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Jean-François Ménard (Traducteur)
EAN : 9782070621354
56 pages
Éditeur : Gallimard Jeunesse (19/03/2009)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Si tu peux être en paix alors qu'autour de toi
Tous ont perdu la tête et t'en jettent le blâme,
Si tu peux t'affirmer quand tous doutent de toi
Mais comprendre leur doute au tréfonds de ton âme,
Si tu peux patienter sans que pèse l'attente
Ou subir le mensonge et ne jamais mentir,
Ou supporter la haine et ne jamais haïr,
Sans paraître trop bon, sans paroles savantes...
Et, plus que tout, tu seras un homme mon f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  10 mai 2015
Voici l'un des plus beaux poèmes qu'il m'ait été donné d'apprécier. Une forme anaphorique devenue quasi légendaire et un succès qui ne se dément pas de génération en génération. Si, par chance, vous ne le connaissez pas encore, si vous en exprimiez le désir, je ne puis que vous conseiller de le découvrir et de le faire découvrir à la jeunesse à laquelle ce bel album se destine.
Si, par hasard, vous ne l'avez pas lu depuis longtemps, j'aime à vous rappeler qu'il est agréable de revenir s'y abreuver. Et si, comme moi, vous aimez tirer sur les bouts de racines qui sortent de terre et essayer d'en suivre le tortueux cheminement le plus profondément possible, alors vous avez probablement connaissance des origines de SI.
Mais si vous n'en avez jamais entendu parler, alors je me permets de vous orienter vers la source inépuisable d'inspiration de tout un pan de la littérature anglaise et anglophone (Brave New World, Sound And Fury, The Winter of Our Discontent, etc.), vers le phare luminescent d'où tous les rayons divergent, j'ai nommé, le bienheureux Shakespeare.
Et en plus, ici, on est dans la crème de la crème de Shakespeare car, si je ne m'abuse, c'est d'Hamlet que vient la source. Je vous recopie tel quel un morceau de la tirade de Polonius à son fils à la scène 3 de l'acte I :
« Grave dans ta mémoire ces préceptes.
Ne donne pas de langue à tes pensées,
Ni d'acte à des pensées hors de mesure.
Sois familier, ne sois jamais vulgaire ;
Éprouve les amis que tu te fais
Puis retiens-les par un grappin de fer,
Mais n'use pas ta paume à accueillir
Un quelconque blanc-bec, un spadassin.
Tiens-toi loin des querelles, mais, forcé,
Fais que ton adversaire te redoute.
Offre l'oreille à tous, à peu la voix,
Prends l'avis de chacun, mais garde tienne
Ton opinion ; que ton habit soit riche,
Dans la mesure où le permet ta bourse ;
Mais point d'excès de fantaisie : du riche,
Pas voyant ; l'habit, souvent, dit l'homme,
Et, en France, les nobles les plus hauts
Mettent leur point d'honneur dans la dépense.
Ne sois ni emprunteur ni créancier :
Qui prête perd — son prêt et ses amis —
Et qui emprunte émousse le tranchant
De son esprit d'épargne ; mais, surtout,
Toi-même, reste vrai avec toi-même,
D'où il suivra, mieux que la nuit le jour,
Que tu ne seras faux avec personne. »
Vous voyez, c'est confondant, n'est-ce pas ? On comprend donc qu'avec de tels géniteurs, un tel pedigree, le poème en question ne pouvait être que très bon. Mais de ceci encore, ce sera à vous d'en juger, car, comme dit un adage typiquement babeliesque : si tu es capable d'écouter tous les avis et de ne t'en remettre aveuglément à aucun, alors, tu seras un vrai lecteur, mon fils…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10011
TheWind
  27 septembre 2014
Si...
Si chaque page du livre déroule ton poème,
D'un coup de trait de maître envahit nos oublis.
Si tes mots et tes phrases résonnent en nous-mêmes,
Balayant notre orgueil, fustigeant nos délits.
Si même les éléments soufflent à l'unisson,
Tes paroles de sagesse, tes conseils lucides,
mais sans jamais se peindre d'une sotte prétention,
Tu resteras pour nous cet écrivain sublime !
Commenter  J’apprécie          449
MahaDee
  05 novembre 2016
La traduction est un des exercices les plus difficiles qui soient. "Traduttore, tradittore" (traduire, c’est trahir) dit-on en italien. L’expression, concise, affirme que la traduction ne peut jamais respecter parfaitement le texte original. Et lorsqu’il s’agit de poésie, comment conserver à la fois le sens, le rythme, la structure, les rimes ? Ne pas altérer l’œuvre d’origine devient un exercice de haute voltige…
Pour illustrer la difficulté et les partis pris, le poème « if » de Rudyard Kipling (1910) est un bon exemple, car nous disposons aisément grâce à Internet de différentes versions. Pour ne pas allonger cette chronique, je ne propose que les deux premiers vers du poème, mais si le cœur vous en dit, il sera facile de trouver les versions complètes.
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you
Rudyard Kipling (1910)
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront
André Maurois (1918)
Si tu restes ton maître alors qu’autour de toi
Nul n’est resté le sien, et que chacun t’accuse
Germaine Bernard-Cherchevsky (1942)
Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi
Jules Castier (1949)
Si tu peux rester calme alors que tous tes proches
Semblent perdre la tête et vouloir t'en blâmer
Hervé-Thierry Sirvent (2003)
Si tu gardes ta tête quand la folie des autres,
S'acharne contre toi et te couvre de fautes
Jean-François Bedel (2006)
Si tu peux rester calme quand tous ceux qui t'entourent
Cachent à peine leur mépris ou te couvrent d'insultes
Leslie Tourneville (2009)
Si tu peux être en paix alors qu'autour de toi
Tous ont perdu la tête et t'en jettent le blâme
Jean-François Ménard (2009)
Lorsqu’ils le peuvent, nombreux sont ceux qui préfèrent lire une œuvre en version originale. Je partage cet avis, mais en attendant de maîtriser toutes les langues du monde, un grand merci aux traducteurs pour leur travail soigné, méticuleux, rigoureux, imparfait mais honnête.
+ Lire la suite
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deuxquatredeux
  16 décembre 2018
Dans une belle version à l'italienne, Les Belles Lettres proposent le poème de Rudyard Kipling "If". De ce poème, c'est surtout le le dernier vers qui est le plus connu de tous : "Tu seras un homme, mon fils".
Le texte en anglais et l'adaption en français - initialement traduite et publiée par André Maurois dans Les silences du colonel Bramble - sont ici joliment illustrés par Scott PENNOR'S - déjà illustrateur chez Les Belles Lettres de Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, de L'art culinaire de Apicius et de Les idées noires de la physique de Vincent Bontems et Roland Lehoucq.
Même s'il n'y a rien de nouveau dans cette version et que le service de l'éditeur est minimal, l'ensemble constitue une très belle occasion de découvrir (ou découvrir de nouveau) le poème le plus connu de Kipling.
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DogtorWoof
  15 novembre 2020
Le poème le plus juste, vrai, humble, le chuchotement le plus assourdissant dans la vie d'une Femme, d'un Homme.
"If" m'accompagne et me rappelle d'être roi parmi les hommes et hommes parmi les rois, d'affronter deux menteurs qui rythment nos vies : la victoire et la défaite, et il sera un des plus beaux cadeaux pour mon fils, ou ma fille. Ce petit poème d'une page qui offre une éthique douce, juste, ancrée dans la réalité et pourtant si proche des étoiles.
Ne pas subir. Se relever. Ne pas abandonner. Se pardonner.
Il est collé dans mon livre de sémiologie médicale qui m'accompagne chaque jour à l'hôpital. Il y est mon refuge le plus proche.
"Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir [...]
{...] Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils. "
+ Lire la suite
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
babounettebabounette   08 mai 2012
Si tu peux devant toi tous tes biens entasser
Et sur un coup de dés risquer de t'en défaire,
Les perdre en un instant et tout recommencer
Sans jamais souffler mot de ce destin contraire,
Si tu peux forcer ton coeur, tes nerfs, tes tendons
Depuis longtemps fourbus à servir jusqu'au bout
Et ne pas vaciller lorsque, vidé de tout,
Ta seule Volonté leur enjoint : "Tenez bon!"
Commenter  J’apprécie          90
TheWindTheWind   27 septembre 2014
Si, face au Temps cruel, tu peux sans artifice
User de chaque instant pour continuer ta course
Commenter  J’apprécie          290
DogtorWoofDogtorWoof   14 novembre 2020
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
angie22angie22   19 juin 2013
Si chacun à tes yeux compte comme un humain,
Si, face au Temps cruel, tu peux sans artifice
User de chaque instant pour continuer ta course,
Tu auras en tes mains le monde et ses ressources
Et, plus que tout, tu seras un homme mon fils !
Commenter  J’apprécie          60
babounettebabounette   08 février 2015
Voir l'oeuvre de ta vie sombrer dans le chaos
Et puis la rebâtir de tes outils brisés...
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Videos de Rudyard Kipling (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rudyard Kipling
C'est le père du "Livre de la Jungle". Conteur de génie, précurseur de la SF, il meurt en 1936. Mais grâce à un phonéticien de la Sorbonne qui veut enregistrer les grandes voix de son temps, on peut aujourd'hui entendre Rudyard Kipling lui-même raconter l'une de ses histoires fantastiques en 1921.
Notre dossier complet : "A la recherche des voix perdues", sur franceculture.fr : https://www.franceculture.fr/dossiers/a-la-recherche-des-voix-perdues-ecoutez-tolstoi-apollinaire-durkheim
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