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William Olivier Desmond (Traducteur)
ISBN : 2253151351
Éditeur : Le Livre de Poche (13/02/2002)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 1064 notes)
Résumé :
Tout avait commencé juste avant les vacances d'été quand le petit Browers avait gravé ses initiales au couteau sur le ventre de son copain Ben Hascom. Tout s'était terminé deux mois plus tard dans les égouts par la poursuite infernale d'une créature étrange, incarnation même du mal. Mais aujourd'hui tout recommence. Les enfants terrorisés sont devenus des adultes. Le présent retrouve le passé, le destin reprend ses droits, l'horreur ressurgit. Chacun retrouvera dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  29 avril 2015
Ça n'est pas qu'un livre d'épouvante, Ça est bien plus. Ça est aussi un livre sur le courage, l'amitié, la perte de l'innocence de la jeunesse.
Ça risque de vous faire replonger dans les affres de vos années jeunesse : vous allez vous remémorer vos joies de gosse, mais aussi vos chapelets de souffrances à l'école, vos tombereaux de doutes sur l'avenir, les questions que vous vous posiez, vos premiers émois, ainsi que votre je-m'en-foutisme.
Mais c'est aussi un grand roman sur l'amitié et sur le fait que l'union fera toujours la force. Surtout si on est persécuté à l'école ou aux prises avec un clown terrifiant qui prend l'apparence de vos peurs les plus profondes.
Ce roman prenait les poussières sur mes étagères, trop couillonne que j'étais pour oser l'ouvrir, malgré mon âge adulte. Oui, je pensais – à tort – que Ça n'était qu'un livre d'épouvante.
Ça, on peut dire que je me suis mise le doigt dans l'oeil jusqu'au coude parce que bien qu'ayant des passages qui font monter la tension et l'adrénaline, ce roman possède une profondeur dans son récit et ses personnages.
Première surprise, le King ne nous propose pas un récit linéaire avec une continuité dans le temps de la narration. Je m'attendais à avoir tout le récit de la jeunesse de nos 7 gamins en 1958 et puis passer ensuite à leur vie d'adultes (en 1985) lors de leur retour dans la ville de Derry pour tuer Ça.
Et bien non, le King fait mieux que Ça : il alterne, il joue avec le temps, vous faisant voyager sans cesse au fil des chapitres, et vous passez sans soucis de 1958 à 1985 (inversion des deux derniers chiffres, marrant), faisant même de brèves incursions dans les années 30-40 et même plus loin dans le temps.
En plus d'avoir cette superbe narration qui va et qui vient, non pas entre tes reins, mais entre deux époques différentes, elle se permet aussi de l'être à travers les points de vue de sept personnages principaux différents.
Mieux, sur la fin, le King finissait un chapitre et le dernier mot était celui qui commençait le suivant (après un saut dans le temps).
Ça est un récit gigantesque, titanesque, même (mais Ça ne coulera pas !) et, bien que les égouts de la ville de Derry furent inondés, jamais le récit ne prendra l'eau, lui ! L'auteur se permet même d'inclure des souvenirs dans son récit et le tout reste cohérent.
Une écriture qui arrive à vous transporter, à vous coller la frousse, à vous faire rire, souffrir, compatir, qui vous donne l'impression que ce n'est pas un adulte qui vous parle, mais 7 jeunes gamins (dont une gamine).
Un récit qui vous prend aux tripes et qui ne vous lâche pas, qui jamais ne vous lasse.
Des personnages travaillés, même si certains ont plus de présence que d'autres (notamment, Bill, Beverly, Ben, Richie, Eddie et le salaud d'Henry). Des gamins qu'on ne pourra pas oublier, même si eux oublieront toute l'histoire, avec le temps.
Ça n'est pas facile de vous dire combien j'ai aimé ce roman et combien il est riche de plein de choses.
Et puis, le King qui, sur la même page, parle de Sherlock Holmes et d'une belette, Ça à le mérité d'être souligné. Quel hommage il m'a rendu. Et à Holmes aussi, car son nom se retrouve souvent dans le roman.
— Je me suis pris pour Sherlock Holmes pendant une minute. Puis pour une star du rock. Tes yeux sont tellement rouges que c'en est incroyable.
— Les tiens aussi. Un vrai couple de belettes dans un poulailler, c'est nous, ça.
Bref, un putain de coup de coeur et une aiguille de tensiomètre fichée dans le plafond, mais le roman en valait le coup.

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Stelphique
  30 avril 2015
Comme dit plus haut, c'est une relecture….Mais comme mon cerveau commence à sérieusement faire des trous de gruyère dans ma mémoire, il ne me restait comme souvenir: la peur des clowns au sourire pointu et ses yeux argents hypnotisant, une vague idée de la forme ultime de Ça, et l'histoire personnelle de Beverly. Si on y regarde de plus près, ça ne fait pas grand chose, donc je peux vous dire d'ors et déjà que le plaisir de cette lecture fut un vrai cataclysme, un coup de coeur, même mieux, je suis retombée amoureuse de l'écriture du King. J'avais lu ce livre dans mon adolescence (comme beaucoup d'ailleurs…), et le relire près de 20 ans plus tard, c'est comme vivre et revivre la même expérience que les personnages. Tout comme eux, j'en avais oublié le passé, mais c'est sans compter le talent de cet auteur et la puissance de Grippe-Sou, pour faire resurgir les peurs infantiles.
J'ai bien eu la frousse, celle qui vous terrorise la nuit, regarder les étendues d'eaux avec un mauvais oeil, sursauter au moindre bruit nocturne, et comme le cirque s'est invité par chez moi, je vous dis pas, je ne voulais pas voir le clown!!!!!Je crois que chacun s'en prend pour son compte coté terreur, entre la peur du noir, la claustrophobie et celle de l'inconnu en général…Il est certain que j'éviterais les égouts en général, mais encore plus ceux de Derry. D'ailleurs, je ne crois pas faire de tourisme de ce coté là, tout simplement. le Maine a l'air indubitablement trop dangereux à mon gout, un brin trop ténébreux.
Mais au delà de tout Ça, (c'est le cas de le dire!!!), ce qui m'a le plus effrayé, cette fois ci, c'est l'horreur de leur quotidien. Aujourd'hui en tant qu'adulte, ce n'est plus le clown qui m'effraie, mais bien la Violence qui se dégage de ses lignes. le malaise venait de ce que ses enfants subissaient, Ça, ça m'a crevé d'angoisse! Désolée, par avance des spoilers, mais moi, c'est l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme, le harcèlement, la maltraitance entre couple qui me fait mal, mais là où j'ai failli perdre mon coeur, c'est pour les enfants Corcoran! J'en avais envie de chialer comme une madeleine, pas simplement par ce qu'on était dans la fiction, mais parce que c'est la réalité de nos jours: tant d'enfants meurent sous les coups de leur proches, alors qu'ils ne sont que amour et dévotion pour cet adulte innommable…
Tout le génie de cet auteur est là, je crois que dans ces mille pages, il y a mit ses tripes, dénonçant les pires atrocités de ce monde, mais gardant une note d'espoir qu'il met dans ces enfants. Il reste une sorte de candeur à travers ce Club de 7 , une innocence qui fait chaud au coeur. Nous avons droit à de l'horreur pure, quelle que soit votre peur (irrationnelle ou non), vous aurez forcement votre petit frisson, mais on ressort grandi de cette lecture. L'épreuve du passage à l'âge adulte se fait avec eux, et résonnent dans notre inconscient.
Ça flotte à l'intérieur de nous, suite à cette lecture, on sent bien l'écho de ses cris, le gout de son sang poisseux, il nous attire quoiqu'il arrive vers les profondeurs noires et pestilentielles, même si ce n'est que dans nos cauchemars, il possède un grand pouvoir: celui de nous effrayer de toute les façons inimaginables!
Qui saura regarder dans les yeux Sa Peur, et lire ce grand Classique?!!!
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Accalia
  17 décembre 2016
Au début du mois d'octobre, je me suis lancée dans les deux énormes romans qui forment l'histoire de « Ça ». Je ne compte pas vraiment les romans de Stephen King dans ma PAL, puisqu'il s'agit de la bibliothèque de mon mari.
J'ai lu quelques Stephen King auparavant (dont Shining l'année dernière). J'aime bien en lire un de temps à autre, mais si je les enchaîne, j'ai tendance à faire une overdose assez rapidement.
C'est en partie la Booktubeuse Lemon June (superbe chaîne d'ailleurs, je ne peux que vous conseiller d'aller y jeter un petit coup d'oeil) qui m'ont donné envie de le lire. Quoi de mieux qu'un roman d'horreur pour le mois Halloween?
Autant le dire tout de suite, j'ai beaucoup apprécié cette lecture!
J'ai été très agréablement surprise. Je crois que de manière assez snob, j'ai tendance à sous-estimer le talent de Stephen King dès que mes souvenirs de lecture s'estompe, peut-être parce qu'il est très populaire, parce que les romans d'horreur ne sont pas ma tasse de thé du tout…Ce qui est assez stupide de ma part. Parce que franchement, j'ai passé un super moment!
J'ai été captivée par son récit (j'ai lu ces deux énormes tomes en quelques jours seulement!) et plutôt satisfaite du style.
Par contre, je préfère prévenir, si je n'ai pas eu trop peur durant ma lecture – après, je lisais pendant la journée, très régulièrement interrompue par les Princes donc bon, niveau immersion on repassera…- elle m'a souvent mise très mal à l'aise. Cette histoire est glauque. Les deux tomes sont très très glauques, les personnages, les situations…certains passages sont parfois un peu compliqués à lire et on peut avoir envie de faire une pause et d'aller respirer de l'air frais.
Car on va parler de meurtres sanglants, de démembrements, d'enlèvements, de racisme, de massacres, de pédophilie, de violences conjugales…et encore et encore…vous voyez, c'est joyeux!
Et tout est décrit en long et en large…
On pourrait reprocher à Stephen King d'avoir écrit un roman trop long, beaucoup trop long.
Et en effet, son roman est très très long. Il prend vraiment le temps de faire des tas de digression, d'introduire entièrement chaque personnage, même si on ne le reverra pas, de faire de longues descriptions complètes.
Et c'est vrai qu'on pourrait penser qu'on a pas besoin de connaitre autant de détails, autant de pensées, surtout pour un personnage qui va mourir deux pages plus loin.
Mais je trouve que tout est logique et a son importance.
Ce qu'il nous présente, ce sont des vrais personnages, avec un passé, des pensées, des peurs, toute une histoire, même s'ils ne sont pas importants. C'est plus seulement des description, c'est tout le contexte et l'ambiance de la ville Derry qu'il pose. Il nous décrit la ville dans tout son ensemble.
Sans toutes ses digressions, ses petites histoires à côté, il manquerait quelque chose je pense. On serait moins « envahi » par cette ville et ses horreurs.
Il arrive à installer une ambiance assez incroyable dans cette ville, on a vraiment l'impression d'y être.
Mais il ne s'agit pas seulement d'un simple roman d'horreur. On ne peut pas le réduire seulement à cela, ce serait vraiment dommage. C'est un formidable récit sur l'enfance, l'amitié et la peur.
L'enfance et la magie qui entoure cette période où l'enfant est près à croire à tout est un thème très exploité dans ce roman. Il croit à la magie, au Père Noël, aux monstres sous le lit…L'imagination est sans limite et le monstre qui hante la ville s'en sert, mais cela peut également se retourner contre lui.
On prend vraiment plaisir à suivre cette petite bande d'enfants, tous plus malchanceux les un que les autres et à les retrouver adultes plus tard.
Durant le premier tome, on nous présente les 7 membres de la petite bande qui s'appelait le club des ratés. On les voit aussi bien adulte qu'enfant et on nous explique leurs relations à « Ça ».
Dans le tome 2, ils sont tous retournés à Derry adulte et on entre dans l'action du présent, en alternant avec leurs souvenirs oubliés
J'ai bien aimé comment Stephen King alternait entre le passé et le présent, pour expliquer la situation aux lecteurs. On suit les deux récits parallèlement et tout est parfaitement synchrone pour ne pas dévoiler trop tôt les grandes révélations.
Mes personnages préférés étaient Ben – que j'ai trouvé très touchant dans ses soucis de poids et d'identité – et Mike, le seul enfant noir de la ville de Derry, qui connait donc des situations assez compliquées vis-à-vis de sa couleur de peau.
Bill était un peu trop lisse à mon goût je dois dire. Il est un peu l'enfant et l'adulte parfait…
J'ai tout de même deux bémols pour ce roman.
[Attention, je dévoile la fin de ce roman]

—————————————-
« Ça » a donc été une super lecture, très distrayante, je n'arrêtais pas d'y penser, d'avoir envie de continuer. Pour 1400 pages en tout, je pense les avoir lu très rapidement, tellement je voulais connaitre enfin le dénouement final. Des personnages attachants, un super rythme, une histoire terrifiante : tout ce qu'il faut pour passer un bon moment!
Je préfère prévenir par contre, ce roman est assez voir très glauque, il peut faire peur. Mais je reste contente d'avoir découvert ce grand titre de Stephen King et je compte bien continuer tranquillement ma découverte de son oeuvre.
Extrait
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l-ourse-bibliophile
  16 décembre 2017
Entre Stephen King et moi, ce n'est pas vraiment la grande histoire d'amour… J'avais bien (voire beaucoup) aimé Misery, mais Cujo m'a ennuyée à mourir tandis que Carrie me tombait des mains au bout de quelques pages. Idem pour les adaptations cinématographiques car peu d'entre elles ont trouvé grâce à mes yeux. Mais la sortie du film d'Andi Muschietti cet automne et le remue-ménage autour de Ça ont attiré mon attention. J'ai vu le vieux téléfilm puis le film et, les ayant aimés, je me suis tournée vers les livres, acceptant de redonner une chance au maître de l'horreur. (Et en plus, je trouvais que le design du nouveau coffret de chez J'ai Lu vraiment sympa, c'était donc l'occasion ou jamais.)
Désolée pour ce racontage de vie (mais en même temps, je raconte bien ce que je veux ici), mais voilà pourquoi Ça a été un coup de coeur totalement inattendu.
Le premier tome n'est pas parfait à mes yeux, à cause de quelques longueurs lors de leurs deux apparitions personnelles de Ça (enfant d'abord, adulte ensuite). Certes, c'est intéressant et presque nécessaire pour en apprendre plus sur eux et sur la nature de Ça, mais au bout de la dixième fois, cela reste néanmoins un peu redondant (sur la forme plus que sur le fond cependant).
En revanche, le second tome est passionnant d'un bout à l'autre, exempt des longueurs du premier. Il est parfois magnifique lorsqu'il parle de l'enfance ou que le Club partage des moments de bonheur complice et parfois immense lorsqu'il parle de Ça, de ce qu'il est, d'où il vient, mais il est aussi plus oppressant et plus glauque, l'influence de Ça sur Derry se fait vraiment sentir, dans le comportement des enfants, mais surtout des adultes. Ça accentue le pire de chacun d'entre eux et ce pouvoir toxique devient flagrant dans ce second tome que ce soit chez le père de Bev ou chez Henry.
La ville de Derry est d'ailleurs un personnage à part entière. Son canal, son château d'eau… et ses habitants. Adultes indifférents et incompétents, enfants jetés dans la gueule des monstres. Cruauté, négligence, haine. La violence à Derry va du harcèlement scolaire aux massacres qui marquent cycliquement la ville. Enfin… Pour marquer, encore faudrait-il que ses habitants en gardent la mémoire. Mais la capacité à oublier et à fermer les yeux est tout à fait extraordinaire à Derry, comme nous le comprenons peu à peu au fil de captivantes et macabres excursions dans l'histoire de la ville.
Bien que les passages dans les égouts et souterrains de Derry se soient révélés oppressants – le noir, la puanteur, l'exiguïté et, paradoxalement, l'immensité, Henry qui se rapproche… – et que la matérialisation des peurs enfantines soit narrée de manière effroyablement vivace, ce n'est finalement pas l'horreur ou la peur qui me resteront de cette lecture.
Pour moi, c'est avant tout un sublime bouquin sur l'enfance et sur l'amitié. A travers cette bande de gamins soudés et responsables qui, merveilleusement, ne cessent jamais de rire malgré l'horreur, Stephen King nous donne à voir la beauté de l'enfance, l'innocence, la capacité à croire et à accepter l'irréel tout en racontant si bien les changements de l'âge adulte : un regard porté sur le monde bien différent, l'esprit qui se barricade parfois face à l'irréel, la raison qui tente de prendre le pas sur le coeur. Impossible de ne pas se laisser gagner par la tendresse face à ces enfants. On se laisse gagner par leur joie de vivre, on court avec eux jusqu'aux Friches et on file en vélo à travers la ville avec Bill (« Yahou Silver, en avant ! »).
Ça contient également des moments pleins de douceur et de poésie. J'ai notamment été marquée par un très beau passage où Ben, depuis l'extérieur glacial, regarde les gens déambuler dans le cocon chaud et lumineux du cylindre de verre reliant les deux parties de la bibliothèque. Comme les rires des Ratés, ce sont de véritables pauses dans un récit autrement terrible.
La construction se construit en allers-retours entre le passé et le présent, entre 1958 et 1985, au fur et à mesure que les souvenirs remontent dans l'esprit des protagonistes. Car les événements traumatisants de 1957 et 1958 avaient totalement disparus dans les profondeurs de leur mémoire. Dans le second tome, la réminiscence se fait plus présente e, dans certains passages, une phrase dans le présent se prolonge au passé dans le passage suivant. La construction est géniale et te pousse à continuer à lire pour en savoir plus. Et plus tu lis, plus tu touches des doigts des éléments qui, pressens-tu, vont être incroyables, plus tu en veux. C'est tout simplement addictif.
Sans surprise, les livres se sont montrés beaucoup plus riches et étoffés que les adaptations. Premièrement, on comprend plus de choses sur l'amnésie des personnages ou sur l'origine de Ça. La Tortue et les lumières-mortes font leur apparition et nous adoptons parfois le point de vue de Ça, nous permettant de le comprendre un peu.
Le combat final avec Ça dans le téléfilm m'avait déçue, je le trouvais un peu simple et grotesque (et ce n'était pas seulement dû aux effets spéciaux). Je comprends mieux à présent, cette scène doit être terriblement complexe à mettre en images (reste à voir ce que fera Andy Muschietti). En effet, presque uniquement immatérielle, cette lutte se passe à la fois aux confins de l'univers et uniquement dans l'esprit de Ça et des enfants.
Une autre scène est absente des deux adaptations, mais celle-là (dont Broco avait parlé dans sa critique du film, ce qui m'avait bien intriguée…) ne sera probablement jamais filmée ! Quand bien même c'est grâce à cela que les enfants s'en sortent, elle est plutôt dérangeante... Bien qu'elle ne soit pas amenée comme ça dans le livre, je me suis demandée ce qui avait traversé l'esprit de King pour écrire cette scène !
Finalement, les adaptations adoucissent de nombreux aspects du livre. La rencontre d'Eddie avec son lépreux est beaucoup plus choquante dans le livre et la folie de certains personnages se fait bien plus violente. Citons par exemple la passivité négligente des parents de Bill ou la mère d'Eddie, dont la possessivité touche à la manipulation affective (j'ai d'ailleurs eu un coup de coeur pour la scène tellement forte (pourtant effacée ou du moins atténuée dans les adaptations) où Eddie s'oppose à elle à l'hôpital). Qu'Henry soit fou, on le devinait bien, mais film et téléfilm laissent de côté Patrick Hockstetter qui est vraiment glaçant, plus qu'Henry à mes yeux, car complètement malsain et dérangé.
En revanche, si tous sont plus ou moins aveugles, un adulte s'est, à mes yeux, détaché du lot : il s'agit de M. Nell, le policier irlandais, qui se révèle bienveillant avec les enfants. En cela, il se distingue vraiment des autres adultes de Derry chez qui la bienveillance est un concept assez rare.
J'avais détesté la transformation de Bev dans le film de Muschietti en « fille à sauver ». Heureusement, Beverly (on apprend d'ailleurs qu'elle a encore sa mère) est bien plus brave et intelligente que dans le film. (Une chose qui m'a fait rire : dans le film, elle se penche sur son lavabo d'où sortent des voix et les mèches de cheveux qui pendent sont attrapées, l'attirant irrésistiblement vers les tuyaux. Or, dans le livre, il est bien écrit qu'elle éloigne ses cheveux du trou d'évacuation par peur de ce genre de désagrément. La scène, très prévisible dans le film, m'a parue encore plus bateau.) Elle est indispensable au groupe et son émancipation – que ce soit enfant ou adulte – fait partie des moments forts du récit.
La fin de ma lecture s'est peu à peu teintée de mélancolie, aussi bien due à ce qui était raconté dans les dernières pages qu'à la séparation d'avec ces enfants (devenus adultes) auxquels je me suis terriblement attachée. Ça est une oeuvre fouillée et merveilleusement prenante. C'est un livre qui parle aussi bien des peurs que l'on s'invente, que l'on fantasme, celles des monstres sous le lit, des loups-garous et des clowns, que des horreurs du monde – homophobie, racisme, antisémitisme, violences conjugales et familiales… –, toutes les sauvageries se cristallisant à Derry. Mais si le récit est parfois ténébreux et atroce, il est aussi lumineux et touchant lorsqu'il parle de la force née de l'union de sept mômes, de l'enfance et de l'amitié. Un livre immense et haletant d'un bout à l'autre.
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SharkSherkan
  27 mars 2015
Stephen King est, à titre personnel, mon auteur culte et préféré. Jamais un auteur comme lui ne m'avait autant captivé à la lecture de ses romans, et ne m'avait fait frissonner au point de promptement refermer le livre, de panique, avant de me replonger dans un univers horrifique, angoissant et sans pitié. Stephen King est maître dans son art, un génie, à la carrière dont la prolificité n'a d'égal que la maîtrise exemplaire du genre dont il s'est incontestablement fait l'auteur-phare.
Et comme il en faut un, Ça est, de loin, mon roman préféré, de Stephen King comme de tous les auteurs que j'aie pu lire. Inspiré d'une histoire de trolls vivant sous des ponts, l'idée demeura en gestation dans la caboche de King un très long moment avant de commencer à l'écrire et de le finir, en 4 ans de travail acharné, pour notre plus vif divertissement.
Ça. Un titre aussi bref que'énigmatique, dont la signification demeure incertaine jusqu'à l'ouverture des pages du roman, où l'on comprend que l'on a affaire au monstre le plus singulier et développé de King.
Et c'est là que ce roman cache toute sa virtuosité : King aborde, sous son style si particulier, les thèmes qu'il manipule avec le brio le plus exemplaire : l'exposition et la critique de l'Amérique de la moitié du siècle passé, la pauvreté, la violence, le racisme, l'alcoolisme, l'enfance et tous leurs déboires, et le plus important : l'enracinement, dans les plus banals faits de la vie quotidienne la plus tranquille concevable, du suspens et de l'épouvante. Ça est une créature macabre, diabolique et anticonstitutionnelle : elle symbolise les pires psychoses de tous les enfants, leurs pires cauchemars et leurs craintes les plus terribles, et pour cause, les adultes, ou tout du moins ceux n'ayant jamais été victimes de ces tourments, ne peuvent ni ne pourront jamais la voir. Les adultes, croyant naïvement à des rêves tout droit sortis des films et dessins animés ingurgitée par leur trop influençable progéniture, jamais ne leur viendront en aide. Ça livre des enfants banals, voire même pire (Le Club des "Ratés") à eux-même, et ceux-ci lutteront contre leurs pires cauchemars avec une débrouillardise soufflante et émouvante.
Ça est une oeuvre majeure car elle insuffle dans le coeur de ses lecteurs, de par tous ces éléments, une épouvante croissante et très réaliste, dans une intrigue nous offrant tous les rebondissements possibles et imaginables pour faire avancer l'histoire ; ainsi, en 1500 pages format poche, jamais l'ennui ne nous gagne, tant l'histoire s'accorde avec le style King. et nous tient en haleine toute sa longueur durant.
Ça est, pour résumer, un chef-d'oeuvre. Une pièce maîtresse de la littérature d'épouvante, que le travail acharné de son auteur a su hisser aux sommets de la littérature elle-même. Un oeuvre qui marquera la littérature et les esprits pour une très longue durée.
Et encore, tout n'a pas été dit dans cette critique ô ! combien dithyrambique ; car à vous de découvrir toutes les merveilles et pépites que contient cette masterpiece...
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
SflaggSflagg   18 mars 2015
Mais maintenant ce n'est plus une irritation mineure; il y a un fou qui veut absolument aiguiser cette scie, débiter des os, et il se rappelle que c'est ce qu'il a ressenti à l'hôpital, tard dans la nuit, en particulier au cours des trois ou quatre premiers jours... allongé dans le lit, transpirant dans la chaleur de l'été, dans l'attente de l'infirmière et de calmants, tandis que des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues et allaient s'accumuler dans le creux de ses oreilles. Et il se disait : On dirait un branquignol qui aiguise sa scie là-dedans.
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DarkouDarkou   17 juin 2015
Peut-être que ces histoires de bons et mauvais amis, cela n'existe pas ; peut-être n'y a-t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours la peine d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s'il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver ; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre cœur.
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belette2911belette2911   27 avril 2015
— J’espère que tu l’as bien secouée, Eds, lança Richie. On attrape le cancer si on ne la secoue pas à chaque fois. C’est ce que m’a dit ma maman.

Eddie parut surpris, légèrement inquiet, même, puis il vit le sourire de Richie. Il essaya de le traiter par le mépris et poursuivit son idée : "Elle était trop lourde pour être portée à deux. Mais Bill a dit qu’à tous on pouvait y arriver".
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   15 décembre 2017
Sur ce riche terreau nourricier, Ça existait selon un cycle simple de réveils pour manger et de sommeils pour rêver. Ça avait créé un endroit à sa propre image que Ça contemplait avec satisfaction grâce aux lumières-mortes qui étaient ses yeux. Derry était son abattoir, les gens de Derry son troupeau. Les choses s’étaient maintenues ainsi.
Puis… ces enfants.
Quelque chose de nouveau.
Pour la première fois, de toute éternité.
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nathanaelbentura2709nathanaelbentura2709   04 août 2015
Si dix mille paysans du Moyen Âge créent les vampires en croyant qu'ils existent, un seul suffit pour imaginer le pieu qui permet de les tuer. Mais un pieu n'est qu'un stupide morceau de bois ; l'esprit est le maillet qui permet de l'enfoncer
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