AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Jacques Outin (Traducteur)
EAN : 9782842053413
30 pages
Éditeur : 1001 Nuits (27/05/1998)
3.82/5   22 notes
Résumé :
Dramaturge et nouvelliste allemand, Heinrich von Kleist (1777-1811) eut aussi une activité de journaliste. C'est dans les Berliner Abendblätter, qu'il fonda en 1810, que fut publié Sur le théâtre de marionnettes. Hofmannsthal salua ce texte comme " un morceau de philosophie étincelant de raison et de grâce ".
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
imadbelghit
  14 mai 2010
Kleist développe dans cet écrit la théorie de la chute originelle sur les plans religieux, e.sthétique et philosophique.
Le protagoniste, un danseur, pense que les marionnettes surpassent l'homme étant donné qu' elles sont dénuées de sentiments. A l'inverse, et en tant qu'être de sensibilité, l'homme est incapable de se mesurer à la marionnette, d'autnat plus que son âme est faussée. Par conséquent, la conscience de l'être humain serait responsable de sa séparation avec l'état de nature.

Kleist développe également l'idée de la grâce, à travers la conscience infinie et l'absence de conscience . Les marionnettes deviennent une allégoris humaine: leur grâce découle de leur double postulation car elles sont soit soumises aux lois de la pesanteur, soit elles y échappent.
Commenter  J’apprécie          50
yongchen
  29 septembre 2018

Commenter  J’apprécie          00


critiques presse (1)
LeMonde   28 août 2018
En inversant l’approche selon laquelle la marionnette donnerait une image déformante de l’homme, l’auteur du Prince de Hombourg pose en 1810 les jalons d’une réflexion sur la conscience de l’acteur qui nourrit le jeu moderne. Et qui répond à l’éternelle question : comment représenter l’homme au théâtre ?
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   18 octobre 2018
– Et quel avantage cette poupée aurait-elle sur les danseurs vivants ?

– Quel avantage? Avant tout, mon excellent ami, un avantage négatif : elle ne ferait en effet jamais de manières. Car l'affectation apparaît, comme vous le savez, au moment où l'âme (vis motrix) se trouve en un point tout autre que le centre de gravité du mouvement. Et comme le machiniste ne dispose, par l'intermédiaire du fil de fer ou de la ficelle, pas d'un autre point que celui-ci, les membres sont comme ils doivent être, morts, de simples pendules, et se soumettent à la seule loi de la pesanteur; une propriété merveilleuse, qu'on chercherait en vain chez la plupart de nos danseurs.

« Vous n'avez qu'à regarder la P..., poursuivit-il, quand elle joue le rôle de Daphné et que, poursuivie par Apollon, elle se retourne vers lui; son âme est logée dans les vertèbres des reins ; elle se plie comme si elle voulait se briser, telle une naïade de l'École du Bernin. Voyez le jeune F..., quand il symbolise Pâris debout entre les trois déesses et tend la pomme à Vénus : son âme se tient cachée (c'est effroyable à voir) dans le coude.

« De telles erreurs, ajouta-t-il pour couper court., sont inévitables depuis que nous avons mangé du fruit de l'Arbre de la Connaissance. Mais le Paradis est verrouillé, et le Chérubin à nos trousses ; il nous faudrait donc faire le tour du monde pour voir s'il n'est peut-être pas rouvert par derrière. »
(...)
– Ainsi, mon excellent ami, me dit Monsieur C..., vous êtes en possession de tout ce qu'il faut pour me comprendre. Nous voyons que, dans le monde organique, plus la réflexion paraît faible et obscure, plus la grâce est souveraine et rayonnante. – Cependant, comme l'intersection de deux lignes situées d'un même côté d'un point se retrouve soudain de l'autre côté, après avoir traversé l'infini, ou comme l'image d'un miroir concave revient soudain devant nous, après s'être éloignée à l'infini : ainsi revient la grâce, quand la conscience est elle aussi passée par un infini; de sorte qu'elle apparaît sous sa forme la plus pure dans cette anatomie humaine qui n'a aucune conscience, ou qui a une conscience infinie, donc dans un mannequin, ou dans un dieu.

– Par conséquent, lui dis-je un peu songeur, nous devrions manger une fois encore du fruit de l'Arbre de la Connaissance, pour retomber dans l'état d'innocence ?

– Sans aucun doute, me répondit-il ; c'est le dernier chapitre de l'histoire du monde. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
HarmonideHarmonide   29 novembre 2017
Avez-vous, demanda-t-il alors que je restais muet, le regard fixé au sol, avez-vous entendu parler de ces jambes mécaniques que des artistes anglais élaborent pour les malheureux qui ont perdu leurs membres inférieurs ?
Je lui dis que non : je n'avais jamais rien vu de semblable.
J'en suis navré, me répondit-il, car si je vous dis que ces malheureux dansent grâce à elles, je crains presque que vous ne me croyiez pas. Que dis-je, danser ? Le champ de leurs mouvements est certes limité, mais ceux qui sont à leur disposition s'exécutent avec une tranquillité, une légèreté et une élégance qui plongent toute âme pensante dans l'étonnement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
imadbelghitimadbelghit   14 mai 2010
le machiniste ne dispose en fait d’aucun autre point que celui sur lequel agir au moyen du fil de fer ou de la ficelle, tous les membres sont, comme ils doivent être, morts, de purs pendules, et obéissent à la seule loi de la pesanteur ; qualité exquise que l’on chercherait en vain chez la plupart de nos danseurs[...] Ces poupées, ont de plus l’avantage d’échapper à la pesanteur . Elles ne savent rien de l’inertie de la matière, propriété des plus contraires à la danse : car la force qui les soulève est plus grande que celle qui les retient à la terre
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
HarmonideHarmonide   29 novembre 2017
Je lui dis avoir été étonné de le trouver à plusieurs reprises dans un théâtre de marionnettes qui avait été monté sur le marché et amusait la populace par de petites pièces dramatiques et burlesque agrémentées de chants et de danses.
Il m'assura que la pantomime de ces poupées était pour lui un vrai délice et me fit remarquer sans détour qu'un danseur souhaitant progresser pouvait apprendre d'elles bien des choses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
deriblekderiblek   04 avril 2012
.... Je rétorquai qu'on m'avait dit de ce métier qu'il était sans âme : un peu comme une rotation d'une manivelle qui actionne une vielle.
" Pas du tout, me répondit-il. Les mouvements de ses doigts entretiennent un rapport assez complexe à celui des poupées qui y sont attachées, à peu près comme les nombres à leurs logarithmes ou l'asymptote à l'hyperbole."
Commenter  J’apprécie          10

Lire un extrait
Videos de Heinrich von Kleist (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Heinrich von Kleist
Heinrich von Kleist par Marthe Robert : Anthologie étrangère (1962 / France Culture). Par Marthe Robert. Réalisation : Georges Gravier. Tableau : Anton Graff, “Heinrich von Kleist”, 1808. Diffusion sur la Chaîne Nationale le 24 janvier 1962. Présentation des Nuits de France Culture : « Critique littéraire, essayiste et traductrice, Marthe Robert, disparue en 1996, est célèbre pour ses essais sur Kafka, ses travaux sur Freud, Cervantès, Flaubert ou les frères Grimm. Dans l’un de ses livres les plus connus “Roman des origines et origine du roman”, paru en 1972, elle s’appuyait sur un concept freudien, “le roman familial du névrosé”, pour éclairer le projet romanesque dans son ensemble. On le sait moins, l’un de ses premiers ouvrages, publié en 1955, est un essai consacré à l’œuvre de Heinrich von Kleist (1777-1811). À propos de l’auteur de “La Cruche cassée”, du “Prince de Hombourg”, de “La Petite Catherine de Heilbronn” et de “La Marquise d’O...” elle écrivait ceci : “L’œuvre de Kleist est le domaine privilégié du malentendu, non seulement parce que le malentendu en est le principal ressort, mais parce que, manquant presque toujours son but avoué, elle répond avec une rigueur infaillible a des intentions d’un tout autre ordre, sur lesquelles Kleist ne s’est que peu ou incomplètement exprimé.” En 1962, pour la série “Anthologie étrangère”, elle proposait une sélection de textes de l’auteur allemand et mettait en regard sa vie et son œuvre. Et c’est l’un des héros les plus saisissants de Kleist, les plus ambigus et les plus terrifiants aussi, peut-être, qu’elle posait comme le double de l’auteur, j’ai nommé : Michael Kohlhaas. »
Avec les voix de Loleh Bellon, Roger Blin, Jean-Roger Caussimon, François Chaumette, Pierre Constant, Marguerite Coutant-Lambert, Jacques Degor, Françoise Fechter, Raymond Jourdan, Jean-Pierre Lituac, Geneviève Morel, Monique Morisi, Jean Muselli, Jean Négroni, Dominique Paturel, Henri Poirier et Lucien Raimbourg.
Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : Théâtre de marionnettesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quiz: l'Allemagne et la Littérature

Les deux frères Jacob et Whilhelm sont les auteurs de contes célèbres, quel est leur nom ?

Hoffmann
Gordon
Grimm
Marx

10 questions
317 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature allemande , guerre mondiale , allemagneCréer un quiz sur ce livre