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Rosie Pinhas-Delpuech (Traducteur)
EAN : 9782070440962
128 pages
Éditeur : Gallimard (06/05/2011)

Note moyenne : 3.11/5 (sur 18 notes)
Résumé :

Une adolescente obèse et dépressive, internée dans un hôpital psychiatrique, consacre ses
journées à faire le portrait des autres patients. Elle cache sous le formica du placard de sa chambre
son journal intime, chronique d’un voyage à Berlin où elle est tombée éperdument amoureuse d’un Irlandais du Nord …


Avec une écriture au pouvoir évocateur exceptionnel, Alona Kimhi, voix majeure de la jeune littérature israélienn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  03 juin 2018
« Combien de couleurs ont les angoisses. Combien de manières d'éclore, les bourgeons de la folie. Combien de nuances, l'obscurité qui tombe. La littérature a réussi à jouer avec des définitions relativement vastes, la psychologie un peu moins. Dépression est le terme officiel. »
Une descente dans les affres d'une âme dépressive que j'ai rencontrée alors qu'elle était dans un service psychiatrique. Tous se disent qu'ils sortiront bientôt mais pas elle. Elle sait « que l'extérieur les rejettera à l'intérieur, dans le puits sans fond de leur être. Ils ne pigent pas que leur âme, faiblarde, erre avec eux d'ici à là-bas et partout où ils essaieront d'aller. »
Elle va se livrer dans ses creux et vous touche assurément. Une relation amoureuse, une famille, Israël, les autres patients, la vie dans l'établissement, ses envies de peintures qui s'estompent, sa vie qui s'effrite, ses angoisses de ne pas voir la vie, la ressentir, comme les autres.
« Et moi, je suis comme ça, un rat apeuré, aux yeux roses. Je ne peux rien faire, je ne peux que ressentir. »
J'ai beaucoup apprécié ce tout petit livre car l'écriture est percutante, originale. C'est dur et pour autant pas toujours triste. Il y a une poésie qui pilote le ressenti, qui allège le poids des sentiments et des émotions, sans les nier. En quelques pages, j'ai reçu un énorme flot de sensations et d'informations qui bousculent. Alona Kimhi est une très belle découverte.
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Zazette97
  28 mai 2011
"Journal de Berlin" est une nouvelle extraite du recueil "Moi, Anastasia" publié en 1996 et traduit en français en 2008. Elle est signée Alona Kimhi, écrivaine israélienne d'origine ukrainienne, également auteure des romans "Suzanne la pleureuse" et "Lily la tigresse".
Placée dans un service psychiatrique, Gali est une jeune femme mal dans sa peau qui n'aspire plus qu'à se tenir éloignée du monde extérieur.
Les médicaments, les séances d'électrochocs et les autres patients rythment ses journées, lorsqu'elle ne pense pas à Jay, son mari irlandais rencontré lors d'un voyage à Berlin et dont le souvenir se trouve consigné dans son journal.
"Journal de Berlin". Un titre pareil, rédigé de surcroît par une auteure israélienne, pourrait facilement évoquer un énième récit sur le régime nazi et la seconde guerre mondiale.
Or il n'en est rien ici (bien qu'il y ait quelques allusions grinçantes ici et là) !
"Journal de Berlin" est centré sur l'histoire de Gali, présentée selon ses propres mots.
Le récit de la jeune femme se décline en deux temps. Si le lecteur commence par s'immiscer dans le quotidien de Gali au sein d'un service psychiatrique, il découvre par la suite des extraits de son journal rédigé durant un séjour à Berlin avec son frère Alon.
Gali pose un regard à la fois dur et amusé sur l'environnement qui l'entoure, allant jusqu'à relativiser les pratiques du "service" censées ramener les pensionnaires à des êtres humains équilibrés.
Volontiers grande gueule, la jeune femme n'épargne guère les autres patients, distribuant des étiquettes à chacun - l'anorexique, la vieille juive allemande, l'homme aux cachets - comme pour ne pas s'y attacher et s'en démarquer alors qu'au fond, elle sait très bien qu'elle ne tourne pas très rond non plus.
En retraçant à rebours les derniers événements précédant son internement, son journal laisse entrevoir une personnalité déjà fragile et perdue dans l'existence, qu'un rien pouvait faire flancher.
Gali apparaît comme une femme ado à la personnalité borderline, capable de tenir des raisonnements d'adulte mais prenant le parti de s'exprimer comme une enfant qui ne supporte pas la moindre contrariété.
C'est cette ambivalence, que l'auteure arrive à maintenir de bout en bout, qui rend le récit aussi émouvant selon moi.
Contrairement à la plupart des gens qui feraient tout pour se donner les moyens de voler de leurs propres ailes, Gali refuse de se confronter au monde extérieur, occupé par les adultes, un monde exigeant dont, croyez-moi, elle fera tout pour s'en écarter !
J'ai beaucoup aimé la plume incisive d'Alona Kimhi et la façon dont elle parvient à s'emparer d'un sujet délicat - surfant souvent sur une pente glissante - pour le traiter avec une dérision telle qu'on oscille souvent entre sourire et malaise.
Un court roman ou une longue nouvelle qui mérite bien qu'on s'y attarde !
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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barjabulette
  18 juillet 2014
Offert par mon fils lors de mon anniversaire il y a plusieurs années, je me suis décidée à lire ce tout petit bouquin.
A plusieurs reprises, j'ai hésité à l'abandonner mais, comme c'est un cadeau de mon petit garçon et que ça fait longtemps que je l'ai, je me suis accrochée.
Je ne dirai pas que j'ai bien fait ou que c'est une pépite mais, franchement, ce livre vaut la peine d'être lu.
Au départ, il n'avait aucune chance de me plaire, rien de ce qu'il évoque ne fait partie de mes intérêts. de plus, c'est assez compliqué à suivre parce que l'auteur fait des flash back tout à fait déconcertants. de surcroit, son langage est très cru et je n'apprécie pas la vulgarité.
Au final, l'auteur aborde la problématique des maladies mentales, le ressenti de la personne.
Le livre est tout petit, à peine plus d'une centaine de pages, mais il est très fort.
Cette nouvelle s'adresse à des adultes avertis sensibles à la problématique de la santé mentale.
Une belle découverte néanmoins.
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Ziliz
  14 juin 2011
Gali, jeune Israélienne, a séjourné à Berlin, chez son frère. C'est là qu'elle a rencontré Jay, un Irlandais. Cet épisode de sa vie est consigné dans un journal intime qu'elle cache soigneusement sous son placard. Car désormais, Gali est internée en psychiatrie. Elle souffre, s'auto-mutile, est terrorisée à l'idée de retourner "dehors", de devoir affronter seule ses démons. En réponse, le personnel soignant lui administre neuroleptiques et électrochocs, l'infantilise... faute de mieux.
Un regard sans complaisance sur l'hôpital psychiatrique, les autres "fous" (sic), les thérapies proposées. Une évocation sans fards, sans "pose" de la dépression.

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ATOS
  16 mai 2012
"La douleur est la déesse de la laideur -Je suis le cocon de la chenille que je ne serai jamais, jamais". Gali est enfermée. Enfermée dans le dehors, claquemurée en elle même. Elle a rompu. Pas avec elle même mais avec ce qui aurait pu être elle. Avec ce que d'autres auraient voulu qu'elle soit.
Le milieu psychiatrique : ses bruits, ses odeurs, ses mensonges, la lumière de ses couloirs, l'infatigable harcèlement de la normalité, ses armes chimiques, ses armes électriques, et puis ses moments poétiques et plein de lucidité. Aimer le Journal de Berlin est impossible. le ressentir, le comprendre, l'écouter, l'entendre voilà ce qui devra être. Ne rendez pas visite à Gali, elle s'en fout ! Écoutez la vous dire Berlin et laissez la s'endormir.

Astrid SHRIQUI GARAIN
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Zazette97Zazette97   28 mai 2011
Quand un homme cesse de vous aimer, ses yeux se couvrent d'une couche opaque de poussière. Ca peut arriver pour des tas de raisons. Ennui, usure, une autre femme. Mais ça peut arriver aussi parce que sa vie est dans un tel état de désordre qu'il n'y a pas de place pour vous, que votre présence lui renvoie une image encore plus cruelle de son chaos personnel. C'est ce que je crois. Peut-être y-a-t-il d'autres raisons dont je n'ai pas encore pu identifier la nature. Ou que je ne veux pas identifier. Ou peut-être n'est-ce même pas la peine d'identifier la nature de telle chose ou telle autre. Je suis vide. p.96
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l-opulence-de-la-nuitl-opulence-de-la-nuit   24 décembre 2011
Quand j'étais à l'extérieur, je ne sais plus quand c'était, j'ai compris que je n'avais même plus la force de respirer. C'était une telle fatigue que je me demandais comment je faisais pour être encore vivante. Et je ne parvenais pas à me calmer. La tête travaillait sans cesse. J'étais prête à tout pour me reposer, avec de telles blessures on a le droit de se reposer. Mais c'était pire, et on disait que j'étais folle. Sans cesse j'essayais d'être ce que je souhaitais jusqu'au jour où je n'ai plus eu de désir.
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l-opulence-de-la-nuitl-opulence-de-la-nuit   25 décembre 2011
Combien de couleurs ont les angoisses. Combien de manières d'éclore, les bourgeons de la folie. Combien de nuances, l'obscurité qui tombe. La littérature a réussi à jouer avec des définitions relativement vastes, la psychologie un peu moins. Dépression est le terme officiel. Personnellement je souffre de diverses sensations de douleur, de vide, d'inquiétude, de peur. Chacune revêt mille visages.
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Zazette97Zazette97   28 mai 2011
Ces derniers temps, je me souviens de tout.
Depuis les électrochocs. Je suis devenue d'un calme incroyable. Je suis même heureuse. Tout le monde l'a remarqué. On me dit "Tu t'améliores, Gali, bravo, chapeau, Gali". C'est vrai, je suis vachement plus heureuse qu'à mon arrivée dans le service. Peut-être même plus heureuse que je ne l'ai jamais été. La douleur s'est arrêtée, et c'est vraiment calme en moi.
De vrais jours de bonheur que j'aimerais voir durer une éternité. Si je disais que j'en ai toujours rêvé, ce serait faux parce que j'ignorais l'existence de tels lieux pour moi.
Si je l'avais su, j'en aurais rêvé. Etre toujours ici, protégée et tranquille entre ces murs, ne jamais sortir. p.80
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Zazette97Zazette97   28 mai 2011
Tout se dissout. Seul Berlin existe. Et la maladie. Qui somnole à l'intérieur. Elle est toujours avec toi, se rappelle à toi dès que tu ouvres les yeux le matin. Elle bruit en toi comme un serpent qui fait son chemin dans les profondeurs des feuilles sèches, se repose dans tes nuits de sommeil et guette la lucidité de tes jours. p.53
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Vidéo de Alona Kimhi
Kimhi Alona - Victor et Macha .A l'occasion de l'Escale du Livre de Bordeaux 2015, Kimhi Alona vous présente son ouvrage "Victor et Macha" aux éditions Gallimard. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/kimhi-alona-victor-macha-9782070141432.html Note de Musique : © Mollat Découvrez notre site : www.mollat.com & suivez-nous sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/Librairie.mo... https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Libra... https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemo... http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
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