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Vincent Delezoide (Traducteur)
EAN : 9782020931991
614 pages
Éditeur : Seuil (03/01/2008)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Deux prostituées, Yuriko et Kazue, viennent d'être assassinées à Tokyo. Vingt ans plus tôt, les deux femmes étaient éduquées au lycée pour jeunes filles de K., un des établissements les plus réputés de la ville. Elles étaient jeunes et l'avenir qui les attendait ne pouvait être que radieux dans une société japonaise qui leur ouvrait les bras. Sauf que la vie n'obéit pas forcément au destin qu'on aimerait lui faire suivre. Cruauté, humour glacial et descriptions sans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
pdemweb1
  14 septembre 2014
Le roman de Natsuo Kirino est noir. Les cotés monstrueux de personnages sont très bien décrits. Les sept cent pages du roman se lisent très facilement car les histoires sont fascinantes. Natsuo Kirino nous fait vivre l'intérieur d'une école où l'aspect vestimentaire est plus important que le cognitif, elle nous fais vivre l'immigration chinoise au Japon, et aussi la vie dans l'entreprise par une femme.
Natsuo Kirino donne une autre image des Japonnais, qui même s'ils sont monstrueux , ils ont des désirs humains. Que Natsuo Kirino soit remerciée !
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Derfuchs
  29 août 2019
Deux ou trois choses pour commencer. D'abord sur la couverture du livre il est indiqué : Thriller. Si ça c'est un thriller, moi je suis les Beatles. Je pense que depuis le temps je sais reconnaître un thriller, du moins je l'espère, sinon c'est grave. Ensuite le commentaire qui accroche : Un croisement électrique entre Ellroy et Jelinek, signé Lire. Bon ce Monsieur lire n'a pas lu le livre ou alors il ne connait pas plus Ellroy que Jelinek ou il s'agit d'un croisement, une bouture qui aurait mal pris, peut-être un enfant des deux non reconnu qui aurait hérité ni de l'un ni de l'autre, bref des sornettes. Pour finir, pourquoi ce choix et bien parce que l'auteure a obtenu le grand prix du roman policier du Japon en 1998, d'accord c'est pas récent, j'aurais pu y penser ou prendre le grand prix ou elle s'est mise au pommeau entre deux, qui sait, bref on repassera.
Dès le départ on sait que deux prostituées ont été assassinées, on connait l'assassin : un émigré chinois (grand amour entre les deux peuples, si, si) qui ne s'accuse que d'un des meurtres. Chic il va y avoir enquête, police, poursuites peut-être, yakuzas, triades, que sais-je encore, non-non rien, en fait on sait, sans savoir, tout en sachant que le gars, le chinois, il a tué les deux mais à leur demande (?) mais c'est pas sûr, car dans ce roman rien n'est certain tout est effleuré, on laisse, enfin on, Natsuo (joli prénom)laisse le lecteur faire son choix comme à Auchan ou Carrefour ou votre hyper du coin si vous habitez un coin s'entend. Bon voyez déjà comment c'est tentant, vous salivez, je le savais.
Alors six cents pages pour rien, non, je ne dirais pas ça, pour pas grand chose oui, mauvais livre noui, mais je fais profil bas ma méconnaissance de la littérature japonaise me porte certainement à la déraille et si c'était un chef d'oeuvre et moi un âne, pour quoi pas après tout. Cependant la littérature reste la littérature même en hiéroglyphes donc un jugement n'est jamais subjectif lorsqu'il s'agit de prendre en considération une intrigue, des mots, des phrases et la prosodie si elle existe ou pas. Je n'ai pas eu le déclic de base du lecteur enjoué et, c'est vrai, j'ai découvert des trucs sur un pays mystérieux et certainement méritant le détour, mais ici aussi pas assez fouillé, pas approfondi, mon pote si tu veux lire ce livre achète-toi le guide japon du routard car c'est pas fourni, non mais des fois, fichtre, allons !
Monstrueux pourquoi, parce que les quatre filles, jeunes femmes et femmes, protagonistes de l'histoire sont monstrueuses, l'une par sa beauté, la seconde par sa laideur, la troisième par sa méchanceté et la dernière par sa tromperie. Sur les quatre filles, toutes ayant été élèves d'un bahut super classe, trois se prostitueront, deux mourront, la troisième suite à un besoin d'argent, la quatrième entrée dans une secte fera de la prison pour avoir participé à la mort par empoisonnement aux pesticides d'un groupe d'enfants.
Ce roman est traduit du japonais en anglais puis de l'anglais en français, il ne reste qu'à boucler la boucle et traduire du français en japonais histoire de voir si la Kirino retrouverait ses chatons, ce serait marrant, non ?
Bon assez bavassé, j'y colle un 2/5 à la Kirino et c'est bien payé. Je vais laisser passer un ou deux siècle avant de lire à nouveau un thriller japonais.

Lien : https://www.babelio.com/livr..
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verobleue
  26 août 2011
« Monstrueux » de Natsuo Kirino est un roman psychologique dense (700 pages) qui aborde une multitude de sujets tabous du Japon. C'est toute la société japonaise, fondée sur l'inégalité sociale et profondément machiste, obsédée par l'apparence et l'origine sociale qui est ici épinglée. Je découvre la hiérarchie figée où le poids de la naissance a énormément d'importance, les écoles d'élite et les grandes sociétés avec leurs conventions et leurs exigences. L'auteur en dépouillant les faux-semblants de la société japonaise, nous fait découvrir une réalité bien différente, sordide et quasi oppressante.
L'intrigue, le meurtre de deux prostituées, Yuriko et Kazue, n'est qu'un prétexte à la trame du récit. le livre est articulé en plusieurs parties avec des points de vue et des rédactions différentes : on découvre ainsi le journal intime de Yuriko, celui de Kazue, des lettres échangées, des conclusions d'enquêtes de police, l'historique de Zhang, leur assassin, ce qui enrichit le roman. La narration à la 1ère personne, du point de vue de la soeur de Yuriko, cynique, haineuse et froide effectue un retour dans le passé et aide à élucider comment un "monstre" de beauté comme Yuriko a pu tomber dans la prostitution, tout comme Kazue, directrice-adjointe compétente et reconnue d'une entreprise japonaise. Mais les quatre comptes-rendus expliquent différemment le crime.
J'ai été d'abord surprise par cette étude cruelle des protagonistes puis, fascinée et captivée par cette description qui décortique la "monstruosité" sordide de la société japonaise et puis finalement, cela m'a carrément déprimée. J'ai été perturbée par certaines phrases qui m'ont l'air d'avoir été mal traduites (le livre est une traduction de la version anglaise, elle-même traduite du japonais) de plus, pas une seule fois dans cette brique de 700 pages n'est donné le prénom de la soeur de Yuriko, elle est signalée comme la soeur de, la fille de, la petite-fille de, la tante de. En fait, elle n'a aucune identité propre.
Edit du 29/8: J'avais d'abord noté 2 sur 5 étoiles car profondément choquée par ce livre. Mais il a le mérite de faire réfléchir et c'est ce que j'ai fait une fois le livre fermé. J'ai relu certains chapitres et je termine par attribuer 4 étoiles. Natsuo Kirino est géniale même si le livre me laisse avec un sentiment de malaise
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Woland
  04 novembre 2011
Titre original : Gurotesuku
Traduit de l'édition anglaise "Grotesque" par Vincent Delezoide
En lisant les critiques du livre sur Amazon, on constate qu'un reproche revient souvent sur ce livre : on ne croirait pas qu'il a été écrit par l'auteur de "Out." Pourtant, apparemment, il a été édité après ce dernier. le problème vient peut-être de ce que, contrairement à ce qu'il s'est passé pour le premier grand succès de Kirino Natsuo, la traduction française vient du texte anglais et non du texte japonais. Et puis, si l'auteur avait choisi pour héroïnes de "Out" des femmes faites et matures (à l'exception de Jônuchi, peut-être), elle s'intéresse ici à des personnages qui, tous ou à peu près, en sont restés à une mentalité adolescente qu'on retrouvera d'ailleurs, en plus tranché encore si possible, dans "Le Monde Réel." En outre, à la troisième personne, qui permet un maximum de recul et à l'écrivain, et à son lecteur, se substitue dans "Monstrueux" un "Je" souverain mais fortement égomaniaque.
A l'origine de l'intrigue, une union mixte entre un Suisse dur au travail mais à la personnalité mesquine et une Japonaise pas très jolie. le Suisse en question n'étant pas lui-même un Apollon, le couple est donc très étonné de donner un jour naissance à la petite Yuriko, à la beauté exceptionnelle. Cette enfant va dès lors devenir la préférée de ses parents, aux dépens de son aînée, assurément beaucoup moins jolie (pour ne pas dire laide) mais aussi bien plus douée sur le plan intellectuel.
Par sa beauté et par la certitude, ancrée dans son enfance, que cette beauté lui permettra de réussir sans se donner beaucoup de mal, Yuriko va donner à son existence un cours qui la conduira à finir assassinée par un émigré chinois sans papiers pour le moins aussi égocentrique qu'elle. Mais le plus terrible, c'est que la perception de cette beauté influera également de manière tragique sur le destin de ses proches, parmi lesquels sa soeur aînée mais aussi sa mère et une ancienne condisciple, Satô Kazue, laquelle finira par se prostituer pour l'imiter.
Une fois de plus, mais avec une violence beaucoup plus brute que celle rencontrée dans "Out", Kirino Natsuo tire à bouts portants, et pour ainsi dire au bazooka, sur la société japonaise. Elle s'acharne tout particulièrement sur le système éducatif, axé dès les petites classes sur un élitisme qui ne laisse pratiquement aucune chance aux élèves dont les parents n'ont ni moyens financiers, ni relations. Il y a de quoi en perdre le souffle.
Moins affinés que dans [b]"Out", les personnages sont bruts de décoffrage et raisonnent tous plus ou moins comme les adolescents frustrés qu'ils sont, quelque part, restés dans leur coeur. Cela pourrait amuser s'ils n'étaient tous aussi cyniques, aussi persuadés que seule compte la réussite sociale. Les relations avec leurs parents sont quasi inexistantes ou perverties justement par cette course au succès. Quand on sait l'importance que revêtent la famille et le clan dans la tradition japonaise, il y a là de quoi avoir des sueurs froides.
[/b]
Quant à l'assassinat de Yuriko et celui de Kazue, amateurs de polars, passez votre chemin : tous deux ne sont qu'une conséquence accessoire de l'existence complètement déviée et déviante qu'elles ont menée, chacune à sa façon. A tel point qu'on se demande avec raison pourquoi les éditeurs s'entêtent à publier ce roman sous le bandeau "policier."
Un roman à ne réserver, à mon sens, qu'aux inconditionnels de l'auteur. En attendant une traduction directe du japonais. ;o)
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Sara2a
  16 novembre 2012
Ce roman est estampillé thriller par l'éditeur mais je vous avoue ne pas y avoir retrouvé l'essence de ce genre.
Le meurtre des deux prostituées est davantage une excuse à ce roman plutôt que son thème principale.
Dans les premières pages du roman on découvre une femme, qui sera la narratrice principale du roman . Elle est la soeur de Yuriko l'une des deux prostitués assassinées. Puis chaque nouveau personnage sera introduit dans l'histoire, par un journal intime, des correspondances, des dépositions . L'intrigue est confuse au départ, je ne voyais pas l'histoire « décoller » comme dans un thriller classique. Et plutôt qu'un décollage c'est une plongée dans l'âmes obscure de ses personnage que va nous offrir l'auteur.
Chacun des personnages est « monstrueux » dans ses pensées, sans tabous, sans concession, chacun nous livre son point de vue de l'histoire qui va nous emmener vers les deux meurtres.
Natsuo KIRINO est une japonaise, elle connaît donc bien ce pays si attaché aux traditions, à l'ordre et à la rigueur ...Elle va pourtant le lacérer de toutes part sans pitié, sans se cacher derrière des figures de style en s'attaquant aux symboles pour découvrir l'hypocrisie, à l'amour pour le montrer sous son plus affreux visage.
Monstrueux est un roman qui dérange par son côté sordide , de la main d'une femme difficile de faire mieux pour décrire ces femmes amorales , incapables d'amour ou d'humanité, uniquement focalisées par leur ascension sociale .
Monstrueux est une critique acerbe sans demi-mesure d'une société japonaise encarcanée dans des stéréotypes de réussites sociales, de modèles familiaux . le modèle japonais et la femme y sont décrit de manière brutale, intransigeante. Les écoles « chics », le monde de l'entreprise démontés par le regard intransigeant de l'auteur.
Pour ce qui est de l'écriture c'est relativement fluide , les changements de voix donnent une légèreté à ce roman pourtant si lourd et si noir.
Je n'ai ni apprécié, ni détesté, disons que ce fut une expérience , une plongée un peu brutale dans le cerveau de personnages détraqués, repoussants du début à la fin. Un vague sentiment de malaise tout au long de la lecture et après avoir refermé le roman beaucoup d'incomphréhension envers ces personnages qui méritaient tous une tout autre fin.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
verobleueverobleue   25 août 2011
Parce que dans cette maison, il y a un ordre aux choses. C’est comme le test qu’on fait avec le chien, non ? On aligne les membres de la famille et on lâche le chien pour voir vers qui il va en premier. Et le premier, c’est le patron. C’est comme ça. Tout le monde perçoit naturellement l’ordre des choses…qui a le plus de prestige et d’autorité, je veux dire. Et on observe cet ordre instinctivement. Pas besoin de l’expliquer, tout le monde y obéit. Tout se décide en fonction de cet ordre… comme euh…qui a le droit de prendre son bain en premier et à qui reviennent les meilleurs morceaux. Mon père passe en premier ; c’est tout naturel, non ? Et moi je viens en deuxième position. Avant, c’était ma mère la deuxième, mais depuis que je me suis hissée parmi les meilleures de ma classe d’âge au classement national, j’ai pris sa place. Donc maintenant mon père vient en premier, moi en deuxième, puis ma mère et enfin ma sœur. Si ma mère ne fait pas attention, ma sœur risque bientôt de passer devant.
- Vous déterminez l’ordre de préséance dans votre famille en fonction des résultats aux tests nationaux ?
- Disons que nous nous classons en fonction de l’effort fourni.
- Mais puisque ta mère ne va jamais passer de concours d’entrée, ce n’est pas un peu injuste pour elle ?
Mères et filles mises en concurrence les unes avec les autres. Avait-on jamais vu quelque chose d’aussi absurde ? Mais Kazue était parfaitement sérieuse.
- C’est inévitable. Ma mère a perdu contre mon père dès le départ et personne dans notre famille ne peut prendre le dessus sur lui. J’ai étudié aussi dur que je le pouvais et aussi loin que je me souvienne. Ma plus grande joie dans la vie, c’est d’améliorer mes notes. Ça fait bien longtemps que j’ai décidé de tout faire pour surclasser ma mère. Tu sais, elle dit toujours qu’elle n’a jamais eu l’ambition de faire carrière, mais je crois qu’elle voulait devenir médecin quand elle était jeune. Son père ne l’aurait jamais laissée faire ; en plus, elle n’était pas assez intelligente pour entrer en faculté de médecine. Mais elle l’a toujours regretté. Etre élevée pour ne devenir qu’une femme, c’est lamentable, tu ne trouves pas ? C’est ce qu’elle dit toujours. Elle se sert du fait qu’elle est une femme pour se justifier de n’avoir rien fait de sa vie. Mais si tu t’y emploies à fond, c’est possible de réussir, même en étant une femme.
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pdemweb1pdemweb1   14 septembre 2014
Pourquoi l'ai-je tuée? Me demandez-vous.Je ne le sais pas moi même. Peut-être parce qu'elle a retiré sa perruque aussi facilement qu'un chapeau. Les cheveux qui en sont sorti étaient d'un brun clair parsemé de blanc. Mlle Hirata était une étrangère qui ne ressemblait en rien à ma Mei-Kun ! ( page 440)
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WolandWoland   07 février 2012
[... ] ... C'est très clair aujourd'hui. Plus jeune, j'étais abondamment dotée de ce je-ne-sais-quoi qui attire les hommes mûrs. J'avais le pouvoir de réveiller chez eux ce que l'on appelle le complexe de Lolita. Mais le destin a voulu que, les années passant, il me soit de plus en plus difficile de conserver ce charme enfantin. Il ne m'a pas abandonnée d'un seul coup. Jusqu'à trente ans, j'ai toujours été capable d'en faire usage, dans une certaine mesure. Et parce que je possède de naissance une beauté qui surpasse de loin celle des autres femmes, je suis toujours attirante malgré mes trente-six ans. Mais aujourd'hui j'officie dans des bars à hôtesses minables et me prostitue quand l'occasion se présente. Il faut croire que, dans le vrai sens du terme, je suis devenue laide.

Mon sang lascif ne me laisse pas d'autre choix que de convoiter les hommes. Et même si je deviens banale, laide, vieille, aussi longtemps que la vie animera mon corps, je continuerai à les désirer. C'est mon destin, tout simplement. Même si les hommes ne s'émerveillent plus en me voyant, même s'ils ne me désirent plus, même s'ils me rabaissent, il faut que je les aie dans mon lit. Ou plutôt, je veux les avoir dans mon lit. C'est la contrepartie d'un attribut divin que nul ne peut conserver éternellement. On pourrait peut-être dire que mon "pouvoir" n'est guère plus qu'un péché. ... [...]
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WolandWoland   07 février 2012
[...] ... En y regardant de près, on s'aperçoit tout de suite que je suis une "sang-mêlé." Mon père est un ressortissant suisse d'origine polonaise. Il paraît que son grand-père, un pasteur, avait fui les nazis et s'était réfugié en Suisse, où il était mort. Mon père avait une petite affaire - il était importateur en pâtisseries et friandises occidentales. L'intitulé en lui-même est assez alléchant mais en réalité, mon père se contentait d'importer des chocolats et des biscuits de qualité médiocre, rien de plus que des amuse-gueules bon marché. Et il avait beau être connu pour ses douceurs à l'occidentale, pas une fois dans toute mon enfance je n'ai eu la permission d'y goûter.

Nous menions une vie très frugale. Nos repas, nos vêtements et même nos affaires de classe étaient tous fabriqués au Japon. Je ne suis pas allée dans une école internationale mais à l'école publique japonaise. Mon argent de poche était strictement rationné et le budget consacré aux dépenses de la maison était largement inférieur à ce que ma mère aurait pu tenir pour suffisant.

Mon père n'avait jamais réellement décidé de passer le reste de sa vie au Japon avec ma mère et moi. Il était tout simplement trop radin pour repartir. Il refusait de dépenser le moindre yen inutilement. Et c'était lui, bien sûr, qui décidait de ce qui était utile et de ce qui ne l'était pas. ... [...]
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verobleueverobleue   25 août 2011
Les hommes vivent selon des règles qu’ils se sont fixées eux-mêmes. Et parmi ces règles, il y en a une qui veut que les femmes ne soient qu’une marchandise qu’il leur appartient de posséder. Une fille appartient à son père, une femme à son mari. Pour eux, les désirs propres aux femmes représentent un obstacle, et mieux vaut les ignorer. D’ailleurs, le désir est toujours le fait de l’homme. C’est son rôle de faire des avances aux femmes et de protéger les siennes des avances des autres.
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