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EAN : 9782226481474
Albin Michel (28/02/2024)
  Existe en édition audio
4.08/5   618 notes
Résumé :
Êtes-vous prêt à franchir la porte du 93 Ridge Road ?

Dans une jolie maison victorienne d’une petite ville du Midwest, Emily et Rodney Harris, anciens professeurs d’université, mènent une vie de retraités actifs. Malgré leur grand âge, les années semblent n’avoir pas avoir de prise sur eux.
À quelques pas de leur demeure, on a retrouvé le vélo de Bonnie Dahl, récemment disparue. Elle n’est pas la première à se volatiliser dans ce périmètre. Cho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (141) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 618 notes
Que j'ai aimé le personnage de Holly !
Sacré chemin depuis le jour où Bill Hodges ( dans Mr Mercedes ) a remarqué cette jeune femme introvertie et timide devant une maison funéraire, il y a bien longtemps. Holly Gibney est désormais à la tête d'une agence de détective privée. Au début de SON roman, elle vient d'enterrer sa mère du Covid lorsqu'une femme appelle pour retrouver sa fille qui a disparu.

Dès le prologue, l'identité des coupables est connue : Emily et Rodney Harris, professeurs universitaires à la retraite, portant leur respectabilité, leur éducation et leur aisance financière comme autant de masques redoutablement efficaces pour dissimuler leurs forfaits au pluriel.

On pourrait croire que révéler ainsi d'emblée leur culpabilité affaiblir ait l'intérêt pour le récit. En fait, non, car Stephen King distille habilement des détails qui divulguent l'ampleur de leurs crimes sur le temps long, l'atrocité des actes eux-mêmes, mais aussi la folie qui les guide. On les observe avec une acuité attentive, scrutant chaque élément que l'auteur offre. L'enquête de Holly n'en devient que plus urgente. Et puis, c'est tellement plaisant de découvrir comment cette dernière va retrouver la piste de ces deux vieux psychopathes. le lecteur a un temps d'avance sur elle et se régale à suivre ses déductions et le cheminement de sa traque.

C'est cependant parfois trop long. Les passages sur l'écriture et le métier d'écrivain avec les frère et soeur Jerome et Barbara ( personnages trop parfaits pour être vrais ), bien que plaisants à lire, ne sont pas réellement utiles à l'intrigue.

Surtout, on sent Stephen King investi dans une volonté politique de donner son avis sur la société américaine. le portrait est sombre, celui d'une Amérique plus fracturée que jamais : attaque du Capitole, effet Trump sur l'air du temps, antivax, racisme systémique. Il tire à balles réels mais, même si je suis totalement d'accord avec son constat, j'ai trouvé que l'irruption de toutes ces références étaient lourdaudes et donnaient au récit un côté moralisateur lassant sous le poids des répétitions. Sans chausser de gros sabots, le contexte de 2021 en plein coeur de la crise Covid se suffisait en lui-même pour apporter de la profondeur presque horrifique au décor. Durant cette période aux Etats-Unis, le péril et l'isolement étaient partout, les morts flottent au-dessus du récit, hôpitaux et morgues pleins.

Malgré ces réserves et l'agacement qui en a découlé, j'ai pris, comme toujours, du plaisir à lire ce dernier opus de Stephen King. J'en reviens à Holly. C'est elle le coeur battant du récit. Superbe personnage, loyale, consciencieuse, ingénieuse mais dévorée par le doute et l'emprise d'une mère autoritaire dont les maximes continuent de la gronder même une fois morte. Holly est « une femme terrorisée à l'idée de se tromper, et convaincue d'avoir tort aussi souvent qu'elle a raison. »

Sa présence marquante éclaire tout le récit. Grâce au talent de King et la tendresse qu'il a pour son héroïne ( mais aussi Jérôme et Barbara ), on a l'impression que c'est elle qui prend les décisions, que c'est elle qui guide l'intrigue plutôt que d'être la marionnette de son auteur.

Elle « aime penser ( sans y croire totalement ) qu'une sorte de Providence opère dans la lutte du bien contre le mal, aveugle mais puissante, telle une statue de la Justice qui brandit sa balance. Une force à l'oeuvre dans les affaires humaines se tient du côté des plus faibles et des plus naïfs, face au mal. »

Au final, j'ai été touchée par la recherche acharnée de la vérité qui l'anime et anime tout le roman. Tant pis, si on est loin du thriller angoissant décrit par la quatrième de couverture. La vraie horreur, semble dire King, est celle de la condition humaine, la mort, la vieillesse et le deuil qui l'accompagnent.
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Le petit dernier de Stephen King est un très bon cru. mais il ne faut pas s'attendre a du surnaturel avec Holly.

L'écriture du maître est prenante et nous entraine vers un scénario manichéen. L'intrigue se tient parfaitement et les personnages sont extrêmement bien travaillés. L'horreur psychologique est omniprésente.

Mais à côté d'un thriller palpitant, Stephen King a réussi, avec Brio, à faire une véritable critique de la société américaine.
Et Trump, l'homme à la cravate rouge, en prend pour son grade, et pas qu'un peu... et ce pour mon plus grand plaisir il faut l'avouer ( j'espère d'ailleurs que Stephen lui a envoyé un exemplaire !!)
Le covid ( j'arrive pas à dire la, mes excuses aux puristes) et les dérives qu'il a engendré sont plus que mis en avant.
Mais c'est également les armes, les assurances maladies le comportement des gens en général aux Usa. Ma liste est non exhaustive.
Enfin, ce roman est extrêmement bien construit et de manière très maline.

Je ne peux que dire que j'ai pris énormément de plaisir lors de cette lecture...
Et pourtant grande fan du King, je lui trouve souvent des longueurs...ici je n'en ai même pas vu l'ombre d'une.


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Toujours aussi fort ce Stephen King !
Les cartes sont posées : on connaît très rapidement les psychopathes et leurs effroyables motivations. On comprend au fil de la lecture que, plus on se rapproche de la vérité, plus ça pue pour deux des protagonistes, on se demande juste laquelle va morfler… Alors si on anticipe déjà la moitié du roman, comment se fait-il que nous sommes tout de même happée par l'intrigue ?
Dans la plupart des polars, on avance en même temps que l'enquêteur. Ici, nous savons déjà tout. Ce qui nous intéresse, c'est comment Holly va procéder pour comprendre le lien entre les différentes cartes posées, d'autant que les similitudes ne sont pas spécialement évidentes… Nous devons comprendre le mécanisme de réflexions de Holly sinon nous aurions l'impression que tout tombe comme un cheveu dans la soupe. Or en décortiquant en même temps que la détective, le raisonnement devient évident.
Seulement voilà, nous connaissons les psychopathes, nous savons qu'ils sont absolument horribles et nous avons, à l'inverse d'Holly, parfaitement conscience du danger…
Excellent polars que j'ai dévoré bien mieux qu'un morceau de viande…
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Hey, toi là ! Arrête-toi, deux secondes, va ! Arrête de scroller sur des vidéos de chatons ou sur une nana qui jongle trois bouquins à la main.

T'es au courant que le King nouveau débarque dans les rayons ?

Non, ben, te voilà prévenu.

Comme chaque année, il arrive et les libraires se frottent les pattes. C'est le tiroir-caisse qui va surchauffer.

Bon, le truc avec le king of the King, c'est que le monsieur est très prolixe et de temps en temps, il nous sert quand même une petite piquette qui pue un peu le réchauffé. Puis, la fois d'après, il nous fait grimper au plafond, on ne sait jamais à quoi s'attendre avec ce mec.

Pour moi, sur ce coup-là, c'est bonne pioche !

On retrouve cette chère vieille Holly, figure récurrente de la trilogie Hodges, (elle reviendra aussi dans L'Outsider et dans une nouvelle du recueil, Si ça saigne, pour les fans hardcores). Et autant dire la vérité, mon pote, si tu voulais lire Holly, (perso, j'ai lu Holly, au lit, juste parce que ça me faisait marrer), sans passer par les épisodes précédents, j'crois que tu te plantes le doigt dans l'oeil (c'est le genre d'image qui plaît au King, tiens, d'ailleurs).

(Trop de parenthèses, là, je sais)

Ouais, ouais, on pourrait lire ce roman sans avoir feuilleté Mr Mercedes and co, mais tu passerais à côté d'un sacré bon truc. Et en plus, y'a quand même pas mal d'allusions tout au long du bouquin et ce serait un vrai gâchis de vouloir te précipiter juste parce que tu lis un ouvrage que s'il est tout beau, tout neuf. Ouais, je sais, les livres anciens, ça fait moins de likes sur Insta, mais fais-moi confiance, le jeu vaut la chandelle et tant pis pour Tik Tok, tiens.

Ici, le contexte postCovid fait partie du décor, et ce qui me frappe, c'est que la réalité semble pire que la fiction. Pour un peu, on se croirait dans un roman de Stephen King !
J'ai aimé la structure qui oscille entre l'enquête de Holly pour retrouver une pauvre nana disparue des radars et des flashbacks qui font monter la sauce autour de cette disparition.

C'est une réussite pour moi, j'ai pas pu lâcher ce roman et l'ai lu en quelques heures, lui sacrifiant de mon sommeil, d'où les cernes depuis hier. Ici, pas de surnaturel, mais nous ne sommes pas épargnés pour autant, hein, car les monstres, entre ces pages, n'y vont quand même pas de main morte…

Tiens, un dernier truc, avant de partir, parce que je suis un type sympa.

Je te conseille de becqueter avant de te lancer, car ce King-là risque de te couper l'appétit, mon pote.

T'es prévenu. Faudra pas venir pleurer, hein…

Lien : https://labibliothequedejuju..
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C'est l'histoire d'un kidnapping, celui qui ouvre le roman évidemment, mais surtout celui qui a vu un personnage voler le coeur de son créateur. Holly avait été initialement imaginée comme un personnage secondaire, avant de ne plus vouloir sortir de la tête de Stephen King.

Au point qu'il lui donne vie dans quatre romans (Mr. Mercedes / Carnets noirs / Fin de ronde / L'outsider) et une novella (Si ça saigne), avant qu'elle prenne définitivement le devant de la scène avec ce roman à son nom.

Aucune ambiguïté, c'est elle le centre de ce récit. Sainte Holly, pleine de failles, le Seigneur King est avec elle, bénie entre tous ses personnages.

Ce roman éponyme est une réussite, même si loin des meilleurs de l'auteur, parce que plus classique. du thriller à 100 %, évacuant le fantastique de certaines précédentes enquêtes, à tendance horrifique, qui va plonger dans la noirceur humaine. Mis en parallèle avec la lumière de Holly, omniprésente.

Ceux qui ont lu ses précédentes aventures / mésaventures auront grand plaisir à la voir évoluer. Plus sûre d'elle, même si elle est toujours fragile, prenant le lead depuis la mort de Bill Hodges (le flic qui lui a donné sa chance), toujours secondée par quelques protagonistes rencontrés précédemment.

Si vous ne connaissez pas le passé de Holly, cela a peu d'importance, à part quelques noms de méchants passés qui sont évoqués cette histoire se suffit à elle-même.

L'intrigue est bien menée, sans énormes surprises, en prenant le temps nécessaire et sans surjouer. Avec les 100 dernières pages qui sont un modèle du genre, jeunes auteurs prenez-en de la graine.

Le Mal se présente cette fois-ci sous un jour bien singulier, ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler quoi que ce soit, ce serait criminel. Ces histoires de kidnapping vont prendre un tour particulier.

Un récit encore plus maléfique parce qu'il n'est pas surnaturel, l'auteur le dit dans sa postface, c'est très juste. Rien n'est plus abominable que ce qui pourrait réellement survenir. L'imagination des Hommes est sans limite quand il s'agit d'atrocités.

Holly va suivre son intuition, et des cordes lancées par l'Univers. Ce qu'elle va découvrir la marquera au moins autant que les horreurs passées.

Une enquête efficace, mais l'étoile qui brille est bien la touchante Holly. L'écrivain a mis tout l'amour possible dans ce personnage, toutes ses envies pour la faire vibrer (et souffrir, ça reste quand même le King).

Comme souvent, le roman est l'occasion pour lui de dépeindre son pays. Avec la cassure actuelle de l'Amérique, mis en exergue par la crise du Covid, marqueur de son temps. Cette fracture, qui semble irréparable, se retrouve dans chaque rencontre, la plus banale soit-elle. Avec un SK engagé, clairement.

Et comme souvent, l'auteur parle aussi de littérature, en biais, montre sa grande culture en la matière, dont son goût pour la poésie (ce qui en étonnera peut-être certains).

N'attendez pas un rythme effréné, ce n'est pas le genre de la maison. Chaque pièce est mise en place comme il le faut, parallèle entre les méchants de l'histoire et l'investigation de Holly. Jusqu'au grand final qu'on attend, qui va tout de même prendre une tournure renversante.

Stephen King maîtrise tous les sujets, tous les genres, quand il s'agit de raconter des personnages et de parler du Mal à l'état pur. Holly est l'éclat de ce thriller sombre, elle le méritait bien.
Lien : https://gruznamur.com/2024/0..
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critiques presse (6)
LeMonde
12 avril 2024
L’Amérique que l’auteur rejette s’incarne dans le couple maléfique du 93 Ridge Road. Des personnes âgées bien sous tous rapports. Le mal se cacherait-il là où on l’attend le moins ?
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse
08 avril 2024
Vous souvenez-vous du personnage de Holly Gibney ? La petite protégée du vieux Bill Hodges, qui lui a tout appris du métier d’enquêteur et qui a fini par lui céder son agence de détectives privés... Même si la réponse est non, ne passez pas à côté de cet excellent roman noir de Stephen King.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec
26 mars 2024
King n’a toujours pas son pareil pour raconter et mettre en scène la folie des hommes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeDevoir
26 mars 2024
Stephen King plonge Holly Gibney dans l'Amérique de Trump et signe son roman le plus politique.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
OuestFrance
08 mars 2024
Avec Holly, Stephen King délaisse le registre fantastique et livre une intrigue policière habile avec d'épatants personnages féminins.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
SudOuestPresse
07 mars 2024
De livre en livre, King déploie sa comédie humaine sur fond d'enquête métaphysique.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
Au moment où vous croyez avoir vu tout ce que l’être humain a de pire à offrir, vous découvrez que vous aviez tort. Et de conclure: le mal ne connaît pas de limites
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Avec le balai, elle pousse l’assiette vers la cage. Le liquide rouge tangue. Et, comme elle l’a déjà fait, Ellen Craslow bloque le passe-plat avec son pied.
« Je vous le répète : je suis végane. Vous n’écoutez pas, on dirait. »
Em est prise de l’envie de la frapper avec le manche du balai, mais elle se retient. Et pas seulement parce que la fille risque de s’en saisir. Elle ne doit laisser transparaître aucune émotion. Comme Castro et Dressler, cette fille est un animal en cage. Du bétail. Frapper du bétail, c’est puéril. Se mettre en colère contre du bétail, c’est puéril. Un animal, ça se dresse.
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C’est Charlotte qui est morte.
Fervente supportrice de Trump – comme elle ne manquait jamais de le proclamer devant sa fille, chaque fois que c’était possible –, elle avait refusé de se faire vacciner, et même de porter un masque. (Sauf au supermarché Kroger et à sa banque, où ils étaient obligatoires. Pour ces occasions, elle gardait au fond de sa poche un masque rouge vif frappé des lettres MAGA.)
Le 4 juillet, Charlotte a participé à une manifestation anti-masque dans la capitale en agitant une pancarte sur laquelle on pouvait lire MON CORPS MON CHOIX (ce qui ne l’empêchait pas d’être farouchement opposée à l’avortement). Le 7 juillet, elle a perdu l’odorat et s’est mise à tousser.
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Emily Harris, professeure du département d’anglais, peut-être émérite désormais, qui donne parfois encore un cours ou un séminaire et assiste aux réunions entre collègues, ne dit rien. Le calme qui transparaît dans son regard suffit à convaincre Jorge. Il repense aux paroles de ce vieux blues : pleurer et supplier ne sert à rien.
Alors il incline l’assiette et fait couler le jus coagulé dans sa bouche. Quelques gouttes s’écrasent sur sa chemise, mais la majeure partie du sang disparaît dans sa gorge. Le goût salé attise sa soif.
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Jorge veut donner l’impression d’avoir encore quarante ans quand il en aura cinquante, hélas ! le destin est un petit plaisantin. Jorge n’aura jamais quarante et un ans.
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Vidéo de Stephen King
« Holly » de Stephen King, traduit par Jean Esch, lu par Colette Sodoyez l Livre audio
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