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EAN : 9782351761328
218 pages
Éditeur : Editions Galaade (06/10/2011)
4/5   15 notes
Résumé :

Rosella Galante vit à Genève. À la recherche de quelqu’un à qui raconter son histoire, elle passeune annonce dans un journal : « Recherche personne parlant le turc. Rétribution convenable.Expérience non requise. Non fumeur de préférence. » La jeune Pelin y répond et un pacte estconclu : en échange de l’argent dont elle a besoin, l’étudiante lui fera la conversation en turc, af... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  01 octobre 2014
Quant on a contemplé les lumières du Bosphore, il n'est pas facile de s'accoutumer à vivre en Occident. C'est ce qui incite Rosella Galante, quatre-vingts et quelques années, juive allemande de passage à Istanbul pendant la guerre 39-45, à passer une annonce dans un journal de Genève afin d'avoir de la compagnie ,une fois par semaine, mais surtout pour parler le turc avec quelqu'un.
A ce titre, elle reçoit une jeune étudiante, Pelin, contrainte elle aussi, mais pour des raisons familiales, de vivre loin de la Turquie.
Conversation à bâtons rompus à Genève. Aucune pause, aucune description. Mais tout y passe en 200 pages: les histoires de famille, les amours, la persécution des juifs en Allemagne, la poésie turque, Istanbul... Cela donne un sentiment de précipitation.
Il manque à ce livre des espaces, du temps.
Mais Tuna Kiremitçi, jeune écrivain turc, produit un roman avec bien des qualités. Il nous fait partager un moment de complicité entre deux femmes que tout sépare sauf la langue. Il fait passer aussi des émotions surtout à la fin quand le dernier rendez-vous est passé.
Lire ce livre en turc doit apporter aussi des nuances pour l'apprécier davantage.
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Ziliz
  27 janvier 2013
"Recherche personne parlant le turc. Rétribution convenable. Expérience non requise. Non fumeur de préférence." C'est par cette petite annonce que Pelin entre dans la vie de Madame Rosella, octogénaire vivant à Berlin. Etudiante d'origine turque, Pelin a besoin d'argent. Après une première rencontre plus ou moins convaincante, elle viendra finalement tenir compagnie à la vieille femme une fois par semaine.
Madame Rosella a vécu à Istanbul pour échapper au régime nazi, elle n'y est pas retournée depuis soixante ans. Les deux femmes évoquent fréquemment cette ville qu'elles ont bien connue toutes les deux - chacune à une époque différente. La vieille dame égrène ses souvenirs de jeunesse. Vive, drôle, sensée, sage, conteuse hors pair, elle réussit peu à peu à vaincre les réserves de Pelin et à la faire parler.
Superbe roman constitué exclusivement de dialogues. Les échanges sont simples - ce qui renforce leur crédibilité -, doux et respectueux, même si les femmes ne sont pas toujours d'accord. Il est question de la guerre, du nazisme, de religion, de l'exil, du couple, de l'amour (celui qu'on "ne fait pas", aussi) de solitude... bref de vie, tout simplement.
Je redoutais de lire de nouveau une auteur turque, ayant eu du mal à entrer dans le style de Elif Shafak. En voulant insérer la photo, je m'aperçois que c'est un homme qui a écrit cet ouvrage. Cela dit, je ne pense pas que cette "différence" suffise à expliquer que la plume soit si fluide, si agréable.
Ce très beau texte pourrait donner lieu à une adaptation au théâtre.
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kathel
  28 octobre 2014
Rosella, une vieille dame vivant à Genève, recherche par petites annonces une personne pour converser en turc. Juive allemande, elle a fui Berlin avec sa fille dans les années 30,et vécu une longue période à Istanbul, dans la famille de son mari Aldo. Pelin, une étudiante, se présente pour répondre à l'annonce. le roman retranscrit uniquement les dialogues des deux femmes, qui chacune à leur tour, dévoilent à l'autre des éléments de leur vie, enfin ce qu'elles veulent bien en dire. Rosella finira ainsi par évoquer un amour passé et Pelin approchera peut-être du premier amour.
J'avais cru que Tuna était un prénom féminin et l'auteur une femme, à cause de la finesse de la psychologie et de la justesse des dialogues. La vieille dame, plutôt malicieuse, provoque la sympathie par ses remarques pleines de bon sens, et son recul sur sa vie. Pelin est encore très jeune de caractère, mais son petit manque de maturité est rafraîchissant. Pas de révélations fracassantes dans leurs conversations, mais une compréhension réciproque qui se construit petit à petit. Ce roman m'a rappelé Dans le square de Martin Belskis, où une jeune femme entamait une correspondance avec un vieil homme, et que j'avais trouvé très sympathique. J'ai le même ressenti pour ce roman, Istanbul et l'évocation de ses quartiers colorés et bruyants en plus. Les conversations portent parfois sur la musique ou la littérature, mais surtout, encore et toujours, l'amour et la vie… Je ne dirais pas que j'ai eu pour ce livre un enthousiasme démesuré, mais c'était une agréable (et rapide) lecture, qui pourra trouver des résonances, provoquer une éclosion de marque-pages et d'annotations ici et là… A découvrir.
Lien : http://lettresexpres.wordpre..
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Apikrus
  02 février 2013
Une annonce paraît dans un journal à Genève : une vieille dame juive recherche de la compagnie pour se distraire et parler turc. Une étudiante se présente chez l'auteur de cette annonce, Madame Rosella, qui s'était réfugiée à Istanbul pour échapper au nazisme. Ce livre est le récit des échanges entre ces deux femmes, et essentiellement des souvenirs de Madame Rosella, sur la guerre, le nazisme, l'amour, la fidélité.
La construction et/ou les thèmes de ce livre m'ont plus ou moins fait penser à l'excellent 'La Déesse des petites victoires' de Yannick Grannec. Mais aussi, et bien que cet ouvrage de Kiremitçi ne soit pas un roman épistolaire, à 'Inconnu à cette adresse' de Kressmann Taylor et '84 Charing Cross Road' de Helen Hanff.
Sa lecture est très agréable, même si l'histoire, simple, reste empreinte d'un peu de naïveté.
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Coccinelle2
  27 janvier 2013
Rosella Galante est une juive née à Berlin et qui, jeune mariée, a dû fuir l'Allemagne nazie avec sa fille pour se réfugier en Turquie dans la famille de son mari, Aldo.
Veuve depuis 6 ans, elle vit dans une maison à Genève, la même depuis 60 ans, avec sa chatte, Charlotte, et une servante ayant aussi connu l'horreur de la guerre, Zelda.
À 88 ans, elle a peur de ne plus se souvenir, d'oublier la langue turque car elle n'est jamais retournée à Istanbul...
Elle passe une petite annonce dans le journal pour avoir des conversations en turc.
C'est une étudiante qui se présente, Pelin. Elle est seule dans une ville inconnue où elle étudie la littérature française et son père la fait surveiller par une jeune homme qui la suit constamment.
Tous les jeudis, Pelin va rendre visite à madame Rosella : les deux femmes vont peu à peu s'apprivoiser, se parler de façon de plus en plus intime, s'écouter, s'interroger avec un mélange d'indiscrétions et de pudeur.
Deux inconnues, deux mondes distincts et deux générations différentes qui n'ont rien en commun à part Istanbul et le turc.
L'une vit dans le souvenir, l'autre dans le rêve.
Elles vont parler de l'histoire, de tennis, de littérature (Anna Karénine...), de musique (Brahms...), de poésie (Enver Rigan, Yahya Kemal...), de chanson (Şebriem Ferah...), d'amour et de leurs vies.
Au début, j'ai été surprise que le roman ne soit écrit que sous forme de dialogues mais je m'y suis vite habituée et j'ai trouvé cette lecture très agréable. J'imaginais les deux femmes assises au salon ou dans le jardin, papotant en buvant qui un thé qui un café ou une liqueur.
Lien : http://laculturesepartage.ov..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   26 janvier 2013
- Peut-être avez-vous entendu parler de la Nuit de Cristal.
- Non.
- Voulez-vous que j'en parle ?
- Absolument.
- En ce cas, s'il vous plaît, fermez les yeux.
- Pourquoi ?
- Ce n'est pas une prière. J'ai dit : fermez les yeux.
- C'est fait.
- Vous les fermez bien ?
- Oui.
- Pour commencer, imaginez une vitrine... la vitrine d'un magasin ou une serre à fleurs...
- Hmmm...
- Faites éclater la vitrine !
- Comment ?
- Elle éclate d'un seul coup ! Elle se brise en mille morceaux ! Elle est complètement détruite... Dans un magnifique tintement de verre brisé... Vous pouvez imaginer cela ?
- Oui...
- Maintenant imaginez des milliers de vitrines... Vous y êtes ?
- Des milliers...
- Elles sont brisées par une pluie de briques...Dans la nuit, une foule ivre de fureur met le feu aux bâtiments, aux boutiques.
- C'est comme un film.
- Oui... C'est un effroyable désastre, des cris assourdissants, des maisons, des boutiques et des espoirs dévorés par les flammes. Une fumée lugubre s'élève jusqu'au ciel... Et je vous assure que ce n'est pas un film.
- C'est l'oeuvre des nazis ?
- Magasins, synagogues et écoles flambent et s'écroulent... En cette froide nuit de novembre, tout est plein de verre brisé, les rues scintillent sous le clair de lune. C'est un spectacle à vous couper le souffle... Cet atroce épisode a reçu le nom de Nuit de Cristal... Ensuite, plus un seul juif ne s'est senti en sécurité en Allemagne.
(p. 56-58)
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andreas50andreas50   12 mai 2018
- Même si les dieux sont différents, les prières qu'on leur adresse sont les mêmes, mademoiselle. On a remarqué qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre les prières que l'on fait à Buddha et celles que l'on fait à Allah... Peines, espoirs, craintes... En fait, c'est la même chose. Un poète de Jérusalem a même dit : « Les dieux passent, les prières restent. »
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ZilizZiliz   26 janvier 2013
- (...) Autrefois, je tenais un journal [intime], mais un beau jour la lecture de ce que j'avais écrit a commencé à me faire souffrir.
- Moi, je déteste tenir un journal.
- C'est intéressant. Pourquoi cela ?
- Vous écrivez des choses qui vous semblent très sensées, mais quand vous les relisez un an plus tard, ça a l'air tellement stupide que vous avez honte. Et puis ce n'est pas très malin de laisser traîner des pièces à conviction. (...) Si on apprend que vous tenez un journal, il y a toujours un ami ou un proche dont cela excite la curiosité. Et vous aurez beau cacher votre texte avec le plus grand soin, vous pouvez être sûre que quelqu'un le trouvera et le lira jusqu'au dernier mot. Vous serez alors dans de sales draps.
(p.24)
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kathelkathel   28 octobre 2014
Vous découvrirez avec consternation que vous vivez désormais dans un monde qui appartient aux autres. Du temps de votre jeunesse, il ne restera plus un seul homme, une seule femme, pas même un chat, un chien ou un enfant… Et je vous assure, mademoiselle, qu’il est beaucoup plus difficile de vivre dans un temps étranger que dans une ville étrangère. Même si vous êtes dans un pays lointain, vous gardez l’espoir de rentrer un jour au bercail. Mais tant qu’on n’a pas inventé la machine à remonter le temps, il n’y aura aucun moyen de fuir le temps présent et d’échapper à la nostalgie du passé.
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ZilizZiliz   26 janvier 2013
- Vous n'avez pas lu 'Anna Karenine', mon enfant ?
- Hélas, non.
- Alors vous ne connaissez pas l'homme le plus attirant, le plus dangereux, le plus séduisant de toute la littérature. Le comte Alexis Kirilovitch Vronski... Un homme passionné, qui s'ingénie à conquérir toutes les femmes, quitte à le regretter ensuite.
(p. 110)
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