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Karine Chesneau (Traducteur)
ISBN : 2809700222
Éditeur : Editions Philippe Picquier (18/04/2008)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Takeshi Kitano. le réalisateur de Sonatine, Hana-bi et Kikujiro, raconte son enfance dans le Japon d'après-guerre. Une enfance en gris et rose, aux couleurs que son père, peintre en bâtiment, essayait sur la porte de la maison avant d'en couvrir les murs de ses clients. Kitano raconte les jouets, les objets, les fêtes, les rencontres de son enfance et ressuscite toute une époque dans un inventaire à la Pérec qui célèbre l'amitié et les jeux des gosses de pauvres, qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  11 février 2019
Gris et rose… Pourquoi en gris et en rose me diras-tu ? J'écarte rapidement toute spéculation si tu penses à un vol de flamands roses sous un ciel gris. Avec une âme d'enfant, Takeshi Kitano complètera que ce sont les seuls pots de peinture que son vieux avait en stock. Il revient ainsi sur sa mémoire, tisse quelques mémoires à travers son regard d'enfant sur ce que fut ses jeunes années. Il fait revivre alors, le temps de courts chapitres, la maison familiale d'après-guerre. Dehors, quelques étrangers font leurs apparitions, des blancs et des noirs, des soldats d'occupation. Give me gum. L'amuseur public de la télévision japonaise ne semble pourtant pas avoir vécu une enfance très rose mais plutôt grise, un gris d'un foncé très sombre. Une enfance parfois, souvent, violente ; est-ce de là que viendra son goût d'afficher des éclaboussures écarlates sur la chemise des yakuzas, trous dans la tête, morceaux de cervelles sur le parebrise…
Avant d'être cinéaste, Takeshi traînait dans les quartiers chauds d'Asakusa, en qualité d'amuseur public. Là, je l'ai lu dans « Asakusa Kid », premier roman où l'auteur affichait ses débuts dans le monde du spectacle. Avec « La vie en gris et rose », l'auteur s'allonge sur un canapé pour se psychanalyser et parler de sa tendre enfance. Pas si tendre. Un père alcoolique, une mère rouée de coup, un frère doué pour les études, une pauvreté qui le met à l'écart des autres. de rose, il n'en est jamais question, à part lorsque son paternel, peintre en bâtiment en plus d'ivrogne notoire et d'ex-laqueur, repeint la façade d'une maison avant de ravaler celle de sa femme. Entre les chapitres de sa vie, l'auteur-dessinateur m'illustre d'un crayon naïf et enfantin ses propos. Une case, histoire de montrer qu'il faut voir en Takeshi un artiste aux multiples facettes, comique et producteur, comédien et réalisateur, peintre et dessinateur, une trajectoire qu'une telle enfance ne laissait pas prévoir…
Alors pour tout te dire, j'ai apprécié me plonger dans sa vie, Takeshi Kitano faisant partie de mes réalisateurs japonais préférés. Mélodie en « Sonatine » sur une plage d'Okinawa, la plus belle histoire d'amour silencieuse de « A scene at the sea », le regard d'un enfant dans « l'été de Kikujiro », les fleurs d'artifice de « Hana-bi »… Ses films m'ont beaucoup marqué à une certaine période de ma vie, et j'en garde encore des traces au fond de moi. Parce que sa violence n'est pas que violence, elle se teint d'une profonde humanité et de quelques instants de poésie visuelle. Et que dire du premier choc Kitano de ma carrière, son face-à-face avec David Bowie « Furyo », Merry Christmas Mr Lawrence, avec la musique lancinante de Ryuchi Sakamoto puis celle de Joe Hisaïshi qui le suivra sur l'ensemble de sa filmographie. Pour revenir à ce petit bouquin, il s'adresse avant tout au fan des réalisateurs, comme tout roman biographique même parcellaire. On ne l'ouvre pas par hasard, on le feuillette parce que le cinéma de Takeshi peut intriguer, déranger, passionner. La vie en gris et rose n'est pas un film, juste un bout de vie d'un gamin réel qui ne rêvait même pas de cinéma à cette époque, qui ne rêvait probablement pas du tout, sauf quand son esprit s'envolait avec les libellules.
Merci.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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Bookycooky
  07 avril 2016
Takeshi Kitano écrit comme il filme. Farceur intrépide, il nous raconte avec beaucoup de simplicité,dans un langage brut, son enfance dans l'après-guerre, dans les quartiers misérables de Tokyo.
A travers des petites anecdotes, sans suite chronologique,il nous croque par écrit et par petits dessins malicieux, son papa peintre en bâtiment, ivrogne et violent à ses heures,qui teste ses mélanges de pots de peinture sur la porte de leur maison;sa maman trés sévère,mais probablement grâce à qui, il pu faire des études; ses amis ,dont la plupart baignent dans la même misére, pourtant heureux , avec lesquels il s'amuse à chasser les grillons, convoiter les toupies, ....un chenapan qui profite de la vie et ne recule devant rien pour réaliser ses grands rêves d'enfant, comme posséder un porte-cartes en plastique où ranger les photos des sumos et joueurs de base-ball....
Son langage d'enfant qui s'adresse à un interlocuteur invisible, adoucit les descriptions de l'enfer d'une vie de famille et d'un environnement assez sordide.Mais c'est de l'aigre-doux, comme dans ses films,derrière l'humour à la Kitano, la violence n'est jamais loin. Il termine avec un épilogue touchant,"Je voudrais préserver indéfiniment ma sensibilité d'enfant.Aussi mature, aussi riche que je devienne, je veux rester intégre.,fidèle à moi-même, à ma vérité."
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bilodoh
  17 décembre 2013
Une enfance japonaise : des anecdotes autobiographiques illustrées de dessins de l'auteur.
Le gris et le rose sont les couleurs utilisées par son père pour peindre les maisons, mais ce sont aussi les couleurs de l'enfance de Takeshi Kitano : le gris de la pauvreté, de la violence et de l'alcoolisme, et le rose des plaisirs de l'enfance, de la sensibilité et de l'imagination de ceux qui doivent inventer leurs jeux.
Une écriture vraie, qui parle les joies et les petits et grands drames de l'enfance : ne pas avoir de train électrique ou voir sa mère se faire battre par son père sont racontées avec une même calme lucidité.
De beaux extraits d'enfance qu'on aimerait voir durer plus longtemps, car on parcourt rapidement les 125 pages de ce charmant ouvrage.
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Momiji
  24 juillet 2014
Takeshi Kitano, c'est le grand réalisateur, l'acteur de cinéma, l'artiste-peintre, l'humoriste. Mais c'est aussi un écrivain. Et quand il nous raconte ses souvenirs d'enfance dans le Japon d'après-guerre, il le fait avec sincérité en peignant son portrait de famille avec toutes les couleurs de la vie…
A coeur ouvert, Takeshi Kitano livre ce qu'il a gardé en mémoire de ses années en culottes courtes : la pauvreté du fils d'artisan méprisé par beaucoup de ses camarades, l'alcoolisme d'un père qui frappe faute de trouver les mots pour s'exprimer, l'espoir d'une mère qui veut le faire étudier quand lui aurait voulu éternellement jouer. Les joies de la cour de récréation, des après-midi avec les copains, les peines, les jalousies, l'imagination débordante des enfants qui avec une toupie, deux branches et trois brins d'herbe savaient s'occuper toute une journée.
Comme le titre l'explique, sa vie n'est vraiment pas toute rose, mais elle n'est pas non plus toute grise. C'est peut-être le propre de ses années innocentes d'oublier rapidement les malheurs pour passer à autre chose, même si ces souvenirs resurgissent avec beaucoup de violence bien plus tard. Gris et rose, c'est tout de même une palette des tonalités de la vie intrigante…Sachez qu'il s'agit des couleurs avec lesquelles son paternel peignait les maisons de ses clients, au gré de la disponibilité. Mais je n'en dévoile pas plus, l'histoire vaut le coup d'être lue !
Beaucoup de douceur, d'émotions se dégagent des mots employés par Takeshi Kitano. A aucun moment, il ne juge la vie qui a été la sienne, le contexte dans lequel il a grandi. Sans amertume, il en parle avec simplicité et s'adresse directement au lecteur, si bien qu'il crée une intimité touchante avec nous. L'enfance détermine beaucoup notre sensibilité d'adulte selon l'auteur. La sienne explique au moins autant son talent que sa créativité, l'attachement au détail et la présence à l'autre qui se dégagent de lui.
La vie en gris et rose est un petit livre qui nous ouvre une porte sur la connaissance de l'auteur. J'aime beaucoup ses films, il m'a souvent fait rire, notamment dans Kikujiro no Natsu et c'est un plaisir d'en apprendre plus sur lui. C'est une promenade bien agréable en sa compagnie, où la présence de dessins enfantins vient prolonger la résonance de l'histoire racontée, tout en en disant long sur les enfances japonaises de l'époque.
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Sharon
  26 mars 2013
Je connaissais Takeshi Kitano l'acteur, le cinéaste, je découvre maintenant l'auteur. Ceci n'est pas un roman (quoi que j'ai lu ici ou là) mais un recueil de souvenirs d'enfance, dans lequel Takeshi nous parle de ses parents, de sa jeunesse, de sa pauvreté, qui paraît à peine croyable aujourd'hui. Il prend à témoin son lecteur de ce qu'il a vécu, en le tutoyant, comme s'il était un vieil ami. Chaque chapitre est extrêmement court (quatre à six pages), illustré par des dessins naïfs. J'ai pensé, en le lisant, au manga Une sacrée mamie, qui évoque aussi des conditions de vie difficile dans le Japon de l'après-guerre.
Le gris et le rose sont des couleurs emblématiques pour le père du narrateur, peintre en bâtiment de son métier. Un métier méprisé : les autres enfants n'auraient pas aimé avoir un père artisan, et Takeshi lui-même aurait aimé avoir un père salarié, policier, bref un père bien plus normal, un père qui aurait pu jouer avec lui au base-ball, comme le père des autres garçons de son âge, plutôt que de repeindre la porte de leur maison en gris, ou en rose, selon les pots de peinture qu'ils avaient en stock chez eux – et essayant de convaincre les clients que cette couleur était vraiment faite pour eux. Mais oui, le rose est à la mode, mais oui, le gris est ce qu'il vous faut.
Cela pourrait prêter à sourire n'était le caractère sordide de la situation. Ce père est alcoolique, violent, la mère s'acharne à faire étudier ses enfants, quand elle n'est pas battue comme plâtre par son mari. La famille est pauvre, les vêtements sont dans le même état que le paletot du jeune poète de Ma Bohème d'Arthur Rimbaud – en plus crasseux. Pourtant, il est encore des familles plus pauvres que les Kitano, il est beaucoup d'enfants orphelin à cause de la guerre. Toujours Takeshi Kitano raconte ce qu'il voit avec son regard d'enfant, sans compassion pour les autres, et certainement pas pour lui-même, sans dureté non plus : il assume tout ce qu'il a fait ou pensé étant enfant.
La vie en gris et rose est un récit émouvant pour tous ceux qui veulent connaître un peu mieux le Japon d'après-guerre, et un peu plus Takeshi Kitano.
Lien : http://deslivresetsharon.wor..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   31 janvier 2019
Les jours où le paternel rentrait bourré, je peux te dire qu'on les entendait de loin, ses kaaa. En pleine nuit. Parce qu'en chantant, il rajoutait toujours un ka au cul des mots dans ses chansons : les larmes kaaa...
Et les voisins de s'exclamer : "Encore ce Kikujirô qui a bu ! Décidément , c'est un bon à rien."
Quand elle le voyait débarquer dans cet état, ma mère râlait :
- Qu'est-ce qui t'arrive ? T'en fais un boucan, espèce de vieux détraqué ! Tu t'es encore saoulé, hein ?
- Détraquée toi-même ! Qu'est-ce que t'as à hurler comme ça ? répliquait-il en la tabassant.
Alors, elle se mettait à pleurer et immanquablement, elle nous appelait :
- Takeshi ! Masaru ! Venez près de moi. Venez par ici, mes petits.
Moi, je n'en avais aucune envie, mais ma mère me tenait par le cou et j'étais bien obligé de la suivre. Je n'étais ni son allié ni rien d'autre dans ce genre. Dans la pièce voisine, elle continuait de pleurer. Mais moi, je restais froid et distant. Eh oui !
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le_Bisonle_Bison   26 janvier 2019
C'est ce jour-là, j'en suis à peu près certain, que j'ai vu mon premier étranger. A l'époque, après la fin de la guerre, dès qu'on en croisait un, pour nous, ça ne pouvait être qu'un occupant américain. Il allait aussi à Tôkyô.
Nous, on était debout, le paternel et moi, quand cet homme, eh bien, il m'a offert sa place assise. Aussitôt, je ne sais pourquoi, mon père s'est prosterné devant lui pour s'excuser. Je restais les yeux fixé sur cet inconnu qui m'apparaissait comme un dieu, uniquement parce qu'il était étranger. Donc, j'ai trouvé normal que mon paternel se confonde en excuses vis-à-vis d'un personnage de cette importance. Mais je me suis senti quand même tout bizarre.
Puis l'homme m'a donné des biscuits. Une boite entière. Et super bons en plus. Alors, je me suis dit : "Pas de doute, c'est un dieu." Et pourtant, c'était encore l'époque où les enfants demandaient 'give me gum' aux soldats américains.
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le_Bisonle_Bison   11 février 2019
Quand on est arrivé à la maison, le paternel était en train de frapper notre mère. Une banale habitude dans leurs disputes conjugales.
Pitoyable. Vraiment affligeant, ce genre de scène.
Comme c'était dimanche et qu'il pleuvait, mon père n'avait pas pu aller travailler, et ma mère l'avait sans doute engueulé parce qu'il ne fichait rien. Pour toute réponse, il l'avait bourrée de coups de pied tout en buvant près de deux litres de saké. Et mon frère qui chialait, déçu de ne pas avoir pu acheter le gant. Je me suis senti obligé de pleurer, moi aussi. Quelle misère, je te dis pas !
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le_Bisonle_Bison   27 janvier 2019
J'aime bien les libellules, les grandes surtout. En vol, elles ont l'air distant et arrogant. A mes yeux, elles symbolisent tous les genres d'insectes aux ailes transparentes qui vivent à proximité de l'eau.
A l'époque, elles me semblaient immenses. De la taille d'un avion. Je les trouvais impressionnantes, effrayantes même, tiens ! comme les B29 qui larguaient des bombes sur le pays pendant la guerre. Les copains qui osaient les tenir dans la main, pour moi, c'étaient des héros. Et ces libellules, de très précieux trésors.
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nounours36nounours36   17 mars 2014
La piscine : On mettait la tête sous l’eau, on nageait, on faisait la brasse papillon. Un jour, au milieu de toute cette agitation, il y en a un qui a fait caca.

-C’est dégoûtant ! a crié un habitué. Hé ! Quelqu’un a fait caca !
Le surveillant est arrivé avec une sorte de seau, mais il n’a récupéré que ce qui flottait à la surface. "Voilà c’st propre. Ca va maintenant", et il a remué l’eau.

Tout le monde a fait comme si de rien n’était. Les clients sont retournés dans le bain, l’air fataliste: "Bah c’est pas si grave."
Un vieux bonhomme a rincé son dentier. Beurk, les bains publics vraiment dégueulasses.
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