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4,34

sur 755 notes
lyoko
  23 février 2020
Cet auteur est juste incroyable !
C'est le deuxième ( et pas le dernier) roman que je lis de lui. Ses histoires sont incroyables et emmènent le lecteur dans un autre monde , un autre univers et pourtant il est d'une justesse sans nom.

A travers ses contes, ses légendes repris et transformés, on suit la rencontre entre le monde de la forêt et celui de la ville. La confrontation entre le magique , la religion... En fait, je crois que ces romans son emprunts d'une certaine philosophie, mais l'auteur tourne les choses de façon si magique ,si fantastique, que c'est lié a la mythologie qu'on aborde des sujets importants sans s'en rendre vraiment compte.
Je suis même sûre aujourd'hui qu'il faut plusieurs lectures de ce roman pour pouvoir en saisir tous les tenants et tous les aboutissants.

Et c'est sans oublié tout le côté humoristique qui donne une immense légereté à cette oeuvre

L'écriture de l'auteur est magique , prenante , envoutante et tellement juste. Je ne peux que recommander vivement la découverte d'un tel auteur
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Merik
  02 novembre 2018
Connaître et siffler les mots des serpents qui assujettissent les loups, les ours ou les élans, qui font des reptiles ses amis, en voilà un don linguistique ancestral qui facilite la vie sylvestre et mérite la transmission culturelle. Pourtant la forêt se déserte d'humains au profit des villages, où la modernité fanfaronne avec des faucilles, du pain ou des rouets, où Jésus-Christ est le must de la tendance branchée : «  Papa est d'une autre génération, les trucs des jeunes, ça le dépasse. C'est comme ça, il a fait son temps. Qu'est-ce qu'on pense de Jésus par chez nous ? Moi, je l'adore. J'ai son image au-dessus de mon lit. »
L'on est quelque part en Estonie, quelque part dans un monde médiéval en trompe-l'oeil de fable romanesque. Il y a Leemet le narrateur comme le dernier des Mohicans, l'on croise sur son chemin des anthropopithèques des cavernes un brin nostalgiques, un sage des esprits et des ondins pour le moins sanguinaire, un traditionaliste obscur aux contours à peine cachés de nationalisme. L'on rigole d'amours tendres et délicieux entre ours libidineux et filles nubiles, l'on médite sur les sirènes de la modernité et le poids des coutumes, l'on découvre le temps sacré de la Salamandre qui savait bouter hors de la forêt les hommes de fer. Et l'on frémit aux chocs des civilisations et son déchaînement de violence. Et puis « il n'y a plus personne dans la forêt ».

J'ai dévoré ce roman culte (450 pages) venant d'Estonie. Une sorte de mise en abyme de mondes qui disparaissent, avec une ironie mordante à nous montrer l'ancien comme nouveau, aux accents mirobolants teintés d'anachronisme, d'absurde, de drôlerie et de méditation sous-jacente sur la culture, la différence, le poids des traditions et l'attrait du moderne.
J'ai ri (beaucoup, surtout dans la première moitié), j'ai pas dormi, j'ai empathi (même avec un serpent), j'ai frémi. Et puis je l'ai fini (avec regrets).



« 

« Je l'ai rencontré dans la forêt. On ne se connait pas vraiment, on s'est vus qu'une fois ou deux. Je t'en prie maman, ne commence pas ! Je sais que tu ne supportes pas les ours, mais lui il est tout gentil, et puis il n'y a rien de sérieux entre nous, on se dit juste bonjour quand on se rencontre. »
« Salme, à ton âge on ne fréquente pas les ours ! » dit maman en tombant assise, l'air épouvanté, comme si un éclair venait de foudroyer le toit de notre cabane et de mettre le feu à son ménage.
« Il n'y a rien entre nous ! », répliqua Salme. « Tu entends ? On se dit juste bonjour. »
….
« Salme, les ours ça ne pense qu'à une chose ! »
« Ah oui, et à quoi ? »
« Tu le sais très bien ! Je t'interdis, tu m'entends, je t'interdis de revoir cet ours ! Ils sont beaux gosses et costauds, mais ils n'amènent que du malheur. »

 »
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sandrine57
  23 janvier 2013
Il y a fort fort longtemps, les estoniens vivaient au coeur de la forêt en totale harmonie avec la nature. Et puis, de la mer, sont venus les chevaliers allemands et avec eux, la modernité et le christianisme. Eblouis par ces hommes de fer, convaincus par les moines, les estoniens ont peu à peu quitté les bois pour vivre dans des villages, cultiver la terre et adorer Jésus-christ.
Mais Leemet n'est pas de cette eau là! Certes, il est né au village mais suite à un incident malheureux mettant en scène un ours, un adultère et une décapitation, sa mère est retournée dans la forêt avec ses deux enfants. Leemet a donc grandi dans le respect des traditions ancestrales et surtout, il a appris la langue des serpents. L'apprentissage fut douloureux, il n'est pas donné à tout le monde de communiquer avec les vipères royales et de se faire obéir de tous les animaux. Mais Leemet a tenu bon, s'est musclé la langue et, brillant élève, a fini par maîtriser entièrement ce langage, sans se douter qu'il serait un jour le dernier homme à le parler...En attendant cette ère funeste, Leemet vit heureux dans cette forêt qu'il connait par coeur. Avec ses amis, Pärtel et Hiie, sans oublier Ints, le jeune vipèreau, ils parcourent les bois en tout sens, rendent visite au dernier couple d' anthropopithèques éleveurs de poux, se régalent de délicieux rôtis d'élans ou de chevreuils et parfois jettent un oeil au village, intrigués par ces hommes qui ont oublié la langue des serpents, courbent l'échine dans les champs et se nourrissent de pain et de soupe d'orge. Bien sûr, leurs filles ne manquent pas de charme mais s'installer au village ce serait abandonner la liberté d'aller à sa guise, renoncer au plaisir interdit d'observer les femmes se flagellant, nues, à la cime des arbres certaines nuits de pleine lune, oublier la légendaire salamandre qui dort, bien cachée, quelque part au fond des bois. Leemet n'est pas prêt à cela et même quand la forêt se dépeuple inexorablement, même quand son meilleur ami suit le mouvement, même quand sa soeur se met en ménage avec un ours faute d'homme à marier, même quand il se sent seul, même quand Ülgas, le sage étend sa néfaste influence aux derniers résistants, Leemet tient bon, convaincu que ceux qui sont attirés par les sirènes de la modernité ont perdu toute raison. Seul rescapé de l'exode, il vivra seul, dernier homme du peuple de la forêt, dernier gardien des traditions.


Que dire de cette fantastique épopée pour que le public français en fasse le succès littéraire qu'il connait déjà en Estonie? Peut-être que chacun y trouvera son compte...Les écolos découvriront une ode à la nature où l'on l'homme vit en symbiose avec le règne animal, ne prélevant que ce qui lui est nécessaire pour vivre. Les amateurs de fantastique pourront lire une histoire épique où un cul-de-jatte peut s'envoler dans les airs tel un oiseau, une salamandre peut repousser l'envahisseur si des milliers d'hommes lui en sifflent l'ordre. Les assoiffés de sang y trouveront le récit de batailles sanglantes, de morts atroces, de rites sacrificiels. Ceux qui aiment rire seront comblés par la tournure comique de certaines scènes, quand les femmes de la forêt s'offrent aux ours patauds, mignons et terriblement séducteurs, quand les villageois se pâment devant le crottin de cheval que les chevaliers sèment dans les champs tandis que les filles s'émerveillent du chant des moines auxquels on coupe "les choses" pour rendre leurs voix plus mélodieuses, quand tous vénèrent Jésus comme une idole. Les historiens en apprendront beaucoup sur la culture estonienne, ses mythes, ses légendes. Et tous aimeront Leemet, le dernier homme à pouvoir parler avec les serpents. Il a bien essayé de vivre au village mais n'a pas su s'y adapter. Même si le récit de la disparition inéluctable de son mode de vie prend parfois des accents tristes et tragiques, ce n'est pas pour autant une histoire larmoyante et nostalgique, c'est juste le constat que l'avancée de ce qu'on appelle le progrès est inéluctable mais que l'on peut choisir de s'y soustraire, en toute connaissance de cause, quitte à être le dernier.
Il y aurait encore tant à dire mais l'ultime conseil sera : Précipitez-vous sur ce livre hors du commun!!
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bilodoh
  02 août 2015
« Dans mon temps, c’était beaucoup mieux… » ou alors « C’est dépassé tout ça , ce n’est plus tendance ! » Quel que soit le camp que l’on défend avec fanatisme, on perd toujours quelque chose… C’est ce que nous apprend cette fable sur le changement, qui dénonce avec le même humour ceux qui s’accrochent absurdement au passé et ceux qui adoptent aveuglément les idées nouvelles venues d’ailleurs.

L’histoire raconte une Estonie d’autrefois, un pays où on vivait dans la forêt et où on parlait encore la langue des serpents. Mais des chevaliers venus d’ailleurs ont apporté l’agriculture et la vie dans les plaines et les villages et peu à peu, les créatures fantastiques sont disparues. On y retrouvait même des anthropopithèques qui voulaient vivre dans les arbres comme leurs ancêtres !

Les étrangers amènent de nouvelles religions et les croyances se heurtent. De nouveaux Dieux remplacent les anciens, avec des logiques parfois bizarres. L’auteur traite la chose avec beaucoup d’ironie. Par exemple, lorsque le héros s’étonne que des moines civilisés castrent les jeunes garçons pour qu’ils puissent mieux chanter et que des villageois disent vouloir participer à cette modernité…

Les tenants du passé glorifient la puissance d’autrefois et rêvent de revanche. N’est-ce pas absurde de vouloir massacrer des gens pour venger les torts des générations précédentes ?

Malgré son ton souvent léger, on peut aussi réagir aux émotions du dernier homme, un homme sur qui le malheur s’acharne, puisque ses amours disparaissent, puisque son entourage se fait massacrer et que tout contribue à ce qu’il ne puisse transmettre son savoir.

Voilà donc une fable de l’Estonie, mais qui rejoint bien d’autres sociétés qui sont écartelées entre les modes de retrouver « les vraies valeurs de nos ancêtres » et l’obsolescence planifiée du prêt-à-jeter moderne ? Ne peut-on pas ainsi discuter de la diète paléolithique sur Facebook ?

Pour ma part, je ne crois pas que le passé soit la voie de l’avenir… mais je n’en oublie pas pour autant la devise du Québec, « Je me souviens… »

*Pour un résumé voir plutôt la critique de Sandrine57. C'est tellement bien dit que je ne veux pas répéter. :-)
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isabelleisapure
  18 octobre 2014
Bien sûr, tout comme moi, vous détestez les serpents ! Et pourtant ! En ouvrant ce livre, vous n'imaginez pas l'aventure que vous allez vivre en leur compagnie.
Vous y rencontrerez Leemet, enfant au début du roman, héros profondément attachant et narrateur de ce qui s'avère être une véritable fable décalée dont chaque épisode fourmille d'inventions surprenantes.

Vous y croiserez des ours libidineux qui se tressent des couronnes de pissenlits pour séduire les femmes, de sages serpents incompris qui méprisent les âneries fanatiques des humains, , un grand-père increvable à la fureur jubilatoire qui se fabrique des ailes avec des os humains, une salamandre géante depuis trop longtemps endormie… Sans compter Leemet, héros follement attachant et terriblement seul face à la bêtise humaine qui refuse toutes les différences.

L'histoire parfaitement construite, parvient sans peine à jouer sur tous les registres, entre épique et burlesque, aussi bien capable d'émouvoir à l'extrême que d'arracher un sourire.
Drôle, touchant, philosophique, magique, parfois mélancolique, parfois tragique ce roman est une pépite, un livre qui ne ressemble à aucun autre et qui ne s'oublie pas.
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Patsales
  19 septembre 2021
On pourrait croire que Roy Lewis ne s'est pas contenté de manger son père mais qu'il a également forniqué avec Milan Kundera pour que vienne au monde ce roman hilarant et désespéré.
Dans le livre de Lewis, "Back to the trees" était le slogan de pithécanthropes réacs; et, quelques millénaires plus tard, plus personne ne veut vivre dans la forêt. Il faut dire qu'au village ils ont des rouets et des fourches, autant dire des artefacts de la dernière modernité, et, franchement, se contenter de peaux de bêtes est par trop rustique, alors qu'on peut faire pas mieux en se donnant beaucoup plus de peine.
Kivirähk préfère clairement les chasseurs-cueilleurs aux sédentaires mais ne se prend pas pour autant pour Jéhovah. S'il semble raconter le monde d'avant la chute et placer son héros dans une forêt édénique où une même langue est partagée par tous, humains comme animaux, sa vision du péché n'est franchement pas catholique. Dans l'ancien comme dans dans le nouveau monde, chez les amateurs de pain ou les mangeurs de viande, la souffrance et le mal sont venus d'avoir cru à un autre monde, de ne pas s'être contenté de celui-ci. Haïr les serpents au nom de Jésus-Christ ou haïr les villageois pour obéir aux esprits de la forêt, c'est dans tous les cas faire entrer l'intolérance, le malheur et la haine.
Et pourtant, le monde est tellement beau pour qui sait le regarder! On y trouve des ours sentimentaux (et libidineux), des poux géants (et empotés), des potes serpents (qui se révèlent être des filles), des pierres sucrées (et roboratives), des ancêtres cul-de-jatte (et implacables), des filles séduisantes (et mortelles) et même une salamandre impossible à réveiller...
Non, Kiviräkh ne pleure pas sur un passé mythifié: trop de monde a voulu quitter la forêt pour qu'elle soit un paradis. C'est d'être le dernier que se désole son héros Leemet. À qui parler quand on est désormais le seul à se souvenir? Comment échapper à la folie meurtrière dans une société acculturée, coupée de son passé?
Dès le début, on sait bien que cela va mal finir. Pas de deus ex machina. Pas d'illusions à avoir. Mais quand les mondes s'écroulent, il reste les livres; et celui-là est une merveille.
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joedi
  06 août 2017
Édition le Tripode – Littératures - Arts - OVNIS

Extrait de la Postface de Jean-Pierre Minaudier, traducteur de L'homme qui savait la langue des serpents :

C'est comme un pamphlet et non comme un simple conte fantastique que le roman de Kivirähk a été accueilli en Estonie. Cette dimension pamphlétaire n'a pas surpris le public estonien, même si elle était absente des précédents romans de Kivirähk : il intervient régulièrement dans les journaux sur des sujets politiques ou de société. Elle n'a pas non plus vraiment fait scandale, car les Estoniens sont tolérants et ont un sens aigu de l'autodérision, et parce que depuis quelques années des essayistes, comme Andreï Hvostov, et des historiens, comme Ea Jansen, disent à leur manière ce que Kivirähk exprime sur le mode romanesque.

Quatrième de couverture

Empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas islandaises, L'homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et l'imagination délirante d'Andrus Kivirähk.

Le roman qui connaît un immense succès depuis sa parution en 2007 en Estonie, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d'un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter.

Grand Prix de L'Imaginaire 2014

Challenge Atout prix 2017 – Grand Prix de L'Imaginaire 2014

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Oliv
  21 juin 2018
Une fois n'est pas coutume, j'ai entamé la lecture de ce roman sans avoir consulté la moindre critique au préalable. Je savais donc très peu de choses à son sujet, hormis qu'il était précédé d'une réputation flatteuse (Grand Prix de l'Imaginaire en 2014 notamment) et que ses ingrédients principaux devaient fatalement provoquer notre rencontre un jour ou l'autre : Europe de l'Est médiévale et Imaginaire sur fond d'opposition entre paganisme et christianisme, comment résister ? Si je suis entré dans l'univers d'Andrus Kivirähk avec une certaine circonspection, j'en ressors littéralement enchanté. "L'homme qui savait la langue des serpents" est assurément l'une de mes plus belles découvertes de cette année, le type de lecture dont on sait qu'elle restera longtemps en mémoire.

Le roman est impossible à résumer, d'ailleurs l'entreprise serait assez vaine. Pour se faire une idée, il suffit de savoir qu'on y croise, entre autres, un couple d'éleveurs de poux dont le plus beau spécimen atteint la taille d'un chevreuil ; des ours libidineux recherchant la compagnie des femmes humaines jusqu'à se mettre en ménage avec elles ; un grand-père cul-de-jatte doté de crocs venimeux ; un gigantesque poisson à longue barbe dormant depuis des siècles au fond des mers ; des hordes de loups que l'on chevauche pour aller guerroyer contre les "hommes de fer" envahissant l'Estonie ; une mythique Salamandre cachée sous terre ; et bien sûr des serpents avec lesquels certaines personnes ont le pouvoir de parler... Le récit prend tour à tour des allures de fable, de conte philosophique, de saga nordique, de roman picaresque. L'écriture d'Andrus Kivirähk est pleine d'inventivité, de facétie, d'humour, ce qui n'empêche pas une bonne dose de noirceur, de violence et de cruauté. Et si les péripéties sont nombreuses tout au long de ces 450 pages, il ne faut pas forcément s'attendre à une succession d'événements très spectaculaires. Quitter sa forêt pour aller au village et goûter à ces étranges mets nommés "pain" et "vin", c'est déjà toute une aventure !

Il faut saluer le travail du traducteur, qui nous propose une postface d'un grand intérêt. Jean-Pierre Minaudier ne surinterprète pas le texte de manière pédante comme c'est souvent le cas dans ce genre d'exercice. Au contraire, il nous donne quelques clefs de compréhension fort bienvenues, liées au contexte historique et culturel de l'Estonie, tout en insistant sur l'une des idées essentielles développées dans le roman : si son narrateur est un homme de la forêt confronté à la disparition de son mode de vie traditionnel, Andrus Kivirähk ne cède pas pour autant à un discours rétrograde de type "c'était mieux avant". La course effrénée au prétendu progrès, l'imitation des modes venues de l'étranger (Jésus-Christ l'idole des jeunes !) sont des lubies ridicules, mais ceux qui s'accrochent de toute force à un passé révolu ne valent guère mieux. Païens et chrétiens, réactionnaires et progressistes, sont finalement renvoyés dos à dos.

"L'homme qui savait la langue des serpents" a été publié en français par un éditeur généraliste et son auteur ne vient pas montrer sa trogne chaque printemps aux Imaginales, pourtant on a bel et bien affaire à un authentique roman de fantasy. Il est à recommander chaudement aux habitués du genre, qui y retrouveront la magie et l'émerveillement qu'ils recherchent dans leurs lectures (avec en prime un dépaysement bien supérieur à la production anglo-saxonne courante) mais aussi à tous ceux qui ont de lourds a priori envers la fantasy : non, celle-ci ne se limite pas à l'image préconçue que vous en avez... Quant aux critiques de grands journaux, si prompts d'ordinaire à toiser avec dédain les "littératures de genre" mais dont l'enthousiasme s'affiche cette fois en quatrième de couverture : félicitations, vous avez lu et aimé un roman de fantasy, et parler de "réalisme magique" n'y changera rien !
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Litteraflure
  14 avril 2020
Deuxième pavé que j'extrais de ma PAL. Il est intéressant de lire ce roman venu d'Estonie en plein confinement, au moment où chacun d'entre nous réalise où réside l'essentiel : à la base de la pyramide de Maslow. D'abord ce roman m'apparut comme un combat fratricide entre nature (bienveillante, immanente) et culture (arrogante, arbitraire). Ceux qui comprennent la langue des serpents vénèrent la nature. Ils y vivent en paix. Ceux qui l'ont oublié l'assimile aux incantations du diable et s'en remettent à d'autres croyances. Ce roman est en fait une violente diatribe contre les superstitions en général, et la religion catholique en particulier. Andrus Kivirähk affirme que les hommes s'inventent des convictions quand ils sont incapables de résoudre un mystère. Un écho très à-propos à la prolifération des théories complotistes. Dans la forme, ce livre est un conte qui rappelle Andersen, Perrault, Grimm mais aussi Dahl et Ponti. La forêt (50% du territoire estonien) y tient un rôle majeur. Sa lisière est la frontière entre un monde habité, domestiqué et un monde inquiétant, peuplé de légendes et de créatures méconnues. le héros du livre, Leemet, passe de l'un à l'autre, et je ne vous révélerai pas où il choisira de finir ses jours, sous peine de tout divulgacher. On sent que l'auteur a tenté d'écrire un roman définitif, de traiter du sens de la vie et de l'amour en usant de l'imaginaire pour rendre son propos moins prétentieux. Merci @le.tripode pour ce voyage inattendu en compagnie des ours libidineux, des dompteurs de poux, des vieillards volants et des reptiles devenus loquaces.
Bilan : 🌹🌹
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ludi33
  19 octobre 2017
L'homme qui savait la langue des serpents est un très beau livre. Leemet nous y raconte son histoire, histoire de la fin d'une époque. Celle où les hommes savaient encore la langues des serpents, où ils tissaient des amitiés avec les serpents et les ours, où l'on vivaient heureux dans la forêt. Mais Leemet va voir arriver les hommes de fer et les moines, et les habitants de la forêt vont partir dans le village et oublier d'où ils viennent.

A travers son histoire, Andrus Kivirahk, nous montre une critique de l'obscurantisme religieux, d'une modernité pas toujours bénéfique. Mais le monde perdu n'est pas non plus parfait avec ses propres croyances. Au milieu de tout çà Leemet a du mal à trouver sa place, mais va rester là où la vie l'a mis dès le départ. Il sera le dernier né de la forêt, le dernier homme de la famille, le dernier habitant de la forêt et le dernier à savoir la langue des serpents.

Un beau livre qui se veut la chronique de la fin d'une époque, difficile à lacher
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