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ISBN : 2203040742
Éditeur : Casterman (04/01/2012)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 27 notes)
Résumé :

En 1958, un jeune journaliste allemand, Karl Mertens, entreprend un voyage à Cuba, dont le gouvernement pro-américain est alors confronté à une guérilla armée, pour y écrire sur les événements politiques et militaires, la rébellion en cours et celui qui en a pris la tête, Fidel Castro. Très vite, le reporter est fasciné par le mouvement révolutionnaire dont il va devenir l’un des témoins privilégiés – et peut-être plus encore par la personnalité charismatiqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  25 février 2019
Castro, sa vie, son oeuvre.
Alors que je pensais bêtement le bonhomme à l'origine des célèbres magasins de bricolage Castrorama, quel ne fut pas mon étonnement de constater que non.
Éprouvant précocement la patience de son producteur de fruits de paternel en l'accusant de se faire du blé sur le dos pelé de ses ouvriers, ce futur docteur en droit et en sciences sociales ne cessera de lutter contre le pouvoir en place au nom du peuple opprimé.
Prio, puis Batista, comme cibles du pouvoir privilégiées, notre Lider Maximo y accédera finalement en 1959 pour finalement tirer sa révérence en 2016 sur un bilan, comment dire, des plus discutables.
Raùl, le frangin, assure désormais l'héritage idéologique.
Il faut reconnaître une chose à ce révolutionnaire, une opiniâtreté sans failles.
Proche de la Russie, vent debout face à l'impérialisme Américain qui instaurera répressivement un blocus, Castro appauvrira son peuple de bien des manières, provoquant ainsi un exode massif et un repli nationaliste presque suicidaire.
Le trait est bicolore et plutôt sommaire mais peu n'importe, l'intérêt est ailleurs.
Notamment dans le déroulé plutôt précis de son parcours disparate, une ligne de vie fidèle à la révolution à laquelle Fidel ne dérogera jamais.
Orateur hors pair, charismatique en diable, il soulèvera les foules avant de se les aliéner.
Une volonté farouche et quelques appuis extérieurs ne suffiront pas à sauver le peuple d'une misère presque totale et durable.
Ce récit ne porte aucun jugement et semble assez factuel.
Il permet juste de se faire une idée un peu plus précise de l'homme au cigarillo.
Un révolutionnaire qui, gangréné par la parano et la soif de pouvoir, aura suscité un fol espoir dans le pays avant de le plonger dans le chaos .
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Davalian
  28 avril 2017
Le roman-graphique Castro de Reinhard Kleist propose quelques bonnes idées. Dommage qu'elles ne parviennent pas à percer, laissant une impression franchement mitigée malgré un sujet passionnant.

La narration cumule ici plusieurs niveaux, fruits d'entretiens entre l'auteur et Völker Skierka (connu pour une biographie de Castro ayant inspiré un reportage qui a rencontré un certain succès) et d'une part de fiction. Les clins d'oeil cinématographiques sont les bienvenus, tout comme l'épilogue, où l'importance laissée au lecteur lui laisse l'illusion de devenir un spectateur privilégié.

La partie relevant de la fiction est franchement ennuyeuse, convenue (ah le coup de l'amour contrarié et des convictions) et prévisible. le protagoniste ne brille guère et ne sort pas des sentiers battus, sa casquette d'anti-héros n'étant guère exploitée. Les deux premiers chapitres du roman-graphique se focalisent surtout sur Castro avant de s'arrêter brusquement, laissant le lecteur dans un certain désarroi. Pourquoi passer tout le reste sous silence ?

La partie directement inspirée des travaux de Skierka n'est pas vraiment mise en valeur. Les repères temporels sont peu nombreux. Par ailleurs, de nombreux épisodes sont résumés de manière assez rapide. L'on pouvait en attendre davantage de la crise des missiles par exemple. Par ailleurs, plus le récit progresse et moins celui-ci se fait consistant, laissant une plus grande place à la fiction. L'épilogue est sympathique mais arrive trop tard pour renverser la tendance.

Le style graphique ne convainc pas non plus. Les dessins sont simplistes, en monochromes. Souvent la gestuelle est trop caricaturale. Malgré un nombre évident de possibilités, l'ambiance de Cuba ne ressort pas. Elle reste prisonnière d'un style auquel il faudra adhérer. L'édition française s'enrichit toutefois de quelques planches supplémentaires qui valent le détour.

Voici un ouvrage qui donne furieusement l'impression d'avoir voulu s'inscrire dans la perspective de l'ouverture de Cuba avec les Etats-Unis. Dommage, qu'il ne parvienne à susciter davantage notre attention.
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bdelhausse
  12 février 2017
50 ans de révolution cubaine en 300 pages... Castro.
Reinhard Kleist s'invente un double, Karl Mertens, journaliste allemand qui va couvrir la "révolucion" pendant 50 ans, des forêts cubaines aux files de rationnement.
Même si on sent un parti pris en faveur de Castro, et on se demande comment on peut résister au charisme incroyable du leader "maximo"... Kleist termine sur la faillite du système. Sur les rationnements, la pauvreté, la misère, les manifestations, la vieillesse de Fidel en survêtement Adidas...
La moitié du livre (au moins, voire deux tiers) relate l'ascension et les moments de gloire du leader cubain. le Che interpelle aussi l'auteur. La chute occupe une part assez faible... Mais qu'y a-t-il à dire des errements d'un dictateur obnubilé par une idée fixe?
Kleist n'incrimine même pas l'embargo, même s'il en parle car c'est incontournable. Il montre au fil des ans à quel point Castro a maintenu le cap dans un monde en mutation, se révélant donc incapable de gouverner, d'anticiper, de diriger, d'adapter sa ligne...
On pourra reprocher une certaine complaisance de Kleist qui ne parle pas ou à peine des prisons cubaines et met l'accent sur les bateaux (ce qui est un phénomène en effet assez rare dans les dictatures) qui permettent aux opposants de partir. Mais la torture a quand même existé.
Les dessins noir et blanc font merveille. Kleist dessine très bien les visages, très ressemblants. Mais les dernières pages qui montrent des pages coloriées (aquarelles) révèlent une puissance assez phénoménale et on en vient à regretter qu'il n'y ait pas eu davantage de pages en couleurs. Elles sont fantastiques.
J'avoue, enfin, que je ne suis pas neutre, et j'ai toujours été fasciné par Castro, par le fait qu'une révolution doive automatiquement déraper... Comme s'il était impossible à un chef d'Etat de cette trempe de céder sa place et de regarder vivre sa création. Cuba représente un gâchis énorme. Et Kleist le montre fort bien à travers les yeux de son personnage, qui s'accroche à des chimères, car elles ont un sens pour lui qui peut se replonger 50 ans auparavant et rêver de ce qu'aurait pu devenir la révolution.
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outofzebra
  14 février 2015
Cette BD traduite de l'allemand dans laquelle Reinhard Kleist retrace l'itinéraire de Fidel Castro, des bancs de l'école jésuite au « pouvoir suprême », s'achève par une image de Fidel Castro, vieilli, portant un survêtement Adidas et citant Simon Bolivar : « Celui qui se consacre à la révolution laboure la mer. » La mystique révolutionnaire toute entière se trouve ainsi résumée, non seulement l'entreprise de décolonisation de l'Amérique à laquelle Bolivar ou Castro participèrent - une mystique s'ouvrant sur l'infini.
On peut mettre « pouvoir suprême » entre guillemets, car la position géographique de Cuba, à portée de main du géant américain, est un élément décisif dans l'histoire de la révolution cubaine et dans le personnage de Fidel Castro, dont l'épopée évoque David triomphant de Goliath. Sans l'aide des Soviets et de Moscou, qui n'allait pas forcément de soi, le « leader maximo » aurait facilement été éliminé par les Etats-Unis. La BD montre que Castro sut jouer de la rivalité entre les deux géants pour instaurer une sorte de microclimat politique cubain, que la défaite de l'URSS ultérieurement altèrera.
On voit dans ces pages Castro accusé par ses proches de sacrifier l'esprit de la révolution en pactisant avec l'URSS (dont le motif impérialiste concurrent des Etats-Unis était facilement décelable) – en même temps qu'il est clair que la volonté de Fidel Castro, contrairement à son compagnon Ernesto « Che » Guevara, n'était pas de mourir en martyr de la révolution, mais bel et bien d'essayer de construire quelque chose de durable. Castro est, certes, un rebelle ou un révolutionnaire, mais il possède la dose de machiavélisme indispensable à l'action politique. A priori, nul n'aurait misé sur Castro, tant les Etats-Unis pesaient sur Cuba, soutenant Battista et tirant profit d'un pouvoir mi-dictatorial, mi-mafieux.
R. Kleist se dit dans la postface motivé par le désir de surmonter les clichés sur Cuba et Castro, aussi bien les clichés de la propagande anticapitaliste que ceux de la propagande pro-américaine. Il parvient à dépasser le portrait excessivement romantique, comme l'image du dictateur diabolique. Il reste que la séduction exercée par Castro en Occident est facile à comprendre. Tandis que l'Occident n'offre plus que le spectacle d'un « personnel politique » et de technocrates à peu près interchangeables, soumis aux directives supérieures des banques et de l'industrie, Fidel Castro est en comparaison, de la trempe des héros capables de se hisser au niveau de ce qu'il est convenu d'appeler « un destin ». le personnage du reporter-photographe allemand, spectateur de la révolution cubaine, plus castriste que Castro lui-même, est une bonne trouvaille.
Dans « Jules César », Shakespeare montre que le régicide et la révolte de Brutus, aussi légitimes soient-ils, compte tenu des violations De César, sont voués à l'échec. En effet, la question de la légitimité et du droit n'est que de faible importance au regard des forces naturelles que le jeu politique reflète. A peine César a-t-il été écarté que, déjà, Marc-Antoine s'empare du pouvoir et s'empresse de répéter les ruses et les abus de son prédécesseur. La révolution a pour effet de redistribuer les cartes, mais elle ne résout en rien le problème du pouvoir. Certain intellectuel stalinien a pu ainsi s'en prendre à Shakespeare, qui blasphème de cette façon contre la mystique révolutionnaire. « Castro », de Reinhard Kleist, rend plutôt indirectement justice à la lucidité dont Shakespeare fait preuve en ce qui concerne les promesses politiques de lendemains qui chantent ; on constate qu'à la fin du règne de Castro, près de voir Cuba réintégrer la « zone d'influence » des Etats-Unis et son rêve se dissiper (Lénine a connu semblable désillusion), la question du pouvoir et de ses limites demeure en suspens.
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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Inazuma
  30 juin 2013
Bon alors moi je suis un convaincu de Cuba, donc je ne suis pas objectif (en même temps qui l'est vraiment ????)
Donc j'ai adoré la BD parce qu'elle représente les faits que j'ai lu dans divers bouquins.
Pas de prises de tête, pas de flon flon et de paillettes, les combattants sont ce qu'ils sont : des hommes et des femmes en guerre civile pour défendre leur idéal.
Ils ne sont pas parfait, ils font des erreurs, ils sont parfois un peu débiles, parfois un peu futiles mais ils sont sincères et ils ont la force de leur conviction, qui leur apportera d'ailleurs la victoire.
Bref, c'est bon ça fait du bien.
Pour ce qui est de la qualité graphique, moi perso, j'aime bien le style, je trouve ça fluide et énergique.
Voilà c'est tout, mais c'est déjà pas mal.
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critiques presse (2)
NonFiction   04 mai 2012
Fresque historique touchante et exaltante, cette œuvre de Reinhard Kleist ravit tant les yeux que l’esprit.
Lire la critique sur le site : NonFiction
BDGest   07 mars 2012
Roman graphique de qualité et biographie intéressante, Castro vaut que le lecteur s'y attarde, afin de mieux appréhender les diverses facettes d'un homme controversé et de (re)découvrir ce qu'ont été ces cinquante années de castrisme.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Florian07Florian07   02 décembre 2016
Fidel Castro : J'ai essayé de changer le monde... mais c'était une illusion. Mais s'il fallait tout recommencer, je reprendrais le même chemin. Mon destin n'est pas d'être né pour me reposer à la fin de ma vie.
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GregorGregor   24 mai 2013
J'avais dirigé mon objectif presque exclusivement sur la tribune. Fidel était là. Ses mots étaient des cris de colère, ses gestes ceux d'un combattant au corps-à-corps. Devant nous gisaient 75 victimes ayant perdu la vie lors l'attentat à la bombe contre le cargo "La Coubre" dans le port de La Havane
Commenter  J’apprécie          10
GregorGregor   24 mai 2013
Je n'avais encore jamais été seul, ma famille était toujours là. Et je n'étais jamais vraiment sorti de Belchatow. Ma solitude me submergea comme une vague.
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GregorGregor   24 mai 2013
Que serait-il arrivé si Che avait regardé ailleurs ou si son voisin s'était gratté le nez ? Le portrait du Che de Raul Corrales nous observerait-il aujourd'hui sur les t-shirts des touristes ? Comment la ligne droite de l'histoire modifie-t-elle sa trajectoire, parce qu'une balle dans la Sierra a manqué sa cible d'un millimètre ?
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gege255gege255   17 novembre 2018
En vous racontant mon histoire, j'aurai en tête ce que me disait autrefois mon rédacteur...
Un reporter doit toujours rester neutre, ne pas juger et ne jamais prendre parti
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