : « Whaouh ».
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LisezEnMoi
  14 avril 2021
Il est impossible de passer devant le roman La maison des égarées de Julie Kibler sans être attiré par sa magnifique couverture.
Et il suffit ensuite de s'en saisir et de lire sa quatrième de couverture pour comprendre que l'on a entre les mains un roman qui sera passionnant.
Paru le 18 février 2021 aux éditions Belfond (que je remercie pour l'envoi du service presse), il fait déjà l'objet de très nombreux avis positifs et cela a renforcé mon envie de le découvrir.
Dès les premières pages, nous faisons connaissance de l'une des trois femmes importantes de l'histoire : Lizzie.
C'est une jeune femme, maman d'une petite Docie âgée de 2 ans. Ancienne prostituée, elle est considérée comme une femme déchue.
Elle se voit accueillie par la Société de secours de Berachah, un foyer recueillant les femmes dans sa situation, ainsi que leurs enfants, en échange d'une repentance et d'heures de travail.
Elle y fera la connaissance de Mattie, rejetée par sa famille après être tombée enceinte hors-mariage.
Une belle amitié basée sur la confiance et la solidarité naîtra de cette rencontre.
Un siècle plus tard, Cate, bibliothécaire à Arlington, petite ville du Texas, découvre un cimetière alors qu'elle faisait un footing sur le campus de l'université pour laquelle elle travaille.
Intriguée par ce qu'elle y trouve et passionnée d'Histoire, elle décide de faire des recherches.
Elle se trouvera alors absorbée par l'histoire de Lizzie et Mattie, histoire qui fera écho à la sienne et lui permettra de voir les choses sous un angle différent.
Tout comme Cate, j'ai été absorbée par le destin de ces deux femmes, par ce qu'elle ont vécu et la force dont elles ont fait preuve.
Cate est un personnage tout aussi important. On se rend compte au fil de l'histoire que son passé n'est pas simple. Elle porte en elle de lourds secrets dont elle a beaucoup de mal à se défaire.
Les sujets abordés nous font prendre conscience que certaines choses ne changement pas totalement avec le temps, que les épreuves font partie de nos vies et qu'elles sont là pour nous rendre plus forts.
Ce livre est un véritable coup de coeur littéraire. J'ai été happée par l'histoire dès les premières pages et le reposer, pour quelque activité que ce soit, était pour moi difficile.
Le roman fait 500 pages. J'aurais pu en lire le double sans jamais m'en lasser tant la plume de l'auteure est magnifique.
Je le conseille aux lecteurs qui aiment les destins croisés et qui lisent pour ressentir de belles émotions. Je pense sincèrement qu'il plaira à quiconque aura la chance de le lire.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2021
Il mangeait tout, et pourtant se cramponnait à son ventre, comme foudroyé par des crampes de famine, et la nourriture lui donnait à peine assez d’énergie pour soulever ses jouets. L’apathie s’était installée, et les crises de larmes de ces derniers mois l’avaient rendue folle au point de se laisser presque tenter elle-même par le sirop qu’avait donné le médecin quand elle l’avait supplié de prescrire quelque chose à son fils, n’importe quoi. L’élixir avait calmé Cap assez longtemps pour lui offrir quelques heures de sommeil, avant un nouveau réveil à coups de hurlements.
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rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2021
Les situations qui nécessitent même une infime part d’intimité font basculer l’équilibre fragile que j’ai travaillé si dur pour construire. C’est comme ça. Je l’ai accepté depuis longtemps. Et en dépit des certitudes de ma psy, le rappel manifeste se fait douloureusement sentir quand je tente de m’écarter du superficiel.

Je suis une adulte. Une professionnelle. Je gère ma vie avec brio.

Mais je suis brisée à l’intérieur. Les gens le sentent, et ils s’éloignent.

Quant à moi ? Je cours.
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rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2021
Après tout, pourquoi suivre les règles des autres quand on peut avoir la sienne et que les affaires sont là ? Pas vrai, ma jolie ? » À chaque mot qu’il prononçait, Mattie se sentait salie. Il n’allait probablement pas tarder à remonter sa jupe lui-même, en public. Elle recula. « Je ne suis pas ce genre de fille.
— Ah ouais ? Moi je pense qu’une fois qu’un homme est passé par là, la porte est ouverte à tous les autres. Mais vas-y, monte dans ton tramway. À la semaine prochaine. »
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rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2021
En général, il règne ici un silence perturbé par le cliquetis des claviers qui s’élève de l’accueil, et le souffle des portes qui s’ouvrent et se referment. L’austérité peut être angoissante, si on n’en a pas l’habitude. De quoi justifier l’air confus des étudiants qui y pénètrent. Ils nous trouvent parfois par hasard, mais le plus souvent sur les indications d’un professeur qui persiste à croire que ce qu’ils cherchent ne peut être trouvé qu’ici, et pas sur Internet.
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rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2021
Pouvait-elle se fier à cette femme ? La confiance ne lui assurait aucune protection. Mais quel choix avait-elle, alors qu’elle était à peine capable de sortir seule du lit, et encore moins avec ce qui lui appartenait ?
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