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William Olivier Desmond (Traducteur)
ISBN : 2253151351
Éditeur : Le Livre de Poche (13/02/2002)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 1274 notes)
Résumé :
De retour, après vingt-sept années d'absence, dans leur petite ville de Derry, les membres du "Club des ratés" (ainsi se nommaient-ils eux-mêmes sur les bancs de l'école) doivent affronter leurs plus terrifiants souvenirs, brutalement ressurgis.
Ça : nul ne sait nommer autrement la chose inconnue qui semble devoir se réveiller cycliquement dans les entrailles de la ville, pour semer la mort et l'épouvante.
Roman de l'enfance, tableau saisissant de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  29 avril 2015
Ça n'est pas qu'un livre d'épouvante, Ça est bien plus. Ça est aussi un livre sur le courage, l'amitié, la perte de l'innocence de la jeunesse.
Ça risque de vous faire replonger dans les affres de vos années jeunesse : vous allez vous remémorer vos joies de gosse, mais aussi vos chapelets de souffrances à l'école, vos tombereaux de doutes sur l'avenir, les questions que vous vous posiez, vos premiers émois, ainsi que votre je-m'en-foutisme.
Mais c'est aussi un grand roman sur l'amitié et sur le fait que l'union fera toujours la force. Surtout si on est persécuté à l'école ou aux prises avec un clown terrifiant qui prend l'apparence de vos peurs les plus profondes.
Ce roman prenait les poussières sur mes étagères, trop couillonne que j'étais pour oser l'ouvrir, malgré mon âge adulte. Oui, je pensais – à tort – que Ça n'était qu'un livre d'épouvante.
Ça, on peut dire que je me suis mise le doigt dans l'oeil jusqu'au coude parce que bien qu'ayant des passages qui font monter la tension et l'adrénaline, ce roman possède une profondeur dans son récit et ses personnages.
Première surprise, le King ne nous propose pas un récit linéaire avec une continuité dans le temps de la narration. Je m'attendais à avoir tout le récit de la jeunesse de nos 7 gamins en 1958 et puis passer ensuite à leur vie d'adultes (en 1985) lors de leur retour dans la ville de Derry pour tuer Ça.
Et bien non, le King fait mieux que Ça : il alterne, il joue avec le temps, vous faisant voyager sans cesse au fil des chapitres, et vous passez sans soucis de 1958 à 1985 (inversion des deux derniers chiffres, marrant), faisant même de brèves incursions dans les années 30-40 et même plus loin dans le temps.
En plus d'avoir cette superbe narration qui va et qui vient, non pas entre tes reins, mais entre deux époques différentes, elle se permet aussi de l'être à travers les points de vue de sept personnages principaux différents.
Mieux, sur la fin, le King finissait un chapitre et le dernier mot était celui qui commençait le suivant (après un saut dans le temps).
Ça est un récit gigantesque, titanesque, même (mais Ça ne coulera pas !) et, bien que les égouts de la ville de Derry furent inondés, jamais le récit ne prendra l'eau, lui ! L'auteur se permet même d'inclure des souvenirs dans son récit et le tout reste cohérent.
Une écriture qui arrive à vous transporter, à vous coller la frousse, à vous faire rire, souffrir, compatir, qui vous donne l'impression que ce n'est pas un adulte qui vous parle, mais 7 jeunes gamins (dont une gamine).
Un récit qui vous prend aux tripes et qui ne vous lâche pas, qui jamais ne vous lasse.
Des personnages travaillés, même si certains ont plus de présence que d'autres (notamment, Bill, Beverly, Ben, Richie, Eddie et le salaud d'Henry). Des gamins qu'on ne pourra pas oublier, même si eux oublieront toute l'histoire, avec le temps.
Ça n'est pas facile de vous dire combien j'ai aimé ce roman et combien il est riche de plein de choses.
Et puis, le King qui, sur la même page, parle de Sherlock Holmes et d'une belette, Ça à le mérité d'être souligné. Quel hommage il m'a rendu. Et à Holmes aussi, car son nom se retrouve souvent dans le roman.
— Je me suis pris pour Sherlock Holmes pendant une minute. Puis pour une star du rock. Tes yeux sont tellement rouges que c'en est incroyable.
— Les tiens aussi. Un vrai couple de belettes dans un poulailler, c'est nous, ça.
Bref, un putain de coup de coeur et une aiguille de tensiomètre fichée dans le plafond, mais le roman en valait le coup.

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Stelphique
  30 avril 2015
Comme dit plus haut, c'est une relecture….Mais comme mon cerveau commence à sérieusement faire des trous de gruyère dans ma mémoire, il ne me restait comme souvenir: la peur des clowns au sourire pointu et ses yeux argents hypnotisant, une vague idée de la forme ultime de Ça, et l'histoire personnelle de Beverly. Si on y regarde de plus près, ça ne fait pas grand chose, donc je peux vous dire d'ors et déjà que le plaisir de cette lecture fut un vrai cataclysme, un coup de coeur, même mieux, je suis retombée amoureuse de l'écriture du King. J'avais lu ce livre dans mon adolescence (comme beaucoup d'ailleurs…), et le relire près de 20 ans plus tard, c'est comme vivre et revivre la même expérience que les personnages. Tout comme eux, j'en avais oublié le passé, mais c'est sans compter le talent de cet auteur et la puissance de Grippe-Sou, pour faire resurgir les peurs infantiles.
J'ai bien eu la frousse, celle qui vous terrorise la nuit, regarder les étendues d'eaux avec un mauvais oeil, sursauter au moindre bruit nocturne, et comme le cirque s'est invité par chez moi, je vous dis pas, je ne voulais pas voir le clown!!!!!Je crois que chacun s'en prend pour son compte coté terreur, entre la peur du noir, la claustrophobie et celle de l'inconnu en général…Il est certain que j'éviterais les égouts en général, mais encore plus ceux de Derry. D'ailleurs, je ne crois pas faire de tourisme de ce coté là, tout simplement. le Maine a l'air indubitablement trop dangereux à mon gout, un brin trop ténébreux.
Mais au delà de tout Ça, (c'est le cas de le dire!!!), ce qui m'a le plus effrayé, cette fois ci, c'est l'horreur de leur quotidien. Aujourd'hui en tant qu'adulte, ce n'est plus le clown qui m'effraie, mais bien la Violence qui se dégage de ses lignes. le malaise venait de ce que ses enfants subissaient, Ça, ça m'a crevé d'angoisse! Désolée, par avance des spoilers, mais moi, c'est l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme, le harcèlement, la maltraitance entre couple qui me fait mal, mais là où j'ai failli perdre mon coeur, c'est pour les enfants Corcoran! J'en avais envie de chialer comme une madeleine, pas simplement par ce qu'on était dans la fiction, mais parce que c'est la réalité de nos jours: tant d'enfants meurent sous les coups de leur proches, alors qu'ils ne sont que amour et dévotion pour cet adulte innommable…
Tout le génie de cet auteur est là, je crois que dans ces mille pages, il y a mit ses tripes, dénonçant les pires atrocités de ce monde, mais gardant une note d'espoir qu'il met dans ces enfants. Il reste une sorte de candeur à travers ce Club de 7 , une innocence qui fait chaud au coeur. Nous avons droit à de l'horreur pure, quelle que soit votre peur (irrationnelle ou non), vous aurez forcement votre petit frisson, mais on ressort grandi de cette lecture. L'épreuve du passage à l'âge adulte se fait avec eux, et résonnent dans notre inconscient.
Ça flotte à l'intérieur de nous, suite à cette lecture, on sent bien l'écho de ses cris, le gout de son sang poisseux, il nous attire quoiqu'il arrive vers les profondeurs noires et pestilentielles, même si ce n'est que dans nos cauchemars, il possède un grand pouvoir: celui de nous effrayer de toute les façons inimaginables!
Qui saura regarder dans les yeux Sa Peur, et lire ce grand Classique?!!!
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lilyrose87
  21 septembre 2018
Avec King la fiction rejoint très souvent la réalité. Regardez-moi. Terrorisée après une rencontre avec Ca, me voilà sous son emprise depuis ce jour maudit où j'ai eu la bonne idée d'ouvrir le livre. Et même si j'ai pour ainsi dire tout oublié ou presque de l'histoire, j'en ai gardé l'essentiel en mémoire, à tel point que j'ai pu vous en faire un résumé hyper succinct mais non moins véridique dans la critique du premier volet. Et me voilà, des années plus tard, à relire les aventures du club des Loosers. Mais pourquoi Lily? Pourquoi?
Quand je dis que la fiction rejoint la réalité, c'est parce que tout comme Bill, Richie, Eddie et les autres, j'ai découvert le clown dans l'enfance, et je l'ai redécouvert une fois adulte. Coïncidence? Absolument!
L'idée m'est venue en regardant ma liste de livres sur Babelio. Je me suis aperçue qu'il y avait tout un tas de livres que je n'avais pas encore critiqués ou dont ma critique ne me satisfaisait pas car je l'avais écrite des mois voire des années après avoir lu le roman.
Voilà pourquoi je risque d'être un peu plus active qu'à l'ordinaire sur Babelio. Non, ne cherchez pas, vous n'arriverez pas à vous débarrasser de moi.
Ceci étant dit, intéressons nous maintenant à ce chef-d'oeuvre de Stephen King dont la relecture a bouleversé mon classement pourtant solidement établi.
Je n'en dis pas plus, il faudra attendre que j'ai lu l'intégralité des oeuvres du Maître (oui, il m'en manque et oui je suis très honteuse à ce sujet, mais n'allez pas le répéter) mais toujours est-il que pour l'instant, Ca est en bonne voie pour s'installer sur la plus haute marche du podium.
Ce que je vous ai dit dans la critique du premier volet est véridique : l'histoire tourne autour d'une bande de gamins qui ont réussi à affronter leurs peurs les plus obscures pour tout recommencer une fois adulte.
Ce que je ne vous ai pas encore dit...Et bien c'est tout le reste.
L'amitié face à l'adversité est un élément fondamental dans l'univers de King, que ce soit dans la nouvelle le Corps (issu du recueil les Différentes Saisons), dans Rose Madder, dans Salem ou encore dans la Tour Sombre. Mais jamais ce sujet n'avait été aussi bien traité que dans Ca. King transpose magistralement à sa manière un des principes de notre existence : on a beau être les meilleurs amis du monde dans l'enfance, la vie trouve toujours le moyen de nous séparer.
Les amitiés indéfectibles "à la vie à la mort" n'existe que dans notre imagination. Même si l'on garde un lien avec nos amis d'enfance, ce ne sera jamais aussi fort. Et c'est normal, c'est la vie.
Quand ils étaient enfants, Richie, Bill, Eddie, Bev, Ben, Mike et Stan s'étaient fait la promesse de revenir à Derry si Ca revenait. Et même s'ils ont tout oublié une fois adultes, ce serment est resté gravé dans leur mémoire. Et ça, c'est le pouvoir de l'amitié.
Comme je l'ai déjà dit, il me faudrait des heures pour vous expliquer en détail pourquoi Ca est probablement le meilleur roman écrit par King. Et aussi le plus terrifiant. Je réalise enfin que le plus effrayant dans cette histoire n'est pas le clown en lui-même mais les rapports des adultes avec leur progéniture. Jugez plutôt :
- Bill : ses parents ne lui adressent quasiment plus la parole depuis la mort de Georgie (ce qui se retrouve aussi dans la nouvelle le Corps où, ho surprise, le personnage principal est également écrivain)
- Bev : sa mère est quasiment inexistante et laisse son mari violenter sa propre fille
- Eddie : personne ne cherche à s'interposer entre lui et sa mère abusive, malgré de nombreuses démonstrations de violences psychologiques.
Ca nous montre non seulement la plus grande peur des enfants mais aussi celle des parents : l'incapacité de protéger leurs enfants, qu'elle soit consciente ou inconsciente.
Je vais m'arrêter là sinon dans deux jours, je serais encore en train d'écrire cette critique et vu la longueur de ma PAL, ce ne serait pas du tout une bonne idée
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Accalia
  17 décembre 2016
Au début du mois d'octobre, je me suis lancée dans les deux énormes romans qui forment l'histoire de « Ça ». Je ne compte pas vraiment les romans de Stephen King dans ma PAL, puisqu'il s'agit de la bibliothèque de mon mari.
J'ai lu quelques Stephen King auparavant (dont Shining l'année dernière). J'aime bien en lire un de temps à autre, mais si je les enchaîne, j'ai tendance à faire une overdose assez rapidement.
C'est en partie la Booktubeuse Lemon June (superbe chaîne d'ailleurs, je ne peux que vous conseiller d'aller y jeter un petit coup d'oeil) qui m'ont donné envie de le lire. Quoi de mieux qu'un roman d'horreur pour le mois Halloween?
Autant le dire tout de suite, j'ai beaucoup apprécié cette lecture!
J'ai été très agréablement surprise. Je crois que de manière assez snob, j'ai tendance à sous-estimer le talent de Stephen King dès que mes souvenirs de lecture s'estompe, peut-être parce qu'il est très populaire, parce que les romans d'horreur ne sont pas ma tasse de thé du tout…Ce qui est assez stupide de ma part. Parce que franchement, j'ai passé un super moment!
J'ai été captivée par son récit (j'ai lu ces deux énormes tomes en quelques jours seulement!) et plutôt satisfaite du style.
Par contre, je préfère prévenir, si je n'ai pas eu trop peur durant ma lecture – après, je lisais pendant la journée, très régulièrement interrompue par les Princes donc bon, niveau immersion on repassera…- elle m'a souvent mise très mal à l'aise. Cette histoire est glauque. Les deux tomes sont très très glauques, les personnages, les situations…certains passages sont parfois un peu compliqués à lire et on peut avoir envie de faire une pause et d'aller respirer de l'air frais.
Car on va parler de meurtres sanglants, de démembrements, d'enlèvements, de racisme, de massacres, de pédophilie, de violences conjugales…et encore et encore…vous voyez, c'est joyeux!
Et tout est décrit en long et en large…
On pourrait reprocher à Stephen King d'avoir écrit un roman trop long, beaucoup trop long.
Et en effet, son roman est très très long. Il prend vraiment le temps de faire des tas de digression, d'introduire entièrement chaque personnage, même si on ne le reverra pas, de faire de longues descriptions complètes.
Et c'est vrai qu'on pourrait penser qu'on a pas besoin de connaitre autant de détails, autant de pensées, surtout pour un personnage qui va mourir deux pages plus loin.
Mais je trouve que tout est logique et a son importance.
Ce qu'il nous présente, ce sont des vrais personnages, avec un passé, des pensées, des peurs, toute une histoire, même s'ils ne sont pas importants. C'est plus seulement des description, c'est tout le contexte et l'ambiance de la ville Derry qu'il pose. Il nous décrit la ville dans tout son ensemble.
Sans toutes ses digressions, ses petites histoires à côté, il manquerait quelque chose je pense. On serait moins « envahi » par cette ville et ses horreurs.
Il arrive à installer une ambiance assez incroyable dans cette ville, on a vraiment l'impression d'y être.
Mais il ne s'agit pas seulement d'un simple roman d'horreur. On ne peut pas le réduire seulement à cela, ce serait vraiment dommage. C'est un formidable récit sur l'enfance, l'amitié et la peur.
L'enfance et la magie qui entoure cette période où l'enfant est près à croire à tout est un thème très exploité dans ce roman. Il croit à la magie, au Père Noël, aux monstres sous le lit…L'imagination est sans limite et le monstre qui hante la ville s'en sert, mais cela peut également se retourner contre lui.
On prend vraiment plaisir à suivre cette petite bande d'enfants, tous plus malchanceux les un que les autres et à les retrouver adultes plus tard.
Durant le premier tome, on nous présente les 7 membres de la petite bande qui s'appelait le club des ratés. On les voit aussi bien adulte qu'enfant et on nous explique leurs relations à « Ça ».
Dans le tome 2, ils sont tous retournés à Derry adulte et on entre dans l'action du présent, en alternant avec leurs souvenirs oubliés
J'ai bien aimé comment Stephen King alternait entre le passé et le présent, pour expliquer la situation aux lecteurs. On suit les deux récits parallèlement et tout est parfaitement synchrone pour ne pas dévoiler trop tôt les grandes révélations.
Mes personnages préférés étaient Ben – que j'ai trouvé très touchant dans ses soucis de poids et d'identité – et Mike, le seul enfant noir de la ville de Derry, qui connait donc des situations assez compliquées vis-à-vis de sa couleur de peau.
Bill était un peu trop lisse à mon goût je dois dire. Il est un peu l'enfant et l'adulte parfait…
J'ai tout de même deux bémols pour ce roman.
[Attention, je dévoile la fin de ce roman]

—————————————-
« Ça » a donc été une super lecture, très distrayante, je n'arrêtais pas d'y penser, d'avoir envie de continuer. Pour 1400 pages en tout, je pense les avoir lu très rapidement, tellement je voulais connaitre enfin le dénouement final. Des personnages attachants, un super rythme, une histoire terrifiante : tout ce qu'il faut pour passer un bon moment!
Je préfère prévenir par contre, ce roman est assez voir très glauque, il peut faire peur. Mais je reste contente d'avoir découvert ce grand titre de Stephen King et je compte bien continuer tranquillement ma découverte de son oeuvre.
Extrait
Lien : https://writeifyouplease.wor..
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OphelieCurado
  10 janvier 2020
Par la suite, lorsque nous poursuivons la lecture du tome 2 de "Ça", nous ne pouvons que nous incliner face au génie de King ! Car il faut bien le reconnaître, ce roman est un morceau de bravoure en ce qui concerne le genre de l'épouvante ! Son écriture, dans ce chef-d'oeuvre de l'épouvante philosophique et anthropologique, est absolument bien rodée, parfaite, contemporaine et vivante, presque en trois dimensions ! À noter qu'une forte addiction et une véritable soif de lecture peuvent s'emparer du lecteur, puisque la fin des phrases à la fin d'un chapitre, se poursuit dans le début du prochain ! Il est donc impossible d'achever un chapitre en paix, la tentation est trop forte, il nous faut continuer notre phrase, ne serait-ce que par logique de lecture ! Or, c'est aussi en cela que réside l'intelligence d'écriture de Stephen King, puisque c'est à l'aide de ce processus qu'il peut manier en véritable maître de son histoire, les flash-back entre le passé des enfants et le présent des adultes. Les souvenirs se combinent, tous se souviennent et les réminiscences les conduisent inlassablement vers un temps révolu, aux confins de cette jeunesse qui leur manque, de cette insouciance dans laquelle ils coulaient des jours heureux, croyant que le bonheur était éternel...
"Ça", c'est aussi un roman qui nous marque, le corps, l'âme, le coeur et l'esprit. Un roman qui nous hante, bien des années après sa lecture, qui imprime au fer rouge le cruel visage de ce clown démoniaque, dans notre mémoire, nous réveillant en pleine nuit, humide de sueur et haletant, constatant avec effroi que nous sommes vêtus du pyjama rayé de notre enfance ! Car ce roman nous fait tout simplement redevenir enfant. Il nous invente des souvenirs communs avec ces gamins que nous ne connaissons pas, mais qui soudain, deviennent nos propres amis ! Nous sommes alors entraînés malgré nous dans ce gouffre, dans cette sorte de faille temporelle...
En effet, il y a toujours un gros, un asthmatique, un bigleux, un bègue, une fille frivole, un Noir, un comique dans un groupe d'enfants de douze ans. Il y a toujours un groupe de méchants garçons débiles qui veulent tout casser, qui se révoltent contre leurs parents, contre les professeurs et passent leur temps à casser la figure aux plus gentils ; c'est-à-dire à notre fameux groupe du Club des Ratés ! Ces gamins débrouillards et imaginatifs, avides du danger et fascinés par les interdits, nous l'avons tous été, nous les connaissons tous, nous rêvions d'avoir des amis aussi merveilleux qu'eux et de les garder pour toujours, une fois devenu adulte !
Or, à la fin de cette trilogie, nous ne pouvons que constater avec une amère déception, que King était tellement parti loin dans son histoire, il y était tellement impliqué - tout comme le lecteur rendu presque fou ! -, que nous avons l'impression qu'il ne savait pas comment la terminer... La résolution de l'énigme est donc décevante et fait s'écrouler tout l'échafaudage de nos idées et de nos suppositions, quant à l'origine exacte de "Ça" ! "Derry est mon abattoir, ses habitants mon troupeau", comme le dit si bien la créature... "Ça" n'est alors qu'une allégorie du mal, apparentée à une araignée géante, ce qui se rapproche le plus de ce que l'esprit humain peut concevoir et dont le plus grand nombre a peur.
Cette série est donc une référence en matière de lecture de roman d'horreur, incontournable lorsque nous aimons l'écriture parfaitement bien orchestrée de Stephen King et lorsque nous éprouvons ce besoin capital de comprendre pourquoi le mal existe sur Terre et s'il est possible de s'en débarrasser. King nous répond que oui, affirmant la maxime suivante : "Enfants, sachez que la fiction n'est que la vérité que cache le mensonge, et la vérité que cache ce récit est assez simple : la magie existe".
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
DarkouDarkou   17 juin 2015
Peut-être que ces histoires de bons et mauvais amis, cela n'existe pas ; peut-être n'y a-t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours la peine d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s'il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver ; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre cœur.
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SflaggSflagg   18 mars 2015
Mais maintenant ce n'est plus une irritation mineure; il y a un fou qui veut absolument aiguiser cette scie, débiter des os, et il se rappelle que c'est ce qu'il a ressenti à l'hôpital, tard dans la nuit, en particulier au cours des trois ou quatre premiers jours... allongé dans le lit, transpirant dans la chaleur de l'été, dans l'attente de l'infirmière et de calmants, tandis que des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues et allaient s'accumuler dans le creux de ses oreilles. Et il se disait : On dirait un branquignol qui aiguise sa scie là-dedans.
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nathanaelbentura2709nathanaelbentura2709   04 août 2015
Si dix mille paysans du Moyen Âge créent les vampires en croyant qu'ils existent, un seul suffit pour imaginer le pieu qui permet de les tuer. Mais un pieu n'est qu'un stupide morceau de bois ; l'esprit est le maillet qui permet de l'enfoncer
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belette2911belette2911   27 avril 2015
— J’espère que tu l’as bien secouée, Eds, lança Richie. On attrape le cancer si on ne la secoue pas à chaque fois. C’est ce que m’a dit ma maman.

Eddie parut surpris, légèrement inquiet, même, puis il vit le sourire de Richie. Il essaya de le traiter par le mépris et poursuivit son idée : "Elle était trop lourde pour être portée à deux. Mais Bill a dit qu’à tous on pouvait y arriver".
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   15 décembre 2017
Sur ce riche terreau nourricier, Ça existait selon un cycle simple de réveils pour manger et de sommeils pour rêver. Ça avait créé un endroit à sa propre image que Ça contemplait avec satisfaction grâce aux lumières-mortes qui étaient ses yeux. Derry était son abattoir, les gens de Derry son troupeau. Les choses s’étaient maintenues ainsi.
Puis… ces enfants.
Quelque chose de nouveau.
Pour la première fois, de toute éternité.
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Videos de Stephen King (140) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stephen King
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com/emission/jerome-loubry-les-refuges-51680.html
Quand il évoque son parcours d'auteur, Jérôme Loubry n'hésite pas à parler d'un conte de fées. Dès l'adolescence, dans sa ville natale de Saint Amand Montrond, il dévore les livres qu'un ami de la famille lui ramène de l'imprimerie locale, là où nombre de maisons d'éditions font publier leurs ouvrages. Mary Higgins Clark, James Elroy, Stephen King deviennent ainsi des familiers de Jérôme Loubry et auront une influence sur sa vie à venir. Nul doute que son envie d'écrire lui vient de là !
Après avoir longtemps laissé ses manuscrits dans un tiroir, il décide à la quarantaine de changer de vie et envoie à un éditeur ce qui sera son premier succès. Voilà comment, estampillé Calmann-Lévy, sort le 1er roman de Jérôme Loubry en 2017, « Les chiens de Detroit ». Il confirme l'année suivante avec « le douzième chapitre ». Une écriture précise et addictive, une atmosphère finement travaillée, des intrigues pleines de rebondissements, des personnages complexes, Jérôme Loubry a su créer son univers. Mais il va même plus loin puisque chacun de ses romans est l'occasion d'aborder des thèmes sociétaux dont la fragilité de l'enfance est le fil rouge.
Voici le nouveau titre de Jérôme Loubry, « Les refuges » qui nous mène du Berry à la Normandie sur les traces de Sandrine. Si j'insiste sur ces lieux, c'est qu'ils ont un rôle essentiel dans l'intrigue. Nous sommes en 1986, Sandrine est une jeune journaliste, dans la rédaction d'un petit journal local. Elle apprend le décès de sa grand-mère qu'elle n'a jamais connue et qui vivait recluse sur une île abandonnée. Sandrine doit aller vider la maison. Mais ce qu'elle va découvrir est bien loin de tout ce qu'elle pouvait imaginer et Sandrine elle-même va se découvrir bien différente de ce qu'elle pensait être.
Vous allez avoir du mal à poser le livre avant le point final tant l'intrigue est habilement menée. Et cette histoire, aux portes de la folie, n'a pas fini de vous dérouter. Nul doute qu'Hitchcock lui-même aurait adoré ce roman.
Voilà un nouveau nom dans le domaine du thriller dont on n'a pas fini d'entendre parler.
« Les refuges », le nouveau roman de Jérôme Loubry, est publié chez Calmann-Lévy.
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