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ISBN : 2267027224
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (15/01/2015)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 32 notes)
Résumé :
« Ce livre éblouissant dissèque la psychopathie, les tendances perverses de la génération Internet, l'art, l'argent, et la nature même de la croyance. [?] Du journalisme tabloïd sans retenue, une forme de reproche à l'Ancien Testament [?] : l'abysse nous attend à la prochaine marche de l'escalier. » James Ellroy
« Walter Kirn scrute l'un des plus grands imposteurs de notre époque avec une éloquence remarquable et brillante. Au passage, il étudie aussi ses pro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  18 mars 2015
Le journaliste Walter Kirn aurait dû se méfier, lors de son premier contact téléphonique avec Karl. Une demande complètement surréaliste, emmener en voiture, du Montana jusqu'à New York, une chienne estropiée qui se déplace péniblement sur un fauteuil roulant fixé sur son train arrière. Mais bon on ne résiste pas à la demande d'un héritier Rockefeller. Surtout si l'on est un petit gars du Montana qui malgré des études solides, Princeton et Oxford, n'a pu observer le monde des très, très riches que de loin. Mais les milliardaires ont de telles lubies, et devenir l'ami d'un Rockefeller vaut bien un voyage de trois jours avec une chienne setter incontinente comme passagère.
« Mauvais sang ne saurait mentir » décrit une amitié toxique, qui va durer de 1998 en 2008, entre le romancier et Christian Gerharsreiter, alias Christopher Chichester, aristocrate anglais, alias Christopher Crowe, producteur à succès de la côte Est, escroc notoire, menteur et mythomane, recherché pour meurtre depuis 1994. Bienvenue chez les dingues, la vie de Karl est une suite ininterrompue de name dropping : il vous glisse le téléphone perso de George Bush, son voisin s'appelle Salinger, le chancelier Kohl a passé trois jour dans sa maison de Cape Cod, c'est pour cela qu'il n'a pas pu recevoir Britney Spears. Au procès, les témoins ont tous des anecdotes énormes et incroyables à raconter et qu'ils ont tous gobés, « pourquoi tant de crédulité ? » demande le juge : « parce qu'il était distrayant » répondent-ils.
Plongé au coeur du mensonge, Walter Kirn décortique le rêve américain, nous parle de notre besoin de reconnaissance et de notre fascination pour la puissance et la gloire. En décrivant un menteur professionnel en exercice sur dix années, l'auteur se raconte, lui-même, qui malgré ses réussites de romancier à succès adapté à Hollywood, restait au fond qu'un petit gars du Montana que l'on ne voyait pas.
Exercice intime, introspectif et universel, comme pouvait l'être « L'adversaire » d'Emmanuel Carrère, Kirn nous livre un sacré bouquin qui ferait un sacré film.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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jeandubus
  13 juin 2015
Mauvais sang ne saurait mentir
Walter Kirn, auteur « éblouissant » adulé par James Ellroy et bien d’autres prétend avoir rencontré Clark Rockefeller, un possible psychopathe dont on suit le procès après un brillant premier chapitre assez désopilant marquant la soi-disant rencontre de l’auteur et de l’imposteur magnifique.
Les commentaires exaltés de la quatrième de couverture sont suspects dans la mesure où l’imposture est au cœur du récit qui semblerait se rapporter à des faits réels mais qu’on n’est pas obligé de valider sans résistance.
La simple idée de « livrer » un chien paralysé de l’arrière train et circulant sur une prothèse à roulette à un farfelu newyorkais est déjà tout à fait saugrenue, et passé cette hypothèse, le texte qui suit n’a pas de réalité objective sauf à s’enfoncer dans les mensonges comme l’accusé qui mène l’enquête au tribunal sur le crime dont on l’accuse, ou l’auteur dont les états d’âme sont plutôt malsains.
L’auteur prétend dîner avec James Ellroy et fréquenter d’autres stars ? James E. écrirait « Un livre éblouissant » sur la couverture et le lecteur confronté au spectacle de l’élite américaine serait censé s’en émouvoir.
Passé cette amertume de la manipulation reste un récit très technique et très construit. Au point que le lecteur ne sait plus lui-même s’il est sincère dans son interprétation.
Autant avouer qu’il y a un grand plaisir à se laisser berner par Kirn et Rockefeller qui redoublent d’astuces pour nous faire croire que le livre a un début et une fin.
Et si même je n’avais pas écrit ce texte ?
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nathalia1307
  02 mars 2015
Récit, roman, auto fiction Walter Kirn se met en scène dans ce récit hors du commun, il raconte son amitié avec Clark Rockfeller, rien que leur rencontre reste un moment du au hasard d'un accident de circulation.
Si Walter Kirn semble fasciné par le nom de Clark, un peu à la manière de Nick Carraway avec Jay Gatsby. Walter Kirn va découvrir que Clark est un imposteur confirmé, accusé de meurtre à la TV. Durant des années l'homme a joué sur son identité, à mené plusieurs existences et s'est allié comme credo le mensonge pour échapper à la police. Walter Kirn joue à la fois sur le registre du journalisme, et de l'expérience personnelle, parfois il avoue comment il s'est fait bluffé avec pas mal de naïveté, sans vraiment réagir face aux mensonges de Clark. Il nous entraine avec effroi, dans cette connivence "cela aurait pu vous arriver comme à moi", et jusqu'au point de non retour car Clark franchira les limites pour arriver au meurtre, Walter Kirn s'emploie avec beaucoup de perspicacité à décrire tous les comportements excessifs de Clark, ce qu'il a pu observer chez lui et comment il s'est laissé prendre au piège.
L'idée de ce récit n'est pas uniquement de dévoiler une Xième personnalité de psychopathe, mais bien de démontrer à quel point les "âmes tourmentés ou règnent le désordre psychologique" échappent à tout entendement. Si Walter Kirn développe tous les travers de Clark, loin s'en faut toute compréhension de ce personnage est futile, il conserve sa part de mystère et nous échappe complètement.
L'auteur s'appuie sur la littérature à plusieurs reprises, notamment les romans le talentueux Mr Ripley de Highsmith et celui de Fitzgerald Gatsby le magnifique, sans compter un passage avec Ellroy des plus croustillants, et impossible d'éviter les clins d'oeil au cinéma d'Hitchcock. Bref, je l'ai dévoré et j'ai frissonné.
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TheFunkyFreshLibrary
  11 avril 2016
En 1998, Walter Kirn est sollicité par ses vieux voisins, qui s'occupent d'un refuge pour chiens : ils ont enfin trouvé un foyer pour une de leurs pensionnaires, en fauteuil roulant suite à un accident de voiture. le bienfaiteur s'appelle Clark Rockfeller, est très riche et habite à New York. Walter accepte d'emmener la chienne, intrigué par le personnage avec qui il échange quelques mails préalablement. Cette rencontre, entre fascination et mystère, sera le début d'une amitié de vingt ans, qui se terminera brutalement en 2009, quand Clark est arrêté puis jugé pour le meurtre d'un homme en 1985. Walter découvre alors que cet homme qu'il croyait connaitre, sans jamais le comprendre, est en fait un imposteur/manipulateur narcissique dont le vrai nom est Christian Gerhartsreiter.
A travers l'histoire de celui-ci, de son arrivée d'Allemagne à l'enlèvement de sa fille en 2008 en passant par six identités, Walter Kirn analyse sa propre naïveté, ce qui l'a amené à croire cet homme et ses mensonges, quelle que soit leur invraisemblabilité. Était-ce l'intuition qu'il ferait un excellent personnage de roman ? le désir jamais assouvi d'appartenir à la haute société, de frayer avec des gens riches qui mangent dans des restaurants luxueux et possèdent des toiles de maître ? Ou encore un mélange d'admiration et de pitié pour cet homme extravagant qui malgré ses grands airs semblait si seul ?
J'ai découvert l'existence de Clark Rockfeller avec ce livre, alors qu'il semble que son procès ait eu un effet retentissant aux USA. C'est un personnage intriguant mais finalement très pathétique et on se dit très vite « moi, je n'aurais jamais mordu à l'hameçon ! ». J'ai donc trouvé très intéressante l'approche de l'auteur, qui se concentre sur la façon dont de telles personnes exercent une emprise sur leur entourage, quel que soit leur niveau d'éducation. Il parle de sa propre expérience, ses oeillères, sa crédulité complaisante, et cela nous permet d'avoir quelques clés pour comprendre également ses ex-femmes.
Malgré quelques longueurs et des côtés agaçants (l'auteur se regarde forcément beaucoup le nombril), c'est une lecture éclairante sur les relations manipuleur-manipulé, qu'on est tous susceptible de connaître un jour sans s'en rendre compte.
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Michel7090
  10 août 2015
Dans ce roman, pas de meurtres en série, pas de suspense.
Un meurtre tout de même, de plus de vingt ans, qui amène un homme devant les juges. le procès est suivi par l'auteur du livre qui a été lui même victime de l'homme jugé. Victime de ses manipulations, car nous avons affaire à un escroc aux multiples identités. Un hommes dont toutes les actions ont pour but son intérêt personnel. Un homme dont on se demande s'il n'a pas commis d'autres meurtres,un enlèvement d'enfant et encore et encore.
Alors le roman n'est pas haletant comme un thriller, il n'y a pas à proprement parler d'enquête. Mais il est intéressant car il nous montre comment un homme peut en manipuler beaucoup d'autre. Nous voyons aussi comment la crédulité fait les affaires de ces individus.
Voilà sans faire preuve d'enthousiasme il peut intéresser de nombreux lecteurs.
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critiques presse (2)
Telerama   21 janvier 2015
Tout autant que sur l'histoire de Christian Karl Gerhartsreiter, « le plus prodigieux mystificateur en série de ces dernières années », et de ses alias successifs, c'est sur sa propre naïveté qu'enquête Walter Kirn, dans un récit remarquablement construit, qui ­sinue savamment entre les époques – comme il balance entre narration et spéculation, entre ironie et gravité.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   08 janvier 2015
Plus que le récit d'un fait divers qui a défrayé la chronique, Mauvais sang ne saurait mentir est une passionnante réflexion sur la vérité et le mensonge, les apparences et la manipulation.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
nathalia1307nathalia1307   02 mars 2015
Notre histoire fonctionnait dans les deux sens, comme un partenariat, ce qui signifiait que quoi que j'eusse perçu en lui, il avait également perçu quelque chose en moi. Ces personnalités là déchiffrent les autres, s'l faut en croire la littérature spécialisée; et alors même qu'elles parlent, elles sont en fait à l'écoute, à l'affut de tintements et d'echos.Elles utilisent un sonar au lieu de questions; des questions Clark n'en posaient jamais. Je crois qu'une des qualités sur lesquelles il régla très tôt son récepteur est mon style d'écoute coopératif. Au lieu de me fermer à ses histoires foutraques, je l'aidais à les parfaire, le faisant accoucher de détails, lui donnant le coup de pouce qui en renforçait la vigueur. C'est un des services que Nick accomplit pour Gatsby; en tenant le rôle d'auditoire idéal, il consolide le moi fabriqué de son interlocuteur
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LeCercleLeCercle   02 janvier 2018
La controverse sur les chaussettes… » « Les vertus du rose et du vert. » Ce livre était présenté comme un ouvrage humoristique, mais Clark, dont l’imperméabilité à l’ironie ludique m’échappa pour porter un diagnostic, ne perçut pas la plaisanterie. Ce qui ne lui fut pas préjudiciable, puisqu’il évoluait parmi les snobinards visés par ladite plaisanterie, à savoir la gentry américaine, elle-même reproduction acharnée de son pendant britannique, classe parvenue de guerriers affublés des dépouilles de leurs conquêtes. La dernière étant bien sûr – obtenue avec l’aide de ses alliés yankees – l’Allemagne. Enfouie sous tous les faux-semblants, la honte. L’Allemagne, qui a perdu. Or Clark aimait à chevaucher en compagnie des vainqueurs. Il n’existe qu’une seule chapelle dans tous les États-Unis, comme dans le monde entier, où le général George Patton soit représenté dans un vitrail. Il se tient debout dans la tourelle d’un char d’assaut entouré des noms des villes allemandes capturées.
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nathalia1307nathalia1307   02 mars 2015
Quand on apprend que quelqu'un qu'on a connu des années est mauvais, on ne tourne pas instantanément casaque pour l'enfoncer; ce serait d'un opportunisme dégradant, un manquement à la foi, en le concept même de la foi. On nous a appris à avoir confiance et nous ne pourrions guère fonctionner autrement . Le policier qui nous fait ranger sur le bas côté pour nous coller une amende est nécessairement flic puisqu'il porte un uniforme; l'employé de banque à qui nous remettons un chèque va le porter à notre crédit et non le détourner puisqu'il travaille derrière un comptoir en marbre, la sage femme qui dépose notre nouveau né entre nos bras est vraiment sage femme, puisqu'elle tient notre bébé. Quand la confiance est trompée, le besoin que l'on en a persiste.
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nathalia1307nathalia1307   02 mars 2015
- Il a l'air incroyablement seul-me souffla-t-elle
- C'est ce qui arrive quand on ne dit jamais la vérité.
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nathalia1307nathalia1307   02 mars 2015
Les hommes seuls n'ont pas une existence bien originale.
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