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John King (Autre)
EAN : 9791030703177
528 pages
Éditeur : Au Diable Vauvert (19/11/2020)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 93 notes)
Résumé :
A chaque match, Tom et sa bande vont défendre les couleurs de Chelsea. Victoire, défaite, peu importe, c'est toujours le même scénario : bières, baston avec les supporters des clubs rivaux et castagne avec les flics. Comme des milliers de jeunes, ils sont les parias d'une société britannique en crise, ravagée par le chômage et l'alcoolisme. John King les montre tels qu'ils sont. Un récit réaliste, cru et dérangeant. Né en 1960, John King occupe une place à part dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  29 septembre 2016
Trois cents hooligans partent en chasse dans un quartier populaire du sud-est de Londres. Après avoir contourné les barrages de la police, ils traversent le quartier d'East-End pour débusquer la bande du club rival. Les supporters des équipes de Millwall FC et de Chelsea FC sont réputés pour leur violence. le derby qui oppose ces deux clubs londoniens se déroule aussi bien dans le stade que dans la rue. La tension et l'excitation sont au paroxysme quand les deux groupes se trouvent enfin. Des briques et des bouteilles commencent à voler. Soudain, dans un rugissement, les hooligans se ruent les uns vers les autres. C'est la guerre, un millier d'allumés s'affrontent en plein jour.
Un soir de match, ils se saoulent, -avec un peu de chance - ils ramassent une femme complètement ivre, ou - avec beaucoup de chance- ils incrustent le crâne d'un supporter rival dans le bitume. « Football factory » est le contrepoint du roman « Carton jaune » dans lequel Nick Hornby décortique sa passion qui vire à l'obsession pour l'équipe d'Arsenal FC. Si les personnages de John King sont aussi de fervents supporters, leur passion se situe autre part. Ce qu'ils recherchent, c'est l'adrénaline, un mélange de peur et d'excitation qui précède un combat de rue. King distingue cette violence du football, ce sport n'étant à ses yeux qu'un prétexte. « Il faut bien que l'agressivité passe quelque part ». Il considère que ses affrontements n'opposent que des citoyens libres et consentants qui trouvent dans ces bagarres un exutoire à leurs vies banales. Les bandes ont leurs règles, leurs territoires et leurs légendes urbaines. Il faut se faire respecter, montrer sa valeur au combat. Il dénonce le traitement médiatique du hooliganisme qu'il trouve biaisé et caricatural. Il critique la gestion du phénomène par les forces de l'ordre et l'omniprésence de la vidéo surveillance.
« Football factory » dresse le portrait de ces petits blancs britanniques qui se considèrent comme « une minorité ethnique écrasée par le système social ». Ils haïssent l'establishment, la politique et la police. Leur vie n'est que frustration. Dans le roman, une assistante sociale communiste se désespère de ces travailleurs qui ne politisent pas leur colère. Ils préfèrent crever l'abcès en se saoulant et en se bagarrant. L'auteur complète sa description de ce nouveau prolétariat en dressant le portait de Londoniens qui subissent sans pouvoir se défouler : un retraité solitaire survivant des maigres subsides de l'État, une blanchisseuse folle de Jesus qui ne s'aperçoit pas de la déchéance de son fils, un ancien combattant qui prend conscience des transformations de son pays, un jeune qui dessine une bande-dessinée où le héros se venge de la Dame de Fer… Chaque récit est parfaitement écrit. John King parvient à retranscrire l'état d'esprit des classes populaires britanniques. Il nous invite à dépasser une condamnation trop rapide du hooliganisme. Ce n'est qu'un épiphénomène du mal-être global d'une société britannique broyée par des années de Thatchérisme.
Bon, si vous croisez un groupe de hooligans dans votre ville (souvenez-vous, l'Euro 2016...), ne tentez pas d'engager le dialogue avec un "j'ai compris les raisons de votre frustration"... Courez et ne vous retournez pas !
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le_Bison
  26 février 2012
Cela commence toujours par une pinte de Guinness, suivie d'une deuxième, puis d'une troisième, et encore plus...
Cela continue ensuite avec une baston, suivie d'une deuxième, puis d'une troisième...
L'Angleterre « ouvrière », vue à travers un hooligan fidèle supporter de Chelsea et ses quelques pôtes...
Un livre sur le foot, la bière, la baston. Un peu réducteur, non ?!? En fait, c'est plus que cela. Un livre sur la virilité, l'imbécillité humaine ou tout simplement la passion ?
Et la vie dans cette Angleterre, on peut pas dire que se soit le paradis idéal, un lieu de rêve où les gens sont heureux de se retrouver tous ensemble, heureux de leur journée passée à bosser durement mais honnêtement...
Le foot n'est qu'un prétexte pour pénétrer dans l'intimité d'une bande de jeunes (et moins jeunes), voyous, casseurs. Ces hooligans nous font découvrir un autre univers, une autre société où ils se sentent foncièrement exclus. Entre absence de travail, ou travail de merde, répétitif, ennuyeux, sans considération aucune, le foot est devenu un exutoire. le quotidien se fait uniquement en fonction des matchs à venir.
Parce que l'Angleterre d'aujourd'hui, c'est d'une putain de laideur, bourré d'usines abandonnées, de villes fantômes où traînent des gosses désabusés et des parents dégénérés.
La recherche des supporters entre les rues de Londres ou de Liverpool, les stations de métro, les pubs bourrés de supporters ennemis, le jeu de cache-cache avec la police jusqu'à l'affrontement final...
Une société libérale qui a laissé pour compte les ouvriers et les chômeurs, qui les a exclus de toute vie sociale et qui tente même de les exclure des stades de foot (les pauvres sont devenus indésirables partout). Ils ne leur restent que cet amour pour la cuite (oublier leur avenir sombre et sans espoir) et pour la castagne (se défouler de toutes frustrations).
Le racisme se vit au quotidien, les rancoeurs aussi. le fossé se creuse entre les générations, entre les cultures, entre les riches et les pauvres. Mais, seul le foot semble encore avoir cette petite "aura" capable de réunir et de souder le peuple. le désespoir se sent à chaque coin de rues. L'avenir ne fait plus illusion, sombre, sans espoir, sans rêve ni trêve. Les punks ne sont plus là mais l'anarchie reste omniprésente dans l'esprit de ces anglais oubliés de leurs « dirigeants ».
Un roman aux odeurs de kebabs et de curry, entre « 1984 » et « Orange mécanique » ...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Toon
  23 août 2015
Comme le dit le 4ième de couverture, FF est avant tout une plongée au coeur d'une certaine Angleterre des années 80/90 et en aucun cas la tribune d'un quelconque hooliganisme malodorant. Durant 1 chapitre sur 2 l'on suit le protagoniste principal (j'évite sciemment le terme de héros) embarqué dans tout un tas d'embrouilles parfois drôle parfois insupportables (notamment lorsqu'il s'agit des rencontres avec les-filles-d'un-soir). Tom ne voit pas Londres comme un ensemble de quartier mais comme un découpage fonction des clubs de la capitale Londonienne.
Les autres chapitres proposent des portraits touchants d'anglais et d'anglaises appartenant à cette fameuse classe ouvrière, pauvre et blanche, qui au final a moins bien réussi socialement que la population immigrée (Relativement tout le contraire de la France). le ton et les anecdotes de ces chapitres bien spécifiques m'ont rappelés le style d'un autre King.
De cette situation, la classe ouvrière britannique, que personne ne veut voir de l'autre côté de la Manche, ressent un vrai dégoût de son propre pays, de leurs policiers et de l'establishment (cohérent dans le réactionnisme puisqu'une frange non négligeable se réclame d'extrème-droite). Toutes les villes anglaises sont vues comme des shitholes, plus particulièrement celles du Nord. Franchement ce qu'on est bien en France !
L'amateur de football que je suis y a trouvé également tout un tas d'anecdotes sympas sur les différents clubs, c'est une cerise sur le gâteau car l'essentiel n'est pas là.
A noter que le livre fait partie d'une trilogie et qu'il a été adapté au cinéma en 2004.
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Vivrelivreoumourir
  03 juin 2019
Football factory.
Un roman d'immersion dans la working class anglaise. John King met en scène un jeune hooligan de Chelsea (londres) que nous suivons dans sa vie de tout les jours (recherche emploi, famille, pub, stade, ...).
C'est populaire, c'est vivant, c'est brute et terriblement vrai.
On le suit avec son groupe pour défendre le territoire (Londres est découpé en zone pour chaque club ou chaque bande fait sa loi), ou envahir celui de l'ennemi. Affrontements dans la rue, dans les pubs, les stations de métro, au stade, c'est un combat quotidien pour la suprématie de sa bande, pour assurer et assumer sa réputation... Parce que quand en face c'est Millwall ou West Ham qui déboulent, il y a du lourd !!! C'est pas 2-3 jeunes de 20 ans en manque de sensation en face.
L'écriture de John King fait que l'on ressent les émotions, les excitations, les inquiétudes, la passion du football et l'amitié forte de l'appartenance à une Firm, un groupe.
Mais au fil de l'histoire l'auteur met en avant aussi d'autres personnages de l'Angleterre des années 1980-90 pour aller plus loin dans la recherche des causes de cette violence, de ce besoin d'appartenance et d'opposition aux autres, à la police, etc...
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JoyeuxDrille
  18 mai 2015
Nick Hornby, dans "Carton Jaune", avait lui aussi romancé sa vie de supporter de foot. Mais King, fort d'une expérience personnelle extrême (et même extrémiste), raconte le hooliganisme de l'intérieur et c'est saisissant. le foot n'est plus alors qu'un prétexte pour se saouler, chercher la bagarre, se battre et peu importent les résultats.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   28 septembre 2016
Je finis par balancer la semoule, et je roule sur le côté. On reste appuyés contre les oreillers, sans rien à se dire. C’est l’instant de vérité, quand tu viens de faire l’amour avec une inconnue, et que tu aimerais bien qu’il y ait un bouton à portée de main. Tu appuies sur le bouton, et la nana disparaît. Bien, me revoilà James Bond. Je déclenche le siège éjectable, et je continue tout seul, sans le mannequin à côté. Dans les films, la femme se fait toujours descendre, de sorte que James Bond n’a jamais à s’emmerder à faire la conversation, après avoir tiré son coup. Je hais ça, bavasser après la baise. Je voudrais que cette connasse disparaisse, et me retrouver seul. Je pique du nez, et Chrissie commence aussi à sommeiller. C’est le meilleur plan, parce que quand tu te réveilles, tu as envie de remettre le couvert. Comme ça, pas de bavardage inutile.
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le_Bisonle_Bison   26 février 2012
Nous trois, on a choisi notre route, et on ne s’en est pas trop mal tirés. On travaille, on a de l’argent dans la poche. On a de bons potes, une famille unie, et on ne se trouve pas comme des cloches quand on veut une nana. On se marre bien.

On doit être comme les nègres, d’une certaine façon. Des nègres blancs. De pauvres blancs. De la merde blanche. Nous sommes une minorité, parce que nous sommes soudés. Peu nombreux. Fidèles, loyaux. Le foot nous donne quelque chose en plus. La haine, la peur nous rendent différent. Et on est issus de la majorité silencieuse, ce qui fait que les connards qui nous dirigent n’arrivent pas à nous repérer. Nous partageons la plupart des idées de masse, mais nous les avons adaptés en nous. Nous sommes haïs des riches, et inacceptables des socialistes qui se la joue charitable. Nous sommes satisfaits de nos vies, nous n’avons pas besoin de travailleurs sociaux. Aucun de nous ne se retrouve à la rue, dans le froid, seul et dépressif, niqué par la drogue ou l’alcool, ou tout ce qui peut traîner comme merde, à te guetter pour te baiser la tête. Non, on a la tête sur les épaules. Trois gars normaux qui s’intéressent au foot, parce que ça fait partie de leur vie. Certains entrent dans l’armée, d’autres chez les flics. D’autres encore décident de tuer les gens par la politique ou par la finance.
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RenodRenod   27 septembre 2016
- Je suis marié, mon pote. Et une fois que tu as passé la bague au doigt d’une bonne femme, on n’a plus rien à te demander. Quand tu te maries, peu importe ce que tu peux bien faire de ton corps. C’est pour mon esprit que Mandy m’aime.
- Quel esprit ? Le peu d’esprit que tu as, il est coincé entre tes jambes.
- Et celui-là, je l’entretiens. Quinze fois par nuit, réglé comme une horloge. Je suis une machine à baiser. Même bourré de bière, je la baise dur comme un bâton. Quinze fois par nuit, chaque nuit, sans exception.
- Disons plutôt une fois par mois. Enfin, une fois par mois avec Mandy. Parce qu’en douce, tu es un fils de pute.
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le_Bisonle_Bison   26 février 2012
Les chaînes n’accordent aucune importance aux supporters, mais sans le bruit, sans le mouvement des spectateurs, le foot, ce ne serait rien. C’est une histoire de passion. [...] Sans la passion, le foot est mort. Reste vingt-deux mecs adultes en train de courir après un ballon sur un bout de gazon. C’est assez con, franchement. Ce sont les gens qui en font une fête. Ils s’échauffent et tout décolle. Quand tu as une passion, n’importe laquelle, elle déborde. C’est parfois ce qui arrive, avec le foot. Enfin pour moi, c’est comme ça. Tout est lié. Ils ne peuvent pas séparer le football de ce qui se passe à l’extérieur. Ils peuvent te forcer à te tenir à carreau, sous l’œil des caméras de surveillance, mais quand tu t’éloignes un peu, l’illusion finit, et c’est la vie qui prend le relais.
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RenodRenod   26 septembre 2016
(...) dérouiller un mec à mort, c’est le plaisir pur. Les oreilles qui bourdonnent. On peut bien déguiser la violence comme on veut, mais c’est toujours la violence. Pourquoi faire semblant, pourquoi justifier ses actes ? Toutes ces têtes de nœud, avec leurs histoires de politique et d’atteinte à la morale, se fourrent le doigt dans le cul. Des mecs de Cardiff que l’on course dans Fulham Road, et à qui Chelsea colle une branlée, c’est ça la vie.
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John KING et Richard NEBERSKY : Prague
A l'occasion d'une manifestation littéraire qui se déroule autour de la littératuretchèque, Olivier BARROT s'est rendu à Prague pour enregistrer quelques émissions. Depuis un bistrot, il présente le livre de John KING et Richard NEBERSKY "Prague" paru aux éditions Lonely planet. Cet ouvrage rescense tout ce qu'il faut savoir sur la ville. On apprend aussi que Pivot veut dire bière en...
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