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Critique de Laurence64


Laurence64
  28 mars 2013
Oulalalala… Il y avait bien longtemps que je n'avais ouvert un livre de Monsieur King, moi qui en ai lu beaucoup. J'avais cessé après la fin du cycle de la Tour Sombre (trois lectures tout de même) pour lequel je voue un culte totalement inexplicable mais assumé.

J'ai acheté 22/11/63, poussée par la prolifération des chroniques venant de ceux qui habituellement snobent Stephen King. La chronique française est-elle malade? Pourquoi honore-t-elle désormais celui qu'elle n'a jamais considéré? Anticipe-t-elle la disparition de l'un des écrivains les plus populaires aux Etats-Unis? Parce que… Quand même… Hein… Le Figaro en cause et même Télérama. Tous s'y mettent.
Pourtant, ce nouvel engouement ne peut s'expliquer par une actualité littéraire franchouillarde désertique.
Pendant que le Salon du Livre de Paris battait son plein, l'aimable bobine du vain Foenkinos souriait sur tous les plateaux de télévision.
Sans compter une pathétique théorie du cochon aussi croustillante qu'un pied de porc frit, déshonorant à la fois l'édition, le journalisme, la relation amoureuse et l'art d'écrire.

Stephen King a donc eu l'heur de bénéficier d'une couverture médiatique inattendue. Laquelle m'a donc fait renouer avec ce diable d'Américain qui a l'art de titiller les zones d'ombre des âmes qu'il piège.
Il y eut également le billet enthousiaste de gruz pour achever de me convaincre.
Bon mais alors?

J'ai lu du Stephen King! Non, je ne suis pas en train de sucrer quelques fraises, de bavoter devant les feux de l'amour. L'esprit clair, je partage avec vous ma surprise. Il était question de l'attentat de JFK, des années soixante aux states, d'une page d'histoire traumatisante qui n'en finit jamais d'être questionnée. J'avais donc supputé que monsieur King avait amorcé un virage, qu'il offrait 900 pages marquant une cassure avec les Territoires qu'il arpente depuis tant d'années.
J'ai très mal supputé. J'apprendrai donc la supputation, ce qui me donnera un objectif en cette année 2013.

J'ai lu du Stephen King. du très bon Stephen King. Dense, bourré de clins d'oeil à sa propre production, on découvre d'autres Territoires que ceux du talisman, on dresse l'oreille devant des prénoms qui font écho à d'autres ouvrages, on frissonne dans l'ambiance terrifiante qui écrase Derry, toujours étouffée par quelque chose que l'on nommerait Ça. L'immeuble qui abrite Oswald, son fusil et son projet de meurtre présidentiel émet ses vibrations maléfiques qui poussent les passants à changer de trottoir.
Et parmi ses propres références discrètement disséminées, l'écrivain rend hommage de temps à autre à ses pairs. de quoi créer un quiz.

J'ai lu du Stephen King. J'y ai retrouvé la violence des hommes, des pères envers leurs gosses, des hommes envers leur femme. J'ai observé cette redoutable béquille qu'est l'alcool que l'écrivain a bien connu.
J'ai cueilli la beauté ordinaire des gens banals, celle qui donne espoir. le lien qui fait le temps, le lien qui emplit la vie par le sens qu'il lui donne.

J'ai lu du Stephen King et me suis frottée à cette possibilité folle qui permettrait de défaire l'irrémédiable le plus douloureux. Dans Simetierre, les terres sacrées redonnaient un simulacre de vie à l'être aimé décédé. Dans 22/11/63, le temps se défait, se remonte, se change. Mais le prix à payer n'autorise pas la folie. Les bons sentiments individuels s'opposent aux lois de l'univers. Ici, il est question de l'effet papillon.

J'ai lu du Stephen King qui n'encense aucune époque. Les saveurs des aliments des années soixante tiennent peu devant ces toilettes réservées aux gens de couleur, sur un chemin garni de sumac vénéneux.

J'ai lu du Stephen King qui mêle le meilleur et le pire de l'homme. Une godiche blonde irrésistible contre une bande d'ados presque sortis de Carrie. Des petites frappes contre d'aimables citoyens.

Bref, j'ai lu du Stephen King soit plus de 900 pages digestes. L'homme possède indéniablement en plus d'un imaginaire détonnant un sens aigu de la narration.
Mais je mets un bémol: ma propre imagination trop cartésienne ne m'a pas permis de comprendre le lien entre un attentat évité et l'apparition de certains évènements. Les cordes du temps s'étaient trop emmêlées.

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