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Alain Defossé (Traducteur)
EAN : 9782879292878
474 pages
Éditeur : Editions de l'Olivier (06/05/2003)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Qui n’a pas connu l’été 1977 à Slough n’a pas connu la douceur de vivre. C’était l’époque des premières Doc Martens, du punk rock et du reggae, des bastons avec les Teds et des nuits électriques au pub, quand toutes les filles s’appelaient Debbie Harry. Pour Joe, quinze ans, tout s’est terminé une nuit, lorsque Welles et sa bande l’ont jeté dans Grand Union Canal après avoir battu à mort son meilleur ami, Smiles.


1988. Joe a vingt-six ans. Il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Blackrosesforme
  27 août 2016
Eté 1977. Slough, banlieue de Londres.
Trois accords de guitare, riffs hargneux, deux minutes trente de pure adrénaline, le punk rock des Sex Pistols ou des Clash ne s'embarrasse pas de fioritures et de leçons de solfège pour dégommer les Yes et autres Genesis. Les paroles invitent à l'émeute, l'énergie électrise un été torride et Joe, 15 ans, s'éveille à la vie. le punk l'exalte, le révèle, le trouve : « Et c'est ce qui est génial avec la musique, surtout avec les nouveaux groupes, parce qu'ils mettent en mots tout ce qu'on pense. Comme l'album The Clash. Les chansons, elles résument notre vie. Ce disque, il était déjà là, en nous, il attendait juste que quelqu'un l'écrive. »
Joe est un bon petit gars. Il a des parents, des embrouilles, des espoirs. Il occupe ses journées à cueillir des cerises pour quelques livres afin de pouvoir se payer des disques et les superbes Doc Martens dix oeillets dont il rêve. Quelques pintes au pub, il faut bien grandir. Des concerts magiques, tout regarder, tout noter pour ne rien oublier. Un pote avec qui se marrer. La vie, quoi.
L'univers de Joe s'écroule au cours d'une soirée où, lui et son ami Smiles tombent sur une bande de types qui, sous prétexte de se faire des petits punks, les dérouillent et les jettent dans le canal. Smiles est déjà peu gâté par l'existence ; sa mère s'est suicidée quand il était gamin et il est élevé par un père surnommé « Staline » pour ses méthodes d'enseignement. Joe se tire bien physiquement de cette agression, mais Smiles met plus de temps à remonter, plonge dans le coma quelques jours et garde de graves séquelles.
Joe, psychologiquement, s'en remet difficilement. Il passe plusieurs années à se reconstruire. Etouffé par la culpabilité d'avoir mieux résisté que son copain, il s'exile. Il lui faudraé atteindre l'Asie pour se retrouver. A son retour à Londres, il monte son entreprise de disques d'occasion et fait le DJ dans des pubs.
Human punk est le roman punk et le roman sur l'adolescence. Il a bouleversé ma vie. Il ne m'a pas quitté depuis sa sortie en France, en 2003, comme s'il avait toujours été là, en moi, et que j'attendais juste que quelqu'un l'écrive. L'annonce de sa réédition prochaine chez Points m'a donné envie de le relire. le choc est toujours là.
Roman à la sensibilité exacerbée, le trait est délicat, le ton est juste quand il s'agit d'évoquer les émois propres à cet âge qui arrache à l'enfance et fait douloureusement prendre conscience des injustices du monde.
Roman social, presque naturaliste, il raconte aussi l'époque, à travers les yeux du petit punk, témoin des bouleversements qui agitent l'Angleterre de cette fin des 70's, du début des 80's : les attentats de l'IRA font des morts ; le National Front gagne du terrain, la gauche se radicalise dans un dernier sursaut avant l'arrivée prochaine de la dame de fer. «Les conservateurs étaient maîtres dans l'art du slogan simple (…) et tapaient chaque fois dans le mille (…) le parti travailliste se bousillait tout seul en cellules d'étudiants qui enculaient les mouches sur des points de procédure, tandis que la presse conservatrice continuait de vendre ses conneries, exploitant les cibles habituelles, déclarant que des millions partaient en aide aux mères célibataires, aux femmes battues, aux lesbiennes, aux réfugiés, aux héroïnomanes. »
Respect des différences, autodérision, conscience et méfiance politiques, la philosophie punk est noble, loin des clichés rances sur les crêteux décérébrés amateurs de bière tiède et de slogans faciles.
Roman à consonances fortement autobiographiques, comment ne pas entendre John dans les mots de Joe ? : « L'école ne nous apportait rien. le punk, c'était ça notre éducation, les paroles qui reflétaient ce qu'on vivait, visaient droit dans les choses qu'on voyait, pensait, les noms des gens qui avaient droit à notre respect parce qu'ils écrivaient de l'intérieur sur l'extérieur, et non pas de l'extérieur, comme la plupart du temps. Tout ce que nous offrait l'école, c'était un disque rayé, l'aiguille coincée sur des dates de batailles et des hommes politiques, les têtes de nos seigneurs et maîtres soigneusement reproduites, leurs vêtements richement colorés, écrasant de leurs donjons la lie au-dehors, la masse des paysans tout gris parqués dans des cabanes au-delà des remparts de la ville, des serfs sans visage nourris de navets.(…) C'était si ennuyeux, si hors de la réalité qu'on finissait par croire les profs qui nous disaient qu'on était incapables d'assimiler la culture. »
« Certaines personnes trouvent leurs idées dans les livres, mais pour nous, des gens comme Rotten, Strummer, Pursey et Weller étaient les plus grands auteurs, ceux qui produisaient une littérature qui nous parlait de nos vies. Ils n'avaient besoin de rien contrefaire, d'aucune recherche, ils écrivaient simplement sur ce qui s'agitait en eux, et parlaient à des millions d'autres gens qui ressentaient la même chose. C'étaient des auteurs authentiques, contemporains, ceux qui parlent de la vie de tous les jours, comme on en a si peu eu en Angleterre, des auteurs qui parlaient sous forme de musique parce qu'ils n'avaient jamais songé à le faire sous forme de livre, étant complètement hors de la sphère littéraire, sans aucune des références classiques. Et c'est ça qui les rendait si particuliers, c'est que leurs références étaient les nôtres, elles se trouvaient là, dans nos vies, et non dans la Grèce antique, à des milliers de kilomètres, à des milliers d'années de nous ».
Alors, remercions Rotten, Strummer, Pursey et Weller pour avoir autorisé King à écrire, lui dire qu'il en était capable, qu'il avait en lui cette force qui pousse à être acteur de sa vie en se foutant du qu'en dira-ton, ce refus de rentrer dans le moule, cette rage qui vient du punk et qui ne se renie pas, jamais.
Lien : https://blackrosesforme.word..
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michelblondeau
  07 mars 2014
A travers l'histoire d'un jeune punk - 15 ans en 1977 - de la banlieue de Londres - Slough, la ville qui constitue le décor d'un autre roman de l'auteur, "Skinheads" - , un portrait social et historique de l'Angleterre du dernier quart du 20° siècle. C'est rempli de détails que seule une connaissance de l'intérieur du milieu social peut faire connaître. Les personnages sont vivants, animés par l'empathie de l'auteur et, très probablement, les souvenirs de ceux qu'il a croisé dans la réalité. Et enfin, le style : un long monologue intérieur, narré à la première personne, avec de longues phrases pleines de virgules. Percutant et riche de contenu.
Si, en plus, vous connaissez un peu la musique qui fait l'arrière-plan sonore de ce roman - le punk rock anglais des années 1976-1980, en gros - ce sera une lecture délicieuse.
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bananenstrat
  13 avril 2017
Le punk : vaste sujet. En effet il existe tellement de subdivisions et de nuances dans le mouvement, que ce soit au niveau esthétique, politique ou musical, qu'il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver.
Dans ce roman, John King se propose de nous dresser le portrait d'un punk d'un genre particulier : un punk humain. Et c'est ce qui fait la grande force de ce livre, on a pas à faire à un cliché de tel ou tel type de punk, mais bien à un être humain avant tout, avec tout ce qu'il comporte de complexité et de contradictions, de tourments et de beauté.
L'histoire se compose de trois partie, la première prenant place en 1977 en Grande-Bretagne, au moment de l'émergence du Punk, la seconde en 1988 et se situe dans le train entre Hong-Kong et Slough (Banlieue de Londres) avec Joe le narrateur qui se rappelle les 10 années écoulées, à cause d'un drame qui l'oblige à rentrer chez lui, et la troisième partie se déroule en 2000, Joe étant devenu DJ et ressassant toujours sa culpabilité par rapport aux événements passés.
La narration est assez classique avec quelques flash-back et assez peu de digressions. L'auteur dresse le portrait de son personnage par petites touches, situation après situation, nous livrant ses doutes et son ressentiment. On est très loin des clichés, tout sonne très juste.
Sans être un manifeste politique l'auteur exprime à travers son personnage des réflexions sociales, et un certain fatalisme quand à la vie politique britannique à trois époques différentes.
Les autres thèmes abordés sont riches également qu'il s'agisse de la folie, de la fatalité ou encore de l'entre-soi masculin aux différentes étapes de la vie.
Une lecture enrichissante, que je recommande à tout le monde, seul bémol, il s'agit d'un livre du début des années 2000 et ce qu'il lui manque serait une quatrième partie en 2015.
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Vivrelivreoumourir
  09 août 2019
Human Punk.
On est en 77 et John King nous plonge dans l'univers de l'adolescence d'un ado de 15 ans vivant à Slough, ville au sud de l'Angleterre. Au travers ces rencontres, sa vie de tout les jours, il nous fait vivre l'ambiance typique de cette époque et le punk en particulier. Dock Martens, bretelles, bombers et en avant !!!
On nous brosse bien sur l'univers musicale mais aussi toute l'"ambiance" qui va avec (pub, concert, baston, la vie dans la rue, etc...).
On évoque aussi la racisme, l'IRA, la politique, les matchs de football...
L'écriture sent le vécut, on a vraiment l'impression de vivre de l'intérieur cette histoire.
ANARCHY IN THE UK !!
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   17 mars 2014
Une petite fille passe devant nous et heurte le panneau de la diseuse de bonne aventure, Sheri, cinq livres la séance, et son poisson rouge tombe au sol, et c'est vraiment pas de chance parce que le sachet de plastique s'évente et l'eau s'enfuit, et le poisson commencé à étouffer, le plastique collé sur la tête, battant de la queue. La petite fille hurle et son père arrive, ramasse le poisson et décolle le plastique. Puis il le ramène au stand, tandis que la gamine sautille pour voir ce qui va arriver. Les ouïes palpitent et la queue s'agite frénétiquement comme le poisson panique, suffoquant dans l'air frais saturé de barbe à papa, peut-être qu'il voit sa vie de poisson défiler par flashes, c'est-à-dire plus que n'en voit Sheri dans sa caravane ornée de moulures style romanichel, repeintes de frais. La fille qui tient le stand lâche le poisson dans un aquarium où il flotte quelques secondes, un autre poisson venant lui renifler les écailles, puis se remet soudain à nager en cercles avec son copain, toute son énergie retrouvée. La nana donne un autre poisson à la petite fille qui essuie ses larmes, exhibe des gencives dans un grand sourire dentu, tandis que son père lui ébouriffe les cheveux, ravi de ne pas avoir à essayer d'expliquer ce qu'est la mort, ni toutes ces histoires de paradis et d'enfer qu'il n'a jamais pu bien décrypter lui-même.
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Alice_Alice_   02 mars 2014
Je pense au jour où Smiles a retrouvé le corps de sa mère dans la baignoire, poignets ouverts, saignée à blanc. Il est resté là un long moment avec le corps nu, à discuter avec elle. Il ne m'a jamais raconté ce qu'il lui avait dit, et je ne lui ai jamais demandé. Il ne parle pas beaucoup de sa maman. Pauvre vieux Smiles.
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replayreplay   14 juin 2012
Quand tu es gamin,tu vois tout comme allant de soi,tu ne cherches pas a comprendre pourquoi ton assiette est remplie tous les jours,pourquoi papa rentre crevé et s'assoit devant la télé s’énervant mais trop fatigué pour faire un geste.Je ne réfléchissais pas trop a tout ça.Je n'avais aucun soucis en tete car c'est ça l'enfance,le calme avant la tempête.
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Ele_OnoreEle_Onore   14 mai 2016
heureusement la musique punk est là pour balayer la tristesse, te forcer à continuer, à poursuivre ta mission, chercher, trouver, détruire...jamais tu n'entendras une chanson d'amour punk, pas question de t'asseoir par terre pour gémir sur ton sort, il faut plonger, y aller, suivre le mouvement, la vitesse, la rage...
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Ele_OnoreEle_Onore   14 mai 2016
GABBA GABBA HEY brandi sur les panneaux résumait tout, signifiait que le punk avait tout compris, mais avait le sens de l'humour, et savait se moquer de lui-même.Le punk, ça parle de la vie, ce sont des millions d'histoires de vie.
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