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ISBN : 2917084642
Éditeur : Attila (10/01/2013)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 377 notes)
Résumé :
Empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas islandaises, L'homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et l'imagination délirante d'Andrus Kivirähk.

Le roman qui connaît un immense succès depuis sa parution en 2007 en Estonie, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d'un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter.

Grand Prix de L'Imag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  23 janvier 2013
Il y a fort fort longtemps, les estoniens vivaient au coeur de la forêt en totale harmonie avec la nature. Et puis, de la mer, sont venus les chevaliers allemands et avec eux, la modernité et le christianisme. Eblouis par ces hommes de fer, convaincus par les moines, les estoniens ont peu à peu quitté les bois pour vivre dans des villages, cultiver la terre et adorer Jésus-christ.
Mais Leemet n'est pas de cette eau là! Certes, il est né au village mais suite à un incident malheureux mettant en scène un ours, un adultère et une décapitation, sa mère est retournée dans la forêt avec ses deux enfants. Leemet a donc grandi dans le respect des traditions ancestrales et surtout, il a appris la langue des serpents. L'apprentissage fut douloureux, il n'est pas donné à tout le monde de communiquer avec les vipères royales et de se faire obéir de tous les animaux. Mais Leemet a tenu bon, s'est musclé la langue et, brillant élève, a fini par maîtriser entièrement ce langage, sans se douter qu'il serait un jour le dernier homme à le parler...En attendant cette ère funeste, Leemet vit heureux dans cette forêt qu'il connait par coeur. Avec ses amis, Pärtel et Hiie, sans oublier Ints, le jeune vipèreau, ils parcourent les bois en tout sens, rendent visite au dernier couple d' anthropopithèques éleveurs de poux, se régalent de délicieux rôtis d'élans ou de chevreuils et parfois jettent un oeil au village, intrigués par ces hommes qui ont oublié la langue des serpents, courbent l'échine dans les champs et se nourrissent de pain et de soupe d'orge. Bien sûr, leurs filles ne manquent pas de charme mais s'installer au village ce serait abandonner la liberté d'aller à sa guise, renoncer au plaisir interdit d'observer les femmes se flagellant, nues, à la cime des arbres certaines nuits de pleine lune, oublier la légendaire salamandre qui dort, bien cachée, quelque part au fond des bois. Leemet n'est pas prêt à cela et même quand la forêt se dépeuple inexorablement, même quand son meilleur ami suit le mouvement, même quand sa soeur se met en ménage avec un ours faute d'homme à marier, même quand il se sent seul, même quand Ülgas, le sage étend sa néfaste influence aux derniers résistants, Leemet tient bon, convaincu que ceux qui sont attirés par les sirènes de la modernité ont perdu toute raison. Seul rescapé de l'exode, il vivra seul, dernier homme du peuple de la forêt, dernier gardien des traditions.

Que dire de cette fantastique épopée pour que le public français en fasse le succès littéraire qu'il connait déjà en Estonie? Peut-être que chacun y trouvera son compte...Les écolos découvriront une ode à la nature où l'on l'homme vit en symbiose avec le règne animal, ne prélevant que ce qui lui est nécessaire pour vivre. Les amateurs de fantastique pourront lire une histoire épique où un cul-de-jatte peut s'envoler dans les airs tel un oiseau, une salamandre peut repousser l'envahisseur si des milliers d'hommes lui en sifflent l'ordre. Les assoiffés de sang y trouveront le récit de batailles sanglantes, de morts atroces, de rites sacrificiels. Ceux qui aiment rire seront comblés par la tournure comique de certaines scènes, quand les femmes de la forêt s'offrent aux ours patauds, mignons et terriblement séducteurs, quand les villageois se pâment devant le crottin de cheval que les chevaliers sèment dans les champs tandis que les filles s'émerveillent du chant des moines auxquels on coupe "les choses" pour rendre leurs voix plus mélodieuses, quand tous vénèrent Jésus comme une idole. Les historiens en apprendront beaucoup sur la culture estonienne, ses mythes, ses légendes. Et tous aimeront Leemet, le dernier homme à pouvoir parler avec les serpents. Il a bien essayé de vivre au village mais n'a pas su s'y adapter. Même si le récit de la disparition inéluctable de son mode de vie prend parfois des accents tristes et tragiques, ce n'est pas pour autant une histoire larmoyante et nostalgique, c'est juste le constat que l'avancée de ce qu'on appelle le progrès est inéluctable mais que l'on peut choisir de s'y soustraire, en toute connaissance de cause, quitte à être le dernier.
Il y aurait encore tant à dire mais l'ultime conseil sera : Précipitez-vous sur ce livre hors du commun!!
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bilodoh
  02 août 2015
« Dans mon temps, c’était beaucoup mieux… » ou alors « C’est dépassé tout ça , ce n’est plus tendance ! » Quel que soit le camp que l’on défend avec fanatisme, on perd toujours quelque chose… C’est ce que nous apprend cette fable sur le changement, qui dénonce avec le même humour ceux qui s’accrochent absurdement au passé et ceux qui adoptent aveuglément les idées nouvelles venues d’ailleurs.

L’histoire raconte une Estonie d’autrefois, un pays où on vivait dans la forêt et où on parlait encore la langue des serpents. Mais des chevaliers venus d’ailleurs ont apporté l’agriculture et la vie dans les plaines et les villages et peu à peu, les créatures fantastiques sont disparues. On y retrouvait même des anthropopithèques qui voulaient vivre dans les arbres comme leurs ancêtres !

Les étrangers amènent de nouvelles religions et les croyances se heurtent. De nouveaux Dieux remplacent les anciens, avec des logiques parfois bizarres. L’auteur traite la chose avec beaucoup d’ironie. Par exemple, lorsque le héros s’étonne que des moines civilisés castrent les jeunes garçons pour qu’ils puissent mieux chanter et que des villageois disent vouloir participer à cette modernité…

Les tenants du passé glorifient la puissance d’autrefois et rêvent de revanche. N’est-ce pas absurde de vouloir massacrer des gens pour venger les torts des générations précédentes ?

Malgré son ton souvent léger, on peut aussi réagir aux émotions du dernier homme, un homme sur qui le malheur s’acharne, puisque ses amours disparaissent, puisque son entourage se fait massacrer et que tout contribue à ce qu’il ne puisse transmettre son savoir.

Voilà donc une fable de l’Estonie, mais qui rejoint bien d’autres sociétés qui sont écartelées entre les modes de retrouver « les vraies valeurs de nos ancêtres » et l’obsolescence planifiée du prêt-à-jeter moderne ? Ne peut-on pas ainsi discuter de la diète paléolithique sur Facebook ?

Pour ma part, je ne crois pas que le passé soit la voie de l’avenir… mais je n’en oublie pas pour autant la devise du Québec, « Je me souviens… »
*Pour un résumé voir plutôt la critique de Sandrine57. C'est tellement bien dit que je ne veux pas répéter. :-)
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isabelleisapure
  18 octobre 2014
Bien sûr, tout comme moi, vous détestez les serpents ! Et pourtant ! En ouvrant ce livre, vous n'imaginez pas l'aventure que vous allez vivre en leur compagnie.
Vous y rencontrerez Leemet, enfant au début du roman, héros profondément attachant et narrateur de ce qui s'avère être une véritable fable décalée dont chaque épisode fourmille d'inventions surprenantes.
Vous y croiserez des ours libidineux qui se tressent des couronnes de pissenlits pour séduire les femmes, de sages serpents incompris qui méprisent les âneries fanatiques des humains, , un grand-père increvable à la fureur jubilatoire qui se fabrique des ailes avec des os humains, une salamandre géante depuis trop longtemps endormie… Sans compter Leemet, héros follement attachant et terriblement seul face à la bêtise humaine qui refuse toutes les différences.
L'histoire parfaitement construite, parvient sans peine à jouer sur tous les registres, entre épique et burlesque, aussi bien capable d'émouvoir à l'extrême que d'arracher un sourire.
Drôle, touchant, philosophique, magique, parfois mélancolique, parfois tragique ce roman est une pépite, un livre qui ne ressemble à aucun autre et qui ne s'oublie pas.
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joedi
  06 août 2017
Édition le Tripode – Littératures - Arts - OVNIS
Extrait de la Postface de Jean-Pierre Minaudier, traducteur de L'homme qui savait la langue des serpents :
C'est comme un pamphlet et non comme un simple conte fantastique que le roman de Kivirähk a été accueilli en Estonie. Cette dimension pamphlétaire n'a pas surpris le public estonien, même si elle était absente des précédents romans de Kivirähk : il intervient régulièrement dans les journaux sur des sujets politiques ou de société. Elle n'a pas non plus vraiment fait scandale, car les Estoniens sont tolérants et ont un sens aigu de l'autodérision, et parce que depuis quelques années des essayistes, comme Andreï Hvostov, et des historiens, comme Ea Jansen, disent à leur manière ce que Kivirähk exprime sur le mode romanesque.
Quatrième de couverture
Empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas islandaises, L'homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et l'imagination délirante d'Andrus Kivirähk.
Le roman qui connaît un immense succès depuis sa parution en 2007 en Estonie, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d'un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter.
Grand Prix de L'Imaginaire 2014
Challenge Atout prix 2017 – Grand Prix de L'Imaginaire 2014
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boudicca
  11 février 2015
Estonie. XIIIe siècle. le jeune Leemet et sa famille sont parmi les derniers de leur peuple à vouloir rester vivre dans la forêt, la grande majorité ayant cédé aux sirènes de la modernité et tentant d'adopter le mode de vie prôné par la religion chrétienne et les royaumes d'Occident. Leemet assiste, impuissant, à la lente mais inéluctable disparition d'une civilisation et d'une culture qu'il a appris à chérir. Qui, à part lui, se souvient désormais de la langue des serpents ou de la Salamandre ? Andrus Kivirahk signe avec ce roman une magnifique fable mêlant habilement pessimisme et humour dans un cadre auquel les lecteurs français sont peu habitués. L'auteur nous y dépeint une Estonie médiévale en pleine évolution, partagée entre la volonté de certains de revenir au mode de vie qu'ils se figurent être celui de leurs ancêtres, et le désir des autres de se conformer au reste du monde occidental en imitant, souvent jusqu'au ridicule, les pratiques des « bons chrétiens ». C'est donc à la mort de toute une culture que nous convie ici Andrus Kivirahk, avec tout ce que cela comporte de perte et de souffrances pour les quelques rares Estoniens à de pas vouloir y renoncer.
L'auteur ne commet toutefois pas l'erreur de faire de son héros le défenseur d'un passé idyllique et idéalisé condamnant sans aucune nuance la modernité. le Sage de la forêt et ses plus fervents adeptes, de part leur fanatisme, n'en sont ainsi pas moins ridicules que tous ces villageois avides de se conformer au modèle chrétien et reniant tout de leurs origines. de même, le personnage de Leemet condamne tout autant le christianisme que la religion païenne pour qui il s'agit avant tout de « question de mode ». le roman possède aussi une large dimension pamphlétaire qui ne sautera certainement pas aux yeux des lecteurs non Estoniens mais que la postface du roman permet d'apprécier dans les grandes lignes. On apprendra ainsi qu'outre les nombreuses moqueries concernant la fascination de ses concitoyens pour tout ce qui vient de l'étranger, l'auteur est également parvenu à retourner une idéologie très en vogue depuis deux siècles dans son pays. La société villageoise et agricole traditionnelle tant idéalisée par les Estoniens devient ainsi ironiquement dans le roman la modernité qui vient justement ravager le monde de Leemet.
Malgré le pessimisme qui empreigne l'ensemble du récit, l'histoire de Leemet comprend fort heureusement de nombreux moments particulièrement drôles au cours desquels l'auteur fait montre d'une ironie mordante. Ne vous étonnez pas d'apprendre que les ours sont considérés la-bas comme de sacrés tombeurs de dames, ou que les Estoniens voient en Jésus l' « idole des jeunes » et ne désirent rien moins que d'être castrés afin de séduire les femmes par la pureté de leur voix. Certaines scènes de ce type sont parfois un peu exagérées à mon goût, mais elles permettent d'une certaine manière de faire retomber la tension. La mélancolie ne tarde toutefois pas à se rappeler à notre bon souvenir à l'idée que toutes ces choses, qui tiennent pour l'essentiel aux mythes et traditions estoniens, ne vont pas tarder à disparaître irrémédiablement. Qui se souviendra par exemple qu'il n'y a pas si longtemps, les hommes étaient les amis des serpents grâce au langage desquels il leur était possible de communiquer avec les autres animaux et d'obtenir du gibier à foison ? Et qui se souviendra de la Salamandre, majestueuse et terrible créature, gardienne protectrice du peuple Estonien ?
Andrus Kivirahk signe avec « L'homme qui savait la langue des serpents » un très beau roman sur la disparition d'une civilisation et l'émergence d'une nouvelle. Coincé entre ces deux cultures, Leemet, héros attachant au destin tragique, en est réduit à la solitude et à l'oubli, de même que tout ce qui faisait la richesse de son existence. Une histoire bouleversante et qui résonne longtemps après la dernière page refermée. Car « face au temps qui passe et à un monde qui change à un rythme de plus en plus vertigineux, nous sommes tous, ou nous serons tous un jour, des Indiens, des Bretons, des Leemet. »
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critiques presse (1)
LeMonde   18 février 2013
Comme aux meilleurs enterrements, on s'amuse beaucoup. Le premier grand talent du jeune auteur estonien (et de son traducteur français) est de faire rire de sujets complexes, dans un contexte littéraire peu évident, qu'on suppose bien plus explicite à Tallinn.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   04 février 2015
-Est-ce que ces braillements vont se terminer un jour ? On aura jamais la paix, il passe son temps à ouvrir tout grand la gueule et à hurler comme un loup !
-Cher vieux voisin, répondit le moine paisiblement, ce genre de musique est aujourd'hui fort en vogue dans la jeunesse. Tu es âgé, tu as d'autres goûts, mais tu devrais comprendre que le temps va de l'avant et que ce qui ne te plaît pas peut procurer du plaisir à la jeune génération qui prend exemple sur Jésus-Christ.
-C'est ce type qui t'a appris à chanter comme ça ? cria le petit homme trapu.
-Bien sûr que c'est le Christ. C'est l'idole des jeunes. De telles mélodies sont celles qu'entonnent les anges au paradis et les cardinaux en la sainte ville de Rome. Pourquoi devrai-je m'abstenir de les chanter si tout le monde chrétien les entonne ?
-Chez moi, c'est pas le monde chrétien, coupa le Sage des Vents. Pardonne-nous de t'avoir déranger, tu devais être en train de faire la sieste.
-Bien sûr que je faisais la sieste ! Et juste au moment où je dormais le mieux, voilà ta charogne de fils que se met à pleurnicher comme si la merde était venue lui boucher le trou du cul !
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GabySenseiGabySensei   11 décembre 2012
Qu'est-ce qui leur avait pris de ramper jusqu'ici alors qu'ils auraient pu rester au village au milieu de leurs râteaux, de leurs pelles à pain et de leur meule à bras? Puisqu'ils s'étaient construit un monde nouveau, ils auraient dû laisser l'ancien tranquille, ils auraient dû l'oublier. Mais à l'évidence, ils en avaient été incapables, vu que la couronne des vipères royales et le langage des oiseaux les alléchaient encore, et tant d'autres secrets de la forêt qui, dans leur mémoire, s'étaient étrangement déformés jusqu'à prendre une autre signification, toute nouvelle et toute stupide. Ils n'étaient pas parvenus à se libérer totalement de leur passé: il les attirait sans qu'ils sachent pourquoi, mais quand ils tombaient effectivement sur quelque chose de très ancien, ils ne savaient pas se comporter: ils étaient comme de petits enfants qui, en allant s'abreuver à la source, se penchent trop et tombe à l'eau tête première. Et les voilà gisant dans un terrier, mordus à la tête. Les serpents auraient pu être leurs frères, et voilà qu'ils étaient devenus leurs meurtriers.
(P352)
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boudiccaboudicca   08 février 2015
-Alors personne n'en sait rien de cette clé ?
-Non, mais il y a quand même une légende que le vieux a oublié de te raconter. Il paraît qu'à la nuit du solstice d'été la fougère fleurit, et que c'est précisément la fleur de fougère qui est la clé.
-Ça fleurit, les fougères ?
-Bien sûr que non. Mais c'est si bon de croire qu'il suffit de traîner dans la forêt une nuit de solstice et de cueillir une fleur, et hop ! Voilà la clé. Il y a des gens qui préfèrent entretenir ce fragile espoir plutôt que d'accepter l'idée qu'ils auront bon faire la culbute ou le poirier, la Salamandre restera toujours introuvable. Les hommes vivent d'espoir, aussi ténu soit-il : ils ne se satisfont jamais de l'idée que quelque chose soit irrémédiable.
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BlackWolfBlackWolf   13 juin 2014
Il se contenant de hausser les épaules.
"Il y en a qui croient aux génies et fréquentent les bois sacrés, et puis d'autres qui croient en Jésus et qui vont à l'église. C'est juste une question de mode. Il n'y a rien d'utile à tirer de tous ces dieux, c'est comme des broches et des perles, c'est pour faire joli. Rien que des breloques pour s'accrocher au cou pour faire joujou."
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OlivOliv   20 juin 2018
Ce sont des phoques qui m'ont sauvé. Eux aussi, ils comprennent la langue des serpents. Ils m'ont porté jusqu'ici et j'ai pris possession de cette île. Et pourtant, depuis, j'ai vu débarquer toutes sortes de saloperies, il y a dix ans un plein bateau de chevaliers a accosté et quelque temps plus tard tout un troupeau de moines avec leurs domestiques, ils voulaient y planter un monastère. Je les ai tous liquidés. Je rampais dans l'herbe comme un serpent et je leur plantais mes crochets dans les jambons, ils tombaient par terre et je les égorgeais. Et puis je les équarrissais et je les faisais bouillir jusqu'à ce que leurs os soient bien propres. Les crânes, j'en fais des coupes, histoire de passer le temps. Les soirées sont longues par ici, alors pour me désennuyer, je fais de la sculpture sur crâne.
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Videos de Andrus Kivirähk (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrus Kivirähk
Jean-Pierre Minaudier vous présente l'ouvrage qu'il a traduit "L'homme qui savait la langue des serpents" aux éditions Le Tripode. Auteur : Andrus Kivirähk. Traduit de l'estonien. Illustrations Denis Dubois.
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