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Vincent Delezoide (Traducteur)
EAN : 9782020981279
216 pages
Éditeur : Seuil (11/02/2010)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Banlieue de Tokyo. Quatre jeunes filles, Toshiko, la sérieuse, Terauchi, la douée, Yuzan, la paumée et Kirazin la fêtarde, passent un mois d’août horriblement lourd et studieux dans une école spécialisée dans le bachotage lorsque, un matin, Toshiko entend du bruit dans la maison d’à côté. Intriguée, elle demande au fils de la voisine si tout va bien et celui-ci, surnommé « le lombric » parce qu’il est mal foutu et ne réussit pas en classe, lui répond que oui.Quelque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  25 mars 2019
Le vrai monde de Natsuo Kirino renverse, à  sa manière, le concept "Cool Japan". de même, pour les principes confucéens de respect dû à ses parents, on repassera... surtout quand on a tué sa mère...
L'auteure nous convie à une chorale noire (rien à voir avec le gospel). Les voix de quatre adolescentes et d'un jeune homme (surnommé le lombric et qu'on voit sombrer dans une sorte de folie croissante et fantasmatique), tous en dernière année de lycée, se font entendre. Si chacune a sa propre tonalité, selon son passé, toutes se rejoignent dans une absolue noirceur. La vision de la vie de ces cinq Tokyoïtes se nourrit de constats blasés et de désespoir. Alors que tous jusque là se débattaient surtout avec la perspective des sessions de concours à venir pour les inscriptions en universités (et ce n'est pas pour rien que les Japonais surnomment cette période "l'enfer des concours"), à coup de cours en "juku", boîtes de bachotage ("de gavage", selon Toshiko), le meurtre de la voisine de Toshiko par son propre fils va entraîner le groupe de quatre amies dans une spirale folle, comme s'il s'agissait d'un jeu un peu spécial.
A travers les voix de ses personnages, Natsuo Kirino interroge le monde contemporain, la société japonaise actuelle consumée par le consumérisme exacerbé - tout particulièrement pour les adolescents, la course aux meilleures places et la définition de la réalité. Est-ce que les expériences que l'on vit, les actes hors norme que l'on commet, ne nous conduisent pas dans un monde autre, différent de celui des braves gens qui restent dans le rang?
Un véritable coup de pied dans l'apparente harmonie qui transcende et formate, à nos yeux occidentaux, la communauté nippone. Un peu à l'image de Murakami Ryû, la romancière retire les filtres du consensus pour mettre à nu le mal-être d'une jeunesse en perte d'identité et la violence latente qui, faute de soupape, conduit ici au matricide.
Il émane de ce roman une violente noirceur mais aussi une profonde solitude; chacune des voix exprime l'impossibilité d'être comprise par autrui, y compris par ses amies. Y compris par soi-même. Qui sont-ils finalement ces cinq jeunes, embrigadés par la consommation et le paraître. Leurs rapports aux adultes, parents y compris, sont marqués par la méfiance. Il faut dire, pour les filles, qu'être confrontées dès le début du collèges par le problème de mains baladeuses lubriques dans les transports en commun bondés, par l'acharnement permanent des sondeurs prêts à tout pour présenter les produits de leurs boîtes, des pères absents et rentrant tard et souvent saouls ou fleurent l'odeur de leur maîtresse, etc, ça n'aide guère à voir ces adultes sous un angle positif.
On est vraiment loin dans le vrai monde (et quel titre!) de la happy school girl en uniforme jupe plissée-marinière de nombre de mangas et animes. Chez Natsuo Kirino, le vrai monde est froid, dur, noir, éprouvant, désespérant et source de solitude. Une autre image du Japon, c'est certain...
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pdemweb1
  14 septembre 2014
Natsuo Kirino décrit les adolescents japonnais comme des adolescents état-uniens, comme les décrit Gus van Sant ou Richard Russo.Les adolescents sont à la dérive, à la recherche d'eux mêmes, sans communication avec leurs parents.
Habituellement, les adolescentes japonaises font parler d'elles à travers " Japan Expo". Ici Natsuo Kirino donne une autre vision de l'adolescence japonaise.
Ce qui m'a plu dans le roman, c'est que les adolescentes sont curieuses du lombric (= Jeune voisin, surnommé " le lombric ) bien qu'elles savent que le lombric est dans une voie sans issue.
Le titre " le vrai monde" décrit bien l'enjeu pour ces adolescentes.
Les personnages sont bien vivants, l'ambiance est bien noire.
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Sachka
  12 mars 2020
Bienvenue dans le vrai monde de Natsuo Kirino ! Un monde cruel qui impose, et cela dès leur plus jeune âge, à ses écoliers japonais d'être toujours les meilleurs, un monde où la pression du système éducatif mais aussi des parents est constante, un monde où de dociles adolescents, qui finissent par exécrer ce système, se muent en dangereux petits criminels.
Telle est l'histoire de Ryo plus connu sous le surnom de "Lombric", adolescent complexé et mal dans sa peau également étudiant dans un lycée d'élite, qui commet soudainement l'irréparable en assassinant violemment sa mère (et le mot est faible car il y va à coups de batte en fer). En l'espace de quelques heures il devient le héro fascinant de quatre jeunes lycéennes qui directement et indirectement vont se retrouver liées à son crime : Toshiko, Yuzan, Terauchi et Kirarin, toutes les quatre issues de la bonne société japonaise et formatées selon le modèle idéal éducatif qui est l'excellence. Mais l'excellence a un prix...
Natsuo Kirino nous livre un roman audacieux aux voix multiples puisque chacun des cinq personnages s'approprie intégralement un ou plusieurs chapitres. La polyphonie narrative a pour effet d'accentuer leur caractérisation psychologique et permet ainsi au lecteur d'entrer dès le début du récit dans leur intimité profonde. L'auteure leur donne la parole, elle alterne leurs points de vue, leurs humeurs par rapport aux faits et au crime.
Natsuo Kirino nous offre aussi la vision d'une jeunesse désenchantée dans un Japon ultra moderne où le système éducatif est particulièrement strict. Les élèves subissent la pression de la réussite dès leur plus jeune âge, leur temps libre se résume aux gavages et aux jukus (cours intensifs et stages de révision). Elle traite aussi le sujet de l'identité sexuelle, de l'homosexualité plus précisément, qui, tant qu'elle n'empiète pas dans son champ de vision, commence tout juste à être tolérée dans la société japonaise.
Vous l'aurez compris j'ai apprécié la lecture de ce roman même si la traduction m'a laissée un peu perplexe par moment (surtout la première partie du roman) mais cela n'a en rien gâché ma lecture et je n'oublierai pas de sitôt le portrait plutôt effrayant de ces cinq adolescents qui abordent la mort finalement comme un jeu et subiront les conséquences de leurs actes tels des dommages collatéraux.
Je remercie mh17 pour m'avoir conseillée la lecture de ce roman et j'en profite pour faire une dédicace spéciale au Yeux de la momie qui a décidé de voguer vers d'autres horizons et dont les critiques vont nous manquer (Jean Pat' si tu me lis...).

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Corboland78
  03 mars 2016
Natsuo Kirino, née en 1951 à Kanazawa au Japon, est l'auteur de nombreux romans policiers qui l'ont fait remarquer comme un des talents les plus prometteurs de sa génération. Elle a commencé à écrire en 1984 et n'a cessé depuis lors de remporter prix sur prix. Son oeuvre a été traduite dans 28 pays et plusieurs de ses livres ont également été adaptés au cinéma. Natsuo Kirino vit à présent à Tokyo. le Vrai monde est paru chez nous en 2010.
Dans la banlieue de Tokyo, quatre amies adolescentes,Toshiko (« se donne des airs cool et détachés, mais elle a bâti une Grande Muraille autour de son coeur »),Terauchi (« une fille plutôt mignonne, mais elle a une voix ultra grave et cool »), Yuzan (« je ne peux pas avouer à mon père que je suis lesbienne »), et Kirarin (« des quatre filles de notre bande, je suis la seule à ne pas être vierge »), passent leur mois d'août dans une école de bachotage. Un matin, Toshiko entend un fracas dans la maison de ses voisins et quelques heures plus tard apprend que leur fils, surnommé « le lombric » (« un grand maigrichon aux épaules tombantes, avec de petits yeux sinistres »), a disparu et qu'il est fortement soupçonné d'avoir assassiné sa mère à coups de batte de base-ball. Les quatre jeunes filles vont s'attacher à aider dans sa fuite le jeune assassin, pour des raisons propres à chacune d'elles…
Si le roman est catégorisé thriller et que le résumé ci-dessus en donne la trame narrative générale, ne pensez surtout pas qu'il n'est que cela - la forme n'est qu'un moyen pour l'écrivain. Il s'agit en fait d'un excellent roman, très profond, sur la société japonaise d'aujourd'hui (du moins de celle de 2003, date de parution au Japon du bouquin) et de sa jeunesse adolescente. L'enquête policière et tout ce qui est sensé aller avec, est vite mis de côté, Natsuo Kirino préférant peindre les sentiments et les caractères des cinq jeunes, quatre filles très différentes les unes des autres, gravitant autour d'un garçon qui les attirent inexorablement et en partie à l'insu de son plein gré, dans une spirale destructrice qui fera des dégâts irréversibles.
Roman choral où chaque protagoniste prend la parole successivement, dévoilant progressivement le caractère et la psychologie des unes et des autres, révélant les souffrances morales intérieures ou existentielles de ces jeunes, l'exaltation idéaliste de l'adolescence pour l'attrait du rebelle et l'excitation induite. Mais ce sont aussi ces plans de coupe, nous montrant une société mercantile (« Quand on se balade dans Tokyo, tout ce qu'on voit, c'est des gens qui essaient de nous vendre des trucs ») assommée d'informations en continu diffusées par les chaines de télévision. A moins que ce ne soient les pervers qui vous tripotent dans le métro sous l'oeil indifférent des voyageurs ou bien un travelo qui vous agresse dans un quartier « chaud » de la ville. le réquisitoire est féroce, les parents en prennent gros pour leur grade et si tous les ados ne tuent pas leurs géniteurs, tous y pensent à un moment ou un autre.
L'écriture colle parfaitement au sujet et à ses personnages, rapide et dans le ton de ses jeunes héros, leurs pensées les plus intimes sonnent justes (même si elles agacent) et l'écrivain glisse dans son texte des références culturelles nippones, l'aspect martial de l'écrivain Mishima étant une sorte de référence inconsciente pour « le lombric » dont on suit avec effroi l'aggravation progressive du délire psychologique ou bien encore, peut-être ( ?), cette allusion aux « mondes flottants » (Concept taoïste enseignant la relativité de toute chose) quand l'une des filles hésite entre revenir dans son monde d'avant et celui dans lequel elle vient de s'engager (« Ce n'est pas un sentiment de liberté, ni rien de ce genre. C'est juste que je ne veux pas rentrer. Je veux continuer à flotter quelque part entre les deux. »)
Vous l'aurez compris, thriller certes, mais comme le dit un des personnages de Natsuo Kirino, « les romans sont plus proches de la vraie vie, c'est comme s'ils montraient le monde après en avoir épluché une couche, une réalité qu'on ne pourrait pas voir autrement. Ce que je veux dire, c'est qu'ils ne sont pas superficiels. » Un message parfaitement transmis et reçu cinq sur cinq.
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mh17
  31 décembre 2019
Un monde glaçant et dérangeant.
L'auteur se sert d'un matricide pour décrire une jeunesse sans repères.
Dans une zone résidentielle de Tokyo, quatre copines de 17 ans aident "Le Lombric", voisin d'une des leurs, à fuir après qu'il a massacré sa mère à coups de batte de base-ball. Chaque chapitre adopte le point de vue de l'un des cinq protagonistes.
J'ai eu du mal à entrer dans ce livre à cause de la violence du sujet bien sûr mais aussi à cause du style heurté et du vocabulaire bizarre. Renseignements pris, j'ai vu qu'il s'agissait de la traduction d'une traduction anglaise ! Les célèbres éditions du Seuil ne peuvent-elles pas employer un traducteur de japonais ?
Le livre est terrible car il décrit une jeunesse profondément solitaire et déboussolée. Les adultes sont nuls et hypocrites. Les pères absents, pris par leur travail, très mous. Les mères, lorsqu'elles sont encore en vie, sont surtout préoccupées des apparences et du qu'en dira-t-on. Les adolescents, quand ils ne sont pas en train de bachoter dans un "institut de gavage", vivent en vase clos dans leur monde et communiquent entre eux par portable interposé. Aucune des quatre filles n'éprouve de compassion pour la victime. Aucune. Elles méprisent ou haïssent toutes leurs mère, et sont donc fascinées, du moins au début, par ce gars qui est passé à l'acte. Et puis il les sort de leur existence ordinaire et imposée. Mais le Lombric n'est ni un héros, ni un anti-héros. Comme son surnom l'indique, c' est un grand mou avec... une case de vide. Il n'éprouve aucun remord. Aucun. Mais il va leur servir de révélateur. Elles semblaient déjà se préparer à vivre comme leurs mères. Elles dissimulaient déjà une part de leur identité derrière un maquillage, une apparence, ou un pseudo. A son contact certaines pourront peut-être échapper à cette roue hyper-moderne...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   14 septembre 2014
Teru n'aime pas que j'aille traîner sur les sites de rencontre. Tout le monde passe leur temps à mentir dans ces discussions, m'assure-t-il, tout sérieux, alors quel intérêt ? Je sais, mais je m'accroche encore à l'espoir ténu de rencontrer un mec vraiment sexy. C'est le mince espoir qui me pousse à revenir sur les sites. Je dois être obsédé par les garçons, ou par quelque chose.
- C'est de pire en pire
- Mais combien de fois auris-je l'occasion de rencontrer un vrai meurtrier ?
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SachkaSachka   10 mars 2020
- Ta mère est vraiment morte ?
- Je viens de te le dire ! Lâche-t-il, excédé.
- Raconte-moi comment c'est arrivé.
- Je te le dirai quand tout ça sera clair dans ma tête. C'est difficile à expliquer... c'est comme si c'était simplement... arrivé. Mais je me rappelle quand même un truc bizarre. Quand je l'ai attrapée par les cheveux, j'ai pensé : Waouh, ses cheveux sont exactement comme ceux d'une femme. J'ai vraiment eu cette impression, genre : Hé, c'est une femme ! Mais la personne que j'avais devant moi n'était qu'une vieille salope acariâtre et pleurnicheuse qui racontait n'importe quoi. C'était comme si je m'étais dit : " Ferme ta gueule !" et qu'après, j'appuyais sur le bouton off d'une machine.
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Corboland78Corboland78   03 mars 2016
Le plus intéressant dans tout ça, c’est que la personnalité de chacune d’entre nous se reflète dans nos réactions à cette affaire. Toshi est gentille, donc elle a de la peine pour la mère assassinée du lombric et s’inquiète de savoir ce que l’avenir réserve à ce dernier. Yuzan, elle, se projette sur le lombric et l’aide à fuir. Et Kirarin, qui s’est sauvée avec lui, a une image de lui qui est tout à fait illusoire, mais elle espère que cette escapade en sa compagnie va la changer. Tout le monde sait qu’elle se tape des mecs à Shibuya et qu’elle s’est fait plaquée par l’un d’eux en particulier, mais elle fait comme si c’était un secret d’Etat.
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kuroinekokuroineko   24 mars 2019
Je m'appelle Toshiko Yamanaka, les caractères de mon prénom veulent dire《dix et quatre》, parce que je suis née le quatrième jour du dixième mois, octobre. On ne s'est manifestement pas beaucoup foulé pour me trouver un prénom, mais vu que je n'ai jamais croisé personne avec les mêmes caractères, il ne me dérange pas tant que ça.
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WolandWoland   07 février 2012
[...] ... Tout le temps que je passe à pédaler sur mon vélo, je suis sur le point de m'endormir. C'est peut-être la météo, mais je m'étonne de me sentir comme ça tandis que je pédale sur l'asphalte brûlant de la nationale, à quelques centimètres des camions qui passent à toute allure. Ce n'est pas comme si j'étais fatigué ni rien. Ce que je fabrique depuis hier se résume à faire de la route sur un vélo de fille. Jusqu'à maintenant, le voyage a été facile. Chaque fois que je vois une supérette, je m'arrête pour me rafraîchir, boire un peu d'eau et lire des mangas. Il n'y a donc aucune raison pour que je sois aussi somnolent.

Mais peut-être que la situation dans laquelle je me trouve maintenant ressemble à celle du soldat japonais. [Alors qu'il était encore en primaire, le narrateur avait vu sur un film d'actualités un soldat japonais se laisser battre à mort par un couple de vieux Philippins qui se vengeaient probablement de ce qu'il leur avait fait subir pendant la guerre.] Peut-être que je ne le sais pas, mais que mon inconscient essaie d'échapper à la réalité. Il doit donc y avoir quelque chose à craindre, me dis-je.

Matricide. Je n'aurais jamais cru pouvoir faire un truc pareil, mais voilà, c'est fait. Le choc que j'ai eu en regardant les informations hier soir dans la supérette a commencé à me rendre nerveux. J'avais vu un article là-dessus dans un journal et m'étais simplement dit : Hé, regardez-moi ça ! Mais à la télé, c'était effrayant. ... [...]
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