AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Stéphane Camille (Traducteur)
EAN : 9782757805688
441 pages
Points (17/01/2008)
3.41/5   29 notes
Résumé :
L'exquise Betty, quatorze ans à peine, est de retour à Sydney après des mois de captivité chez les Maori. Bientôt, la société australienne bien-pensante du XIXe siècle est secouée par la rumeur : à quoi Betty doit-elle sa survie ? Aurait-elle mis en cause l'honneur de son mari ? La réponse tient en une bouleversante confession à plusieurs voix, inspirée de faits réels.

Que lire après RescapéeVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
3,41

sur 29 notes
5
0 avis
4
8 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis
Embarquez-vous vers une Australie et une Nouvelle-Zélande, où les Européens n'occupent encore que quelques minuscules stations côtières. Nous sommes au 19ème siècle.
La rescapée du titre (en anglais, plutôt "L'épouse captive") s'appelle Betty Guard. Elle a été kidnappée avec ses deux petits enfants par les Maori, puis délivrée par l'armée britannique quelques mois plus tard. de retour à Sydney, elle est d'abord accueillie chaleureusement par la bonne société, mais... la suspicion naît puis grandit autour d'elle.
D'abord, Betty est une "mauvaise victime" : enfant pauvre, élevée par sa grand-mère du fait de parents défaillants, elle est devenue toute jeune, la femme d'un baleinier riche, mais ancien convict (un prisonnier : encore qu'on pouvait se retrouver aux antipodes pour le vol d'une couverture, la justice britannique n'était pas tendre.)
Et puis cette mauvaise victime ne donne pas l'impression d'être suffisamment traumatisée : elle sort, elle fait ses courses dans les magasins habituels, au lieu de se terrer de honte chez elle.
Car bien sûr, la question qui émoustille tout le monde, c'est : que lui a-t-on fait chez les Maori ?
Une partie du roman est le journal du mari outragé, une autre, en parallèle, le récit que fait Betty à Adie son ancienne institutrice (qui, elle aussi, espère des détails croustillants). Il y a aussi des lettres et diverses sources, c'est très habilement construit. Plusieurs personnages secondaires se révèlent intéressants également.
Il faut attendre la dernière partie du roman pour découvrir "Ce qui s'est passé".
Et du point de vue maori, c'est une tragédie. C'est à une guerre coloniale que Betty a servi de prétexte. Et Betty le sait, elle qui décrit avec tendresse la solidarité qu'elle a rencontrée auprès des femmes maori.
C'est un très beau roman historique, et un portrait de femme assez exceptionnel.
Traduction parfaite de Stéphane Camille.
Challenge Globe-Trotter (Nouvelle-Zélande)
Commenter  J’apprécie          160
Il était prévue une découverte littéraire de la nouvelle Zélande... Et puis rescapée ....
Immersion en Australie du 25 janvier 1788 jusqu'en février 1836, avec de nombreuses escales au pays des maoris, départ pour le bout du monde, départ pour un autre univers !
Peut on imaginer Sydney comme "une étroite barre rocheuse le long de la rive occidentale d'un petit torrent qui se perdait dans des marécages au bout d'une anse." ?
Port Jackson (Sydney) n'était qu'un camp pénitentiaire.
Peut on imaginer le détroit de Cook comme le lieu privilégié de la chasse à la baleine, de la pêche au phoque et les plages le long de ses rives, comme des stations baleinières où avaient lieu la transformation des petites bébêtes !
Ce livre est une fiction inspirée de faits réels : Jacky, Betsy (première femme européenne à s'installer dans l'île du Sud), John (premier enfant européen né dans l'île du Sud), Louisa (premier enfant de sexe féminin née dans l'île du Sud).
Ce livre n'est pas une étude de la civilisation aborigène ou maorie selon les pays, même si certains aspects de leurs vies sont dévoilés.
C'est surtout une étude de la colonisation de ces deux pays, étude passionnante qui nous donne envie d'en savoir un peu plus sur l'histoire de ce continent, et nous révèlent une fois de plus les horreurs commises au nom de ?
Je dirais les conneries habituelles : la religion, l'establishment, le respect des convenances, l'argent, le pouvoir.....
Tout un programme.
Commenter  J’apprécie          60
Sydney dans les années 1830. Les convicts, criminels anglais, prisonniers déportés en Australie parfois pour un simple vol, cohabitent avec les colons libres et ont créé la ville qui n'était au départ qu'une lande de terre sablonneuse et inculte, fin 19e. Les anciens convicts libérés sont toujours considérés par les colons comme une basse classe dont il faut se méfier, aussi est-il très difficile pour eux de s'émanciper et de trouver un travail honorable. John Guard se révèle un bon marin et un habile négociateur, il parvient à se faire une notoriété dans le commerce avec les Maori et fait ainsi de fréquents trajets jusqu'en Nouvelle-Zélande et y construit plusieurs maisons régulièrement incendiées. Les tribus Maori sont divisées par un interminable conflit et John va être pris à parti dans la querelle en raison de ses liens avec un chef, Te Rauparaha. Sa femme et ses enfants sont capturés, échappent à la mort et seront libérés avec l'aide du gouvernement anglais. Betty, la jeune épouse de John est rapidement soupçonnée d'avoir pactisé avec la tribu qui la retint captive. Plusieurs voix alternent et racontent les prémisses, le déroulement des événements dramatiques et ses conséquences. Inspiré de faits réels, le roman décrit ces contrées sauvages d'une grande beauté, les chasses à la baleine, les coutumes et moeurs des tribus cannibales, le sort misérable des convicts méprisés par les colons anglais.
Commenter  J’apprécie          40
Dans le Sydney des convicts, le gouvernement britannique est installé, les bagnards gagnent leur liberté et Betty, fille de l'un deux, connaît un destin hors du commun pour une très jeune fille... En épousant John, elle adopte la vie des chasseurs de baleines, et assiste à la colonisation de la Nouvelle Zélande. Kidnappée par un clan Maori, elle est libérée par l'armée britannique et revient à Sydney où l'attendent de nombreuses rumeurs sur les conditions de sa détention. Au-delà d'un destin de femme poignant, ce roman plonge le lecteur dans cette ambiance qui fut celle de l'installation des Européens dans le Pacifique, de leurs conquêtes sur les peuples indigènes : l'écriture de l'auteur nous emporte avec grâce dans cette époque importante de l'histoire du Pacifique.
Commenter  J’apprécie          60
Fiona Kidman s'est inspirée d'un fait réel pour ce roman passionnant qui dresse le portrait d'une toute jeune femme, raconte son émancipation dans une société figée dans ses a priori, sa bien pensance et son racisme.

L'histoire débute en Australie, à Sydney, colonie anglaise, terre d'exil pour les convicts, des hommes et des femmes envoyés là parfois pour le simple vol d'un pain ou d'une couverture. John Guard est un de ces anciens convicts. Son sens des affaires et de la navigation lui permettent de se tailler une place de choix chez les baleiniers. Au début du 19ème siècle, la chasse à la baleine est la grande affaire de cette région. Il remarque très tôt une toute jeune fille Élisabeth, âgée d'à peine 14 ans. Il pourvoira à son instruction en la faisant aller à l'école avant d'en faire sa compagne. Il fait des affaires avec les Maoris en Nouvelle-Zélande et amoureux de la beauté de cette terre, il y construira une maison où il emmènera femme et enfants. Les relations avec les Maoris s'étant envenimées, à la suite d'un naufrage, Élisabeth et ses enfants sont capturés par les Maoris. Une expédition de l'armée anglaise réussit à les récupérer plusieurs mois après. C'est avec le retour d'Élisabeth que les rumeurs vont bon train et que la "bonne société" australienne se répand en commérages, vibrante d'excitation et de réprobation à l'idée de ce qui a pu se passer entre les "sauvages" et la jeune femme ...

L'histoire est racontée à travers le journal de bord de John, le récit d'Élisabeth et la voix de son ancienne institutrice qui a recueilli le récit détaillé de ce qu'elle a vécu .
Véritable roman d'aventures foisonnant et détaillé, Rescapée est intéressant pour la description de cette société européenne colonisatrice qui méprise les indigènes tout autant qu'elle pille les ressources naturelles, bousculant les traditions sans vergogne et figée dans un quant-à-soi ridicule et hypocrite. En dépit de quelques petites longueurs, c'est une très belle découverte !
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (4) Ajouter une citation
La partie la plus facile est de tuer la baleine, la plus difficile est de la hisser à terre. L'eau de la baie a quatorze à vingt brasses de fond. Si la baleine nous échappe, elle tombe en profondeur. Toute une histoire pour que nos bateaux la ramènent à la surface. Quand même, on en attrape beaucoup. On arrive à se faire dix tonnes, peut-être treize tonnes f'huile et trois cents kilos d'os d'un coup. Les femmelles sont les meilleures. Elles donnent plus d'huile que les mâles. C'est dommage pour les petits. On attache les petits d'abord afin d'attirer la mère. La mère suivra toujours son petit. Plus jeunes on attrape les petits, mieux c'est parce que la mère perd du poids vers la fin de la saison à force de nourir son baleineau. Ce sont de grosses bêtes.
Commenter  J’apprécie          00
Je commençai à voir que les Maori avaient des raisons de se plaindre. Nous tuions beaucoup de baleines. Or les baleines sont rangatira, maîtresses des mers. Elles sont considérées comme des richesses, à condition qu'elles s'échouent volontairement sur les berges de l'océan. Il est vrai que certains Maori sont venus tuer des baleines avant nous ; ils convoitaient nos babioles et nos trésors. Le premier Maori que mon mari rencontra, c'était à bord d'un navire baleinier. A cette époque ils ne récoltaient que la puanteur des animaux morts, les feux et les fumées telles des visions de l'enfer sur terre.
Commenter  J’apprécie          00
Vous êtes très pâle, Adie. Ne flanchez pas. N'oubliez pas que c'est vous qui m'avez déverrouillé la langue. Laissez-moi vous raconter comment on cuisine les êtres humains.
Commenter  J’apprécie          20
J'avais décidé qu'il valait mieux considérer Betty comme morte. Si elle ne l'était pas elle avait sûrement été souillée par les sauvages.
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Fiona Kidman (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiona Kidman
La romancière néo zélandaise Fiona Kidman s'est inspirée d'une histoire vraie pour ce livre. Elle raconte la destinée tragique d'un jeune Irlandais, victime à la fois de la solitude et d'un gouvernement qui utilise la peine de mort pour se débarrasser des immigrés. Un livre bouleversant
autres livres classés : nouvelle-zélandeVoir plus
Les plus populaires : Littérature étrangère Voir plus


Lecteurs (74) Voir plus



Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
3249 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..