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EAN : 9782370550903
332 pages
Le Tripode (21/04/2016)
3.29/5   56 notes
Résumé :
Accident ou attentat ? Une explosion dans une mine de graphite italienne provoque l’apparition d’un immense nuage qui menace de s’enflammer au contact des lignes à haute tension. Pour éviter la catastrophe, une coupure électrique générale est décidée dans toute l’Italie, plongeant le pays dans le chaos. Le nuage se déplace vers le nord, et la France décide à son tour de procéder à un black-out sur son propre réseau. Le gouvernement part s’installer sur l’île de Sein... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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gill
  09 octobre 2021
Ce soir, c'est "la grande panne" !
Au programme de la soirée : coupure d'électricité !
Alors pas de télé, ni d'ordi, exit Babelio ...
Il ne me reste plus qu'à m'installer sous la bougie devant un bon bouquin, à lire un de ces trucs en papier dont il faut tourner les pages ...
"La grande panne" d'Hadrien Klent, justement, est parue en 2016.
L'idée du récit est originale.
Un nuage de cendres de graphite, en menaçant d'exploser à son passage sur les lignes haute-tension, plonge la France et l'Italie dans la pénurie d'électricité.
Blackout !
Accident ou attentat ?
Attentat ou accident ?
C'est le moment de ma chronique où chacun peut mesurer son taux de schizophrénie.
La mise en place du récit est astucieuse et pétillante.
On recule de trois pas et, hop, on entre dans le vif du sujet.
Mais toutes choses ont un début et une fin, là s'arrêtent les bonnes nouvelles !
Car ce livre est ennuyeux.
Il est aussi creux qu'un vieux compteur électrique grippé qui ne serait pas, ou plus branché.
Son auteur n'est pas parvenu à y installer ni intérêt, ni suspens.
On y attend vainement qu'Hadrien klent installe un sens à son propos.
Mais non, l'importance est ici donnée aux relations entre les différents personnages.
Ce qui aurait pu être captivant mais, à mon sens, les personnages ne sont pas exploités.
Ils sont caricaturaux, voire même un peu ridicule à certaines de leurs entournures.
Et, le récit, qui est très dialogué, n'est parvenu à aucun moment à éveiller l'intérêt du lecteur que je suis.
Tout ceci reste bien artificiel.
Ça ronronne, ça ronronne ...
Le récit plus tendu, plus réaliste aurait pu, aurait du être captivant.
Il faut attendre plus de 200 pages pour qu'enfin un jeune gaucho réac se fasse moucher par une vieille geek.
Là, ça vaut son pesant d'or !
Mais Don Babelio ce ne sont là que quelques pages ...
Et le récit, tout de suite, retombe dans ses travers qu'il ne quittera pas jusqu'à un épilogue bien décevant ...

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motspourmots
  10 juin 2016
En ces temps mouvementés où les blocages peuvent dégénérer et les grèves s'éterniser, ce livre tombe fort à propos. Loin du traitement sous forme de polar catastrophe de Black-out, la panne d'électricité est ici l'opportunité de jeter un regard amusé sur notre société et de s'interroger sur le sens du progrès sans en faire un débat manichéen. Replonger dans le noir pour mieux retrouver la lumière ?
Il faut quand même se concentrer un peu pour ne pas perdre le fil quand l'auteur nous balade dans le temps et dans l'espace. Entre Paris, l'Italie et l'île de Sein, avec des bons de dix ans sans crier gare (au point qu'on se surprend à revenir jeter un coup d'oeil à la date en tête de chapitre). Il faut dire que passé et présent sont tellement imbriqués que la tentation est grande de les réunir. Bref. Dans le présent, suite à une explosion dans une mine de graphite désaffectée en Italie, un nuage fait des ravages à chaque fois qu'il rencontre une ligne à haute tension, provoquant incendies et dévastations. L'Italie a donc décrété le black-out mais le nuage, poussé par vents et courants se déplace vers la France qui se prépare à son tour à couper l'électricité sur tout le territoire. Une cellule de crise pilotée depuis l'Elysée est chargée d'anticiper les risques, sans pour autant être parfaitement exhaustive sur la question. Voleurs, arnaqueurs et activistes en tous genre pourraient très bien tenter de profiter de la situation. Pour plus de sûreté, le gouvernement est installé provisoirement sur l'île de Sein, le bout de la France...
Ce qui fonctionne dans ce bouquin c'est que chaque situation est juste un brin décalé créant ainsi un point de vue inattendu. Les arcanes du pouvoir transposées sur un mini territoire, c'est un peu comme ces parcs à thèmes, la France ou l'Italie miniature où l'on passe de la Tour Eiffel au Château de Versailles en deux pas. Sur Sein, Matignon est dans l'école et l'Elysée dans un hôtel, tandis que les membres des différents cabinets se prennent à rêver de transposer une fluidité retrouvée lorsqu'ils réintègreront leurs palais respectifs. On a beau être en situation de crise, la vie continue, les histoires sentimentales aussi. Autre bonne idée, ce journaliste qui décide pour l'occasion de pallier l'absence d'internet et de recréer un journal à l'ancienne, imprimé sur ronéo et alimenté par pigeons voyageurs. A travers ses articles quotidiens, la vie des français sans électricité se suit avec passion et intérêt avec pas mal d'effets bénéfiques comme celui de retrouver le goût des livres. On croise également un révolutionnaire qui rêve de refaire la Commune sur les collines de Belleville, des énarques un peu déboussolés, des jeux d'espions, un Président de la République cyclothymique, une guerre des polices et un écrivain en mal d'inspiration. Autant dire que l'on ne s'ennuie pas.
Pas de catastrophe donc, mais des personnages qui prennent un peu plus de temps pour explorer le passé et en tirer de l'inspiration pour l'avenir. Une réflexion sur les chemins que chacun emprunte sans trop savoir où ils le mèneront, sur l'importance de voir clair en soi même lorsque la lumière est éteinte.
La grande panne ne donne ni dans le gadget, ni dans la terreur mais propose un habile renversement de panorama sur les faibles êtres humains que nous sommes. Ce qui ne peut nous les rendre que plus sympathiques.
Je ne peux que vous encourager à vivre l'expérience, à éteindre la lumière et à vous plonger dans cette grande panne à la lueur d'une bougie. Pour votre plus grand plaisir.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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raton-liseur
  14 novembre 2021
Un des personnages le dit, à la fin, la population a passé toute le temps de cette panne à parler de cette panne plutôt qu'à la vivre. Et cela résume aussi bien le livre. Il parle, il parle, mais il ne fait pas vivre grand chose.
En m'embarquant dans cette lecture, un livre que les éditions du Tripode avaient mis en accès libre au début du premier confinement, faisant explicitement le parallèle entre la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous retrouvions et ce livre paru en 2016, et je m'attendais à lire quelque chose sur une catastrophe nationale et sur la façon dont elle était vécue. En réalité, c'est juste un prétexte pour décrire le fonctionnement des arcanes du pouvoir, dans un contexte de crise qui permet le recours à quelques coïncidences romanesques et qui permet de donner une certaine unité au livre. Je n'ai donc pas trouvé dans ce livre ce que j'en attendais, mais soit, cela n'est pas un problème en soi, j'aime aussi être surprise.
Sauf qu'ici, le discours sur le pouvoir est on ne peut plus convenu. C'est la belle image des technocrates complètement coupés du réel, qui ne prennent leurs décisions qu'en fonction de l'opinion publique, des moutons écervelés qu'il s'agit de savoir manipuler. Cette vision du pouvoir m'insupporte, surtout dans le contexte actuel d'une méfiance caricaturale envers l'appareil d'État. Je fais peut-être un anachronisme, lisant ce livre et sa critique stéréotypée et facile cinq ans après sa parution, mais ce ne sont que cinq ans justement, et je ne crois pas me tromper en disant que cette critique stérile m'insupportait déjà à l'époque. Une bonne façon de brosser dans le sens du poil les sceptiques qui pourront être confortés dans l'idée qu'on nous trompe systématiquement, qu'on nous manipule en permanence, et cætera, et cætera. Un bon exemple de ce que le biais de confirmation peut faire.
Et en plus de l'idée très pernicieuse que véhicule ce livre, je ne lui ai pas trouvé de qualité littéraire particulière. le style est assez plat, les dialogues qui sont une grande partie du livre sont plutôt plats et peu réalistes. La psychologie de nombreux personnages me semble un peu bancale. Et pour couronner le tout, l'utilisation de la ponctuation, en particulier des deux points, est exaspérante : on retrouve des deux points n'importe où, entre un sujet et un verbe même. C'est exaspérant, il n'y a pas d'autre mot, cela me coupe dans l'élan de la lecture d'une phrase, et je n'ai pas compris l'intérêt de cette coquetterie stylistique.
Un livre dont la forme m'a exaspérée et dont le fond m'a profondément gênée, et donc un livre que je ne recommande pas du tout. Sur le même thème, on a la BD [Quai d'Orsay], mais le traitement BD et la fin avec un discours qui fait date (
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som
  11 juillet 2021
Une explosion dans une mine de graphite en Italie provoque un immense nuage capable d'enflammer les lignes électriques. Pour éviter cette catastrophe, le gouvernement préfère provoquer une panne géante et plonger la France dans le noir.
Simple accident, attentat, complot ? Bien malin, celui qui saura démêler le vrai du faux.
Dans ce réjouissant roman qui tient autant du polar que de la satire politique, on se trouve face à un romancier en panne d'inspiration, exilé sur l'ile de Sein, une bande d'activistes qui se prépare pour la prochaine révolution, un journaliste italien et surtout la garde rapprochée du président de la République délocalisée mais réunie autour de leur grand homme sur la minuscule île de Sein.
Comédie du pouvoir, fragilité de nos sociétés dépendantes de l'énergie sont au coeur de réjouissant roman de presque anticipation, mis en mots sur un ton acide, tonique et parfois cruel.
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Camkyou
  27 mars 2020
Avant toute chose, merci aux éditions du Tripode qui ont généreusement mis ce texte à disposition en PDF. Alors que nous sommes en confinement, ce texte ne peut que faire écho à notre actualité et je vous encourage vivement à le lire.
Voici l'histoire en bref : Suite à l'explosion d'une mine de graphite en Italie, un nuage extrêmement inflammable se forme et menace d'explosion tout contact avec les lignes à haute tension. L'Italie en premier chef, puis la France, sont donc contraintes de prendre des mesures pour parer le danger et décident de couper le courant pour l'ensemble des territoires. L'histoire se déroule dans le regard de plusieurs personnages, leurs rôles sont variés et vont du révolutionnaire gauchiste au président la république en passant par un brocanteur ou encore un général d'armée. Cette diversité des points de vue crée un récit dynamique, plein d'humour et riche de réflexions puisque l'on aborde aussi bien les arcanes du pouvoir en temps de crise que le regard critique d'un anti-système. On alterne donc les regards et les lieux, et le tout forme une fresque cohérente au ton léger mais qui ne manque toutefois pas d'acuité sur les jeux de pouvoirs.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   10 juin 2016
Ça fait quatre jours qu'on est privés d'électricité en Italie, et c'est génial. Tu les verrais, tous ces êtres mal dessinés, tous ces désirants de la consommation, tu les verrais : on dirait des enfants privés de dessert, de jouets, d'activités. Il sont tous perdus, tu les vois dans la ville, avec leurs smartphones éteints, leurs frigos vides, leurs télévisions noires, on dirait des fantômes.
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CamkyouCamkyou   26 mars 2020
Une phrase terriblement d'actualité ... alors qu'elle date de 2016 !

"Comment ? Le pourquoi, on en a parlé, tant et tant. Mais
le comment ? C’est maintenant que ça débute, c’est ce qu’il
faut raconter, relater, répéter. Comment ? Comment on va
la vivre, cette panne ? Comment on va gérer ? Comment on
s’organise ? Comment on s’organise. Comment l’État, les collectivités locales s’occupent de nous. Nous protègent ; du
moins protègent les plus fragiles."
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CamkyouCamkyou   27 mars 2020
Et pourtant: ils auraient beaucoup à se dire, à partager, à tenter de comprendre, d’analyser, à rigoler in fine, mais non. Mais non: l’un et l’autre préféreront se taire — par timidité, par vieille habitude de vieux copains qui, finalement, ne parlent jamais des choses importantes, ils vont passer ces deux heures à boire du café sans parler de ce qui agite ou trouble leur cœur à tous les deux ; c’est ainsi que le temps passe.
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CamkyouCamkyou   26 mars 2020
Voilà : j’ai l’impression que,
à cause de je ne sais quoi, la pollution, le réchauffement climatique, les avions dans le ciel ou que sais-je encore, j’ai
l’impression qu’il n’y a plus jamais de ciels bleus. De ciels
véritablement bleus, je veux dire. Il y a toujours des traînées
grises, ou des nuages d’altitude, ou un voile fugace, enfin il y
a toujours quelque chose qui empêche de voir un ciel, entièrement, totalement, uniquement bleu.
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raton-liseurraton-liseur   14 novembre 2021
Ce que je vois, c’est qu’ils ont passé toute cette putain de panne à parler de cette putain de panne, au lieu de la vivre. A la place d’un cataclysme dans leur existence, un évitement par la parole. Aucune remise en question, juste des séries de questions-réponses. (p. 324, “Dimanche 9 septembre, 11 h 49. Ile de Sein, phare Ar-Guéveur”).
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Video de Hadrien Klent (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hadrien Klent
À l'occasion de la sortie du livre "Paresse pour tous !" d'Hadrien Klent le 6 mai, nous avons demandé à quelques français ce qu'ils penseraient d'un candidat paresseux à la présidentielle. Et visiblement, l'utopie semble soudainement réalisable...
Pour en savoir plus sur le livre : https://le-tripode.net/livre/hadrien-klent/paresse-pour-tous
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