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ISBN : 9791091555548
Éditeur : Atelier des Cahiers (22/10/2019)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Le 1er mars 2019, les Coréens ont fêté le 100e anniversaire de la déclaration du Mouvement d’indépendance de la Corée. La romancière Kim Da-eun, dans Le Jardin Interdit, met en scène quelques acteurs de cette époque tragique, tourmentée, marquée par la lutte entre la modernité imposée par le colonisateur et une tradition soucieuse avant l’heure de l’environnement. On découvre parmi de nombreux personnages, le nouveau gouverneur japonais, fier de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
sandrine57
  30 novembre 2019
Gyeongseong, Royaume de Joseon, 1926. le pays subit la colonisation de son voisin japonais depuis seize ans déjà. le roi est retenu au Japon et l'homme fort en Corée est désormais le gouverneur général, un japonais traumatisé par la tentative d'assassinat dont il a été victime dès son arrivée dans le pays. Blessé dans sa fierté, il souhaite afficher sa puissance en faisant construire une ''maison de vie'' dans l'enceinte même du palais de Gyeongbokgung. Pour l'aider à trouver un ''lieu propice'', il fait appel au géomancien Kim, détenteur des secrets du pungsu, le feng-shui coréen. Pour cet homme fier de son art et de sa terre, cette demande est un terrible dilemme. Doit-il indiquer un lieu propice au gouverneur et être ainsi un traître à son pays en collaborant avec l'ennemi ? Ou peut-il préconiser un endroit néfaste et mettre en péril sa réputation professionnelle ? Et si la solution était le jardin interdit que seul le roi pouvait fouler de ses pas ?
Classé au rayon polar, le jardin interdit est bien plus que cela. On est très loin de la trame classique avec crime et recherche du meurtrier. Il y a bien une femme dont on a retrouvé le corps démembré mais l'intérêt n'est pas là. Ce qui rend ce roman original et passionnant, c'est la description des moeurs et traditions du Joseon, l'intention des colonisateurs d'imposer la culture japonaise et la résistance qui s'organise.
Les traditions et croyances coréennes, jugées archaïques, sont foulées au pied et le Japon s'acharne à les éradiquer. Les envahisseurs ont construit le bâtiment du gouvernement général devant le palais royal de Gyeongbokgung, coupant ainsi l'énergie vitale venant de la montagne, au grand dam des géomanciens qui craignent pour la survie de leur patrie. le gouverneur fait rechercher dans tout le pays, les jarres contenant le cordon ombilical et le placenta des rois du Joseon, une autre manière de montrer au peuple que plus jamais la dynastie royale ne retrouvera sa place au palais. Aussi, la résistance s'organise. C'est une pièce de théâtre à double sens que l'on monte, en déjouant la censure. Cela peut aussi passer par une conversion au christianisme afin de se mettre sous la protection des missionnaires américains. Ou c'est un géomancien, pris entre deux feux, mais bien décidé à berner ce gouverneur général qui veut s'emparer du ki, la force vitale et l'énergie cosmique, pour dresser une résidence vouée à démontrer la pérennité de la colonisation. Pour trouver l'endroit propice, Kim utilise la métaphore de la matrice originelle, comme lieu de naissance et de vie. La Corée est une femme, c'est la terre-mère, souvent assaillie par les occupants, son intimité est violée, aussi faut-il trouver le point précis de son plaisir pour y bâtir une maison qui serait alors protégée, choyée, hors de toutes les menaces...
Le jardin interdit est un roman riche, aux intrigues nombreuses et imbriquées. D'un abord difficile, il ne se laisse pas facilement apprivoisé mais si on persiste à connaître les méandres et les enjeux de la géomancie, à s'imprégner de cette culture si différente, on finit par s'attacher à découvrir le fin mot de l'histoire et on ressort de cette lecture un peu plus intelligent qu'avant.
Un grand merci à Babelio et à L'atelier des Cahiers pour cette découverte enrichissante.
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VALENTYNE
  16 novembre 2019
1926 - Kim est géomancien ; il habite à Gyeongseong (Séoul) qui, depuis 6 ans, est sous domination japonaise. le roi coréen vient de mourir, son héritier est prisonnier au Japon, le gouverneur japonais est l'homme le plus puissant de la province de Joseon. Celui ci est diminué (psychologiquement) par l'attentat qui a eu lieu contre lui à son arrivée au pouvoir : les coréens veulent toujours se battre pour leur indépendance et se libérer de l'emprise du Japon.
Un livre sur le choc des cultures. Je pensais les deux cultures plus proches
Par exemple une des coutumes des coréens (à cette époque) est d'enterrer dans une jarre le placenta et le cordon ombilical d'un nouveau-né.
Les japonais trouvent cette coutume inutile et morbide et le gouverneur charge un homme, Haruki, de collecter dans tous le pays ces jarres des anciens rois de Corée : de quoi jeter de l'huile sur le feu ...
Kim, le géomancien, est chargé quant à lui, de trouver le lieu de la future résidence du gouverneur ; il est partagé : doit-il bien faire son travail de géomancien et trouver un lieu propice pour un ennemi (et dans ce cas il sera considéré comme un traître par les coréens) ou doit-il choisir un lieu néfaste pour affaiblir le gouverneur du japon et permettre aux coréens gagnent leur indépendance. En parallèle, on suit aussi l'histoire de Serin une jeune femme devenue interprète dans une mission chrétienne .
C'est un livre intéressant au niveau de la culture coréenne, j'ai appris énormément sur la géomancie (c'est la partie qui m'a le plus intéressée) Cependant je suis restée un peu en dehors de l'histoire. Les personnages sont très nombreux et je les ai parfois confondus. le style est aussi parfois elliptique et je n'ai pas compris tous les actes et sentiments des personnages (peut être un manque de connaissance de ma part des cultures asiatiques) ....je n'ai pas compris la fin.
En conclusion: un sentiment en demi teinte.
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loup0
  29 novembre 2019
1926. Après la mort du dernier empereur de Corée, Sunjong, dont le règne a pris fin lors de l'annexion du Royaume de Joseon par le Japon en 1910, le gouverneur-général japonais (Saito Makoto, même si son nom n'est jamais cité dans le roman) devient l'homme fort du pays. Rescapé d'une tentative d'assassinat lors de sa prise de pouvoir, il en a gardé un sentiment de rancune et d'humiliation. Face aux craintes de réveil des velléités d'indépendance des habitants de Joseon il souhaite frapper fort en construisant sa résidence dans l'enceinte du palais de royal de Gyeongbokgung dont une grande partie des bâtiments a déjà été détruit par l'occupant nippon.

Pour ce faire il fait appel au géomancien Kim, afin de trouver le lieu le plus propice à la construction du bâtiment. le gouverneur s'intéresse en effet à la science du pungsu, l'étude de l'énergie de l'eau et du vent par laquelle les coréens passent systématiquement avant de s'installer sur une terre. Je ne me lancerais pas dans une explication de cette science qui implique étude de la terre, de l'eau, du vent, des montagnes, ... car j'en suis incapable. Il faut simplement retenir que la côté faste ou néfaste du lieu aura une incidence sur la destinée de ceux qui s'y installe.

Pour le géomancien Kim se pose alors un dilemme : indiquer un lieu qui pourrait conduire à l'anéantissement définitif de Joseon, ou au contraire à l'effondrement de l'Empire japonais.
Une lettre de son père, plus grand géomancien de son époque, rédigée avant sa mort, lui révèle l'existence d'un jardin interdit qui pourrait être la solution à ses questionnements.

A côté de cette intrigue principale, d'autres intrigues secondaires entretiennent le suspense : la.disparition d'une gisaeng, un corps de femme mutilé, ... Chaque chapitre est raconté par un narrateur différent ce qui donne un roman qui part un peu dans tous les sens. Il faut attendre un moment avant que toutes les branches de l'histoire se recoupent.

Même si en soi je ne l'ai pas trouvé palpitant, j'ai lu le roman d'une traite. La littérature coréenne est tellement difficile à aborder. Il y a un laconisme qui donne le sentiment de passer à côté de quelque chose. Néanmoins la découverte de la géomancie et le tableau de la vie coréenne sous l'occupation japonaise valent largement le coup.

A noter que l'autrice est francophone. Elle n'a pas elle-même réalisé la traduction mais elle en a effectué la relecture et adapté son texte original. En découle un texte fluide beaucoup plus accessible que de nombreux romans coréens que j'ai pu lire qui sont souvent traduit littéralement. Il reste malgré tout quelques fautes et phrases mal formulées. Et le fait de lire "du Joseon" je ne sais
combien de fois m'a un peu surprise, j'ai toujours lu et entendu "de Joseon". Ce n'est qu'un détail évidemment...

Masse critique Mauvais genre - Octobre 2019
Merci à Babelio et à l'Atelier des Cahiers
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   16 novembre 2019
Kim se demanda de nouveaux pourquoi il avait été choisi parmi les nombreux experts en géomancie : il n’était guère différent des autres. Pour devenir géomancien, il fallait d’abord apprendre la théorie, puis faire son apprentissage auprès d’un maître pour être ensuite capable de prévoir les mouvements des vents et les sens des cours d’eau. Il fallait aussi pouvoir distinguer, dans une maison ou une chambre, les lieux remarquables des lieux malfaisants. Après avoir terminé cet apprentissage, on pouvait exercer dans la fonction publique en passant un concours d’État ou se mettre à son compte. Kim avait suivi tout ce processus et passé le concours d’État.
Contrairement aux autres géomanciens, c’est son père qui lui avait enseigné toutes ces choses. Il avait d’abord été initié à la pratique et non à la théorie. Enfant, il ignorait tout de la géomancie, mais il avait grandi en regardant son père parler du yin et du yang. Contrairement aux autres géomanciens qui achètent leur boussole, la sienne, qui provenait de Chine, il l’avait héritée de son père. Aujourd’hui il avait la chance de l’utiliser. A la pensée qu’il examinerait l’énergie du dragon(*) qui ruisselait depuis le Baegaksan vers le pays Gyeongbok, son cœur se mit à battre la chamade, mais Kim répondit avec indifférence :
– Puisque je suis ici, j’aimerais seulement visiter le Gyeongbokgung.

(*) Le géomancien doit d'abord scruter le dragon, terme technique qui désigne les montagnes.
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