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Ferdinand Prior (Traducteur)Odette Prior (Traducteur)Marie-Henriette Guignot (Traducteur)
ISBN : 2070325164
Éditeur : Gallimard (01/01/1990)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 133 notes)
Résumé :
" Le titre du livre, en lui, ne frappait pas mon imagination, je pensais que c'était un recueil d'extraits, ce qui me paraissait tout naturel car je savais qu'il s'était toujours appliqué avec zèle à ses études. Mais le contenu était tout autre. Il s'agissait en effet d'un journal, ni plus ni moins, et tenu avec beaucoup de soin ; et bien que, d'après ce que je savais de lui auparavant, un commentaire de sa vie ne paraisse pas tout à fait indiqué, je ne peux pas nie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  19 décembre 2014
« le Journal du séducteur » n'est qu'une petite partie de « Ou bien… ou bien », livre de Kierkegaard beaucoup plus riche. C'est une des oeuvres les plus ouvertement fictionnelles, littéraires, séductrices de ce penseur chrétien.
Johannes, l'auteur de ce journal, a entrepris de séduire une jeune fille nommée Cordélia. Si l'on peut dire que Johannes est tombé amoureux de Cordélia par hasard, spontanément, sans raison, il n'en est rien quant aux trésors d'ingéniosité qu'il va mettre en place pour séduire la jeune fille. C'est un calculateur, un fin psychologue, quelqu'un d'extrêmement réfléchi, sournois penseront certains, pas du tout pressé de parvenir à son but mais très sûr de lui. le lecteur assiste à une véritable chasse, il voit Johannes poser tranquillement ses pièges. C'est comme une partie d'échec, où Johannes accepte de perdre des pièces importantes ou de laisser un apparent avantage à son adversaire, pour remporter la victoire finale.
Cette victoire recherchée et inéluctable est la jouissance de Cordélia, de son amour, de son abandon absolu et sans équivoque. Il ne se sent aucun devoir envers elle, il ne s'agit pas d'obtenir une jouissance contractuelle, mais de la piéger, de lui faire perdre la raison pour l'élever aux plus hautes sphères de l'amour. Et en ceci, il y a un véritable aspect pédagogique dans sa méthode de séduction, il cherche à l'élever, au sens le plus noble du terme, il la veut entière, libre, épanouie, transformée, véritablement femme, éveillée à l'éros. « Il faut qu'elle ne me doive rien, il faut qu'elle soit libre. Il n'y a d'amour, il n'y a de passe-temps et d'éternel amusement que dans la liberté. Et si mon dessein est de la faire tomber dans mes bras comme par une nécessité naturelle, si je m'efforce de la faire graviter vers moi, il m'importe aussi qu'elle ne vienne pas comme une masse pesante, mais comme un esprit gravitant vers un esprit. Elle doit m'appartenir, certes, mais sans disgrâce, sans peser sur moi comme un fardeau. Elle ne doit m'être ni une contrainte physique, ni une obligation morale. Entre nous, il ne doit y avoir d'autre jeu que celui de la liberté. Elle doit m'être assez légère pour que je la porte sur mon bras. »
C'est un excellent livre, avec de beaux passages littéraires, qui sous son thème léger du badinage, pose des questions insidieuses sur la liberté, la conscience et bien sûr l'amour, et qui prend une toute autre ampleur si on le comprend dans l'ensemble de l'oeuvre de Kierkegaard.
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Nayac
  21 février 2015
Etrange, irritant à certains moments, poétique à d'autres...; et finalement: séduisant!
Etrange: un mélange d'amour, et de "professionalisme " de séducteur fier de son expérience et de son infaillibilité
Irritant, la débauche de techniques pour séduire Cordélia drappée dans un vocabulaire amoureux qui perd tout son romantisme quand Joahnnes nous décrit sans fard ni regret sa fonction utilitaire dans les différentes étapes de la séduction. Il est vrai que ce livre avait pour objet de montrer à sa fiancée la vrie nature de l'auteur, ou du moins de provoquer une réaction de recul.
Mal à l'aise en imaginant Cornélia "vaincue" par certaines lettres de Johannes qui paraissent plusieurs fois faire honte à l'intelligence de sa destinatrice : faut il y avoir une, ironie seconde?
Poétique, par exemple la page (179) consacrée à la petite pêcheuse et sa contemplation gratuite: "adieu ma belle pecheuse, adieu, merci pour ta faveur, ce fut un état d'âme, non pas assez fort pour me faire quitter ma place stable sur la balustrade, mais riche cependant d'émotion intérieure".
Et romantique quand il apprend son nom: "Cordelia ! Quel nom vraiment merveilleux". Personne à tromper , pas de ruse à préparer à ce moment. D'ailleurs, quelques lignes plus loin: "le mystére dont j'entoure presque cette affaire est en tre autres une preuve que je suis réellement amoureux".
Et finalement: livre d'un technicien de la séduction, ou livre d'un amoureux fou torturé par le remord quant aux moyens utilisés pour faire valoir son amour?
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Lestempsmodernes
  19 février 2014
Ce séducteur est en réalité un personnage philosophique, une métaphore existentielle : il incarne l'esthétique, l'un des trois stades de l'existence dans la philosophie de Kierkegaard. L'esthète est une catégorie qui renvoie à l'individu vivant au jour le jour, dans l'instant (l'instant n'est pas le présent chez Kierkegaard, l'instant est en dehors de la temporalité), manipulateur et maître de l'ironie.
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olivberne
  16 avril 2013
C'est un roman philosophique, mais il se lit bien car il a la forme d'un journal, il raconte les amours d'un jeune homme, ses moyen pour séduire et les sentiments qu'il éprouve à la recherche de l'amour.
Très vite, on est dans une introspection totale et on se rend compte qu'il ne se passe pas grand chose. le sujet est surtout un prétexte pour philosopher sur la vie, la vanité, la recherche du plaisir et le sens des actions, bref l'existence.
J'ai un peu eu le sentiment de tromperie sur la marchandise, même si je savais à qui m'attendre. Je m'attendais à plus de récit et moins de pensées mais le livre reste un essai philosophique et il faut être habitué à cette lecture. Malgré cela, il y a un charme propre aux amours du dix-neuvième siècle et on peur trouver un certain plaisir à le lire.
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kikoapo
  30 mars 2014
Un personnage complexe, voire très complexe.
Le livre est très bien écrit, le séducteur est l'un des plus bizarre qui soit.
Il séduit une femme comme si il voulait attraper une proie.
Puis dès qu'il l'a, il se détourne d'elle et s'en va. En essayant de recoller les morceau de la femme amoureuse qu'il a laissé derrière lui...
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
gaillard1gaillard1   26 septembre 2010
Aimer une seule est trop peu ; aimer toutes est une légèreté de caractère superficiel ; mais se connaître soi-même et en aimer un aussi grand nombre que possible, enfermer dans son âme toutes les puissances de l'amour de manière que chacune d'elles reçoive son aliment approprié, en même temps que la conscience englobe le tout - voilà la jouissance, voilà qui est vivre.
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NatnatNatnat   05 septembre 2012
Je peux me figurer qu’il savait amener une jeune fille au point culminant où il était sûr qu’elle sacrifierait tout pour lui. Mais les choses ayant été poussées jusque-là, il rompait, sans que de son côté les moindres assiduités aient eu lieu, sans qu’aucun mot d’amour ait été prononcé, et encore moins une déclaration d’amour, une promesse. Et pourtant, une impression avait été créée, et la malheureuse en gardait doublement l’amertume, parce qu’elle n’avait rien sur quoi s’appuyer et parce que des états d’âmes de nature très différente devaient continuer à la balloter dans un terrible sabbat infernal lorsqu’elle se faisait des reproches, tantôt à elle-même en lui pardonnant, et tantôt à lui, et qu’alors elle devait toujours se demander si, après tout, il ne s’agissait pas d’une fiction, puisque ce n’était qu’au figuré qu’on pouvait parler de réalité au sujet de ce rapport.
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dededede   19 janvier 2010
Qu'aime l'amour ? L'infinité. Que craint l'amour ? Des bornes.
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NMTBNMTB   19 décembre 2014
Ma Cordélia !
Je suis pauvre : tu es mon trésor ; je suis sombre : tu es ma lumière ; je ne possède rien, je n’ai aucun besoin. Et comment posséderais-je quelque chose ? Le peut-on, quand on ne se possède pas soi-même ? Quelle contradiction ! Je suis heureux comme un enfant qui ne peut et ne doit rien posséder. Je ne possède rien ; je n’appartiens qu’à toi ; je ne suis pas, j’ai cessé d’être, pour être tien.
Ton Johannes.

Ma Cordélia !
« Ma » : que désigne ce mot ? Non ce qui m’appartient, mais ce à quoi j’appartiens et qui renferme tout mon être, qui m’appartiens donc dans la mesure où je lui appartiens. Mon Dieu n’est pas le Dieu qui m’appartient, mais le Dieu auquel j’appartiens ; et de même pour ma patrie, mon foyer, mon métier, mon désir, mon espérance. S’il n’y avait pas eu auparavant d’immortalité, cette pensée de t’appartenir romprait le cours accoutumé de la nature.
Ton Johannes.

Ma Cordélia !
Ce que je suis ? Le modeste conteur qui suit tes triomphes ; le danseur qui s’incline devant toi quand tu te soulèves en ta grâce légère ; le rameau où, lasse de voler, tu te poses un instant ; la basse qui vient soutenir l’allégresse du soprano pour la faire monter plus haut encore. Ce que je suis ? La pesanteur terrestre qui te retient ici-bas. Que suis-je donc ? Corps, masse, terre, cendre et poussière – mais toi, ma Cordélia, tu es âme et esprit.
Ton Johannes.
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LivretoiLivretoi   12 juillet 2018
Johannes !
N’y a-t-il donc aucun espoir ? Ton amour ne se réveillera-t-il jamais à nouveau ? Car je sais que tu m’as aimée, bien que je ne sache pas ce qui m’en donne l’assurance. J’attendrai, même si le temps me paraît long, j’attendrai jusqu’à ce que tu en aies assez de l’amour des autres, alors ton amour pour moi resurgira du tombeau, alors je t’aimerai comme toujours, comme autrefois, oh ! Johannes ! Comme autrefois ! Johannes ! Ta froideur, insensible envers moi représente-t-elle ta véritable nature, ton amour, les richesses de ton cœur, n’étaient-ils que mensonge que fiction, es-tu redevenu toi-même ? Aie patience avec mon amour, pardonne-moi de t’aimer toujours, je le sais, mon amour est un fardeau pour toi ; mais le temps viendra où tu retourneras auprès de ta Cordélia. Ta Cordélia ! Ecoute ce mot suppliant ! Ta Cordélia ! Ta Cordélia.

Je ne me reconnais guère. Devant les tempêtes de la passion mon esprit est comme une mer orageuse. Si quelqu’un pouvait surprendre mon âme en cet état, il aurait l’impression de voir une barque s’enfoncer à pic dans la mer, comme si dans sa précipitation terrible elle devait mettre cap sur le fond de l’abîme. Il ne verrait pas qu’en haut du mât veille un marin. Forces frénétiques, échauffez-vous, mettez-vous en mouvement, ô puissances de la passion, même si le choc de vos lames devait lancer l’écume jusqu’aux nuages, vous ne serez pas capables de vous élever au-dessus de ma tête ; je reste tranquille comme le Roi des falaises.

Une condition capitale pour toute jouissance, c’est de se limiter.

Il est des jours où je ne saurais me passer d’une salle de bal, car j’aime son luxe, sa surabondance sans prix de jeunesse et de beauté, et son libre jeu des forces de toutes natures ; mais alors ce n’est pas tant la jouissance que je connais, je me plonge plutôt dans les possibilités. Ce n’est pas une unique beauté qui vous tient sous le charme, mais un ensemble ; une vision plane devant vos yeux, vision dans laquelle toutes ces figures féminines se confondent, et où tous ces mouvements cherchent quelque chose, cherchent un repos dans une seule image qu’on ne voit pas.

Le souvenir n’est pas exclusivement un moyen de conservation, mais un moyen d’augmentation aussi, ce qui est pénétré du souvenir a un double effet.

L’amour ne se trouve que dans la liberté, et ce n’est qu’en elle qu’il y a de la récréation et de l’amusement éternel.

On peut ainsi être amoureux de maintes à la fois ; parce qu’on les aime de différentes façons. Aimer une seul est trop peu ; aimer toutes est une légèreté de caractère superficiel ; mais se connaître soi-même et en aimer un aussi grand nombre que possible, enfermer dans son âme toutes les puissances de l’amour de manière que chacune d’elle reçoive son aliment approprié, en même temps que la conscience englobe le tout – voilà la jouissance, voilà qui est vivre.

Sous le ciel de l’esthétique tout est léger, beau, fugitif, mais lorsque l’éthique s’en mêle tout devient dur, anguleux, infiniment assommant.

Lorsqu’on aime on ne suit pas la grande route. Ce n’est que le mariage qui se trouve au milieu de la route royale. L’amour préfère préparer ses propres chemins. On s’enfonce dans les bois.

L’érotisme spirituel se distingue de l’érotisme physique.

En amour le principe de l’ancienneté ne compte pas pour l’avancement et la promotion.

La femme, éternellement riche de nature, est une source intarissable pour mes réflexions, pour mes observations. Celui qui n’éprouve pas le besoin de ce genre d’études peut bien s’enorgueillir d’être ce qu’il voudra dans ce monde, sauf d’une chose : il n’est pas un esthéticien. Le splendeur, le divin de l’esthétique est justement de ne s’attacher qu’à ce qui est beau… Je peux me réjouir et réjouir mon cœur en imaginant le soleil de la féminité rayonnant dans sa plénitude infinie, s’éparpillant en une tour de Babel, où chacune en particulier possède une petite parcelle de la richesse entière de la féminité, mais de sorte qu’elle en fait le centre harmonieux du reste de son être. En ce sens la beauté féminine est divisible à l’infini.
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Video de Sören Kierkegaard (1) Voir plusAjouter une vidéo

Sören Kierkegaard, ou l'écharde dans la chair
Evocation biographique et littéraire du penseur danois Soeren KIERKEGAARD, composée d'entretiens avec des spécialistes de l'auteur, et de lectures de textes de KIERKEGAARD.
Sont ainsi abordés sa relation avec son père et son ancienne fiancée, Regine OLSEN; sa philosophie pessimiste et son conception de la vérité; l'influence de son enfance protestante; le personnage du séducteur; son...
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