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Guillemette Belleteste (Traducteur)
EAN : 9782743612610
560 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2004)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 246 notes)
Résumé :
Dans le décor sauvage et grandiose des Appalaches, Un été prodigue tisse trois histoires de femmes. Celle de Deanna, employée par l'office des forêts, dont la solitude va être bouleversée par l'arrivée d'un jeune chasseur.

Celle de Lusa, une intellectuelle qui, devenue veuve, décide de rester dans la vallée et de gagner le cœur d'une famille hostile.

Celle de Nannie, enfin, dont les opinions en matière de religion ou de pesticides sus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  22 mars 2018
Le comté de Zebulon, une petite parcelle de terre des Appalaches dans le Kentucky. Un territoire sauvage que l'homme doit domestiquer jour après jour. C'est ici que Lusa a posé ses valises après son mariage avec Cole. Une union trop brève, interrompue tragiquement par la mort de Cole dans un accident. Lusa, fille de la ville, scientifique spécialiste des insectes, mélange atypique de cultures juive et palestinienne, doit faire face à son deuil intolérable, à la ferme endettée, à sa belle-famille hostile. Un choix s'offre à elle : partir et retrouver sa vie d'avant ou devenir fermière, faire fructifier ses terres, trouver un nouveau mode de fonctionnement, moins polluant moins destructeur et arrêter le tabac qui était la principale source de revenus de son mari, et bien sûr, apprivoiser ses belles-soeurs...
Plus bas, dans la bourgade d'Egg Fork, Nannie Rawley, 75 ans, continue d'exploiter sa ferme à sa manière, sans désherbants, sans pesticides, comptant sur la seule nature pour réguler insectes et plantes. Elle tient à son mode de vie et à son label bio et ne s'en laisse pas compter par son voisin, le grincheux Garnett Walker, troisième du nom. Ce veuf, pieux et rigide, ne croit ni en la théorie de l'évolution, ni en la capacité de Nannie de gérer correctement une ferme. Ces deux-là s'affrontent quotidiennement pour des vétilles.
Plus haut, dans la forêt du comté de Zebulon, sur les pentes des Appalaches, vit Deanna. Cela fait deux ans qu'elle a quitté le monde des hommes pour vivre en ermite dans un refuge de l'office forestier. Elle entretient les chemins, tance les braconniers et surtout, elle suit la piste d'une famille de coyotes. L'espèce semble vouloir se réimplanter dans la région après des années d'absence. Passionnée par le prédateur, Deanna ne pense qu'à le protéger, le cacher aux yeux du monde et même si elle s'amourache d'Eddie Bondo, un jeune et beau chasseur, elle sait qu'elle est prête à tout pour sauver les coyotes.
Le temps d'un été, Barbara Kingsolver nous invite à partager la vie des habitants du comté de Zebulon, une terre de fermiers touchés par la crise qui tentent de survivre à la mondialisation. Certains ont perdu leur ferme ou l'ont vendu pour aller travailler à l'usine et s'assurer un revenu et des horaires fixes. D'autres s'accrochent au tabac et aux anciennes valeurs, pour eux il s'agit de dompter la nature, de la mater, en devenir le maître. Et puis il y a ces femmes qu'on regarde d'un oeil mauvais parce qu'elles ont décidé de vivre en harmonie avec tout ce qui les entoure, soucieuse de préserver plantes et animaux, de cohabiter avec toutes les espèces, de réinventer l'agriculture. Car ce livre est un véritable hymne à la nature, à l'écologie, à l'agriculture raisonnée. Ce petit comté de Zebulon est le royaume des papillons, des libellules, des oiseaux en tout genre, et aussi des prédateurs comme le coyote. Au milieu d'une flore luxuriante, dans le décor somptueux des montagnes, tout ce petit monde évolue, le temps d'une journée pour certains papillons ou plus longtemps pour ceux qui survivent aux chasseurs. Barbara Kingsolver raconte ici la beauté de la Nature qui sait si bien créer, réguler, sélectionner, supprimer.
Un été prodigue est un livre de sensations, on ressent la chaleur du soleil, on frémit sous un orage de montagne, on sent le chèvrefeuille, on goûte les conserves de tomates. Et c'est aussi un livre de sentiments, on s'attache à ses femmes, Lusa et ses chèvres, Nannie et ses pommiers, Deanna et ses coyotes. Une immersion en pleine nature qui a un parfum des étés de l'enfance, un très beau roman.
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musaraneus
  26 août 2020

J'ai entamé ce livre sur un étonnement, habitué au rythme endiablé des road movie colorés qui ont fait le succès des premiers romans de Barbara Kingsolver. Ici il faut prendre son temps, se laisser bercer par le tempo saisonnier des récoltes, de la vie forestière, du climat capricieux parfois, des habitudes de cette petite communauté rurale du Kentucky.
Lusa, spécialiste des insectes, en particulier des papillons, vient de la ville et peine à trouver sa place dans la grande fratie de son mari, et sur les terres à tabac de la ferme familiale.
Deanna, garde forestier, vit de solitude et d'eau fraîche, dans son refuge de la montagne de Zebulon, où elle observe le retour d'une faune depuis longtemps disparus de ces contrées. Sa vie bascule à l'arrivée d'un visiteur passionné de chasse.
Nannie est une pionnière du biologique dans cette région du Kentucky où les pesticides sont rois. Elle travaille d'arrache-pied dans son verger de pommes, malgré son âge. Tout irait pour le mieux s'il n'y avait ce vieux grincheux de voisin pour lui chercher querelle...
C'est l'histoire de trois femmes, trois vies de labeurs, d'amour, de choix à faire. Trois femmes qui, chacune à leur façon, ont su composer avec la nature pour en tirer profit sans y porter atteinte.
L'écriture, entièrement tournée vers la nature, est poétique et raconte merveilleusement les Appalaches mais aussi (surtout !) les femmes. Il est beaucoup question de phéromones, de cycles, d'amour et d'électricité dans l'air... Avec ce rapport très féminin à la terre que l'autrice suggère dans chacun de ses livres.
Alors, malgré quelques longueurs (langueurs ?) je me suis laissé charmer par l'ambiance sensuelle de cet intermède estival.
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LuMM
  11 avril 2019
Un été dans les Appalaches.
Trois femmes confrontées à des moments clés de leurs vies et autour d'elles, la nature qui souffre par la faute de l'homme.
Je n'en dirai pas plus…
Il y a des surprises comme ça, des petits miracles.
Des lectures qui arrivent à point nommé, qui vous apportent des réponses à des questions que vous ne saviez même pas que vous vous posiez, qui touchent vos cordes sensibles et apaisent ce sentiment d'angoisse diffus face à la course absurde du monde.
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sylvaine
  03 juillet 2015
Les Appalaches. le comté de Zebulon. Une immense forêt sous la surveillance de Deanna employée de l'office des forêts qui vit en solitaire depuis 2 ans au milieu d'une flore et d'une faune époustouflantes. Lusa jeune veuve débarquée de son univers de professorat d'université pour épouser Cole solide fermier et qui doit s'adapter et apprivoiser la famille Widener et Nannie enfin plus âgée 75 ans que nous découvrons à travers les propos de Garnett Walker son voisin , son "ennemi" ....
Après un début de lecture "poussif" je me suis enfin laissée prendre par cette histoire de faune ( le monde des coyottes entre autre et celui des papillons ) et de flore les traitements sans pesticides, la chaîne végétale et animale . Nous retrouvons ici les thèmes de prédilection de B Kingsolver . Elle en parle bien très bien , son combat est important mais autant je m'étais régalée avec l'Arbre aux haricots et les cochons aux paradis , autant j'avais découvert le Congo et sa période post coloniale dans les Yeux dans les arbres autant ici j'ai je l'avoue trouvé le temps un peu long mais bien sûr il ne s'agit que d'un ressenti très personnel

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Titania
  23 octobre 2014
Ceci n'est pas un livre pour les allergiques au pollen, et ceux qui n'aiment pas les petites bêtes qui piquent. on y respire avec les plantes, les animaux, les grands espaces, les arbres, bref c'est le roman "nature" de mes vacances d'été. Les personnages enracinés dans leur coin de montagne y sont attachants, amusants, troublants. Ils nous content des histoires d'amour sensuelles, et des chamailleries de voisinage ou de famille. La vie est dure pour tous ceux qui vivent de la terre. Les Paysans de tous les pays vivent le même genre de difficultés.
En le refermant, on a envie de se mettre à faire des confitures, d'aller aux champignons, de toucher des écorces, d'écouter les oiseaux, de défendre toutes les espèces de prédateurs, de se coucher dans une prairie pour observer la vie à la hauteur des fourmis, bref de se reconnecter à la terre, de prendre le temps surtout.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
musaraneusmusaraneus   02 août 2020
Ce qui se présentait à elle, ici, dans cette montagne, c’était une occasion qui ne se reproduirait plus pour personne : le retour d’un important prédateur canidé et la réorganisation des espèces qu’il entraînerait peut-être. D’autant plus significatif que le coyote se trouverait être ce que R. T. Paine qualifiait de prédateur clé. Elle avait lu et relu avec soin ses célèbres expériences des années 60 au cours desquelles il avait vu décroître radicalement la grande diversité des espèces après avoir retiré toutes les étoiles de mer de flaques d’eau marine. En leur absence, les moules, dont elles étaient consommatrices, avaient proliféré et dévoré presque toutes les autres espèces, ou en avaient réduit la quantité. Personne, avant ça, n’avait découvert à quel point un seul carnivore pouvait influer sur des éléments aussi éloignés de son règne. Bien entendu, l’expérience s’était reproduite indéfiniment, par hasard : l’élimination des couguars du Grand Canyon, par exemple, avait favorisé une plus grande prolifération de cervidés, plus voraces et plus féconds que d’autres herbivores, provoquant ainsi une usure du paysage jusqu’au granit. Beaucoup avaient vu et enregistré les dégâts qu’entraînait l’élimination d’un prédateur dans un système.
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musaraneusmusaraneus   07 août 2020
Cher monsieur Walker,
Puisque vous me posez la question, oui, je crois que le genre humain occupe une place particulière en ce monde. La même que celle que tient le geai (à son avis) et la salamandre (selon ce qui lui tient lieu d’esprit). Chaque être vivant en est persuadé : « Le centre de tout, c’est moi. » Chaque existence a sa propre religion, je pense, mais croyez-vous qu’une salamandre vénérerait un Dieu qui ressemblerait à un grand bonhomme sur deux pattes ? Allons ! À ses yeux, l’homme ne représente qu’un vague inconvénient (si tant est qu’il le soit), en comparaison de l’entreprise sacrée qu’est celle de trouver de la nourriture, un compagnon et d’avoir une progéniture afin de régner sur la vase pour l’éternité. Pour elle, comme pour les autres, cette vaseuse petite existence de salamandre est tout.
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tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   09 août 2015
Elle tira les couvertures sur sa tête, ne laissant qu'un petite fenêtre à travers laquelle elle pourrait observer ses mains précises, sûres, en train de charger du petit bois dans le poêle. Elle pensait à ce que faisaient les gens avec leurs mains, si précieuses: allumer des feux qui s'éteignaient, scier des arbres pour construire des maisons qui pourriraient et s'effondreraient avec le temps. Tout cela était il comparable avec la grâce d'un papillon de nuit sur une feuille, pondant d'impeccables rangées de minuscules œufs vitreux? Ou à une moucherolle tissant un nid de mousse dans lequel elle couverait sa nichée?
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zazimuthzazimuth   24 août 2010
C'était une heure extraordinaire pour être réveillée, pour peu que l'on s'y abandonnât : ces heures d'obscurité confirmée, lorsque les insectes se calmaient, que l'air fraîchissait et que des parfums montaient délicatement du sol.
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musaraneusmusaraneus   01 août 2020
Dans la dernière heure de plein jour, tandis que les hémérobes cherchaient une consolation à leurs vies brèves dans la haute atmosphère lumineuse de la forêt et que l’enveloppe de sa parka vide gisait mêlée à la sienne dans la boue, leurs deux corps soyeux terminèrent de faire connaissance sur le plancher de la galerie. Un coup de brise fit dégoutter la pluie de jeunes feuilles sur leurs cheveux, mais dans leur quête d’éternité, ils n’en remarquèrent aucunement la fraîcheur.
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Vidéo de Barbara Kingsolver
Marie-Madeleine Rigopoulos et Delphine Valentin présentent le nouveau roman de Barbara Kingsolver : Des vies à découvert.
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