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William Olivier Desmond (Traducteur)
ISBN : 2277231126
Éditeur : J'ai Lu (04/01/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.22/5 (sur 2378 notes)
Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l'a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans. Elle lui rapporte beaucoup d'argent, mais l'a aussi étouffé: sa mort l'a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d'Annie Wilkes, l'infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (233) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  28 septembre 2016
Huis clos terrifiant et énorme métaphore de la création, les deux marchant ensemble, Misery est un chef d'oeuvre en passe de devenir un mythe.
L'écrivain Paul Sheldon, créateur du personnage ultra populaire de Misery, une orpheline aventurière aimée par deux hommes, a un accident de voiture dans la neige. Il est " sauvé" par Annie Wilkes, une femme au physique imposant et effrayant, qui entreprend de le soigner seule dans sa ferme, car c'est une ancienne infirmière. Annie n'en revient pas d'avoir affaire à son auteur préféré, Paul s'inquiète de ne pas être à l'hôpital. Quelque chose ne va pas chez Annie. Elle a des absences, le regard vide, une "crevasse noire" au front qui indique une pensée démente. Et lorsqu'en se procurant MIsery's Child, le dernier opus de la série, elle se rend compte que Paul a fait mourir son héroïne, elle devient complètement folle- de rage. Ouille ouille ouille pour Paul Sheldon. Il doit ressusciter Misery, ou alors ...La colère de la " déesse" s'abattra sur lui...
Le coeur de l'histoire est le rapport de Paul à son oeuvre, et d'Annie à l'oeuvre de Paul. Annie est la "déesse", une muse terrifiante dont le rôle est d'enchainer l'écrivain à son oeuvre, par tous les moyens. Cet enchainement est physique. On coupe les jambes, les mains, on obture l'esprit, pour qu'une seule chose ne compte : l'écriture. Et ça marche. Paul écrit son meilleur livre. Il plonge littéralement dans cette réalité parallèle pour échapper à l'enfer d'Annie, Annie qui en même temps le réduit à un pur esprit créateur, tachant de lui ôter toute pensée extérieure à son oeuvre. L'esprit de Paul se réduit peu à peu au trou béant que constitue son histoire, faire renaitre Misery, et l'entrainer dans d'autres aventures. Il s'y absorbe, et King nous instruit du processus de creation. Il faut que...il faut que...trouver l'idée et le moyen, le lieu et la formule. Paul doit apprendre cette lecon. Il ne sait rien faire d'autre, il ne doit pas se détourner de son destin. La violence que constitue cet acte d'oubli de soi et de son corps est parfaitement et génialement incarnée par l'infirmière folle, la psychopathe obsédée par un personnage de fiction. C'est donc aussi un texte sur la puissance de la fiction sur l'esprit. C'est Annie aussi qui tient ce rôle. Pour elle, Misery est plus reelle que tous les êtres vivants. le monde extérieur est composé de " sales oiseaux" qu'elle hait et qui la haïssent, mais dans les livres, dans les feuilletons...le monde est plus beau et c'est le seul qui importe. Elle est prête à mourir pour Misery, pour lire jusqu'au bout "Le retour de Misery ", le roman qu'elle impose à Paul Sheldon d'écrire.
Misérable est la position de l'écrivain ligoté à sa machine à écrire, misérable le lecteur attaché à des personnages de papier, mais c'est aussi la seule chose que l'écrivain sache faire, et sans quoi il perd tout sens, et le seul rayon de lumière du lecteur, âme perdue dans un océan de ténèbres.
Ah vraiment c'est beau et puissant.
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greg320i
  12 décembre 2011
Maléfique, méchante,irritable ou folle, les mots ne sont pas asser assaisonné pour decrire Annie, la femme de ce roman qui n'a rien à envier à Hannibal Lecter. La frayeur prend le pas sur l'histoire quand on songe à l'incapacité physique du pauvre auteur pris au piège d'une maison tenu par un bourreau tout ce qu'il y a de plus humain (au sens littéral) . Nul besoin de fantastique ici, pas de démon,de goules ou fantôme quelqu'onque: la véritable horreur est la meilleur quand elle est réel,possible et écrite d'une main de maître par un stephen King très inspiré qui commence sa carrière en signant succès à la suite . Inoubliable et angoissant,préparer vous au pire !
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darkmoon
  04 mai 2013
Une histoire originale, sombre, inquiétante!
Véritable thriller psychologique, Misery est l'oeuvre éponyme du grand, du très grand Stephen King. Ainsi le récit commence très bien, comme dans toute histoire écrite par King afin d'installer une ambiance paisible dans une famille à priori normale pour ensuite contraster le tout avec une fin souvent signe d'une apothéose horrifique et inévitable ou bain de sang, folie et autres se mélangent... Ici, Misery narre l'histoire d'un romancier à succès, Paul Sheldon, qui, pris dans une tempête de neige s'écrase dans un ravin avec sa voiture. Heureusement, quelqu'un le trouve. Il s'agit d'une certaine Annie Wilkes qui n'est autre que l'une de ses plus grandes fans et ferventes admiratrices. Celle-ci va découvrir le nouveau manuscrit de son «héros» qui n'est autre qu'une énième suite de son très grand roman traitant d'un personnage dans lequel elle s'est totalement identifiée «Misery». Quand celle-ci va découvrir que Misery trouvera la mort à la fin du manuscrit de Paul, le cauchemar ne fera que commencer pour Paul qui finalement, aurait bien préféré rester coincé dans ce ravin. Encore une fois, Stephen King tire son épingle du jeu en nous livrant un excellent récit aux rebondissements multiples qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.
De plus, le roman est parfaitement découpé entre le monde extérieur donc l'environnement caractérisé par l'enquête de J.T Mac Cain et le monde intérieur c'est-à-dire la maison d'Annie où Paul, ayant perdu pendant de longs mois l'usage de ses jambes et se retrouvant en fauteuil roulant, se retrouve séquestré chez son bourreau. Dans ce livre, le suspense est omniprésent, notamment grâce à de terrifiants passages et une description vraiment soignée de bout de bout. Misery est une sorte d'huis-clos où la victime et le bourreau doivent cohabiter. Franchement, pour imaginer des ambiances glauques, King est le meilleur !
Avec cette oeuvre majeure, Stephen King fait partager aux lecteurs l'angoisse de l'artiste et du créateur, soumis malgré lui à la critique, bonne ou mauvaise, professionnelle ou illégitime. Il exprime à travers le personnage de ce romancier captif, la difficulté de demeurer LIBRE DE S'EXPRIMER, en étant totalement serein et détaché, face à des inconnus fanatiques, qui s'approprient les oeuvres. Les auteurs sont confrontés parfois à des lecteurs (plus ou moins aimables) qui n'hésitent pas à exprimer sans gêne leurs feelings. D'autre part, je suis totalement sidérée par l'immense talent du Maitre King. Pour ces raisons, je ne peux qu'adhérer à sa vison plus qu'alarmiste du phénomène de transfert : (un anonyme qui s'approprie un texte, décide de sa valeur, y ajoute son mal-être personnel et s'imagine avoir un droit légitime de récompense, de correction ou de punition vis-à-vis de l'auteur initial). C'est totalement aberrant et terrifiant. Nota : Pour les fans (sérieux) du Maitre, lorsque Paul Sheldon est "condamné" à inventer un récit en partant d'une impasse, il se sert du fameux "Sauras-tu ?", un jeu que pratiquait avec talent Stephen King, auprès de ses copains, lorsqu'il était encore un enfant et un amateur...
Le film est aussi super! Rob Reiner est sûrement l'un des rares réalisateurs à avoir compris l'univers de Stephen King. Paysages calmes et enneigés, petite bourgade sans problèmes cachant de terribles secrets et personnages dont la folie dépasse l'entendement constituent la plupart du temps la base de tout roman signé par le King. Anne Wilkes interprétée par Kathy Bates est sans conteste l'un des portraits les plus terrifiants du cinéma. Ses épouvantables colères et son humeur changeante en terrifieront plus d'un. Face à elle, James Caan en écrivain célèbre qui décide d'opérer un tournant dans sa carrière. D'où ce duel psychologique légendaire teinté de violence et de folie qui se terminera dans un final ahurissant et haletant. Tout le film de Reiner repose sur ce duel. Alternant les scènes à suspense et les scènes de pures horreurs (qui n'a pas hurlé devant le supplice infligé aux pieds de James Caan), "Misery" est une oeuvre d'épouvante unique capable de rendre une petite bonne femme plus monstrueuse que le diable en personne. Eprouvant et prenant, le film va au bout de l'horreur et nous fait passer un moment que l'on n'est pas prêt d'oublier.
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isajulia
  03 avril 2013
Encore un chef-d'oeuvre du grand King.
Tout les ingrédients sont réunis dans ce huit-clos angoissant pour mettre les nerfs du lecteur à vif.
Je dois dire que l'idée de l'admiratrice qui séquestre son auteur préféré parce qu'il a fait mourir son héroine phare est grandiose.Annie est complètement dingue,Paul a vraiment forte affaire avec une fan pareille et il va payer chèrement ce qu'Annie considère comme une "trahison".La mort de Misery est inacceptable à ses yeux et elle va employer tout les subterfuges pour faire plier l'écrivain à revenir en arrière sur le dénouement de son récit.
Bizarrement j'ai adoré le personnage d'Annie,le fait qu'elle n'ait absolument rien pour elle amplifie notre envie d'en savoir plus sur cette femme.C'est un peu une icône à sa manière,sa folie fascine et à chaque page je me suis demandée jusqu'ou elle était prête à aller et quelles sont ses limites.Derrière une façade de tortionnaire désagréable et cruelle c'est une vraie paumée qui n'a pas grand chose dans sa vie et dans le fond c'est triste.
L'ambiance du roman est tout simplement parfaite,moi qui suis claustrophobe j'ai eu l'impression d'étouffer tout au long de cette lecture.King a tellement bien manié son contexte qu'on s'y croirait.A lire!
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Jmlyr
  30 août 2017

Misère, quand une infirmière fait vivre l'enfer à un écrivain qui crie en vain, moi j'adhère !
Ce livre aurait pu s'intituler Obsession.
Ce n'est pas bien, il avait fait mourir l'héroïne de son bouquin, le vilain. Elle n'a pas aimé du tout, la soignante saignante, alors elle a décidé qu'il allait bien gentiment la ressusciter.
C'est qu'elle le soigne aux petits oignons son auteur, elle prend de la hauteur tandis qu'il descend en enfer. Elle le Shooshoote à mort, j'adore.
Mon livre préféré du King après La ligne verte.
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Citations et extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
MissMymooMissMymoo   16 octobre 2018
Si l'on était pas en compagnie de quelqu'un à qui parler, un livre était indispensable.
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MissMymooMissMymoo   16 octobre 2018
Elles voulaient Misery, Misery, Misery. Chaque fois qu’il avait pris une ou deux années pour écrire l’un de ses autres romans – ceux qui avaient représenté à ses yeux son oeuvre « sérieuse », au début avec certitude, puis avec espoir et finalement avec une espèce de désespoir sinistre -, il avait reçu des monceaux de lettres de protestation de ces femmes, dont beaucoup signaient « votre admiratrice numéro un ».
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MissMymooMissMymoo   16 octobre 2018
Mais bien entendu, ce n’était pas Annie qui était Shéhérazade : c’était lui. Et si ce qu’il écrivait était assez bien, si elle ne pouvait pas envisager l’idée de le tuer tant qu’elle n’aurait pas découvert comment l’histoire finissait, quelle que soit la force avec laquelle ses instincts animaux réclamaient son sang…
N’avait-il pas une chance ?
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MissMymooMissMymoo   16 octobre 2018
Chaque auteur de « best-sellers » de fiction, supposait-il, devait avoir son propre exemple personnel d’un lecteur complètement envoûté par le monde de faux-semblants qu’il avait créé… autant d’exemples du complexe de Shéhérazade, se disait Paul
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MissMymooMissMymoo   16 octobre 2018
L’idée qu’il était absurde d’éprouver du chagrin pour la mort d’un personnage de fiction ne manqua pas de lui traverser l’esprit tandis qu’il se tournait et se retournait dans son lit. Car c’était exactement ce qu’il éprouvait : du chagrin.
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