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3,44

sur 527 notes

Avec ce pavé de 820 pages j'ai réussi à battre un record .... celui de lire un Stephen King en 15 jours... c'est long, trop long pour moi. Ce qui prouve bien l'ennui que j'ai eu à le lire. Je l'ai fini, c'est un Stephen King après tout. J'avais espoir d'un sursaut mais rien, pas une once.

Je pense que c'est le plus mauvais roman du maître.

Ce roman aurait gagné a être plus court, déjà au moins de la moitié. Trop, beaucoup trop de détails inutiles. On lit , on avance dans les pages mais absolument pas dans l'histoire.

Il y a beaucoup trop de personnages, ce qui fait qu'ils ne sont pas aboutis, même les personnages principaux ne sont pas attachants.

Pourtant la quatrième de couverture était tentante, et puis le sujet de fond l'est tout autant (je ne le dévoilerais pas), mais franchement mal mené. Et c'est bien dommage.

Je ne mettrais la faute sur personne, puisque le roman est écrit à quatre mains, mais je ne pensais pas un jour être aussi déçue par un roman de Stephen, qu'il soit écrit seul ou un collaboration. Dommage qu'un double King soit si plat.

En ce qui concerne la couverture, elle est magnifique je le reconnais volontiers, mais malheureusement elle est à mon sens trop proche de celle du Bazar des mauvais rêves.

Dommage (encore !) c'est un raté sur toute la ligne pour moi.

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Je suis venue, j'ai lu et... je ne suis pas convaincue. J'étais pourtant très enthousiaste à l'idée de découvrir la production de King & fils. L'illustration de couverture est de surcroît très réussie. L'histoire de la population féminine qui s'endort sans explication paraissait prometteuse. Les thèmes abordés sur la différence - et les différends - homme/femme sont, à défaut de grande originalité, d'actualité.

Malgré tout ça, force est de constater que la lecture me laisse sur une impression très mitigée. D'habitude je raffole des digressions de Stephen King. Ici je les ai trouvées souvent fastidieuses et sans véritable intérêt. Sur l'intrigue même,  les auteurs semblent n'avoir que survoler, sans creuser. C'est flou et tend à tourner au verbiage pour pouvoir remplir ces 800 pages.

Leurs personnages sont pour la plupart manichéens. Certains hommes sont même des caricatures ambulantes.

Définitivement pas ma meilleure expérience kingesque, et de loin! Est-ce que cela tient à l'écriture à quatre mains? Je ne saurais dire, n'ayant jamais lu de prose d'Owen King auparavant. Mais une chose est sûre, je n'ai pas retrouvé dans Sleeping Beauties le Stephen King qui me plaît tant. Tant pis, ça ne peut pas marcher à tous les coups.

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Ce que j'ai ressenti:

🦋Salut, Beauté.

– “Dormir, c'est comme être mort.”

Salut à vous, mes beautés. Vous qui êtes derrière vos écrans, encore là bien réveillées. Pas encore frappées par le phénomène Aurora, pas encore victimes des cocons enveloppants. La fièvre a pourtant frappée la moitié déjà de la surface de la terre, mais il y a encore une petite ville qui résiste, Dooling. C'est là que je t'emmène…Salut, Beauté.

"Pour toutes les femmes du monde, au Premier Jour d'Aurora, il n'y avait pas de temps à perdre."

🦋Salut, Beauté. Il se pourrait bien que si tu es dotée de sexe féminin, l'heure soit venue pour toi de faire de jolis rêves où la folie des hommes n'aurait plus lieu d'être. C'est ainsi que Stephen King et son fils Owen nous ont créé un tout nouveau tout beau, petit coin d'exil pour les dames, avec un choix important à faire…Le monde actuel dans cette histoire hors du commun, devra donc faire avec la violence des hommes, et la disparition des femmes…Quel rêve étrange, mes beautés. C'est presque fantastique et puis c'est aussi un peu horrifiant, non?! Qu'est-ce que t'en pense, hein, Beauté?

"[…] le verbe aimer est un mot dangereux quand il sort de la bouche des hommes."

🦋Si certaines se sont endormies, en revanche, moi j'ai pris le temps de lire ce Stephen King, pendant mes heures d'insomnies. Et c'était délicieux. J'ai retrouvé de la saveur d'antan à lire avec plaisir mon auteur préféré, avec une lenteur exquise. Parce qu'avec le King, il y a toujours cette saveur particulière de savoir que tu lis un bon livre et de pouvoir développer ton imaginaire avec son pouvoir d'immersion inimitable. C'est presque magique, cette sensation. Et là, la magie a encore opérée. Il décrit à merveille ces tranches de vies, les gens et leurs comportements, que même une page ou deux par soir, c'est déjà une richesse de lecture. Même sur une scène, il me fascine, alors, imagine Beauté, sur un bouquin de 800 pages…Je te raconte même pas comme l'effet se décuple!

"Même dans le sommeil il y avait des prisons, évidemment."

🦋En choisissant de parler de l'univers carcéral, Stephen King évoque des sentiments troubles comme la culpabilité, le regret, les dangers de l'amour et de la haine, mais surtout, la violence que tout un chacun porte en lui. Et c'est en cela que ça en devient passionnant, toutes ses émotions qui se mélangent. La violence au féminin n'est pas la même que celle au masculin, mais elles se répondent l'une et l'autre dans une danse infernale, s'alternent, s'enflamment toujours plus, pour en arriver à des grands moments de fureurs atroces. Cette prison pour femmes est le point stratégique de ce roman. Un lieu de passions et d'entraides, un refuge et une place à détruire…Ce n'est pas courant, (dans mes lectures du moins), que je rentre ainsi dans une prison pour femmes et l'effet a été assez déstabilisant mais j'aimerai bien en lire d'autres, pour me confronter à ce type de sujets forts en émotions…

"Tu ne peux pas ne rien avoir à foutre d'un carré de lumière.

~ Reese Marie Dempster, détenue matricule 4602597-2 ~

*Centre de détention pour femmes de Dooling*"

🦋Et tu sais pourquoi, j'ai adoré cette lecture, Beauté? Parce qu'elle est étonnamment féministe mais aussi intensément poétique. La délicatesse des ailes de papillons et la fragilité des mouchoirs de fées apporte une ambiance enchantée qui m'a beaucoup plu. Mais c'est cette solidarité féminine et la résilience de toutes ses femmes qui m'ont profondément touchée dans ces pages. Dans cette lecture, on voit encore que dans l'esprit collectif, le mythe de la « sorcière » est encore présent, le patriarcat touche encore trop les codes de pensées et la violence est un mode de vie pour certains. Stephen King nous parle des problèmes de sociétés avec beaucoup d'intelligence et de perspicacité, que ce soit de la violence faite aux femmes, de l'environnement qu'on néglige ou des problèmes de justices, il saisit dans ces scènes de vies troublantes, les subtilités de la psychologie humaine. En ayant comme ça, mis en lumière énormément de personnages dans ce roman, et donc autant de réactions et de comportements différents, on a un échantillon-témoin d'une ville face à une catastrophe éventuelle. Que serait donc le monde sans une femme pour l'apaiser?! Je te le demande Beauté…Je me le demande aussi très fort, avant de m'endormir…

"-L'acceptation ce n'est pas la même chose que le renoncement."

🦋Alors, je ne sais pas si vous irez dormir mes Beautés, mais si jamais, vous vous gavez de caféine comme moi, et que vous vouliez un bon livre pour vos nuits agitées, pensez que Sleeping Beauties pourrait vous plaire plus que le baiser d'un pseudo-Prince. Laissez un peu de magie éveiller vos nuits, les papillons vous caresser, les fées vous toucher de leurs voiles et partez en direction de l'Arbre…Stephen et Owen King s'occuperont de vous envoûter dans une revisite effrayante du conte de la belle au Bois Dormant.

"-Je suis une femme, écoutez-moi rugir."

🦋Salut, Beauté.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10.


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Avec ce roman, je reviens vers mes premières amours littéraires que je n'ai jamais vraiment abandonnées mais que j'ai parfois délaissées pendant des périodes plus ou moins longues. En effet, c'est avec un roman de Stephen King (enfin plutôt Richard Bachman), que je suis rentré dans le monde littéraire pour adulte à l'âge de 13 ans. Je m'en souviens comme si c'était hier, le livre "Chantier" en mains reçu par un site de vente par correspondance bien connu à l'époque. Livre que j'ai dévoré en presque une soirée, même si ce n'était pas le meilleur de l'auteur. Après ça, je n'ai pas pu faire autrement que de lire tous ses livres durant mon adolescence.

Et bien force est de constater que plus de 30 ans plus tard, même si Stephen King a parfois du mal à se renouveler et surtout, pas mal de difficulté à boucler ses livres - il faut avouer que certaines fins de ses romans sont complètement bâclées, il n'a pas son égal pour décrire le genre humain et surtout toute la noirceur de celui-ci quand il est mis dans des situations de "survie".

C'est donc avec toujours autant de plaisir que j'ai lu ce roman qui, malgré certaines longueurs, m'a tenu en haleine de bout en bout.

A très bientôt Mister King, on n'oublie jamais ses premières Amour ... littéraires !

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Que de looooooooooooongueurs !

C'est un beau pavé mais qui aurait pu être réduit de moitié au moins. Peut-être que le papa et son fiston se sont laissés emporter par leur verve. Je ne sais pas mais au final, beaucoup de délayage.

Et c'est dommage parce que l'histoire est vraiment sympa et effrayante (surtout pour les femmes, j'avais du mal à m'endormir après ma lecture) et comme toujours avec le King, on s'attache aux personnages et on adore en détester certains.

Bref, ce sera donc une lecture mitigée pour moi avec autant de bons que de mauvais cotés.

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Déjà presque 3 semaines que je traîne ce livre en audio dans mon auto... 3 semaines qu'il m'accompagne matin et soir sur le chemin du boulot.... et j'ai déjà l'impression de l'avoir oublié tellement il m'a paru long et sans grand intérêt au final... Pourtant, l'idée de base m'a intéressée, sinon, je l'aurait pas emprunter... J'avais hâte de savoir ce qui pouvait être à l'origine de ce mal mystérieux qui gagne les femmes du monde entier... S'endormir un soir, pour ne plus jamais se réveiller, avec en prime un cocon sur le visage et le corps... Et malheur à celui qui décide de les réveiller, elles deviennent agressives et s'attaquent aux hommes. Mais bon, j'attendais, et j'attendais la chute, pour pas grand chose !! Les personnages m'ont paru plats, sauf peut-être Évy, dont la folie m'a captivé... Bref, un King de lu, mais vraiment pas son meilleur... Mais ce n'est que mon humble avis !

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Que feriez-vous sans elles? Si toutes les femmes s'endormaient peu à peu pour ne plus jamais se réveiller?

Dès qu'elles s'endorment, toutes les représentantes du sexe féminin sont enveloppées d'un cocon. On suivra le développement du phénomène dans la petite ville américaine de Dooling dont le shérif est une femme. Et le mari de cette chef de police est psychiatre dans rien de moins qu'une prison pour femmes.

Il s'agit donc de fantastique sur fond de guerre des sexes, ou plutôt avec une réflexion sur les rapports entre les hommes et les femmes. C'est aussi un contexte très américain : on parlera des armes, des Noirs tués par des policiers et même de « fake news »…

Pour moi, ce n'est pas le meilleur de King, car le duo père-fils n'a pas su créer la profondeur des personnages et l'intensité dramatique que j'ai aimées dans ses autres romans.

De plus, avec les méchants hommes qui battent ou trompent leurs femmes, avec les allusions à la pollution ou aux enjeux sociaux, le tout est un tantinet moralisateur. On peut le pardonner aux auteurs, car on en ferait peut-être autant si on devait supporter l'horreur politique qui les gouverne…

P.S. Une anecdote perso : les cocons imaginés par Stephen et Owen King m'ont rappelé une situation désagréable vécue dans les forêts boréales qui sont périodiquement attaquées par des épidémies de chenilles (livrée des forêts). En plus de manger les feuilles, ces petites bestioles tissent des cocons et les arbres sont recouverts de masses de fils blanchâtres. C'est l'horreur, après les forêts défoliées, ces boules de ouates et de fils collants, puis la marée de petits papillons brunâtres…

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Dernier roman de Stephen King traduit dans la langue de Molière, « Sleeping Beauties » nous fait bénéficier du talent de, non pas un King, mais deux King puisque co-écrit avec son fils Owen. Je ne connaissais particulièrement pas ce dernier, ayant lu en revanche l'excellent « Cornes » de l'autre fils King, Joe. Je dois bien avouer qu'il est idiot de faire ce genre de remarques, tant cette généralité ne mène à rien, mais cela reste sincère : je ne suis pas un grand fan des romans à quatre mains, tant dans l'idée que dans l'accomplissement.

Et, je ne vais pas garder le mystère plus longtemps, « Sleeping Beauties » ne va malheureusement pas bouleverser mon préjugé, au contraire.

Le long chemin de la rédemption.

« Sleeping Beauties », on pourrait penser que c'est l'histoire d'un monde sans femme. Effectivement, la situation sur toute la planète se trouve bouleversée lorsqu'un jour, les femmes semblent ne plus se réveiller et, telles des chenilles en attente de mue, se lovent dans un cocon. Cocon qui, si l'on tente de l'arracher, amène à des bains de sang : les femmes sont déchaînées lorsqu'on les réveille, tuant à tours de bras les individus autour d'elles, puis se rendormant paisiblement.

J'ai bien écrit : « on pourrait penser », puisqu'en réalité je trouve le roman très mal équilibré. On a, tout d'abord, une introduction beaucoup, beaucoup trop longue. Une sorte d'incipit de 200, 300 pages, à vue de nez… On découvre nos nombreux personnages, et de tradition King : on en apprend beaucoup sur eux. Ce n'est pas complètement loupé, et je dirais même que certains domaines du livre sont très réussis. C'est le cas de la prison pour femme et de Clint Norcross : on est tout de suite intrigué par cette situation, on s'impatiente de constater à quel point le « virus Aurora » va atteindre cette prison et comment le psychiatre au lourd passé va gérer tout ça. Mais bon, la prison, ce n'est qu'une partie de cette longue introduction… Et il existe une sorte d'inertie assez malvenue dans cette première grosse partie de roman. Aurora débute, on en entend parler ici ou là, on a une sorte de « clap de départ ». Et pourtant, tout semble très long à se mouvoir. Et on adopte vite des faux rythmes désagréables : on sent la pression monter dans la prison, et ça s'apaise. On suit le fils de Norcross : on est excité, et soudain le soufflé redégonfle. Et c'est comme ça constamment… ça s'accélère, ça ralentit. Et c'est extrêmement long.

J'aimerais vous dire que cela s'arrange une fois la trop large introduction passée, mais ce n'est pas vrai. Une fois les choses bien installées, on assiste à une incroyablement longue préparation de la fin du roman. Que l'on suive les hommes, ou les femmes (je ne spolierai pas ce qu'il en advient), c'est lent, lent, lent. Clairement la partie du roman la plus lourde et la moins réussie : je me suis retrouvé coincé entre un début de roman très lent mais au demeurant excitant et ayant installé des personnages forts, et une fin qui s'annonçait explosive. le problème, c'est que comme pour toutes les parties de l'histoire, ça traine en longueur. Et ici, plus question de faux rythme : l'histoire s'endort un peu.

Et même la fin du livre, réellement explosive, s'éternise. Difficile d'y croire : ça pète dans tous les sens mais c'est interminable.

Estampillé 100% King.

Bon, s'il y a une chose sur laquelle je m'étais trompé, c'est l'effet d'Owen King sur son père. du pur plan de l'intrigue, impossible de savoir l'effet de l'un sur l'autre. Mais sur le style et la façon de raconter une histoire : on est sur du pur Stephen King. Les personnages sont forts, bien campés par des anecdotes sur leur passé et un historique détaillé. Mention spéciale à Clint Norcross, pour lequel j'ai eu beaucoup d'affection, et Michaela Coates, que j'ai aimé suivre également.

On n'est pourtant pas sur une pure réussite : j'ai trouvé par exemple Lila Norcross insupportable sur la fin de roman. Si j'adhérais complètement à ses angoisses et réflexions au début de l'histoire, elle m'a vite semblé désagréable par la suite et notamment sur la toute fin du roman. le personnage de Franck Geary aussi m'a beaucoup agacé, mais plus dans la place que l'intrigue lui donnait. J'y reviendrai.

Il y a en revanche un très gros problème d'intrigue, avec ce roman. Un très, très gros problème. Si tout le début est globalement prometteur, et que l'on sent bien ce vers quoi tend l'histoire, il y a une grande faille dans tout le fonctionnement de la deuxième partie du livre. Effectivement, je vous le donne en mille : la fin explosive du livre ne tient sur rien. Artifice incroyable de narration, les King nous font tenir le roman sur une daube incroyable. Je vais me permettre de causer plus précisément de l'intrigue dans le paragraphe suivant, sautez-le si vous voulez garder le mystère.

Je trouve donc scandaleux que Stephen King parvienne à concentrer toute la deuxième partie de son livre à la préparation du « siège » à venir de la prison, sous prétexte qu'Evie veut attendre quelques jours. C'est d'un ridicule ! Qu'Evie veuille laisser le temps aux femmes de reconstruire un monde et de l'apprécier avec suffisamment de recul, pourquoi pas ! Mais sans déconner : quel artifice désagréable ! En gros voilà : tu as une créature mystérieuse, une intrigue pleine de promesses, et un lieu parfait pour les rebondissements : une prison pour femmes ! Et personne ne pige rien, la créature te dit : « Voilà, il faut me défendre jusqu'à mardi matin précise, pas d'explications particulières. J'ai pas dit lundi soir, ce qui aurait permis d'éviter un massacre, mais bien mardi matin. ». Encore plus absurde le fait qu'on souligne à de multiples reprises le mystère autour d'Evie alors qu'on finit par ne rien en révéler. Et je me dis qu'allez, imaginons qu'il faille vraiment protéger Evie jusqu'au mardi matin, pourquoi ne pas faciliter la situation ? Pourquoi organiser un massacre lorsqu'on voit comment tout cela se finit. Pour « tester » les hommes ? C'est d'un ridicule ! Enfin, il faut bien réaliser que dans cette situation, peu importe l'homme ou la femme en face, je ne vois pas vraiment les autres alternatives. Rappelons que la bande à Frank, à la base, veulent la présenter à un médecin pour qu'elle subisse des tests en vue de résoudre le problème Aurora. Pour l'instant, réaction fondée. Admettons qu'Evie ait une perspective sur l'avenir et que cette solution ne fonctionne pas, pourquoi alors ne pas réaliser ses « tours de magie » deux cents pages avant et épargner à tout le monde ce bain de sang ? Cela aurait probablement permis de rationnaliser Frank, quitte à exclure de l'équation ce fumier de Don. Enfin bref. Et dernier artifice grossier et détestable : dans le « Chez Nous » des femmes endormies, il n'y a que celle de Dooling, échantillon apparemment représentatif de la population mondiale. C'est quand même marrant, j'aurais pensé que la parole féminine serait très différente dans certains pays où la violence faite aux femmes est beaucoup plus marquée (mais je ne ferai pas l'affront de détailler cela). Tout de même : étrange émissaire divin que celui qui juge un monde sans femme à l'échelle de la société américaine. Enfin ! Il faut faire des choix, je le conçois, et je ne me plains habituellement pas tellement de ce genre de détails. Donc, fin du débat.

Bon, fin des spoilers. Cela fait quand même mal de réaliser que la moitié du roman, de surcroit la moitié décisive, tient sur des chimères.

Le King féministe, c'était mieux avant.

Et enfin, le gros sujet du bouquin : les femmes ! Si je vous disais que « Cujo » était un bouquin bien plus réussi, du point de vue féministe de la critique, que « Sleeping Beauties », me croiriez-vous ? Eh bien, c'est pourtant vrai ! Au même titre par exemple que « Dolores Claiborne ». C'était des super bouquins, ça ! King faisait cela tellement mieux : c'était fin, pas poussif pour un sou. L'exact inverse de « Sleeping Beauties » !

Bon, après, on ne va pas se mentir, au vu de l'intrigue, on sentait venir le propos bien lourd. Mais Stephen King est un tel géni, et ses ratés sont si rares, que je me suis engagé sans peur. Quelle erreur ! C'est si laborieux, ce propos du livre. Et c'est surtout complètement, complètement faux.

La place des femmes, dans notre société, est plus importante que jamais ces derniers temps, et « Sleeping Beauties » ne fait finalement qu'acutiser une actualité brûlante. Et c'est un sujet très important. Mais enfin, quelle connerie cette histoire de « Chez Nous » dans le livre ! Une société faite par les femmes serait-elle donc comme dépeinte à la fin du livre ? J'en doute énormément. Ou en tous cas, je mets sérieusement en doute le propos du livre, qui incite à penser qu'il s'agirait d'un monde où la violence n'est plus qu'ersatz. Je pense que le monde des femmes, décrit par King, est en fait un « nouveau monde », tout simplement, le concept de « recommencer à zéro ». Si vous aviez envoyé 100 bonhommes équilibrés là-bas, l'effet aurait été le même. C'est de s'affranchir d'une société normatrice qui permet une sorte de libération de ces femmes, et pas juste l'affranchissement du sexe masculin. Parce qu'il serait par ailleurs très anti-féministe de limiter la violence à l'homme : je pense qu'une société entièrement composée de femmes parviendrait très vite à découvrir de nouvelles manières de réaliser la violence. Parce que cette violence n'est pas inhérente à l'homme, mais à l'humanité dans ce qu'elle a de moins honorable. Laissons donc cette société 100% femme évoluer sur le long terme, et mesurons le résultat (quand je vois ce que ça peut faire dans certaines équipes en moins d'une journée !). Je n'ai aucun doute que de nouvelles formes de violences, peut-être moins « masculines », auront émergé. Mais ça, c'est mon côté pessimiste.

Bon, Stephen et Owen King ne sont pas non plus polémistes, mais je n'ai pas aimé cette impression dégagée par la fin du livre. J'ai trouvé la tournure et le parti pris des King faciles. S'il s'agissait de rappeler et de punir les râclures, comme Don (un « porc » de « balance ton porc », sans aucun doute), c'est chose faite. Je ne remets pas en cause un peu de nuance apporté par les auteurs, notamment à-travers les propos de Jeanette Sorley, sonnant plutôt justes. Mais j'ai trouvé le processus faux. Enfin, moi non plus je ne veux pas faire le polémiste, mais je n'ai jamais été un grand admirateur de ce féminisme ne s'épanouissant qu'en appuyant sur l'homme et aboutissant à un pathétique et caricatural « anti-masculinisme ». D'autant plus lorsque l'on voit d'autres oeuvres féministes de l'auteur, géniales démonstrations d'intelligence.

Bon, en conclusion, je n'ai pas tellement aimé « Sleeping Beauties ». D'une longueur effroyable, le roman se perd avec un faux rythme accélération-décélération assez désagréable. Trop de personnages, trop de lieux, trop d'éléments ne servant pas l'intrigue. Et ceci avec une construction globalement très foireuse dans la seconde partie du livre, et un propos pseudo-féministes s'attardant plus à dévaloriser l'homme qu'à valoriser la femme. Lorsque le roman tape juste, il enfonce des portes ouvertes ; lorsque le roman sonne faux, il est très agaçant.

Je ne garderai pas ce Stephen King dans mon coeur.

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Partout dans le monde, les femmes s'endorment et ne se réveillent plus. Elles ne meurent pas, mais sont entourées d'un cocon, comme des chrysalides, dont il est bien dangereux de vouloir les délivrer. Les médias appellent cette terrifiante épidémie de sommeil Aurora. Seule Evie s'endort et se réveille à sa guise. Cette jeune femme sortie de nulle part parle en outre aux animaux et semble venir de plus loin que le temps. Où vont les femmes qui s'endorment ? Que va-t-il advenir des hommes, du monde ? Il semble en tout cas que tout converge vers la prison de Dooling, dans les Appalaches.

Je n'en dis pas plus et je ne donne aucun nom de personnage, hormis celui d'Evie. Sachez que vous croiserez aussi un renard, un tigre blanc, un paon majestueux et un serpent rouge. Vous aurez bien le temps de faire connaissance avec tout le monde pendant les 720 pages de roman écrit à quatre mains. On sent surtout la patte de Stephen King, surtout quand comme moi – et comme de nombreux autres fans –, on a quasiment lu toute la production du bonhomme. Il est bien difficile de savoir quelles sont les contributions respectives de papa et de fiston King. Cependant, il y a des maladresses qui sont tristement dignes d'un premier roamn : à se demander si le môme n'a pas écrit la majorité du bouquin et si le daron n'est pas juste passé derrière en signant de son prénom pour assurer une bonne reconaissance au bouquin. Mais on s'en fout un peu, finalement : on tient entre les mains un assez bon bouquin, même s'il compte quelque 200 pages en trop. Mais il comme ça le King, il ne sait pas faire court quand il n'écrit pas de nouvelles. Et il ne sait pas non plus résister à l'envie de supplicier des animaux : lapins, chat et chien, on a un beau panel de bestioles en souffrance ici !

Ce roman féministe – n'ayons pas peur des mots – m'a beaucoup rappelé d'autres textes du King, notamment Jessie, Dolores Claiborne et Rose Madder, où des femmes se battent pour leur survie face aux hommes ou au pouvoir masculin. Dans Sleeping Beauties, King père et fils opposent les principes féminins et masculins, mais sans en rendre un tout blanc et l'autre tout noir. Il y a des pommes pourries et des pommes d'or dans les deux paniers. La conclusion du roman est pleine d'espoir, mais aussi de fêlures. Rome ne s'est pas faite en un jour et il faut de la patience pour extirper certaines mauvaises habitudes. Mais mais mais... parce qu'il y a des mais. Déjà, comme je l'ai dit : des maladresses et des longueurs. Et surtout un propos qui appuie trop lourdement sur la culpabilité des hommes et qui verse un peu dans l'angélisme. Oui, les King, on a compris : on sait que vous avez conscience du problème et que vous êtes du côté des femmes. Dommage que votre roman surfe sur vague Weinstein au lieu de s'y attaquer de front.

Je vous laisse avec plusieurs extraits de ce roman doucement horrifique. Pensez-y si vous êtes une femme : accepteriez-vous de vous endormir si ça signifie que vous serez séparées de tous les hommes de votre vie ? Et pensez-y vous êtes un homme : que vous inspirent ces femmes endormies toutes prêtes à vous déchirer en morceaux si vous essayez de les extraire de leur cocon ?

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Jamais facile de se lancer dans la critique du roman d'un auteur que l'on affectionne particulièrement, surtout quand le roman en question semble un cran en-dessous de son talent habituel. Ce roman a d'ailleurs été écrit à 4 mains avec son fils Owen, ce genre de collaboration me laissant tout à fait dubitative : comment ont-ils pu s'organiser pour effectuer le boulot ? Comment le fiston a-t-il pu exister face au monument qu'est son père ? En tout cas, sans présumer des qualités du fils, je pense qu'il y a très surtout la patte de papa, très reconnaissable dans ce roman, même si on l'a connu à meilleur niveau et je me demande quels ont été les apports du fils…

 

Bon, pas que cela soit franchement mauvais… mais je reste mitigée.

 

L'idée de base est totalement accrocheuse : une mystérieuse maladie qui s'attaque aux personnes de sexe féminin uniquement. Les femmes s'endorment, tandis qu'un étrange cocon les enveloppe et elles ne se réveillent plus.

 

Les ressorts utilisés par King m'ont assez fait penser à ceux que l'on trouve dans Dôme (qu'au passage je n'ai jamais réussi à terminer, ceci expliquant peut-être cela…) : une petite communauté qui se retrouve en autarcie et  qui doit faire face à un événement extraordinaire avec une construction autour de personnages forts représentant chacun un archétype : le Gentil, le Faible, le Grand Méchant qui met des petites brutes au pouvoir… sentiment de déjà-vu pour ma part à ce niveau.

 

Quant au développement de l'intrigue qui était si prometteuse au départ, je suis un peu restée sur ma faim. Il y a des longueurs, c'est fade. On connaît bien sûr le goût du King pour la mise en scène d'une pléthore de personnages qu'il positionne et développe dans son intrigue, mais cela alourdit considérablement l'histoire surtout en première partie, sans apporter de réelle plus-value.

 

La deuxième partie est un peu plus digeste, même si la fin m'a semblée un peu bâclée. Comme si au bout de 800 pages, l'auteur semblait pressé d'en finir.

 

Moi, j'aime le King qui me fait trembler, le King de l'horreur qui m'empêche de fermer l'oeil et me fait vérifier sous le lit qu'il n'y a bien personne avant d'aller me coucher.

Pour ce roman, c'est tombé à plat, pas la moindre angoisse ni le moindre frisson.

Enfin, je n'ai pas apprécié la manière d'aborder le féminisme assez peu subtile et qui manque de pertinence. En choisissant des personnages masculins très caricaturaux, King nous présente une vision très manichéenne et complètement simpliste du féminisme, qui ramène les relations hommes/femmes à un simple face à face bourreau/victime. J'aurais attendu un brin de finessesse upplémentaire dans cette histoire.

Je reste une inconditionnelle du King mais il ne s'agit vraiment pas là de son meilleur cru.

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