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EAN : 9791033908883
288 pages
Éditeur : Harper Collins (05/05/2021)
3.94/5   17 notes
Résumé :
Une ode aux femmes que l’on ne voit pas mais qui font la gastronomie

Joséphine Ikeda était prête à tout pour réaliser son rêve : travailler soixante-dix heures par semaine, gagner un salaire de misère, encaisser le mépris, les brimades, les moqueries. Cette fille de restaurateurs japonais exilés en Bretagne a gagné ses galons en devenant cheffe de partie poisson dans un étoilé parisien. Une spécialité peu prisée de la gent féminine, dans un monde à m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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lilibookncook
  15 juin 2021
"Je m'appelle Joséphine Ikeda. Joséphine parce que je suis née en France. Ikeda, pour mes parents japonais. Je suis cheffe de partie poisson. J'officie depuis deux ans au sein d'un étoilé. J'ai choisi ce métier. (...)
Je suis la seule femme de la brigade. Curiosité pour certains, aberration pour d'autres. Les derniers me considèrent comme l'opportunité d'un coup pratique à consommer sur place. Dans la chambre froide, le laboratoire ou ailleurs.
Je n'ignore rien de la violence en cuisine. Je vis avec. Je la tien à distance. Jusqu'à aujourd'hui. Je pense encore, alors que je suis à terre, que le sexisme n'est pas un passage obligé. J'ai tout faux. Les exigences de la haute gastronomie autorisent des dérives, des abus, du harcèlement, sans que cela ne dérange personne. J'aurais peut-être dû céder la première fois, mettre mon cerveau en pause le jour de mon arrivée dans cette cuisine ? le message du chef avait été clair, j'étais bien la seule à être passée à côté. (...)"
Ça, c'est la page 12 de la sourde oreille, le nouveau et surprenant roman d'Anne de Kinkelin. Autant vous dire qu'on va parler sexisme, identité et cuisine gastro...
Joséphine Ikeda, cheffe de partie poisson, s'est fait agresser. Travailler 70 heure/semaine pour gagner 1300 euros, Joséphine s'en fout. Ce qui compte pour elle, c'est couper, trancher le poisson, réaliser des mets aux saveurs uniques.
Faisant fi des brimades, des réflexions sexistes et racistes qui ont jalonné son parcours, Jo a choisi ce métier malgré des codes toujours régis par la gent masculine. C'est après le succès d'un dîner important que le drame se produit aux yeux de tous et se poursuit avec son renvoi. La cause ? Divers prétextes aussi stupides les uns que les autres couvés par une violence inouïe. Exemple : une femme aurait l'interdiction de préparer des sushis car elle a les mains chaudes. Bref, vous l'aurez compris, le fait d'être une femme justifie les moyens...
Choquée, Jo rentre chez elle une dorade sous le bras et se réveille le lendemain avec un handicap : la perte partielle de l'audition. Si cette perte à de quoi surprendre, elle est d'autant plus troublante qu'elle ne vise que les voix masculines ! Coupée de la moitié de la population mondiale, serait-ce le signe d'un besoin de changement inconscient ?
Entourée de Simone et d'Olympe, deux amies aussi passionnées qu'elle, la cheffe de partie réfléchit à ce qu'est et sera sa vie. Et si elle trouvait les réponses auprès de ses parents et du restaurant familial breton ? Remonter le fil de ses origines, lever le voile du passé familial pour comprendre, peut-être, le phénomène qui l'atteint ?
Tandis que les interrogations se bousculent, une colère sourde mijote. Joséphine cédera-t-elle à la vengeance ?
Roman sociétal et féministe par bien des aspects, celui-ci traduit le malaise ambiant d'une profession encore majoritairement masculine. La question repose sur la place qu'ont les femmes en brigade ou plutôt celle qu'on veut bien leur donner, et le mépris avec lequel on les traite, comme l'exprime l'auteure à travers cette phrase :
- C'est vrai, Jo. Regarde, quand les femmes font une cuisine traditionnelle et classique, on dit que c'est de la cuisine de maman. Quand les hommes le font, on applaudit parce qu'ils révisent le répertoire.
Avec une succession de plats gastronomiques aussi succulents les uns que les autres, s'oppose le dégoût des coulisses donc.
L'identité comme point commun avec son précédent roman (12 bis, du Maréchal-Joffre), donne une saveur particulière à celui-ci puisqu'il démontre la condition féminine intergénérationnelle et intra-familiale.
Pour qui ? Pourquoi ?
Documenté, fluide et riche, La sourde oreille est le bouquin qu'il vous faut pour les vacances, et pourquoi pas entre deux lectures de plage.
Pour celles et ceux qui aiment la gastronomie et qui ne s'arrêtent pas aux portes des cuisines !
Un énorme merci aux éditions HarperCollins qui m'a fait parvenir ce roman à ma demande, moi qui ai adoré "12 bis, du Maréchal-Joffre".
Lien Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=r¤££¤28Lien Youtube38¤££¤

Lien : https://bookncook.over-blog...
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VivianeB
  19 juin 2021
Coup de coeur pour cette plume ! Anne de Kinkelin dénoue avec maestria les ressorts psychologiques d'un traumatisme et la solitude face à soi-même pour se reconstruire après une agression. Ici, Joséphine, cuisinière talentueuse et femme, fait peur à son patron, un chef étoilé qui n'a de cesse de vouloir la détruire. Quand l'agression survient, c'est la chute vers un abîme sans fond où elle perd une partie de l'audition, celles des voix d'hommes. Un entourage bienveillant et aimant va l'aider à se redécouvrir dans sa double culture et son identité de femme, de cheffe cuisinière. Au-delà de cette histoire percutante, coup de poing, ce sont les violences faites aux femmes qui sont dénoncées : de la remarque sexiste à l'agression dans leur vie quotidienne, leurs métiers par des hommes idiots et qui ont peur d'elles, de leur puissance et juste parce qu'elles sont femmes. Et c'est un véritable hommage à toutes les femmes qui subissent et courageusement, luttent pour que cela cesse. L'auteure a livré, dans ce roman, le fruit d'un vrai travail de recherche sur la société japonaise, le monde de la gastronomie. On en apprend beaucoup tout en se détendant par cette brillante lecture. Pour conclure cet avis, je voudrais signaler que les gourmets, comme moi vont se régaler à lire les passages de recettes, de plats cuisinés et décrits avec brio, tant qu'on en salive en visualisant les plats, en imaginant les odeurs et saveurs que l'on connaît habituellement mais qui sont, ici associées à différents poissons.
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stellade
  09 juin 2021
j'ai adoré cette magnifique couverture: noires et or , légèrement en relief.
De plus , le lecteur entre directement dans le sujet en faisant connaissance avec cette jeune cheffe de partie poisson d'origine japonaise par ses parents, Josephine Ikeda.
La lecture d'un roman se déroulant dans le milieu culinaire est une première pour moi. Il a ouvert mon esprit sur une omerta incroyable au nom de l'exigence pour un salaire très bas...
Joséphine va être "virée" après un service important par le chef qui vient de la violenter. Elle se réveillera le lendemain matin avec un souci: elle ne perçoit plus les voix masculines!!! Compliqué pour converser avec son médecin!
Joséphine est très entourée , même d'une daurade d'eau douce, Bulle. le cheminement vers la guérison va passer par la Bretagne, les amis, les relations, les parents, les petits mots, la cuisine...Et autres... A vous de le découvrir...
Un roman qui ne ressemble à aucun autre . C'est une lecture qui peut vous marquer.
Je vous le conseille vivement.
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EmmanuelleCarpenter
  11 juin 2021
Joséphine est cheffe de la partie poisson dans un étoilé parisien.
Après un service particulièrement réussi accueillant des VIP, elle est renvoyée de manière violente et humiliante par le chef.
Son tort? Être une femme « impure » qui a coupé du poisson à un client prestigieux japonais. Elle-même japonaise, pouvait-elle ignorer cette inconvenance?
Joséphine est effondrée, stone, ombre d'elle-même. Elle en perd l'ouïe: elle n'étend plus les hommes!!
Mais son entourage se mobilise.
Ses deux copines féministes, Olympe et Simone, la rebooste, son ami d'enfance est muet mais présent, ses parents la ressourcent à leur façon et Ève est une « clever bitch ».
L'heure de la vengeance a sonné…
Cette plongée dans les coulisses de la haute gastronomie est intéressante. La misogynie y est tellement grossière qu'on se demande si tout ceci n'est pas exagéré. Voilà bien un milieu que je ne connais pas.
Le roman est plaisant à lire et s'engloutit d'une traite tant on a envie de savoir comment cette femme, si peu équipée pour faire face, va sortir la tête de l'eau.
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SanDespi
  29 mai 2021
J'avais lu "roman feel good" et je trouve que c'est tout sauf cela. Ce roman qui fait la part belle aux femmes de l'ombre dans les brigades des restaurants gastronomiques est aussi et surtout un roman sur le pouvoir, celui de ceux qui se sentent au-dessus des autres, des lois et de la morale. C'est également un "dictionnaire des poissons".
Au delà du problème auditif de Josephine, ce roman décrit un milieu impitoyable, sévère, machiste.
C'est également l'histoire d'une famille, le poids des traditions, la culture nippone.
J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui m'a fait saliver à la description des plats mais qui m'a choqué sur l'envers du décor en cuisine.
Un roman à découvrir et dévorer !
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   05 mai 2021
[-Tu es chinoise, tu es une femme, tu es belle, tu parles trois langues. Tu choisis de faire de la cuisine. Tu vas prendre deux fois plus cher que les autres … Tu ferais mieux de t’inscrire à Sciences PO.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Anne de Kinkelin (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne de Kinkelin
"Je m'appelle Joséphine Ikeda. Joséphine parce que je suis née en France. Ikeda, pour mes parents japonais. Je suis cheffe de partie poisson. J'officie depuis deux ans au sein d'un étoilé. J'ai choisi ce métier. (...) Je suis la seule femme de la brigade. Curiosité pour certains, aberration pour d'autres. Les derniers me considèrent comme l'opportunité d'un coup pratique à consommer sur place. Dans la chambre froide, le laboratoire ou ailleurs. Je n'ignore rien de la violence en cuisine. Je vis avec. Je la tien à distance. Jusqu'à aujourd'hui. Je pense encore, alors que je suis à terre, que le sexisme n'est pas un passage obligé. J'ai tout faux. Les exigences de la haute gastronomie autorisent des dérives, des abus, du harcèlement, sans que cela ne dérange personne. J'aurais peut-être dû céder la première fois, mettre mon cerveau en pause le jour de mon arrivée dans cette cuisine ? Le message du chef avait été clair, j'étais bien la seule à être passée à côté. (...)"
Ça, c'est la page 12 de La sourde oreille, le nouveau et surprenant roman d'Anne de Kinkelin. Autant vous dire qu'on va parler sexisme, identité et cuisine gastro...
Joséphine Ikeda, cheffe de partie poisson, s'est fait agresser. Travailler 70 heure/semaine pour gagner 1300 euros, Joséphine s'en fout. Ce qui compte pour elle, c'est couper, trancher le poisson, réaliser des mets aux saveurs uniques.
Faisant fi des brimades, des réflexions sexistes et racistes qui ont jalonné son parcours, Jo a choisi ce métier malgré des codes toujours régis par la gent masculine. C'est après le succès d'un dîner important que le drame se produit aux yeux de tous et se poursuit avec son renvoi. La cause ? Divers prétextes aussi stupides les uns que les autres couvés par une violence inouïe. Exemple : une femme aurait l'interdiction de préparer des sushis car elle a les mains chaudes. Bref, vous l'aurez compris, le fait d'être une femme justifie les moyens...
Choquée, Jo rentre chez elle une dorade sous le bras et se réveille le lendemain avec un handicap : la perte partielle de l'audition. Si cette perte à de quoi surprendre, elle est d'autant plus troublante qu'elle ne vise que les voix masculines ! Coupée de la moitié de la population mondiale, serait-ce le signe d'un besoin de changement inconscient ?
Entourée de Simone et d'Olympe, deux amies aussi passionnées qu'elle, la cheffe de partie réfléchit à ce qu'est et sera sa vie. Et si elle trouvait les réponses auprès de ses parents et du restaurant familial breton ? Remonter le fil de ses origines, lever le voile du passé familial pour comprendre, peut-être, le phénomène qui l'atteint ?
Tandis que les interrogations se bousculent, une colère sourde mijote. Joséphine cédera-t-elle à la vengeance ?
Roman sociétal et féministe par bien des aspects, celui-ci traduit le malaise ambiant d'une profession encore majoritairement masculine. La question repose sur la place qu'ont les femmes en brigade ou plutôt celle qu'on veut bien leur donner, et le mépris avec lequel on les traite, comme l'exprime l'auteure à travers cette phrase :
- C'est vrai, Jo. Regarde, quand les femmes font une cuisine traditionnelle et classique, on dit que c'est de la cuisine de maman. Quand les hommes le font, on applaudit parce qu'ils révisent le répertoire.
Avec une succession de plats gastronomiques aussi succulents les uns que les autres, s'oppose le dégoût des coulisses donc.
L'identité comme point commun avec son précédent roman (12 bis, du Maréchal-Joffre), donne une saveur particulière à celui-ci puisqu'il démontre la condition féminine intergénérationnelle et intra-familiale.
Pour qui ? Pourquoi ? Documenté, fluide et riche, La sourde oreille est le bouquin qu'il vous faut pour les vacances, et pourquoi pas entre deux lectures de plage. Pour celles et ceux qui aiment la gastronomie et qui ne s'arrêtent pas aux portes des cuisines !
Un énorme merci aux éditions HarperCollins qui m'a fait parvenir ce roman à ma demande, moi qui ai adoré "12 bis, du Maréchal-Joffre".
Lien blog : https://bookncook.over-blog.com/2021/06/book-n-furious-la-sourde-oreille-anne-de-kinkelin.html
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