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William Olivier Desmond (Traducteur)
EAN : 9782253151449
890 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/2003)
3.47/5   701 notes
Résumé :
Quatre amis se retrouvent annuellement pour une partie de chasse dans une forêt du Maine. Elle fut jadis leur terrain d'aventures, en compagnie de Duddits, l'enfant mongolien qu'ils avaient adopté comme un petit frère. Et le théâtre, aussi, d'événements qu'ils se sont efforcés d'oublier. Mais les mystères ressurgissent, sous la forme de présences étranges et menaçantes que l'armée a entrepris de surveiller de près. Au point de vouloir éliminer tous ceux qui ont pu ê... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 701 notes

greg320i
  30 décembre 2015
L'heure est grave, il convient maintenant de rédiger une critique exact sur le non moins contrasté et parfois contesté Dreamcatcher .
De la vérité et sa véracité à nous propulser dans un endroit rempli d'effroi .
de ses heurts entendu en premier par ses lecteurs: ses longueurs .
Et non , il n'est pas long, il est large !
Epais comme un pavé , il se digère pourtant bien , tant soit peu que l'on s'aide d'une pincée de bicarbonate pour certains passages dans la neige vers la fin et que l'on cède à sa volonté d'un bouquin qui nous conte une histoire volontairement trainante, c'est certain .

A.J.M.M. Autre jeu, même mérite. ( dans le livre ces initiales reprendrons une autre signification ) Que ceux qui veulent de la science-fiction lève le doigt :
Parsemé de phase transitoire dans le cerveau de Jonesy ( l'un des quatre personnages principal ), le processus de l'histoire va prendre des lors des allures de flash-back, de retro souvenirs, ce qu'il convient d'appeler analepse en bon français.
Analepsie surtout, Dreamcatcher fut pour Stephen son placebo , sa thérapie contre sa douleur.
Pour ce paragraphe (que vous pourrez zapper si bien sûr vous le connaissez déjà) je vous agrafe gentiment le rappel et le rapport de son sort malheureux qui est alors le sien:

Victime d'un grave accident le samedi 19 juin 1999 alors qu'il marche sur le bord de la route, le King est renversé par une camionnette. Accident assez grave qui aurez pu lui coûter sinon la vie , du moins une sacré paralysie.
Dieu soit loué ; God save the King -lui aussi très croyant- notre roi est bien vivant, très marqué toutefois par ce voisinage hasardeux avec la fameuse faucheuse dont il fût pourtant l'un de ses meilleurs disciples .
Ironie du sort ?
Il en sort fracturé de partout mais encore capable d'exploit notable comme le prouve le traitement de texte de Dreamcatcher , entièrement à la main à l'aide d'un stylo à plume Waterman !
Si quelqu'un ose encore douter de son véritable et véridique titre d'écrivain après cela,,je ne répond plus de rien.
Bref, parenthèse demi refermé , le King souffre pendant l'écriture , nous le lirons d'ailleurs et l'imaginerons très aisément quand son récit tourne si souvent en rond autour de ses allez- retour neuronal , du petit jeu
qu'il s'ingénie avec Jonesy face à l'horrible Mister Gray .
L'ennemi à vaincre et à combattre dans le roman est en effet une créature de ce nom. Cruelle , pénétrante et épouvantable en diable . Extraterrestre digne d'un scénario de série Z ;pouilleux et crasseux, sortant d'un endroit où généralement seul les odeurs de bloc Harpic sont légion.
A.J.M.M à nouveau ,au trois quart de l'histoire le scénario tournera sur un virage à 90°, prenant une partition de guerre militaire sous son aile .
Je pense qu'ici la détermination à aimer et finir Dreamcatcher ou non est fondamental .
Deux Hypothèses : Vous êtes imbriqué corps et âme dans ce gouffre de lecture qui dure, qui dure,, et vous réchauffe le corps et le coeur pendant l'hiver et vous vous dites:
" Si doit en être ainsi ,allons donc nous en prendre une pleine giclée de sauce à la tom Clancy"
Soit :
" Ce récit part vraiment n'importe comment et ne sais pas comment finir , j'abdique "
La suite appartient désormais à votre destin de lecteur .

En épilogue de critique les réglages quand au pourquoi et comment Dreamcatcher vaut le détour :
- Sa couverture, somptueuse et sublime nous illuminant quand à l'atmosphère vécue en dedans : Au coeur d'un hiver austère dont le Renne en devanture -magnifique créature à bois au abois- n'est visiblement pas celui du père Noel .
- Sa traduction, chose désormais très importante de nos jours où l'on sait qu'elle peut être déterminante dans la qualité d'écriture si confiée à de mauvaises mains imprudente ( oui, oui je sais, j'ai déjà tirer mes boulets rouges là dessus )
Car ici,et ceci vaut hommage à un grand homme disparu il y a peu :
William Olivier Desmond est aux commandes, un interprète de talent, brillant, connaissant les codes et les manières 'de dire' et de faire lire n-a-t-u-r-e-l-l-e-m-e-n-t. . Disposant déjà à sa solde du catalogue quasi complet de l'oeuvre du King ( jusqu'à sa récente disparition le 08 Décembre 2013 ,quel poisse ce 13,,) nul doute qu'il savait s'y prendre.
R. I. P. pour cet important monsieur.
- Dernier point, qu'il convient de prendre en compte pour le pardon du rongement de quelques pages à s'éterniser, le nom original voulu par Stephen King : Cancer . Mais suite aux conseils avisés de sa femme Tabitha , il renonça .

Moralité : écouter votre femme , écourter votre flamme sur certains passages, ne traverser jamais en dehors des clous (passage piéton), ne faites pas de chose ou de lecture qui risque de vous procurer des....
Rêves et cauchemars.
Ou alors assumez d'être déjà conquis par ce pouvoir bizarre à être attiré par ce qui vous est inconnu .
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Hugo
  29 septembre 2016
En ce moment la lecture et moi nous sommes fâchés, alors je restaure quelques vieux avis pour entretenir cette petite envie d'écrire quelques lignes de n'importe quoi… En fait ça doit faire depuis le mois d'avril que je lis un bouquin, pas très épais, pas compliqué, mais impossible de m'y coller sereinement, ça gamberge trop dans le cerveau du haut, le cerveau du bas étant en négociation permanente avec une libido en berne, et souvent il me murmure des choses à demi molle :
- Allez Hugo, va chercher le rouleau de sopalin dans le placard, juste là bas….
- Non je ne suis pas d'humeur ce soir
- Allez quoi tu ne voudrais pas que je fasse la moue ?
- Pour ce que j'en ai à branler
- Allez quoi prêtes y moi une main va, pense à rien, j'ai les jumelles bien remplies, ça va pas être long du tout tu vas voir, j'ai de la chaudasse en réserve…
A la télé, c'est le néant, les énarques qui se gangrènent le bon sens me fascinent par leur connerie, par cette ambition débordante de bouffonnerie, prêts à tout pour accéder au Graal du pouvoir, quitte à se bouffer la gueule les uns les autres, chacun ayant trouvé la solution miracle à tous les problèmes de notre pays t'apportant sur un plateau leur manque de lucidité, de bon sens, surfant sur la vague du racisme, de l'identité nationale et autres grosses saloperies populaires qui fait bander nos campagnes et les gros teubés à la culture néantique, se branlant au sophisme des ambitieux … Et ce n'est pas fini, on va en bouffer jusqu'à plus soif et jusqu'en avril… Ah le fanatisme est vraiment curieux…
Il y a quand même quelques séries qui déchirent, quelques scénarios bien chiadés, quelques acteurs qui font le job, histoire de s'occuper la nuit comme on peut, car l'automne se dessine, l'hiver s'esquisse, et le soleil se fait plus frileux… Fait chier j'aime bien l'été, les mini jupes, les jambes aérées, les pieds nus, les débardeurs qui épousent les formes délicieuses de ces femmes qui se promènent dans les rues, les cheveux au vent, oui je regarde tout le temps, c'est discret, je n'insiste pas, je baisse les yeux, mais j'adore ça…
Donc il faut savoir faire son deuil, l'été s'en va, tu ranges le ventilo, tu ressors la couverture ou tu te loves le soir venu, enfin moi pas, j'ai toujours chaud putain, et tu attends noël, l'ambiance festive, tu veux remplir la naïveté de ta gosse d'illusions infantiles, de sourires, de rires et de joie de vivre…
Je me souviens de cette sage femme qui nous disait, un couple sur deux se sépare dans les 5 ans après l'arrivée de ce bonheur au combien déroutant, à l'époque dans l'euphorie d'une grossesse, amoureux de ce bidon qui s'arrondi au fil des mois, tu te crois différents, invincibles, mais la réalité s'acharne de cruauté, t'apportant son petit lot d'emmerdes futiles qui t'aspirent dans une crise existentielle ou il te faut savoir donner du sens à l'incompréhension…
Et ce petit bout d'amour plein d'énergie qui t'épuise l'égoïsme d'antan, celui pour qui l'altruisme prend tout son sens, cette petite chose qui le soir venu, allongée dans lit d'enfant, vous prend dans ses bras, collant son visage au votre en vous murmurant à l'oreille :
« Je t'aime papa, je t'aime fort»
Elle vous voit rire, alors elle rit aussi, puis se tourne sur le côté, la tête calé dans ses petites mains de gosse, pour s'endormir vers un lendemain plus joyeux.
Du coup affalé sur le canapé, tu te laisses bercer, les bouquins attendent bien sagement leur heure, que tu te décides à reprendre de l'envie, t'as pris quelques feuilles de sopalins au cas ou tu serais dans une ambiance lubrique, et tu laisses aller au sommeil qui s'en vient t'affaisser les paupières d'une sérénité méritée…
Pour le bouquin : lu rapidement, j'avais bien accroché à l'époque peut-être moins à mon âge...Mais je crois que cet auteur n'a plus rien à prouver ?
A plus les copains
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kuroineko
  07 juillet 2017
Seconde lecture d'un roman que je n'avais pas aimé voici une quinzaine d'années (et qui avait même effectué un vol transsalon de toute beauté). Merci à Greg3201 pour sa critique qui m'a décidée à le relire. Une bonne initiative que voilà car j'y ai pris infiniment plus de plaisir.
Certes, il y a parfois des longueurs. Certes, les scènes de pets, de rots et de jurons particulièrement fleuris peuvent lasser un tantinet à la longue.
Pourtant on y retrouve ce qui fait la force de Maître King : son indéniable faculté à raconter son histoire et à mettre en scène ses personnages.
Dans Dreamcatcher, il renoue avec les thèmes de la science-fiction et des extraterrestres. Il a deja taquiné le sujet dans certaines nouvelles et plus longuement dans Les Tommyknockers. On en retrouve ici des éléments, auxquels s'ajoutent une mainmise militaire proche d'une force dictatoriale. Ces troupes sont menées par un fou furieux présenté sous le nom de Kurtz, ce qui renvoie au personnage interprété par Marlon Brando dans Apocalypse Now. Dans le genre psychopathe, le Kurtz kingien se pose là (on peut certes reprocher un certain aspect caricatural des forces armées dans ce roman).
L'atout principal de l'histoire tient dans l'amitié qui lie quatre hommes depuis l'enfance, et même cinq avec Duddits, garçon hors norme et qui réserve bien des surprises. La bande est native de Derry (tiens, tiens...) et on trouve à diverses reprises sur des références à Ça (encore un coup à donner de le relire aussi, celui-là!!!).
Le traitement le plus perturbant et qui se révèle au final passionnant et très bien amené, est le jeu de possession entre Jonesy et Mister Gray. Déconcertant par ses méandres parfois ardus à suivre, surtout au début, mais l'idée est originale et apporte un plus en matière narrative et de suspense.
Je ne me souvenais plus d'un "détail" rapporté par l'auteur dans ses remerciements. Il a rédigé le premier jet de son roman non pas à l'ordinateur mais à la main, au stylo à plume Waterman. Ce, après le grave accident qui faillit lui coûter la vie et lui fit endurer des mois durant opérations et terribles douleurs. Réussir à s'abstraire de cette souffrance par l'écriture est un exploit qui démontre chez King une force extraordinaire. On peut lire dans le corps du texte, à travers l'expérience de Jonesy, le ressenti de cette période extrêmement difficile et douloureuse.
Une raison de plus, à mes yeux, pour admirer ce grand et prolifique écrivain.
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LePamplemousse
  26 août 2015
Il me tentait carrément ce roman dans lequel quatre amis se retrouvent pour une partie de chasse annuelle et ressassent leurs souvenirs et ce, alors qu'une sorte de catastrophe semble se produire autour d'eux.
La quatrième de couverture parle aussi d'un cinquième protagoniste, un petit garçon handicapé, de pouvoirs étranges dont seraient dotés les héros, de créatures venues d'on ne sait où, d'un virus mortel, de l'armée qui tente de camoufler le tout…
J'en salivais d'avance, sauf qu'au bout de 200 pages, je n'en pouvais déjà plus.
Entre les longueurs interminables n'ayant pas de lien direct avec l'histoire, les pets et les rots en cascade, les délires hallucinatoires des uns et les rêves des autres, on s'éloignait pas mal de l'intrigue, sans compter que les chapitres racontant des faits militaires sont d'un ennui mortel sans que les soldats y soient pour quelque chose.
Je me suis accrochée tant que j'ai pu, j'ai sauté des passages, j'en ai lu d'autres en diagonale mais décidément, ces 900 pages auront été très laborieuses et même si ça m'arrache une partie du coeur de l'avouer (la partie qui a encore 16 ans et qui adorait cet auteur) je n'ai pas trouvé beaucoup de plaisir dans cette lecture, d'autant que question originalité, Stephen King a fait beaucoup mieux.
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Laurent3375
  17 mai 2020
Le 19 juin 1999, Stephen King était victime d'un accident qui allait le marquer à jamais. Tant physiquement, psychologiquement que sur son oeuvre littéraire. 20 ans plus tard, jour pour jour, SK a tweeté avoir conscience de la chance d'avoir survécu : "chaque jour est un cadeau". C'est sortant de chez lui pour se balader, qu'un chauffeur, Bryan Smith, perd le contrôle de son véhicule distrait par son chien et percute SK. L'auteur de l'accident décédera 6 mois plus tard d'une overdose de médicaments.
De novembre 1999 à mai 2000, SK écrira Dreamcatcher au waterman à cartouche.
L'histoire : 4 amis de toujours, se retrouvent pour une partie de chasse. le ciel est soudain envahit de faisceaux lumineux étranges. Ils vont rapidement croiser le chemin d'envahisseurs extra-terrestre. le 5ème comparse de cette aventure, Duddits, un attardé mental qui fait partie de leur histoire de vie, va jouer un rôle prépondérant dans ce cauchemar.
L'armée va s'emparer du problème avec force et fracas. Une course contre la montre se met en place...pour sauver la planète.
Un pavé de 700 pages chez Albin Michel, un page turner pour votre fidèle auteur de cette chronique.
Comme d'habitude, SK installe patiemment ses personnages, son décor, mixe le passé et le présent. Certains y trouveront des longueurs.
Ce livre est orienté comme un film hollywoodien (d'ailleurs adapté au cinéma en 2003 avec notamment, Morgan Freeman). J'y ai trouvé des inspirations certaines : Alien, Rencontres du 3ème type, Apocalypse Now et certainement d'autres qui m'ont échappé.
L'écriture est qualitative, fouillée, les personnages attachants, l'horreur est présente, et donnent à cette histoire de science-fiction une dimension dont SK est passé Maître.
Amateurs de SK, foncez !
Bien à vous tous, amis Babeliens !
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
Laurent3375Laurent3375   04 mai 2020
Il y eut soudain un bruit étrange, une sorte de craquement bas, comme la stridulation d'une sauterelle géante. Jonesy sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque, et il pensa tout d'abord qu'une bestiole devait être tombée dans le conduit de la cheminée. Puis il comprit que c'était McCarthy. Jonesy avait entendu des pets retentissants au cours de sa vie, des pets qui n'en finissaient pas, également, mais jamais rien de pareil. Il paraissait s'être prolongé pendant une éternité, même si, en réalité, il n'avait pas duré plus de quelques secondes. Puis il y eut l'odeur.
McCarthy avait pris sa cuillère;il la laissa retomber dans sa soupe à peine entamée et leva sa main jusqu'à sa joue mal en point, un geste de gêne presque féminin.
"Oh, bon sang, je suis désolé...
- Il faut pas, il faut pas, y a plus de place dehors que dedans", répliqua Beaver.
Mais c'était la force de l'habitude qui le faisait parler, l'habitude de toute une vie, et Jonesy vit bien que son ami était suffoqué par l'odeur qu'il l'était lui même. Ce n'était pas le remugle sulfureux d’œufs pourris qui faisait rire, rouler des yeux et agiter une main faussement scandalisée devant son visage, ou qui vous faisait vous exclamer : Qui vient de sortir le fromage ? Ni non plus l'un de ces pets qui évoquent le méthane et les relents des marécages. Mais l'odeur que Jonesy avait détectée dans l'haleine de McCarthy - sauf qu'elle était plus forte : un mélange d'éther et de bananes pourries, évoquant le liquide explosif que l'on met dans son carburateur les matins où il fait frisquet.
"Oh, mon Dieu c'est abominable, dit McCarthy. Je suis absolument désolé.
- ça va aller, ça va aller", réussit à dire Jonesy.
Portant son estomac s'était contracté,roulé en boule comme s'il se protégeait d'une éventuelle agression. Il comprit qu'il ne finirait jamais son repas ; qu'il ne pourrait même pas en avaler une bouchée de plus. Il n'était pas particulièrement bégueule, question pets, mais celui ci puait vraiment le diable.
Le Beav se leva et alla ouvrir une fenêtre, laissant entrer un tourbillon de neige, mais aussi un courant d'air merveilleusement frais.
"Ne vous en faites pas pour ça, mon vieux... faut dire qu'il était sacrément gratiné, celui là. Qu'est ce que vous avez bien pu bouffer, dans les bois ? Des crottes d'écureuil ?
"Des feuilles, des mousses et d'autres trucs, je ne me rappelle pas quoi.. j'avais tellement faim, vous comprenez, il fallait que je mange quelque chose, mais je n'y connais pas grand chose là dedans, j'ai jamais lu les bouquins de Gibbons... sans compter qu'il faisait noir."
Il fit cette dernière remarque comme s'il avait été pris d'une inspiration soudaine et Jonesy jeta un coup d’œil à Beaver pour voir s'il avit compris la même chose que lui : que McCarthy mentait. McCarthy n'avait aucune idée de ce qu'il avait mangé dans les bois, ni même s'il avait mangé quelque chose. Il tenait simplement à expliquer ce coassement aussi effrayant qu'inattendu - et la puanteur qui l'avait suivi.

Albin michel - pages 76-77
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kuroinekokuroineko   05 juillet 2017
Deux des petites joies secrètes de la vie en forêt étaient d'uriner quand on en avait envie et de se moucher dès qu'on en éprouvait le besoin : il suffisait pour cela de se pencher en avant et de souffler par une narine, puis par l'autre. On retirait une satisfaction d'ordre primitif à laisser voler la pisse comme la morve... du moins, quand on était un homme. Quand on y pensait un peu, il y avait même de quoi s'émerveiller que les femmes arrivent tout de même à aimer les meilleurs d'entre nous, pour ne pas parler des autres.
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gorjussgorjuss   31 juillet 2013
//----Dédicace : ----//

Pour Susan Moldow et Nan Graham


//---- Titre original : Dreamcatcher ----//


//---- Structure et citations d'ouverture ----//


-- [Et tout d'abord, les manchettes] –

-- [AJMM] –

-- [Première partie : CANCER] --

« Ce tremblement me stabilise. J'aurais dû m'en douter.
Ce qui se détache est toujours... proche, aussi.
Je m'éveille au sommeil en prenant tout mon temps.
J'apprends en allant où je dois aller.

Théodore Roethke

-- [Deuxième partie : LES GRISÂTRES] --

« Un fantôme surgit de l'inconscient
Et heurte à ma fenêtre, gémissant qu'il veut renaître !
La silhouette en mon dos n'est pas amicale ;
La main sur mon épaule se fait corne. »

Théodore Roethke

-- [Troisième partie : QUABBIN] --

« Alors que je montais l'escalier
Je croisais un homme qui n'était pas là ;
Encore aujourd'hui, il n'était pas là !
J'aurais aimé, aimé qu'il ne vint jamais. »

Hughes Mearns

-- [Epilogue : LE JOUR DE LA FÊTE DU TRAVAIL] --

«  L'univers, c'est une belle saloperie. »

Norman MacLean
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kuroinekokuroineko   07 juillet 2017
Son corps n'a-t-il pas continué à mener une guerre invisible contre toutes les agressions imaginables, du rhume de cerveau au cancer et au byrus lui-même? Soit le corps est stupide, soit il est d'une immense sagesse, mais dans un cas comme dans l'autre, la terrible sorcellerie de la pensée lui est épargnée; il ne sait qu'une chose, tenir tête sans reculer d'un pas, lutter jusqu'à épuisement de ses forces.
+ Lire la suite
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belette2911belette2911   28 septembre 2018
« Tu ne le sens pas ? »

Si, Jonesy le sentait, en dépit de l’air frais qui entrait par la porte de la cuisine. Éther ou alcool éthylique, oui, on reconnaissait encore ça, mais c’était mélangé à autre chose.

Des matières fécales pour commencer, indiscutablement. Une odeur fade qui faisait penser à du sang. Et quelque chose d’autre, quelque chose comme du grisou qui serait resté prisonnier sous terre pendant un million d’années avant d’être libéré.

Rien à voir, autrement dit, avec les pets qui faisaient pouffer de rire des gosses partis camper en bande. Des effluves plus opulents et beaucoup plus immondes.

C’était faute de mieux qu’on pensait à les comparer à des pets ; rien ne s’en approchait.

Tout au fond, pensa Jonesy, c’était l’odeur de quelque chose de gangrené en train de crever misérablement.
+ Lire la suite
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